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au 24 Sept. 17 :
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Katana Holmes
Par JustLomi
Originales  -  Action/Aventure/Amitié  -  fr
1 chapitre - Rating : K+ (10ans et plus) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 1     1 Review    
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1.

Le jour où Katana Holmes attaqua la rentrée des vacances d’avril au lycée et se fit plaquer, elle décida qu’elle allait s’intéresser aux étoiles. L’idée lui était venue ainsi. Lorsqu’elle était rentrée, épuisée après cette première journée de cours, le cœur brisé, elle s’était posée sur son lit aux armatures métalliques en disant : « A partir d’aujourd’hui, je serai l’amante des constellations. ». La chaleur ardente qui devait s’émaner des étoiles lui rappelait celle qui brûlait sa poitrine lorsqu’elle pensait à Arejay.

Arejay était un beau garçon, beau dans le sens « concentré de beauté vieillotte ». Il avait un côté rétro qui ne laissait que peu de gens indifférents, hommes ou femmes. Certainement même que les oiseaux devaient le remarquer lorsqu’ils volaient haut dans le ciel, surplombant la ville. Son teint halé allait de pair avec ses épais cheveux noirs, toujours impeccablement ramenés sur le côté. Il avait un sourire charmeur et des yeux si incroyablement sombres qu’on pourrait s’y noyer. C’était dingue qu’un garçon aussi séduisant que lui ait aussi parfaitement conscience de son potentiel de séduction. Cela ajoutait dix-mille fois plus à son charme : ce côté arrogant, enfant gâté vaniteux, mais tellement adorable –  jusqu’à ce qu’il décide de mettre fin à son idylle de dix mois avec Katana.

Katana décida de s’enfermer aux toilettes. Les toilettes étaient indéniablement le meilleur endroit pour être tranquille : ici, peu importe la durée de votre enfermement, personne ne venait s’enquérir de vos nouvelles ; tant soit peu l’on soit vraiment intéressé par la réponse. Soudainement, elle entendit sa mère l’appeler d’en bas des escaliers, ce qui l’interrompit dans ses méditations existentielles sur ce qu’elle avait nommé les « Pensées flottantes dans l’ombre des W.-C. ».

Instant Toilettes, maman ! Je demande à être tranquille ! S’époumona-t-elle de crier afin que le son traverse la porte fermée des sanitaires, parcoure le couloir aux milles pièces, virevolte jusqu’en bas des marches, et vienne se loger sans encombre au creux des tympans de sa génitrice.

- Christa est là ! Entendit-elle en guise de réponse.

Visiblement, personne n’avait compris qu’il était stipulé, de manière tacite, dans cet Univers si largement vaste, que personne n’avait le droit de déranger un Homme en pleine séance de « Pensées flottantes dans l’ombre des W.-C. ». Ce qui agaça fortement Katana. Et cette douleur chaude lui parcourant la gorge la ramena à l’objet de ses méditations : les étoiles et Jay.

- Fais-la monter, s’il te plaît, demanda-t-elle, en prenant soin de placer sa bouche devant la serrure de la porte des toilettes. Le son ainsi n’aurait pas à s’enticher de traverser une surface en plus. Katana était toujours très indulgente auprès du pauvre métier des ondes.

Elle entendit Christa monter les marches, ce qui ressemblait à du quatre-à-quatre-pour-arriver-plus-vite-à-destination. Christa, alias Chris pour les intimes, était ce qu’on peut appeler la meilleure amie de Katana. Disons qu’elles se côtoyaient depuis le collège et que, malgré des caractères totalement différents, elles formaient une certaine symbiose.

C’était exactement ça. Katana et Chris s’apparentait à deux énergumènes d’espèces différentes qui cohabitaient. Si l’on se conformait aux lois de la symbiose, on pouvait même dire que Chris était l’hôte, et Katana, l’autre symbiote. Enfin bref, tout cela pour signifier qu’elles ne faisaient pas forcément du shopping chaque samedi, et qu’elles ne pleuraient pas non-plus ensemble un dimanche pendant les vacances parce que Jack meurt dans Titanic. Simplement, elles étaient plus fortes ensemble.

- Hey, Kat.

Katana n’aimait pas particulièrement son prénom et avait subi pas mal de moqueries à ce sujet en primaire et au début du secondaire. Donc, pour tous, elle était Kat. Il n’y avait qu’en son for intérieur qu’elle osait s’appeler par son prénom.

- Hey, Chris.

- Tu ne veux pas sortir de là cinq minutes ? Histoire que j’évalue les dégâts, demanda-t-elle, ironique.

Katana laissa se dessiner sur son visage l’ombre d’un sourire.

- Ne peux pas. Séance de méditations existentielles.

- Arrête ton numéro deux secondes, Katana Holmes, et débloque ce maudit verrou ou j’enfonce la porte !

