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Tic Tac Tic Tac
Par MissK
Originales  -  Romance/S-F  -  fr
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    Chapitre 1     0 Review    
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12 février XX72

Mon fils est enfin né. Je commence à écrire dans ce carnet. Il est adorable mais mon époux l’a à peine regardé. Ce n’est pas qu’il ne veut pas le voir, c’est juste qu’il n’a pas le temps. Il ne cesse de travailler pour que nous puissions vivre sans manquer de rien. J’espère que mon cher petit ne manquera pas d’amour de sa part, car c’est le bien le plus précieux qu’il puisse lui donner.

24 mai XX72

Je me sens de plus en plus mal. Je suis allée chez le médecin et j’ai malheureusement appris une mauvaise nouvelle. Je n’ai plus que quelques mois à vivre. Mon mari, toujours fidèle à lui-même, n’a pratiquement pas réagi à cette nouvelle. Je l’aime mais j’ai peur qu’il ne délaisse notre cher Edgar. Il va falloir que je remédie à cela.

17 juillet XX72

La maladie progresse et je suis de plus en plus fatiguée. J’y ai passé beaucoup de temps mais j’ai enfin terminé. J’ai mis au point un robot humanoïde. Il ressemble à un être humain, pense comme un être humain, réagit comme un être humain. Pourtant, il n’est constitué que de câbles en cuivre, de rouages, d’huile et d’un cœur mécanique. Je ne sais pas comment je me suis débrouillée pour lui donner une « âme » mais je sais, je sens, qu’il restera auprès de mon fils après ma mort.

22 juillet XX72

Madame est morte. Je ferais ce qu’elle m’a dit. Je vais donc garder précieusement ce carnet, continuer à écrire à l’intérieur de temps en temps et le donner plus tard au jeune maître. Je vais exaucer les derniers vœux de ma maîtresse et m’occuper de son fils aussi longtemps que mes rouages me le permettront. Quoi qu’il veuille faire ou devenir dans l’avenir, je me tiendrai à ses côtés.

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12 février XX88

Aujourd’hui c’est mon anniversaire et, selon Marcus, je me dois d’écrire quelque chose dans ce carnet qui appartenait à ma mère. En le feuilletant, j’ai l’impression de la connaître un peu et je m’aperçois à quel point elle m’avait aimé. J’ai aussi trouvé des pages remplies par Marcus, surtout des dessins. Y a pas à dire, ce robot est super doué pour cet art. Bon le seul truc un peu louche c’est que tous ces croquis et dessins n’ont qu’un seul modèle : moi. Bah ça doit sans doute être dû à la façon dont ma mère l’a programmé. Par contre, je ne pense pas que je montrerai ce carnet à mon père. Déjà que je ne le vois pas beaucoup, il ne s’est même pas donné la peine de venir à mon anniversaire. Par moment, je me demande s’il n’y a pas que Marcus qui m’aime…

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5 mars XX90

Mon père est venu me voir hier pour me dire que j’allais prendre sa succession quand j’aurai 22 ans. Comme si construire des zeppelins m’intéressait. Non, moi, ce qui me passionne c’est les machines, les robots, comme ma mère… Je pense que si je suis fasciné par cela, c’est à cause, ou grâce, à Marcus. Ce robot… Il est certainement plus humain que mécanique. Pourtant non. Je l’ai examiné de plus près l’autre jour, ne cessant de toucher cette peau si douce et pourtant si froide. Je me suis surpris à rester quelques minutes à caresser doucement ses cheveux blonds. Je… Ce… Cela m’a fait étrange. Comme si quelque chose s’était tissé entre nous. Bizarre…

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11 avril XX92

Mon père est mort. Il a voulu piloter lui-même le nouveau prototype de zeppelin mais malheureusement cela ne s’est pas passé comme prévu. L’engin a explosé en plein vol et il n’y a eu aucun survivant. Je me retrouve maintenant orphelin. Enfin je n’ai pas vraiment l’impression d’en être devenu un. Marcus est toujours à mes côtés. Il n’a pas changé. Il est toujours aussi… beau… Je me rends compte que depuis ces dernières années mon regard ne cesse de rechercher celui de Marcus. Et même si je ne le vois que de dos, je suis heureux. Sa présence m’apaise… Je pense depuis longtemps qu’il y a de l’amour entre nous, mais il faut que j’arrive à savoir quel genre d’amour. Surtout de son côté.

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5 juin XX95

Je crois que j’ai enfin compris ce que je ressens au fond de moi au sujet de Marcus. J’en ai pris conscience hier quand un client, qui venait acheter son troisième zeppelin de l’année, s’est mis à tourner autour de Marcus, disant que pour un robot ancien, il semblait en très bon état et que si je le voulais, il m’en offrirait une bonne somme. J’ai refusé son offre. Je n’ai pas aimé le regard qu’il posait sur lui, il était pervers, vicieux… Je me doute de ce qu’il avait en tête. Jamais je ne laisserai Marcus à qui que ce soit, il est à moi. Rien qu’à moi. Il faut que je lui parle.

