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au 29 Jui 10 :
1795 comptes dont 576 auteurs
pour 2049 fics écrites
contenant 5918 chapitres
qui ont générés 11617 reviews
 
     

     
 
Saint' Nitouche
Par Yohiko
Harry Potter  -  Romance/Humour
1 chapitre - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 1     7 Reviews    
Potter est QUOI ?!

Titre : Saint' Nitouche

Pairing : HP/DM... et un BZ/TN dans le fond, à gauche

Rating : M !

Note de Yohiko :  Heelo ! Me revoici avec une nouvelle fiction, toujours basée sur Harry Potter... La chanson d'Aldebert du même nom me trottait dans la tête depuis un moment, et j'ai essayé de calquer sur papier ce que je m'étais imaginé !

Fiction à chapitres, je ne pense pas la faire très très longue... Disons qu'au maximum, 5 chapitres seront prévus, voire moins !

En espérant que vous faire passer un bon moment ! ^^

Avertissement : Cette fic est classée M et risque fort de mettre deux représentants du sexe masculin dans des positions sans équivoque... Homophobes, la croix rouge est votre amie !

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Le Draco Malfoy est le sorcier que l'on connaît toutes. Distingué, racé comme un épagneul breton et délicat comme nous ne le serons jamais. Le genre de sorcier à défier ses adversaires en leur jetant un gant de soie blanche au visage, le genre de sorcier qui va à un duel dans une robe de haute marque, le genre de sorcier qui vérifie si sa manucure est bien faite au moment où il dégaine sa baguette, le genre de sorcier qui enfin trouvera inadmissible de mourir bêtement au milieu d'une herbe même pas verte et mouillée où des Moldus idiots et en chaleur se seront sûrement accouplés quelques jours auparavant.

Le Draco Malfoy a beaucoup d'imagination.

Le Draco Malfoy, non content d'avoir un port de tête à faire rougir d'envie un vieux Lord écossais, est beau. Que celle qui n'a jamais fantasmé sur ses yeux gris couverts par ses longs cils de fille fasse un pas en avant et déclame son identité. Et que celles qui ont déjà imaginé en rougissant ce qui pourrait se cacher sous sa lourde robe noire de marque sorcière n'aient pas honte. Imaginer un jean anglais de haute couture n'a rien de choquant.

En revanche, je serais gré à celles qui ont imaginé le contenu dudit jean anglais de haute couture de bien vouloir glousser en silence. Il y en a qui travaillent, ici.

Le Draco Malfoy, en plus d'être beau, ce qui n'est déjà pas mal, est bien élevé. Le genre de mec qui plairait à maman (normal), s'indignerait avec papa, sourirait à petite sœur et apprendrait à petit frère à lancer des sorts amusants.

A ceci près qu'il faudra que petit frère soit allé à Serpentard ou ait un esprit proche du vieux Salazar pour comprendre et surtout apprécier l'humour d'un Draco Malfoy. Ceci n'est qu'un détail inintéressant. De toute façon, le Draco Malfoy n'aime pas les enfants, on sait toutes cela.

Le Draco Malfoy, pour finir et conclure, a tout pour lui. Certes, depuis la fin de la Guerre Sombre, le Draco Malfoy est une espèce en voie de disparition pour cause de père au passé trouble et à la mère à la santé hésitante. Mais le Draco Malfoy peut néanmoins se trouver au Ministère de la Magie (pour cause de travail rémunéré), au Bar «Au Joyeux Farfadet» (pour cause d'excellente qualité du Scotch, et ce malgré le nom pourri du bar), à la boîte de nuit «WiiWii» (pour cause de meilleur ami-gérant) et enfin au Tribunal des Affaires Magiques (pour cause de sorciers fonctionnaires obtus qui ne comprennent pas l'importance qu'a le Manoir Malfoy pour ledit Malfoy).

Chères lectrices, attention. Une exception est cependant à prendre en compte.

 

- POTTER EST QUOI ?!

