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au 24 Sept. 17 :
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Sur la simplicité de l'existence
Par MeriRCastell
Originales  -  Romance/Général  -  fr
8 chapitres - Rating : K (Tout public) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 1     Les chapitres     13 Reviews    
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Un commencement

Tu descends du bus après avoir adressé un bref remerciement au chauffeur. Tu pensais descendre deux ou trois rues plus loin, mais il te faut admettre qu’après plus d’une heure de route, tes jambes étaient trop ankylosées pour que tu sois capable d’attendre davantage.

Le soleil qui inonde la rue t’oblige à lever une main pour protéger tes yeux. Tu espérais qu’il fasse moins chaud ; même si ton sac n’est pas si lourd, sa taille le rend encombrant, et tu ne sais pas si tu auras l’énergie nécessaire pour le traîner avec toi toute la journée.

C’est un beau quartier. Les rues sont larges et bien dégagées, et tu remarques qu’il y a des fleurs un peu partout : devant les boutiques, sur les terrasses des cafés, mais aussi le long des trottoirs. Ça change des panneaux lumineux et des néons agressants que tu voyais chaque jour, là où tu vivais avant.

C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles tu as choisi de partir. Enfin, tu n’en es pas certain, tu n’y as pas vraiment réfléchi. Tes déménagements sont rarement motivés par de l’irritation ou de l’exaspération ; bien souvent, c’est l’ennui qui te pousse à chercher un nouvel appartement. Un nid, songes-tu en cherchant tes lunettes de soleil dans ton sac. Tu aimes l’idée des cocons, des nids et des chrysalides : des endroits intimes et trop exigus pour accueillir quelqu’un d’autre, des refuges provisoires que tu laisses derrière toi dès que tu ne vois plus le besoin d’y rester.

Il est environ quinze heures lorsque tu aboutis par hasard dans un petit café coincé entre un restaurant et une librairie. À ton entrée, les clochettes suspendues à la porte claironnent agréablement. Tu n’as pas vraiment faim, alors tu te contentes d’un simple café au lait.

Tu cales ton sac sous la table en espérant que personne ne trébuchera en passant à côté de toi. Heureusement, l’établissement est presque vide ; les clients entrent et sortent, mais ne s’arrêtent pas pour lire le journal ou pour converser avec la serveuse. Cette dernière se contente donc de nettoyer tranquillement les tables, croisant de temps à autre ton regard.

Tu fais mentalement la liste des choses les plus urgentes à faire, des trucs qu’il te faudrait acheter. Si tout se passe bien, tu pourrais être assez confortablement installé en deux ou trois jours.

Arriver dans un nouveau quartier ou même dans une nouvelle ville ne t’effraie pas ; peu importe où tu vas, tu parviens à trouver ta place en moins d’une semaine. Les gens auront toujours besoin d’un livreur, d’un serveur ou de quelqu’un qui lavera la vaisselle.

Tu restes encore un peu pour feuilleter le journal et mettre de l’ordre dans ton sac, mais tu ne tardes pas à partir, désireux d’explorer ce coin de la ville. Tu cherches ton portefeuille dans la poche arrière de ton jean pour laisser quelques pièces sur la table. Tu espères ne pas oublier cet établissement. Le café n’est pas très cher et la serveuse est jolie ; sans doute reviendras-tu bientôt.

À l’extérieur, le vent emporte avec lui un léger parfum de lilas. Tu croyais que leur floraison était terminée ; peut-être certaines espèces s’épanouissent-elles encore vers la mi-juin ? Le bruissement des feuilles te fait soupirer d’aise. Oui, tu aimes bien ce quartier. Tu ne sais pas si tu y resteras longtemps, plus que la dernière fois, mais tu veux bien tenter ta chance, pourquoi pas. Et puis, tu crois te souvenir que François vit tout près d’ici. Ça tombe bien. On pourrait presque croire que tu as fait exprès de débarquer ici. Si tu te pointes suffisamment tard chez lui, il sera bien obligé de te laisser dormir sur son canapé.

Ton errance te mène à un quelconque centre commercial, et tu y entres pour profiter un peu de la climatisation. Tu songes que tu pourrais acheter dès maintenant des draps, de la vaisselle et un peu de nourriture, mais sans appartement, ça ne servirait à rien.

Tu passes malgré tout environ une heure à chercher des vêtements plus légers en prévision des prochaines canicules. Tu n’as besoin que de quelques articles, surtout des shorts et peut-être une paire de sandales ; de toute façon, tu pourras toujours les donner à un quelconque organisme de charité une fois l’automne arrivé.

