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Apparitions Nocturnes
Par kisa41
Originales  -  Surnaturel/Tragédie  -  fr
One Shot - Rating : K (Tout public) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 1     0 Review    
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Je n'ai jamais cru aux fantômes. Les vieux manoirs à minuit ne m'effraient pas, ni les cimetières à la pleine Lune ou les planches de ouija. Mais la vérité m'est apparue une nuit, et toutes mes convictions s'en sont trouvées chamboulées.

Lorsque j'étais petite, j'habitais avec ma sœur. Je l'aimais, mais elle me détestait. Je n'ai jamais su pourquoi. Elle ne riait jamais et était toujours silencieuse au fond de notre chambre commune. Elle me regardait durement et avec haine quand je riais, jouais ou parlais. Je percevais son regard comme des coups de poing incessants dans mon cœur. Même mes parents l'évitaient lorsqu'elle nous jetait ce regard qui faisait frissonner. À sa majorité elle quitta la maison familiale sans prévenir, sans même laisser une lettre. Je n'entendis plus parler d'elle jusqu'à cette étrange histoire.

J'avais depuis fait ma vie : j'habitais une chaleureuse maison à la lisière d'une forêt avec ma fille de six ans. Je n'étais pas une star, une milliardaire ou une artiste, mais j'étais infiniement heureuse. 

Mais voilà qu'un jour de pluie, alors que je regardais la télévision, le programme fut interrompu pour un flash spécial. Il était dit qu'une jeune femme avait disparu depuis plusieurs jours lors d'une randonnée en montagne. Il n'y avait aucune trace d'elle et tout le monde se démenait pour la retrouver : un reportage montrait l'avancée des recherches et les témoignages de ceux qui l'avaient cotoyée. À cet instant seulement une photo de la jeune femme fut dévoilée. J'eus un choc. Je faillis m'évanouir. Non, c'était impossible... Cette personne était sortie de ma vie depuis une éternité ! Je fixai avec insistance le portrait de la disparue. Il n'y avait pas de doute possible, c'était bien ma sœur. Je dus réfléchir un instant avant de réaliser... La femme qui partageait mon sang, disparue de mes pensées depuis si longtemps, avaitt maintenant réellement disparu... Je restai encore une bonne heure perdue dans mes pensées, immobile, avant de reprendre mes activités. La soirée se passa lentement et fut pleine de réflexions. En face de  moi dînait ma fille, Marina. Je ne lui avais jamais parlé de son étrange tante, son jeune âge ne me permettait pas d'aborder ce sujet avec elle, aussi elle ne la connaissait pas. J'évitai donc de lui faire part de ce que j'avais appris. Vers vingt heures, je l'emmenai au lit, avant d'aller moi-même dormir. J'étais exténuée.

Au petit matin, me fille vint me voir, heureuse, pour m'annoncer :

« Maman ! J'ai vu un gentil fantôme cette nuit ! Il est venu et il m'a chanté une chanson pour m'endormir !

- Ah bon ? Et ce fantôme, lui répondis-je amusée, qu'est-ce qu'il chantait ? »

Elle me fit signe qu'elle ne savait plus, je ris :

« Un fantôme, quelle imagination ! »

La journée se déroula tranquillement, jusqu'au soir. Comme d'habitude après manger je couchai Marina, ensuite je montai dans ma chambre lire un bon livre. Plongée dans ma lecture, un inhabituel bruit m'interpella. Je tendis l'oreille : c'était le sol du rez-de-chaussée qui craquait. Pensant Marina éveillée, je descendis vérifier. La lumière était éteinte. Il n'y avait personne cependant le plancher semblait toujours grincer, comme lorsque l'on marche. J'eus un incontrôlable frisson et décidai de remonter.