 

Sous l'effet d'un choc violent et inopiné, le Draco Malfoy, comme tout être humain normalement constitué, recrache sa gorgée de café sur son interlocuteur d'une manière fort peu distinguée et regarde ledit interlocuteur avec les yeux du troll qui ne retrouve plus son sandwich, alors qu'il aurait pourtant juré l'avoir posé là, juste ici...

 

-------------------------------------

- POTTER EST QUOI ?!

Blaise Zabini garda le silence pendant quelques secondes, semblant hésiter entre la grimace de dégoût incrédule pour s'être reçu une gorgée de café brûlant sur son tee-shirt anciennement blanc, ou l'éclat de rire pur et dur devant son meilleur ami qui avait enlevé son masque parfait de parfait aristocrate pour laisser place à sa surprise.

Au bout d'une intense réflexion, et aidé par le regard noir de l'ex-Prince devant lui qui, malgré toutes ses qualités, ne cultivait pas la patience, il se décida pour une grimace.

- Draco... C'était un tee-shirt neuf..., tenta-t-il d'expliquer à la boule de nerfs devant lui.

- Avec tout le respect que j'ai pour toi, Zabini, je m'en contrefous ! Que viens-tu de dire ?

Blaise eut un sourire. Intéressant. Son ami semblait au bord de l'apoplexie, avec une telle figure...

- Que veux-tu que je te répète, Draco ? ricana-t-il en faisant apparaître un autre tee-shirt d'un geste de baguette. Que Harry Potter soit gay ou qu'il soit si délicieusement libertin ?

- ...

- Choqué ?

- ...

- Je te comprends, tu sais... je n'y aurais moi-même porté aucune attention, si Théo ne m'en avait pas parlé avec autant de... détails...

- ...

- D'ailleurs, si tu veux mon avis, ce Nott est totalement dépravé !

- ...

- Le café est délicieux, c'est la jeune rousse à l'entrée qui le fait ?

- ...

- Oh, charmant ton ensemble ! Ce n'est pas anglais, n'est-ce pas ?

- ...

- Tiens, ma soeur a accouché de deux jumelles !

- ...

- Savais-tu que le dernier balai de chez FlyInAir était sorti, la semaine dernière ?

- ...

- Pansy m'a appris à faire des sushis !

- ...

- Je t'offre un truc un peu plus fort que ce café ?

Et, voyant le léger hochement de tête qu'il reçu en réponse de la part de celui qu'il considérait comme son meilleur ami, Blaise se leva, enfila sa veste 100% cuir, prit la main de Draco et transplana.

Ils arrivèrent au milieu du Londres sorcier, et Draco suivit son ami qui se dirigeait d'un pas sûr vers un café à la devanture colorée et aux vitres légèrement embuées. Les lettres "Au joyeux farfadet" s'inscrivaient sur la devanture à la manière d'une craie sur un tableau, puis s'effaçaient comme balayées par une brosse avant de se réécrire à nouveau. Le fier descendant Malfoy resta une seconde, comme à son habitude, à regarder cette devanture, se demander comment pouvait-on créer des trucs aussi laids, avant de rentrer à la suite de son ami dans le bâtiment.

Comme à l'accoutumée, l'ambiance était surchauffée. Les tables étaient toutes quasi-remplies, à croire que personne ne bossait à l'heure qu'il était. Les deux serveuses couraient entre les tables, amenaient les cocktails, ramenaient les chopes de bière vides et revenaient avec l'addition tout en prenant soin au passage d'éviter les caresses un peu trop osées des clients un peu trop éméchés. La patronne, une femme ronde aux insolentes mèches rousses et aux yeux très bleus, s'occupait de la caisse et pétrifiait par un sort murmuré les clients qui s'aviseraient de partir sans payer. Au bar, un jeune homme aux cheveux châtains s'occupait des boissons. Il était charmant, souriant, gentil, et d'après ce que Blaise avait pu en juger, pas vraiment farouche...

Le bar était divisé en deux parties. Au rez-de-chaussées, des tables rondes en bois d'acajou étaient posées sur le parquet, et entourées de chaises taillées finement dans le même bois que les tables. Chacune était recouverte d'une petite nappe blanche, fine, simple, et au centre de chaque table était posé un petit vase blanc rempli de fleurs colorées. Ainsi, chaque table possédait un bouquet d'une seule couleur, donnant ainsi une atmosphère simple et chaleureuse au café.