Tes nouvelles acquisitions entassées dans ton sac, tu suis pendant une quinzaine de minutes une longue avenue jusqu’à parvenir à une station-service où tu achètes un sandwich et une bouteille d’eau pour ton dîner. Idéalement, tu aurais aimé avoir un repas digne de ce nom, mais tant que tu n’auras pas trouvé d’emploi, il te faudra te contenter de peu.

Tu te permets tout de même un café vers dix-neuf heures, lorsque l’air s’est suffisamment rafraîchi pour que tu puisses apprécier la chaleur du récipient de carton entre tes mains. Installé sur le banc d’un parc, tu laisses tes pensées dériver en observant les étourneaux sansonnets qui déambulent dans l’herbe.

Peu à peu, le ciel se pare de teintes plus sombres ; un épais gris de plomb mêlé de bleu nuit se superpose aux dernières lueurs d’or vieilli que le soleil a laissées derrière lui. Même si l’air est bon et frais, tu devrais réfléchir plus sérieusement à l’endroit où tu vas passer la nuit. Tu n’as pas vu un seul motel dans le coin — tu es peut-être trop près du centre-ville pour cela —; il serait plus simple de demander à un passant s’il y en a un à proximité.

Un soupir t’échappe tandis que tu remues le reste de ton café avec un bâtonnet de plastique. Tu préférerais ne pas dépenser trop d’argent alors que tu viens tout juste d’arriver. Tu pensais au départ demander à François de t’héberger pendant deux ou trois jours, mais tu n’es plus si certain que ce soit une bonne idée : tu ne l’as pas revu depuis plusieurs mois et, même si tu te souviens qu’il est du genre à se laisser marcher sur les pieds, sans doute protestera-t-il devant une demande pareille.

Une goutte d’eau s’écrase soudainement sur ta joue, puis une autre, te faisant émerger de tes pensées. De la pluie à un moment pareil ? Irrité, tu empoignes ton sac et traverses le parc à la recherche d’un abri. Avec un peu de chance, peut-être un simple auvent suffira-t-il.

Il ne faut que quelques minutes pour que ces gouttes parsemant le pavé laissent place à une furieuse averse. Tu sens l’eau ruisseler sur ta nuque, faisant coller le tissu de ton t-shirt à ta peau. Tu jures à voix basse et accélères le pas.

Par chance, tu te souviens approximativement de la rue où se trouve l’appartement de François ; tu n’y es allé que deux fois lorsque vous étiez dans la même classe d’allemand et que vous deviez faire un projet ensemble, mais tu ne t’inquiètes pas, tu sais que tu peux te fier à ton sens de l’orientation.

Malgré la pluie qui réduit ta visibilité, tu arrives à destination sans encombre, si ce n’est de ton épaule endolorie par le poids de son sac. Une fois entré dans l’immeuble, tu t’adosses à la porte pendant un moment pour essuyer l’eau sur ton visage et replacer tes mèches trempées. Le désagréable frisson qui te parcourt te fait presque regretter la chaleur écrasante de l’après-midi. Si François ose rejeter ta demande, tu ne sais honnêtement pas ce que tu feras. Tu es même prêt à le payer si c’est ce qu’il veut.

Tu prends une profonde inspiration et montes les escaliers jusqu’au deuxième étage. À chacun de tes pas, l’eau dans tes chaussures te fait grimacer. Arrivé devant l’appartement de François, tu te surprends à retenir ton souffle tandis que tu frappes à sa porte. Tu n’entends rien chez lui, pas de voix ou de musique, mais tu sais qu’il n’a pas l’habitude de sortir les soirs de semaine. Il doit être là. Il le faut.

Tu es certain qu’il ne manquera pas de se moquer de toi en te voyant, de faire remarquer avec une pointe de condescendance que tu ne serais pas dans un état aussi lamentable si tu avais apporté un parapluie. Au moment où tu lèves la main pour frapper de nouveau, une autre porte s’ouvre à quelques mètres de toi. Tu entends une vieille dame dire d’une voix un peu chancelante :

— J’espère que tu auras le temps de m’apporter une ou deux boutures, la semaine prochaine…

— Je n’y manquerai pas, lui répond un jeune homme — peut-être est-ce François ? Merci encore, et n’oubliez pas de vous reposer.

De cet angle, tu ne peux pas examiner les traits du mec, mais il ne te faut qu’un instant pour te rendre compte qu’il est beaucoup trop grand pour qu’il s’agisse de François. Tu aurais dû t’en douter. Ils échangent encore quelques banalités auxquelles tu ne portes pas attention, puis la porte de l’appartement se ferme, plongeant à nouveau le couloir dans le silence.