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8 juin XX95

J’avais enfin décidé de parler à Marcus et de lui dire tout ce que je ressentais pour lui… Malheureusement, je l’ai trouvé inconscient dans sa chambre ce matin. J’ai essayé de le réveiller mais il n’a pas réagi. En posant mon oreille sur son torse, je n’ai pas entendu le tic-tac caractéristique à son cœur mécanique. Il serait donc en panne ? Ou cassé ? Je dois trouver un moyen de le réparer. J’y passerai ma vie s’il le faut…

………………………………………………

Cela fait maintenant 13 ans que Marcus ne marche plus. J’ai entre temps revendu l’entreprise de mon père pour ouvrir une fabrique de robots humanoïdes. Je me suis servi de mes recherches, dans le but de réparer Marcus, pour fabriquer des robots de plus en plus performants. Mais aucun n’arrive à égaler mon Marcus. Il y a tout juste 6 ans, j’ai enfin mis la main sur son schéma de construction. Tel un golem, ma mère avait caché les plans à l’intérieur de lui. Je n’ai découvert cela qu’en lui ouvrant le ventre et en sortant tous ses composants. J’ai parcouru le monde entier pour pouvoir trouver les pièces manquantes. Il ne m’en manque plus qu’une seule et je dois la recevoir aujourd’hui. Mais le livreur a déjà une heure de retard.

Je ne cesse de tourner en rond devant ma fenêtre, une cigarette à la bouche. A la moindre voiture au charbon qui passe, je regarde si c’est celle que j’attends mais non. Je commence à perdre patience, n’arrêtant pas de sortir ma montre à gousset de mon veston pour regarder l’heure. Bon dieu mais je vais finir par l’étriper ce livreur. Je retourne voir le corps sans vie de Marcus et caresse doucement sa joue froide. J’espère qu’avec cette dernière pièce il pourra fonctionner de nouveau. Je passe sur ma légère barbe en soupirant. Je m’arrête quelques instants devant un miroir et soupire de plus belle. Mes cheveux bruns et ma barbe sont désormais parsemés d’un peu de gris. Comment Marcus va-t-il faire pour me reconnaître ? Sans parler des rides qui apparaissent petit à petit sur mon visage. Rha la vilaine patte d’oie au coin de l’œil.

Perdu dans mes pensées, la sonnette d’entrée me fait sursauter. Je me précipite à la porte d’entrée et, oh miracle, c’est enfin le livreur. Sans même lui donner le moindre pourboire, je lui ferme la porte au nez et file jusqu’à mon atelier. J’allume la lumière, passe rapidement devant la table où le corps sans vie de Marcus se tient, et pose le petit colis que j’attendais avec tant de joie. Délicatement, avec un cutter, je coupe le scotch et ouvre le paquet. Sans plus attendre, j’enlève les morceaux de polystyrène et sort délicatement le cœur mécanique. Je le caresse doucement, espérant vraiment qu’avec ça Marcus va de nouveau vivre. Une fois mes lunettes avec les petites loupes sur le nez, je me penche au-dessus du torse ouvert de Marcus.

Je pose délicatement le cœur mécanique dans le boîtier de cuivre. Il y rentre parfaitement. Je connecte les câbles à l’objet mécanique, prend la petite clé, l’enfonce dans la serrure et la tourne. Mon propre cœur bat de plus en plus vite. Est-ce que ça va marcher ? Une fois le circuit totalement remonté, je retire la clé, rabats le couvercle du boîtier, vérifie que tous les rouages sont fonctionnels et referme le torse de Marcus. Je ne le quitte pas du regard et tends l’oreille. Pas un bruit, sauf ma propre respiration. Alors ça n’a pas fonctionné ? Je reste un long moment à regarder le corps sans vie sans bouger. La nuit a fini par tomber. Les zeppelins ont arrêté de voler depuis quelques heures. J’allume une petite lumière et regarde les plans de ma mère. Mais où est-ce que j’ai bien pu me tromper ?

Et en scrutant les plans, je remarque une phrase écrite en minuscule. Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Pourquoi est-ce que je ne l’avais pas vu avant ? Je prends une loupe et regarde ces quelques lignes. J’arrive avec un peu de mal à déchiffrer l’écriture de ma mère. Comment s’est-elle débrouillée pour écrire aussi petit ? Et pourquoi ? Je ne le saurais sans doute jamais mais je me concentre pour tout comprendre. Alors c’était donc ça ? Je me précipite auprès du corps sans vie de Marcus. Je colle mon oreille sur son torse. Le cœur ne bat toujours pas alors qu’il a été remonté au maximum. Je fais donc comme les instructions que ma mère m’a laissées.

Je me penche et viens murmurer quelques paroles à l’oreille de Marcus, tout en lui caressant doucement la main. Je lui dis enfin tout ce que j’ai sur le cœur, tout ce que je pense de lui, tout ce que je veux de lui, tout ce que je veux faire avec lui. Je lui raconte enfin combien il m’a manqué et combien ma vie est vide sans lui. Le corps de Marcus est toujours froid, sans réaction. Je fais alors la dernière partie des instructions. Je me redresse et je caresse doucement les lèvres de l’humanoïde. J’hésite quelques instants avant de me pencher, je prends ma respiration et je dépose lentement mes lèvres sur celles de Marcus. Je me redresse. Toujours rien. Je soupire et décide de m’éloigner. Ça n’a donc pas marché… Alors que je quitte la pièce, un tic-tac régulier se fait entendre. Je me retourne, m’approche de Marcus. Il ouvre ses magnifiques yeux gris et esquisse un sourire.

-  Bonjour Edgar.

 

 

 

FIN

 
     
     
 
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