Au fond de la salle, un escalier en bois clair et en colimaçon amenait au premier étage. Ce dernier n'était constitué que d'un autre parquet, taillé dans un bois plus clair que celui du rez-de-chaussée. Aucun mur n'abritait le premier étage, et les clients pouvaient voir la salle du dessous en jetant un coup d'oeil par-dessus la balustrade en bois. Comme en bas, il y avait plusieurs tables, chacune recouvertes d'une nappe et dotées d'un bouquet coloré. Deux serveurs s'occupait de l'étage, où s'installaient généralement les habitués de la maison. Habitués dont faisaient partis bien évidemment Blaise et Draco.

Après que Blaise eut embrassé la patronne sur les deux joues et fait un clin d'oeil aguicheur au barman, après que Draco eut levé les yeux au ciel en souriant d'un air entendu à la plus jeune des serveuses, les deux jeunes hommes montèrent les escaliers et allèrent s'installer au niveau d'une table placée juste à côté de la balistrade.

Un des serveurs s'approcha, une queue-de-cheval d'un noir de jais reposant sagement dans son dos.

- Messieurs, désirez-vous la carte ?

- Inutile, je pense, sourit Blaise après un coup d'oeil vers Draco. Je prendrais un jus de myrtilles, et mon ami prendra...

- Un Scotch, s'il vous plaît.

Le serveur acquiesça.

- Un myrtilles et un Scotch ! Je m'occupe de cela, messieurs !

- Je vous remercie.

Blaise attendit un instant que le serveur se fût éloigné, puis se pencha vers Draco avec un sourire espiègle.

- De l'alcool aux heures de bureau, Monsieur Malfoy ? Ça ne vous ressemble pas...

- Dis-moi plutôt comment as-tu appris toutes ces rumeurs sur Potter, murmura Draco sans sourire.

Blaise eut un nouveau sourire, se recula un peu et entreprit de se balancer sur sa chaise.

- On est intéressé, Monsieur Malfoy ?...

- Curieux. Simplement curieux.

- Je vois, ricana Blaise. Hé bien, comme je te l'ai dit, c'est Theo qui me l'a dit.

- Et est-ce que ce que dit Théodore Nott est forcément avéré ? soupira Draco en jouant avec une salière posée sur la table.

Il y eut un léger silence.

- Pas forcément, murmura Blaise. Mais en matière de culs masculins, Théo ne ment pas.

Draco haussa un sourcil.

- Zab', mon ami, tu es d'une vulgarité affolante.

Par-dessus la table, Blaise lui envoya un grand sourire innocent.

- Tu ne trompes personne, foutu aristo de mes deux, lui répondit-il joyeusement. Maintenant, dis-moi pourquoi la vie sexuelle de Potter te choque autant.

- Parce que c'est justement Potter, répliqua immédiatement Draco qui, ne regardant pas son ami, loupa le sourire en coin que celui-ci arbora. Potter, Blaise, on est en train de parler de Saint Potty ! Le mec qui rougit devant une fille et donne des grandes claques dans le dos de ses amis ! Le foutu Griffondor qui penserait éternellement à sauver le monde s'il avait Morgane elle-même en train d'écarter les cuisses devant lui !

- Malfoy, mon frère, ma vulgarité n'a d'égale que la tienne, murmura Blaise en hochant la tête d'un air docte.

- Va te faire foutre, Zabini.

- Plus tard, si tu es sage, lui promit son ami en riant.

- Un myrtilles et un Scotch, Messieurs !

L'arrivée impromptue du barman à leur table, portant deux verres à pied sur un plateau d'argent, empêcha Draco de renverser la salière qu'il avait entre les mains sur la chevelure de jais de son meilleur ami. Le barman posa délicatement un verre rempli d'alcool devant Draco, puis posa le second verre, rempli d'un liquide rubis, devant Blaise. Au moment où il retira sa main, Blaise la prit dans la sienne et y déposa un léger baisemain en le regardant droit dans les yeux. Le barman rougit violemment, reprit sa main en murmurant un "pas ici" dans un souffle, puis s'éloigna en se dandinant légèrement vers les escaliers, un sourire flottant sur ses lèvres.