L'heure du petit déjeuner arrivant, j'appelai ma fille. Comme la veille, elle arriva en sautillant pour me dire que le fantôme était revenu, et que c'était une femme. Je fis immédiatement le rapprochement avec les bruits de pas. Je lui fis un sourire forcé, je commençais à m’inquiéter. J'attendis la nuit pour savoir si les étranges sons de la veille allaient reprendre. Je ne me trompai point. Cette fois ils se firent plus fort. Je descendis lentement les escaliers, ouvris l’œil et tendis l'oreille. Mon cœur s'emballa : les pas avaient cessé, mais maintenant j'entendais des voix qui discutaient dans la chambre de Marina. Je me mis à paniquer, j'attrapai le téléphone et débarquai dans ladite chambre en composant le numéro de la police pour me rassurer. Je me raidis, stupéfaite, il n'y avait rien de particulier dans cette chambre. Allongée dans son lit les yeux grands ouverts, Marina me regardait. Elle me chuchota :

« Maman, Blanche est partie quand tu es arrivée... »

Mes yeux s'écarquillèrent de surprise. Je me mis a trembler. Je bégayai :

« Blan – che ?

- Oui Maman ! Blanche. Elle m'a dit qu'elle s'appelait ainsi. Il paraît que tu la connais, ça aussi c'est elle qui me l'a dit.

- Il... paraît. »

Je sentais mon cœur battre dans mes tempes. J'étais paralysée. Blanche, C'était le nom de ma sœur disparue. Alors elle m'avait retrouvée... Blanche n'avait pas disparu, elle était vivante et c'était elle qui venait voir ma fille la nuit... Mais dans quel but ? La réponse était évidente, elle voulait nous faire du mal. J'étais angoissée, je tremblais de plus en plus. Je poussai les couvertures du lit et m'allongeai aux côtés de ma fille avant de déclarer :

« Je vais dormir ici. »

On entendait ma peur quand je parlais. Marina ne fit aucune objection et se rendormit, ce qui n'était pas mon cas.

Plus tard le téléphone du salon se mit à sonner, alertée par l'heure tardive de l'appel, je l'ignorai. Quelques minutes plus tard, la sonnerie retentit de nouveau. Soudain une pensée m'interpella : Blanche n'était pas revenue, elle n'était pas revenue donc la police l'avait sûrement trouvée, cet appel venait peut être d'un policier désireux de me donner des nouvelles de ma sœur. Je décidai donc de laisser Marina pour quelques minutes afin d'aller décrocher. Je me levai et sortis de la chambre. Le calme régnait dans la maison. Arrivée près du salon, je crus soudain entendre les effrayants bruits de pas qui se déplaçaient. Le temps que je réagisse, il s'étaient tus. Et lorsque je tournai les yeux, je vis avec horreur et surprise une affreuse ombre qui pénétrait dans la chambre que je venais de quitter. Mon sang se glaça et aussitôt je poursuivis la forme obscure. Mais il était trop tard : Marina n'était plus dans son lit, la pièce était vide et la fenêtre grande ouverte. Je tombai à genoux et sentis les larmes couler le long de mes joues. J'étais arrivée trop tard. J'étais dévastée. Mon regard se posa sur la lisière de la forêt par la fenêtre, et j'entrevis un ours en peluche au pied d'un arbre, trempé par la pluie, maculé de boue. Il m'était familier. Je repris espoir et, d'un revers de manche, j'essuyai mes larmes avant de sortir par l'ouverture pour entrer dans la grande forêt.

Mes pieds nus s’enfonçaient dans la boue, j’avançai péniblement contre le vent, scrutant les alentours. Le ciel était presque totalement masqué par les grands arbres noirs. Leurs troncs avaient une posture angoissante dans la nuit. Ils étaient hauts et emprisonnés dans des ronces, comme les colonnes des temples maudits dans les légendes, comme les immenses barreaux d'une prison. Avec leurs branches, on aurait pu croire qu'ils étaient de pauvres gens pétrifiés et piégés à jamais dans leur position effrayante, les mains tendues vers le ciel. Une brume épaisse s'était installée autour de moi, entourant mes chevilles, puis petit à petit mes genoux, jusqu'à mes hanches. Je ne voyais plus rien au ras du sol, juste ce cauchemardesque nuage blanc. Je levai la tête et les feuilles qui recouvraient les branches prenaient d'étranges couleurs noires, rouges ou blanchâtres sous la pâle lumière de la Lune. Je remarquai en frissonnant qu'elle était pleine et que ses rayons étaient ma seule source de lumière quand ils arrivaient à passer à travers l'épais feuillage des arbres. D'étranges ombres se balançaient sur les troncs ou sur le sol, ce qui me donna la chair de poule. Il me semblait même que des milliers de petits yeux m'observaient d'un regard perçant et cruel, attendant sûrement le moindre moment d'inattention de ma part pour m'attaquer. Je me faisais peut-être des idées, cependant j'étais si terrifiée par toute cette histoire qu'il aurait suffi d'un hululement de hibou pour m'achever et me faire tomber raide morte.

