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Mensonges sans raisons
Par CleliaKerlais
Originales  -  Angoisse  -  fr
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    Chapitre 1     0 Review    
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Auteur:Clélia KERLAIS

Disclamer: Propiétaire de ce texte, merci de bien vouloir me demander l'autorisation de le publier sur quelque site ou blog que ce soit. La contexte, bien que commun à beaucoup, n'est inspiré de personne de ma connaissance, juste de mon petit cerveau torturé.

Commentaire: Ceci est mon premier essai dans le monde des histoires originales. Le sujet, bien que peu banal dans ce contexte, me tiens à coeur. Je n'ai pas osé le soumettre à ma bêtalectrice pourtant attitrée, j'espère cependant qu'il présente que peu de fautes.

Merci de passer par là et de me lire.

Clélia K.

____________________________________________________________________

 

Il n’avait pas de raison valable de faire cela.

On ne pouvait dire qu’il était malheureux. Il avait tout ce dont quelqu’un de sensé pouvait espérer prétendre.

Oh bien sur, il n’était pas un symbole de beauté, mais affirmer qu’il était dénué de charme serait mensonge. Il n’était pas très grand, pas très musclé, il n’avait pas un regard exceptionnel ni une peau parfaite. Mais le marron de ses yeux était un marron parfait, ses longs cils relevant son regard captivant. Son corps était mince, avec juste ce qu’il faut de graisse pour donner cet aspect velouté à sa peau et ses pommettes lui donnait un air espiègle qui pouvait faire fondre bien plus qu’une beauté pure et froide.

Une famille plus que présente, plus qu’aimante. Des parents avec des valeurs sures, préconisant l’amour et la communication, des frères complices, avec son lot de chamailleries propres à ce type de relation. Une grande maison, un grand jardin, un potager. Le jardinage en famille, les promenades dans la campagne, les virées en foret, les châtaignes qui cuisent doucement dans la cheminée, les soirées lectures près du feu.

Les amis. Des amis précieux. Pas 15, ni 5. Juste deux. Deux meilleurs amis, présents aussi bien dans les moments difficiles que pour les évènements heureux. Des amis francs, quotidiennement à ses côtés. Des amis lui pardonnant son caractère parfois insupportable, des amis aimant et acceptant tous les aspects de sa personnalité.

Et l’amour. Un amour inconditionnel, profond et passionné. Un amour de conte de fée. Le prince charmant n’a peut être pas le physique d’un top modèle mais il est doux, compréhensif, tolérant, tendre et totalement dévoué à l’être aimé. Et sans cet amour il ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Sans cet amour, il n’aurait jamais réussit à combattre ses démons quand ceux-ci se sont manifestés. Sans cet amour il ne serait rien.

L’amour, c’est là dessus qu’il base sa vie. L’amour pour sa famille. L’amour pour ses amis. L’amour pour son âme sœur.

Alors pourquoi ? Pourquoi agit-il ainsi ? Pourquoi, alors qu’il est seul, ce soir, comme tous les soirs de la semaine, pourquoi prend-il cette bouteille ?

C’est plus fort que lui. Plus fort que tout.

Car il est seul. Pour les besoins de ses études il a changé de ville. Pour son avenir et l’avenir de son couple il s’est sacrifié. Vivre seul la semaine, loin de l’Amour, la seule chose qui le fait vivre. Loin de la tendresse des bras de sa mère. Loin de la de la présence rassurante de ses frères. Loin des baisers de sa moitié d’âme.

Il dit qu’il le supporte. Il dit que tout va bien.

Alors que fait cette bouteille contre sa bouche ? Que fait ce goulot collé sensuellement à ses lèvres ? Que fait ce liquide brulant qui coule le long de sa trachée ?

Il n’a pas de réponse. Il ne veut pas y penser.

Tout ce qu’il reconnait, c’est la chaleur que cela lui procure, c’est la sensation de bien être. Comme s’il n’était pas seul. Comme s’il était entouré d’Amour.

Il a chaud et c’est tout ce qui compte.

Il a chaud mais il se rend bien compte que c’est mal. Si ce n’était pas mal, pourquoi n’en parle t-il pas ? Si ce n’était pas mal, pourquoi ne l’avoue t-il pas à ses Amours ?

Non, il sait que c’est mal. Il ne veut pas faire de peine aux personnes qui constituent son monde. Il ne veut pas de l’incompréhension, de la compassion ou de la peine. Il veut juste cette sensation de chaleur alors qu’il est seul, glacé jusqu’aux os.

Pourtant, il est effrayé. Ce qui n’était qu’un verre de temps en temps devient un verre bien trop souvent. Ce qui ne devait être qu’exceptionnel est devenu quotidien. Ce qui ne devait être que temporaire est devenu habituel.

Le mal est là et il se manifeste également le week-end. Même lorsqu’il rentre chez lui, dans sa ville natale, dans la maison de son enfance. Même lorsqu’il retrouve la protection de sa famille, même lorsqu’il retrouve les bras de son aimé. Il est là, et ce mal lui fait mal, le soir, lorsque vient le diner. Il doit cacher le soulagement qui le gagne quand son père débouche une bouteille de vin. Il doit se refreiner de ne pas attraper la bouteille, de la coller à ses lèvres et se s’abreuvoir comme si sa vie en dépendait. Il ne doit pas montrer sa dépendance, son besoin.

Et pour le moment, il y arrive. Il les dupe. Tous. Et la culpabilité le ronge. Le mensonge n’est pas une des valeurs qui lui a été inculquée, le mensonge ne devrait pas faire partie de sa vie.

Et pourtant…Il est si présent ! Lui qui n’aspire qu’à vivre avec ses Amour se voit soulagé de retrouver son petit studio dans la semaine. Lui qui ne pensait ne penser qu’au week-end se retrouve à ne penser qu’aux jours de la semaine. Les jours de la semaine où il peut boire autant qu’il veut. Les jours de la semaine où il peut boire de ce qu’il veut.

Il ne sait même pas comment il en est venu à ce stade. Car, je vous l’ai déjà dit, il n’avait aucune raison valable de faire cela.

Mais la raison a-t-il une place dans cette spirale ?

La raison a-t-elle sa place dans l’alcoolisme ?

Alcoolique. Il l’a enfin reconnu.

Et pour l’oublier, quel autre moyen que de se saisir de cette bouteille ?

____________________________________________________________________

Pour tous ceux qui passent par là, qui le cachent, aussi bien aux autres qu’à eux même.

Clélia K.

 
     
     
 
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