Draco poussa un soupir.

Blaise se permit un sourire contrit, haussa les épaules et leva son verre.

- Bien ! A toi, Draco ! A ton grand lit double éternellement vide et froid !

Le dernier mot avait été ajouté avec un clin d'œil entendu et un sourire en coin. Le même sourire que Blaise avait lorsqu'il cherchait à séduire. Le même sourire qu'il prenait lorsqu'il savait quelque chose que les autres ignoraient.

Le même sourire qu'il avait pris quand il était venu lui raconter les aventures débridées de Potter.

Draco eut à son tour un sourire en coin, son sourire en coin, estampillé Malfoy et faisant parti de l'héritage familial, avec le haussement de sourcil, la voix traînante et la sensualité naturelle dans les gestes.

- Parfait, annonça-t-il sans quitter Blaise des yeux. Et à toi, Blaise. A tes aventures sans lendemains !

Ils sourirent tous les deux, et avalèrent une gorgée de leur verre.

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Lorsque Draco Malfoy rentra chez lui, plusieurs heures plus tard, il avait un mal de tête à se cogner contre le mur le plus proche.

Après avoir quitté Blaise, il était retourné au Ministère, où il travaillait depuis maintenant cinq ans comme Auror. Enfin, comme Horreur plutôt, pensa-t-il une nouvelle fois alors qu'une jeune stagiaire avait changé d'ascenseur pour ne pas prendre le même que lui. A chaque fois, c'était pareil. les jeunes recrues l'évitaient, les journalistes le harcelaient, et au fond, il n'y avait que ses amis pour le laisser tranquille.

A la fin de la Guerre Sombre, tout le monde s'était jeté sur les Mangemorts qui n'avaient pas été tués. Les jugements avaient été bâcles, les avocats les avaient défendus pour la forme, et en moins de six mois, tout le monde s'était retrouvé en prison. Hormis Rogue, qui avait conservé dans la Pansine de Dumbledore un souvenir de ce dernier le jour où il lui avait expliqué que sa mission consisterait à jouer un double jeu chez Voldemort.

Fort heureusement pour lui, le Ministre en exercice avait été assez intelligent pour ne pas croire à un souvenir trafiqué.

Fort malheureusement pour lui, le Ministre n'agissait pas seul, et une dizaine d'Aurors eux aussi en exercice avaient fouillé sa mémoire de fond en comble pour trouver un souvenir qui prouverait son allégeance au Seigneur des Ténèbres. Ils n'avaient rien trouvé, et l'Ordre du Phénix avait de toute manière témoigné en faveur de l'ancien professeur des potions.

Il n'en avait pas été de même pour Draco. Son père avait rapidement trouvé la mort au cours des multiples batailles entre l'Ordre et les Mangemorts, et il était mort sans connaître la véritable position de son fils. Celui-ci avait finalement choisi de se rallier à Dumbledore le jour où Voldemort avait torturé sa mère pour le punir lui d'avoir échouer à tuer le directeur de Poudlard. Ce jour-là, son visage s'était fermé, il n'avait rien dit mais était parti pour le square Grimmaud la nuit même. Il y était arrivé transi de froid, mais n'avait pas ouvert la bouche avant qu'un des membres ne sorte et ne le trouve sur le trottoir, bleui par le froid, les paupières recouvertes de neige, les bras croisés contre sa poitrine pour se protéger légèrement de la violente claque du vent.

Évidemment, il avait immédiatement été ramené à l'intérieur, à côté du feu. Évidemment, les membres étaient si stupidement Griffondors qu'ils avaient attendus deux jours qu'il soit mieux avant de l'interroger.