J'avais le sentiment soudain d'être suivie, je fis volte-face : il n'y avait personne. Je continuai donc mon chemin, mais mon impression ne me quitta pas. J'entendais des froissements de feuilles derrière mon dos. Était-ce mon imagination ? Je n'en avais aucune idée. Mon cœur battait à m'étouffer, je me retournai une seconde fois, il n'y avait toujours personne. Aussitôt j'entendis une respiration forte et lente. Je ne savais pas d’où elle venait, cependant je savais de qui elle venait. Pourtant personne ne se tenait ni devant, ni derrière, ni à côté de moi. Mes pensées rationnelles étaient maintenant remises en question. Et si cette personne disparue était morte ? Après tout Marina me parlait elle aussi d'un fantôme... Je voulais en avoir le cœur net. Je rassemblai tout mon courage pour demander le plus calmement possible :

« Blanche, je sais que c'est toi. Où est Marina ? »

Rien ne rompit le silence. Mais je vis soudain apparaître devant moi une forme humaine, flottante et translucide. Je fis un pas en arrière, prise de panique. Cette forme, ce fantôme qui avait été Blanche dans le passé me fixait. Tétanisée, mes yeux ne pouvaient se détourner de cet impitoyable esprit.

Son visage était marqué de longues et profondes blessures, comme des griffures. Ses cheveux courts et noirs étaient recouverts d'un linceul blanc qui volait fantomatiquement au vent. Ses yeux me glaçaient le sang. Il me semblait qu'ils n'étaient pas humains : en leur centre se trouvait une petite pupille d'une blancheur incroyable et tout autour leur iris avait la couleur de la nuit. Sa bouche craquelée de gerçures était presque aussi pâle que le reste de son visage. Son dos était voûté, ses bras osseux et ses pieds effleuraient juste le dessus des feuilles mortes. Je relevai le regard. L'apparition me fixait toujours de son air mort, attendant que je prenne la parole. Ce que je fis :

« Blanche, où as-tu emmené ma fille ? »

Le fantôme ne cilla pas. Son regard cruel me transperçait. Je voulais qu'elle me rende Marina, je songeai aussi à mon enfance ; tout ce temps perdu à vouloir plaire à ma sœur alors qu'elle ne savait pas aimer. Je sentis une larme rouler sur ma joue. Blanche esquissa un sourire mauvais. C'était insupportable. J'explosai :

« Blanche ça suffit ! Que veux-tu ? Un échange ? Prends-moi ce qui te plaira ! Mais rends-moi ma fille ! Rends-moi Marina !»

Le spectre leva son maigre doigt vers moi et pointa le côté gauche de ma poitrine. Je ne comprenais pas. Tout à coup, je fus prise d'un malaise et mes jambes plièrent. J'atterris lourdement sur le sol. Ma vue se brouilla et la dernière chose que j'entendis avant de perdre connaissance fut la voix rauque de Blanche qui murmurait froidement :

« À bientôt. Ma sœur. »

 

Je fus réveillée par la sonnerie du téléphone. J'étais avec Marina dans son lit. Je me levai pour décrocher et en finissant la conversation, je me sentis défaillir. C'était ma mère qui m’annonçait que le corps de Blanche avait été retrouvé au fond d'un ravin bordé d'arbres.

Les jours passèrent, je repris ma vie, le fantôme ne vint plus. Et c'est seulement lorsque les médecins m'annoncèrent que j'avais une maladie du cœur que je compris ce que Blanche voulait cette nuit-là : elle avait besoin de mon cœur pour apprendre à aimer.

À cet instant précis, ses dernières paroles prirent tout leur sens.

« À bientôt. Ma sœur. »

J'allais la rejoindre.

 
     
     
 
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