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Je vous présente ma toute nouvelle fiction, écrite à la suite d'un rêve purement idiot. Elle est bien sur dédicacée à toutes celles qui y participent, de leur plein gré ou non, et qui se reconnaitront ! (les manyrangers au pouvoir). Je vous souhaite une bonne lecture. Shakespeare in love
Il y a des jours où tout va bien, tout est merveilleux, quoiqu’il se passe, quoique l’on puisse dire, tout est parfait. Le ciel est bleu, l’herbe verte, et même si l’on sait pertinemment que le lundi au soleil, c’est quelque chose que l’on aura jamais, et bien tant pis, la vie nous sourie. Et puis, il y a les jours inverses. Ceux où, peu importe ce qu’on pense, peu importe ce qu’il arrive, on n’a qu’une seule envie, c’est celle de se jeter par la fenêtre, la première venue, même celle du rez-de-chaussée ou le vasistas du sous-sol.
Cé se trouvait actuellement dans l’une de ces journées horribles, où vraiment, rien à faire, on est d’humeur morose, et même le pinson à la fenêtre nous donne envie de l’étrangler.
Assise consciencieusement sur sa chaise en bois, qui, au bout de deux heures sans bouger, commençait à la faire souffrir, Cé n’avait qu’une seule envie, celle de se pendre avec sa trousse. Pas certain que le résultat soit très concluant, mais quand on n’a que ça à portée de main… Le cours auquel elle assistait n’était pas vraiment ennuyeux, mais lorsqu’on parle et comprend parfaitement une langue – ici l’anglais, et que l’on se trouve en cours d’anglais, à revoir pour la centième fois des règles de grammaire, qui, si elles ne sont pas encore entrées dans le mécanisme de langage, et bien, il faut s’y faire, elles ne rentreront jamais, c’est un peu problématique pour occasionner une explosion de joie.
Pourtant, le professeur avait l’air pas mal excitée depuis ce début de cours. Cé ne savait pas trop… Le plaisir d’annoncer très bientôt un contrôle ? Ou mieux ! Un test de révision des verbes irréguliers ? Quelque chose, en tout cas, rendait Mme Jine heureuse – et ça, c’était grand ! Pas que Jine soit une prof détestable, loin de là, elle était plutôt sympa pour une prof d’une soixantaine d’années. Mais la voir glousser comme une jeune étudiante en fleur avait quelque chose d’un peu perturbant – voire effrayant ! Elle qui était si posée en temps normal, chemisier à fleurs et jupe cintrée… Non vraiment, quelque chose de particulier se tramait, et Cé n’en était que plus énervée ! Faire miroiter pendant près de deux heures une annonce à ses élèves est un comportement purement détestable. Pour une fois que quelque chose pouvait distraire les élèves… Il faut les en faire profiter dès le début des cours ! Or, plus le cours avançait, plus l’heure de sortie approchait et rien ne changeait. Cé en bouillonnait sur sa chaise en bois. Et elle commençait VRAIMENT à souffrir. Si elle avait pu, elle serait bien allée secouer son professeur, afin que celle-ci avoue enfin ce qui l’excitait tant.
Un changement subtil du comportement professoral attira alors l’attention de Cé. Elle se redressa sur sa chaise et prêta une oreille attentive aux propos de Mme Jine – dont la voix était subitement et étrangement montée dans les aiguës. Aucun contrôle au monde ne pouvait exciter à ce point un professeur. Il y avait vraiment de quoi traumatiser toute une génération d’élèves. Les mots « assistant de langues » résonnèrent aux oreilles de Cé, qui était repartie dans ses réflexions concernant le comportement de Mme Jine. A première vue et après déduction, le nouvel assistant de langue était la cause de l’émoi du professeur.
A suivre...
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