Stupides Griffondors. Stupides bonnes âmes. Ils auraient pu le tuer vingt fois, pendant ces deux jours... Deux jours comme il n'en avait jamais vécu. Dès que Lupin et Georges Weasley l'avaient trouvé dehors, ils l'avait ramené à l'intérieur et posé sur un énorme fauteuil à côté d'une cheminée où ronronnait un feu flamboyant. Lupin avait viré les autres membres du salon et les avait réunis dans la cuisine pour leur parler. Weasley avait entretenu le feu, était allé chercher trois énormes couvertures dans une chambre à l'étage qu'il avait posé sur le descendant Malfoy, était remonté chercher un oreiller qu'il avait posé sous sa nuque, puis avait fait un détour par la cuisine pour en rapporter une théière, deux tasses, une bouteille d'alcool et le reste du gâteau qu'Hermione avait préparé le matin même.

Il lui avait arrangé les trois couvertures sur le corps, mais l'avait obligé à avaler un peu d'eau et à manger une tranche de gâteau avant de consentir à lui servir un verre d'alcool. Malfoy avait bu l'eau, avalé quelques miettes du gâteau, et avait fixé la bouteille d'alcool jusqu'à ce que Georges soupire et ne lui en serve un verre. Après, il avait fermé les yeux et s'était endormi, au chaud, avec un peu d'alcool dans le sang et surtout, un Georges Weasley à côté de lui qui le regardait avec de grands yeux, plus qu'étonné de ne pas avoir été viré ni insulté pendant les quelques minutes où ils avaient été à côté.

Il avait dormi pendant près de deux jours. Quand il se réveillait, Georges était toujours là pour s'occuper du feu, lui servir un verre d'eau, lui faire avaler un peu de nourriture et réajuster ses couvertures.

Georges Weasley était la nounou parfaite.

Finalement, il finit par se lever. Finalement, tout reprit comme avant, les membres de l'Ordre ne le laissèrent pas quitter le salon avant de le coincer dans un fauteuil pour l'interroger. Il ne leur dit rien, mais attendit d'être seul avec Lupin pour expliquer l'épisode de torture de sa mère, et son choix de se rallier à ceux qui se battraient contre ses bourreaux. Il n'en avait rien à fiche des idéaux de Dumbledore, rien à foutre de tuer Voldemort, rien à carrer du maudit Survivant de ses deux qui était parti depuis une semaine avec Ron et d'autres membres pour débusquer un Horcruxe... Rien à battre de tout ça. Il voulait juste aider à tuer celui qui avait osé faire souffrir sa mère.

Apparemment, Lupin avait dû croire son histoire, puisqu'il était allé parler avec les autres membres. Et s'il avait été assigné à résidence pendant près d'un mois, officiellement pour son repos, officieusement par méfiance, il avait été tout de même envoyé en mission plutôt rapidement. Comme agent double, comme par hasard.

Alors, il était retourné chez Voldemort. Son père ne savait rien de ce double jeu, mais sa mère, oui. Elle n'avait rien dit, et il n'avait de toute façon pas évoqué la raison pour laquelle il se battait dans le camp adverse.

Et pendant six mois, il avait eu un double jeu. Ses relations avec les membres de l'Ordre avaient changées, surtout avec Georges. Et puis, invariablement, avec le maudit trio de Poudlard. Harry Potter, et son fardeau d'être le héros. Weasley, et son sens inné de la mode. Granger et ses dents, ses bouquins et son envie étrange de permuter son nom de famille pour un nom à résonance rouquine et miséreuse. Enfin. Tous les goûts sont dans la nature !

Et puis l'affrontement final avait eu lieu. Et puis Georges et lui s'étaient mis ensemble. Et puis Potter avait triomphé de Voldemort. Et puis Weasley avait épousé Granger. Après leurs trois mois personnels d'hôpital, bien sûr. Et puis Potter était resté hospitalisé près de six mois. Et puis lui et Georges avaient rompu.

Et sans trop savoir pourquoi, il s'était retrouvé dans ce bureau d'Auror. Les cinq années d'université étaient passées très rapidement, il ne les avait même pas vues se dérouler. Entre ses études, les rendez-vous pris au tribunal pour discuter de son cas, savoir si oui ou non on allait le mettre à Azkaban, il n'avait pas vu le temps passer.

