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Les Enfants
Par masamiya
Originales  -  Romance/Conte
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    Chapitre 1     0 Review    
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Fic cadeau pour Jaiga!

 

Enjoy parce que j'écris point souvent de l'ori!

 

 

_________________

 

 

 

« Les enfants, n’oubliez pas que demain on reçoit grand-père pour pâques ». Les gros yeux de maman sur mon frère et moi. « Et cette fois-ci, vous n’arriverez pas à la messe dans le même état que l’an dernier. Pas question de sortir ce soir… ». On a ri. On était encore des gosses ; on riait du scandale des prêtres pédophiles, on se donnait des tapes sur le coin des fesses pendant l’eucharistie, on pensait au chocolat qui nous attendait, on jouait à pierre-feuilles-ciseaux pour passer le temps ; l’église était froide et on râlait quand le curé demandait aux fidèles de se lever pour chanter.

« Chanter au lit, siffler à table, rire à l’Eglise, ce sont trois marques de sottise ! », grognait papa.

Alors bien sûr, après l’apéro, on mettait un point d’honneur à siffler l’Internationale. Ça faisait toujours rigoler grand-père. C’était pas lui qui avait à nous éduquer, il n’avait que les bons moments. Il nous offrait des trompettes quand on était petits, des couteaux de lancer, il riait à s’étouffer en voyant la tête de nos parents quand on déballait ses pistolets à billes ou ses Anthologies des Jurons du Capitaine Haddock.

 

Maman, mère au foyer. Nous traînait de force chez Cyrillus pour nous habiller de fringues chic plus inconfortables que des robes de bure, et mettait beaucoup de conviction dans sa voix en expliquant à la vendeuse que des jumeaux, c’est une bénédiction, tout en nous collant de discrets coups de pied pour qu’on se tienne droits. Alors on attendait qu’elle passe en cabine pour s’asseoir par terre et faire des cabanes entre les pantalons suspendus.

 

« Pas de violence dans cette maison ! ». Rien à faire. On se tirait les cheveux, on se collait des coups de savate à qui mieux mieux pour une histoire de triche au monopoly. « Chéri, arrêtes-les, ils ne m’écoutent jamais ! Je vais devenir folle. » La moustache de papa a l’air de se froncer en même temps que ses sourcils, c’est un peu effrayant, on se calme.

 

« Les interdits sont faits pour être bravés ! » chuchote mon frère en retroussant son nez, et on se met à fouiller toute la maison, il faut faire vite pendant que maman fait les courses!

« J’en ai trouvé un ! », je hurle, et lui arrive en courant avec des cris de sioux, je lui montre du doigt un cadeau de noël caché sous le lit parental. On le soupèse, on le tâte, c’est certainement un bouquin. Déception.

 

Le cours de maths est long, c’est la fin de l’année, les fenêtres sont grandes ouvertes. Il me sourit : « Chiche de sortir pendant que le prof écrit au tableau ? ». Je jette un coup d’œil, il s’en apercevra forcément ; ce coup-ci ils vont vraiment nous séparer et changer mon jumeau de classe. Je lui souris, « laisse-moi faire ». Je prends son stylo plume rouge, je vide une bonne demie cartouche d’encre sur un mouchoir que je plaque sur son nez. « Monsieur, il saigne du nez, je l’accompagne à l’infirmerie ? » Rires. Il a le museau barbouillé d’encore indélébile, ce soir ça va chauffer, mais pour le moment il fait beau.

 

Les grands mangent des cacahuètes, mémé est aux fourneaux. On s’ennuie un peu, on tourne partout dans la maison, on furète. Mémé nous appelle, elle nous glisse discrètement les premiers morceaux de saucisse cuite, nous cache sous la nappe en riant quand maman vient voir ou en est la cuisson qui semble faire se réduire jusqu’à la quantité de viande. On pouffe sous la table en voyant ses pieds juste devant nous, on recule loin d’eux, bien cachés par le bout de nappe.

 

« Je t’ai dit mille fois de ranger ta chambre, souillon ! C’est une porcherie, si ce soir tout n’est pas NICKEL, je jette toutes tes affaires. » Je sais que ce n’est pas une blague, elle l’a déjà fait ; je la défie du regard avec un petit sourire. Elle claque la porte. Je prends mes livres préférés, ma peluche, quelques vêtements que je vais cacher dans la chambre de mon frère, et attends avec un air moqueur qu’elle brûle le reste.

 

« Ces sont les règles de la maison. Pas de téléphone à table », dit tranquillement mon père en coupant son cordon-bleu, souriant au combiné qui sonne sur son socle. « Ne parlez pas la bouche pleine. Va-t-on enfin réussir à faire quelque chose de vous… ? »

 

Avec le frangin, on a fugué. On est presque majeurs, et lui il a déjà un petit boulot et quelques économies. On est allés chez un copain à lui, un type un peu crasseux. « Hey, Jack, tu vis toujours la nuit ? »Les fenêtres étaient toutes recouvertes de draps noirs et la musique assourdissait, mais le mal de crâne passait vite avec un joint ou deux. J’ai arrêté d’aller en cours, pour pouvoir récupérer le sommeil des nuits qu’ils me volaient. La nourriture manquait souvent, mais on avait de quoi boire ; nos estomacs vides nous faisaient gerber de la bile. La rancœur s’est installée et j’ai commencé à accuser mon jumeau de m’avoir plongée avec lui dans ce bain de boue. Je me noyais et lui se transformait en amphibien ; toujours entre nous venait se dresser le maître des lieux, celui dont il fallait respecter les règles, des règles nouvelles qu’on ne pouvait braver, cette fois.

L’obscurité m’empêchait de croiser son regard.

 

Un soir, je suis retournée à la maison. Mon jumeau ne m’a pas suivie. Il ne m’a pas vue partir. Il cuvait.

 

On ne l’a plus revu.

 

 
     
     
 
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