Tu t’attends à ce que le mec t’ignore et qu’il parte, mais il se retourne après quelques secondes pour te lancer :

— Es-tu venu voir François ?

Tu hoches la tête, incertain, et repousses une mèche sombre qui colle à ton front.

— Tu n’as pas de chance, il est parti ce matin pour se rendre chez ses parents. Il doit s’être passé quelque chose là-bas, car il a dit qu’il ne reviendrait que dans trois ou quatre jours.

Tu grognes à voix basse, incrédule ; évidemment, il fallait que ça arrive aujourd’hui. Pour être honnête, tu te fiches un peu des parents de François et de leurs problèmes, tu ne les connais pas et tu voulais uniquement une chambre gratuite pour ce soir — ou au moins un canapé.

Tu passes machinalement une main sur ta nuque, agacé par cette porte fermée qui semble se moquer de toi. Il ne te reste plus vraiment d’options, à présent. Du coin de l’œil, tu t’aperçois que le mec n’a pas bougé d’un centimètre, comme s’il attendait une quelconque réponse de ta part. Il penche légèrement la tête sur le côté lorsque tu reportes ton attention sur lui.

— As-tu besoin d’un endroit où passer la nuit ? demande-t-il. Si c’est le cas, je t’invite.

Tu ne perçois pas d’exaspération ou de méfiance dans sa voix, pas même une pointe de raillerie ; en fait, tu as rarement entendu un ton aussi neutre. Pris de court, tu ne sais pas quoi répondre ; rien ne te vient en tête, sinon un « euh » dubitatif.

— Tu n’es pas obligé d’accepter, bien sûr, ajoute-t-il.

Tu ne vois pas pourquoi il voudrait te rendre un tel service. Peut-être est-il un ami de François ? En temps normal, tu déclinerais son offre, mais tu as froid dans tes vêtements trempés et tu n’as pas envie de chercher un motel sous cette pluie démente. Tu finis donc par accepter ; tu n’as rien à perdre, de toute façon — c’est faux, tu as beaucoup de choses à perdre, mais tu préfères ne pas y penser.

— Mon appartement est au dernier étage. Veux-tu de l’aide pour porter ton sac ?

— Non merci, il n’est pas très lourd, fais-tu en risquant un rire désinvolte.

Il te rend un sourire qui te semble curieusement froid et te fait signe de le suivre. Une partie de toi songe que tu es en train de faire quelque chose d’incroyablement dangereux. Tu as déjà dormi chez des gens que tu connaissais à peine, mais jamais en étant seul et encore moins en de telles circonstances. Tant pis ; entre la rue et l’appartement de ce mec, tu ne vois pas de raison d’hésiter.

En entrant chez lui, tu perçois un parfum étrange, floral et réconfortant. Du thé, devines-tu. Vous laissez vos chaussures près de la porte. Tu t’attends à ce qu’il lance une de ces phrases clichées que tu as trop souvent entendues, comme « navré pour le désordre, je ne reçois pas souvent », mais il demeure silencieux. Il ne t’adresse la parole que pour te dire de le suivre à nouveau.

— Il y a une chambre libre au fond du couloir. La salle de bain est ici, juste à côté, ajoute-t-il en désignant la porte en question. Tu peux prendre une douche si tu veux.

Tu le remercies encore et ajustes la courroie de ton sac sur ton épaule.

— Euh, j’ai un peu d’argent, au cas où tu…

Un sourire amusé remplace son expression qui te semblait jusqu’à présent trop sérieuse.

— Ce n’est pas nécessaire. Je n’oserais pas te demander de me payer, tout de même.

Tu n’insistes pas.

— As-tu besoin de vêtements pour la nuit ?

— Non merci, ça ira.

— Parfait. Tu dois être fatigué, alors je ne te retiendrai pas plus longtemps. Passe une bonne nuit.

Avant que tu aies pu lui rendre une quelconque formule de politesse, il regagne sa chambre de l’autre côté du couloir et referme la porte derrière lui. Tu restes immobile durant plusieurs secondes, décontenancé. Il faut croire que certaines personnes sont altruistes, tout simplement. À moins que ce soit une ruse, qu’il cherche à… non, tu ne veux pas y penser.

La chambre est banale. Un lit, une table de nuit, un bureau et une chaise. Tu ne t’attardes pas sur la décoration, mais tu supposes que c’est de bon goût. Tu es trop épuisé pour prendre une douche. Pour le moment, tu te contentes d’enfiler des vêtements confortables — et secs — avant de te glisser sous les draps.

Tu réfléchiras demain.

 
 
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