Et aujourd'hui, il était Auror dans un bureau, avait récupéré sa fortune mais pas son manoir, avait récupéré un boulot mais pas son prestige. Résultat, il en était réduit à remplir de la paperasserie dans un bureau et à faire peur aux stagiaires qui ont appris à la fac que pendant la Guerre Sombre, c'était Lucius Malfoy qui s'était rendu coupable de l'assassinat de Ginny Weasley, fiancée de Harry Potter.

Alors dans ce contexte-là, c'est sûr, être le fils de l'assassin de la fiancée du Survivant n'est pas très bien vu de nos jours.

Enfin... Draco secoua un peu à la tête pour tenter de diminuer un peu son mal de crâne. La journée était finie, une de plus. Il se laissa tomber dans son gros fauteuil en cuir noir, celui-là même qui tranchait si bien avec sa moquette blanche immaculée, et se servit un verre de Bourbon en se répétant qu'il avait bu assez d'alcool aujourd'hui. D'habitude, il ne prenait jamais plus d'un verre par jour, et ce verre, il ne le prenait que quand il sortait avec Blaise. Les jours normaux, il ne buvait pas d'alcool.

Pas qu'il ne le supportait pas, mais il ne voulait pas habituer son corps à l'alcool, quand bien même cela lui plaisait.

Mais alors qu'il avalait un gorgée de son verre, il ferma les yeux, et se dit qu'aujourd'hui, avec ce qu'il avait appris, un verre de trop ne le serait finalement sûrement pas.

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Flash-back

Même journée, quelques heures plus tôt

- En train de bosser, Zabini ?

Blaise releva la tête et aperçut la silhouette fine et distinguée de son dandy d'ami. Avec un sourire, il indiqua d'un geste de tête la chaise à côté de lui et entreprit de finir le document qu'il était en train de taper sur son ordinateur. Encore une technologie moldue dont il n'arrivait pas à se passer, avec la brosse à dents électrique et le ramasse-miettes pour la table.

Il sentit plus qu'il ne vit Théodore s'installer à côté de lui, et se concentra sur son document. En essayant de ne pas prêter attention au souffle de Théodore dans son cou.

- Tu me fais quoi, là... demanda-t-il tout en continuant de taper

- Je lis ce que tu écris, chéri, sourit Nott en continuant sa lecture. C'est pas vrai, tu es toujours sur cette construction ? Oublie-la, "WiiWii" est bien mieux sans, tu sais !

- Occupe-toi de tes miches, Nott, marmonna distraitement le noir sans quitter son document des yeux. Une légère ride de contrariété venait d'apparaître sur son front. Que signifiait...

Le rire de son ami le tira hors de sa réflexion. Il sentit le bras de Théodore passer devant sa tête et allait se poser sur sa joue pour le forcer gentiment à le regarder.

Il se retrouva face au visage de son ami, et allait l'incendier quand Théodore posa son autre main sur son autre joue, tenant ainsi son visage en coupe, et posa son front sur le sien.

- Mes miches ne s'occuperont pas toutes seules, Blaise Zabini, murmura-t-il en plongeant ses yeux verts dans ceux, noirs, de son ami. Et toi, tu travailles trop !

Et avec un sourire entendu, il les fit transplaner.

-----------------------------------

Théodore se dégagea du corps moite et sombre de son amant, et se laissa tomber doucement à côté de lui, sur le grand lit qui avait abrité leurs ébats. Se positionnant paresseusement sur le dos, il attira le visage de Blaise vers lui pour l'embrasser. Celui-ci baissa les yeux et le repoussa doucement.

Théodore eut un pauvre sourire.

- Tu me laisses te prendre mais je n'ai pas le droit de t'embrasser ?

- Oublie-moi, Nott...

Blaise était étendu sur le ventre, et avait tourné sa tête de l'autre côté pour que Théo ne voie pas ses yeux briller par les larmes qu'il retenait.

- Après ce que l'on vient de faire, ce serait compliqué, Blaise, murmura doucement Théodore en caressant son dos.

Blaise ferma les yeux en sentant ses lèvres se poser sur son corps encore moite. Sur l'épaule, l'homoplate, puis sur la ligne du dos. Quand Théo embrassa sa nuque, comme à chaque fois, il ne put réprimer un frisson, et ferma les paupières encore plus fortement.

- Laisse-moi t'embrasser, Blaise...

La voix de son amant était douce à son oreille, mais il ne répondit pas. Il ne se tourna pas, il se fit pas un geste, il ferma juste les yeux encore plus fortement.

- Non.

Et sur ces mots, il se releva lentement et entreprit de sortir du lit. Une main qui aggripa son poignet l'en empêcha.

- Dis-moi ce qui ne va pas.

- Toi, dis-moi pourquoi tu es venu pour baiser avec moi alors que ça fait un bail que ça n'est pas arrivé, lâcha Blaise en se retournant.

Théodore eut à nouveau un pauvre sourire et regarda rapidement le corps noir et parfait de son ami

- Tu me manquais. Ton corps me manquait.

Blaise ferma les yeux et dégagea sa main d'un mouvement brusque du poignet. Il se retourna et se dirigea vers la cuisine faire du café.

- Dommage, Nott. Moi, c'est ta personne toute entière qui me manque. Pas seulement ta queue.

- Qu'est-ce que tu dis ? cria son amant de la chambre.

- "Je fais du café, lève tes miches du pieu"

------------------------------

Blaise et Théodore étaient assis à la table de la cuisine, l'un en face de l'autre, une tasse de café en face de chacun. Blaise avait ré-enfilé ses vêtements, ignorant le regard brûlant de son amant lorsqu'il l'avait vu, et avait lancé immédiatement la cafetière.

Théodore avait été plus long à sortir du lit, et était arrivé tout nu dans la cuisine, avant de se faire proprement virer par un Blaise qui lui ordonna d'aller mettre au moins un slip et un peignoir.

- Qu'est devenu Brook, avec qui tu étais la semaine dernière à la soirée du Ministère ? demanda Blaise en portant sa tasse à ses lèvres.

- Le blond ?

Blaise acquiesça.

- Oh, c'est fini. Nous n'avions pas les mêmes aspirations. Il voulait quelque chose de sérieux et durable, et je l'ai viré quand il m'a parlé de déménager chez lui.

- Je vois.

Faisant attention à ne pas laisser ses émotions transparaître sur son visage, Blaise reprit une gorgée de café et évita surtout de croiser le regard vert de son amant.

- Mais j'ai quelqu'un d'autre en ligne de mire, Blaise...

- Vraiment ?

- Ouais. Et tu ne vas pas me croire. Une pure bombe au lit, délicieusement soumis et pourtant...

- Vraiment ?

- ...ouais... Je te jure. Il est soumis, on pourrait difficilement faire plus, mais il dégage quelque chose... Enfin, il est ahurissant. Il m'a vidé les couilles en une nuit, et tu sais combien ce n'est pas commun !

Blaise se leva brusquement, bousculant la table et se dirigea vers l'évier pour laver sa tasse. Il détestait quand Théodore devenait vulgaire.

- Je le sais.

Il entendit un bruit de raclement de chaise, et su que Nott s'était levé. L'instant d'après, ses bras encerclaient sa taille.

- Tu ne veux pas savoir son nom ? murmura-t-il doucement à son oreille, avant de capturer le lobe entre ses lèvres et l'aspirer doucement à l'intérieur de sa bouche.

Blaise baissa un peu la tête.

- Ça ne m'intéresse pas.

- Vraiment ? Tu risquerais d'être surpris, tu sais.

- Ça ne m'intéresse pas, je te dis.

Et Blaise se dégagea d'un geste de bras. Il se rapprocha de la table, prit la tasse de Théodore et retourna vers l'évier pour la laver. Le silence se fit alors qu'il aspergeait la tasse blanche d'eau avant de prendre l'éponge gratton pour nettoyer le fond et en enlever les traces de café. Il la posa sur l'égouttoir, prit un torchon noir et blanc, et entreprit d'essuyer les deux tasses. Puis, il les rangea dans le placard et se retourna vers la porte de sortie.

- Harry Potter.

- Pardon ?

Théodore sourit.

- Ce mec, là. C'est Harry Potter.

Il y eut un blanc.

- C'est incroyable, non ?

- Je m'en balance, Nott.

Et Blaise sortit de la cuisine en claquant la porte. Théodore baissa les yeux, et s'autorisa enfin à lâcher le sourire qu'il avait depuis le début de l'après-midi.

Ça, c'était fait

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Harry Potter... Le mec qui avait tué le plus grand mage noir de l'Histoire - ou en tout cas, un des plus grands mages noirs de l'Histoire - était en privé une petite salope soumise ? Draco secoua rapidement la tête. Non, ces termes vulgaires ne correspondaient pas au Survivant. Même s'il le détestait, il ne pouvait pas parler de lui comme ça, c'était... impossible. On n'insulte pas aussi facilement un mec que l'on a appris à respecter, même si il a fallu sept années et une guerre pour cela.

Bon, soit. Harry Potter n'était pas une petite salope soumise. Il était juste gay.

Mais tous les gays ne sont pas de petites salopes soumises, n'est-ce pas ? Fort de cette petite conclusion, Draco s'autorisa un second verre de Bourbon.

Bon. Harry Potter est gay. Et soumis. Soit. Il préfère être pris que prendre. Ça ne fait pas de lui forcément une salope, n'est-ce pas ?

Bien joué, Draco. Tu as droit à une seconde gorgée.

Troisième point. Draco déglutit. C'était le plus compliqué à admettre. Parce que Harry Potter soit gay, aucun problème. Son meilleur ami l'était bien, et lui-même concédait autant de ses préférences aux jolies filles qu'aux beaux hommes. L'homosexualité ne le choquait pas. Pas plus que le fait que Potter ait ses préférences.  Encore une fois, ce n'était pas ce point-là qui le choquait. Que le Survivant, héros du monde sorcier, mec parfait sous tout rapport, fiancé à présenter à maman, soit soumis...

A vrai dire, il s'en foutait.

...

C'est vrai !

Peu importe.

...

Mais que le Survivant appâte ses amants en revêtissant des tenues affriolantes, ça oui, ça le choquait !

"Des blouses de médecin, Draco. Ou alors, nu sous un tablier. Le fantasme du professeur soumis par un de ses élèves, l'homme de ménage qui se fait punir, l'écolier... Tout y passe, Draco. Absolument tout. Selon Nott, Potter n'a pas son pareil pour exciter ses amants par ses tenues, ses jeux ou ses attitudes. Tu l'aurais cru, toi ? Que le Survivant pouvait être une telle libertine ? "

"POTTER EST QUOI ?!"

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il avait plutôt mal réagi. De là à envoyer sa gorgée de café sur le tee-shirt de son meilleur ami... Draco esquissa une grimace. La nouvelle avait de quoi surprendre, oui, mais un Malfoy n'était jamais surpris. Un Malfoy sait à quoi s'attendre et sait envisager toutes les situations.

Mais un Malfoy n'avait pas prévu que son ennemi personnel soit ainsi.

Et si un Malfoy n'aimait pas surpris, c'est qu'il y avait une bonne raison.

Un Malfoy surpris est très con, quand il s'y met.

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Voili voilà ! J'espère que ce premier chapitre vous aura... non, pas appâtés, quoique ce soit dans l'air du temps et du nouveau concours de Mani :p

Ah, si, avant de partir... Vous avez peut-être remarqué que certaines phrases vous évoquaient certaines choses, tout du moins si vous lisez plus ou moins régulièrement des Drarry... ^^ Alors rendons à César ce qui est à César, le "Zab'" du début de la fic est sorti tout droit d'une autre fic lue... je ne sais plus où, mais en tout cas, ce n'est pas de moi ! Voilà, si maintenant vous remarquez quelques structures que vous reconnaissez comme étant de votre cru, toutes mes excuses, il se peut que je m'en sois inspiré pour la fic... Mea culpa, si cela vous dérange, je modifirais ce texte !

 Ja ne ! o/

 
     
     
 
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