Chris en étant capable, Katana décida à contrecœur de déverrouiller la porte. Elle l’ouvrit et découvrit son symbiote, qui était venue habillée d’un sweat gris, d’un pantalon de pyjama rayé en flanelle couleur bleu pervenche, et d’une paire de Converses rouges. L’ensemble était assez… décontenançant.

- Waouh ! Tu t’es fait agressée par Jean-Paul Gaultier ou quoi ? s’écria Katana en guise de mot de bienvenue.

- Nan. J’avais mes règles et j’ai tâché mon pantalon, du coup j’ai pris mon bas de pyjama et j’ai taxé le scooter de Lucas pour venir te voir.

La gêne n’existait pas chez Chris, ce qui était la première différence flagrante entre elle et Katana. Si Chris avait quelque chose à dire, elle le disait dans toute sa splendeur, peu importe les conséquences.

Katana hocha la tête en signe d’approbation et décida enfin de quitter la porte des toilettes, après une intense histoire d’amour de trois minutes et vingt secondes – enfin depuis qu’elle s’y était calée en sortant de sa séance de « Pensées flottantes ».

Elle se dirigea au fond du couloir, vers la chambre d’amis, mais qui, pour toute la famille Holmes, se nommait Le Bureau. C’était la pièce préférée de Katana, même avant sa chambre ou la cuisine. Elle était toujours bien rangée et extrêmement lumineuse. Elle faisait la même taille que sa chambre, mais semblait tellement immense comparée à Hildegarde – Hildegarde étant le nom qu’avait donné Katana à sa propre chambre, pour des raisons de praticité. Le Bureau comportait tout ce dont on pouvait avoir besoin, à toute heure de la journée : une commode, avec un tiroir spécial « Florilège de bonbons et farandole de paquets de chips » ; un bureau (tout de même), avec ses deux imprimantes, son ordinateur et sa chaise attitrée fort confortable ; un placard, place idéale pour ranger des documents secrets (ou, comme pour tout le monde, des vêtements) ; et un lit deux places, terrible injustice face à Hildegarde qui ne possédait qu’un lit pour une personne (logique mais injuste, donc).

Chris emboîta le pas à son amie et vint dénicher un paquet d’Haribo dans la commode, et finit par s’installer sur la chaise de bureau, devant la fenêtre qui balançait les derniers rayons lumineux que pouvait cracher un 18 heures affiché sur le radio réveil. Katana s’installa sur le lit, en tailleur.

- Bon, Kat, résumons l’histoire. Je déplore un échec de la mission qui était pourtant à plus de 95% remplie. As-tu des explications à ce sujet ? lança Chris.

- Je ne parlerai qu’en présence de mon avocat, répondit Katana, pince-sans-rire.

- Ne joue pas à ça avec moi ! Sinon j’appelle le Général Finkelgrëuderit !

Finkelgrëuderit était le bouledogue français de Chris. Il était terriblement laid, ce qui, dixit Chris : « Ne le rendait qu’encore plus charmant ». Katana l’appelait Finkel, parce que c’était plus simple. Son nom venait apparemment du jour où, à cinq ans, Chris avait répondu un grognement grotesque en réponse à la question de Johan Strausshirsch, son père : « Ma petite chérie, comment souhaiterais-tu appeler le chien que tu recevras pour ton anniversaire ? ». Le pauvre homme n’avait sûrement pas dû comprendre ce qui lui arrivait, et sous les ordres d’une petite fille comme la sienne, se vit contraint d’écrire « Bienvenue, FINKELGRËUDERIT ! » sur une banderole rose ornée de fleurs. Toute fillette normale aurait appelé son chien Chouchou, Caramel ou bien Princesse, mais de toute évidence, Christa Green n’était pas une enfant normale. Et si on ajoutait à ça qu’elle avait des origines allemandes (son nom de famille voulait littéralement dire « Bouquet de cerfs » en allemand), ça n’était pas gagné.

- Ok, ok, je vais parler ! lança Katana, ayant la vision d’horreur d’un petit monstre bavant de partout dans son esprit.

- Je t’écoute. Je veux savoir quand, comment, où et surtout pourquoi.

- C’était ce matin. Katana ne put s’empêcher d’avoir la voix tremblante. Juste devant le lycée. Il… Il s’est écarté quand j’ai voulu l’embrasser pour lui dire bonjour. Il a dit qu’il me larguait. Comme ça. « Je te largue ». Parce que… j’étais trop différente de ce qu’il pensait…

Katana sentit malgré elle les larmes chaudes rouler sur ses joues. Elle se sentait humiliée. Arejay l’avait abandonnée comme il était impossible d’abandonner une vieille chaussette rouge sous un sapin le matin de Noël, sous prétexte que l’intérieur est blanc est pas rouge plus sombre.

- Ce matin ? Juste avant la rentrée ?! s’écria Chris.

Katana hocha la tête en silence, essuyant maladroitement ses larmes, qui lui avait coulé jusque dans le cou.

- Je savais que ce Jay était un bâtard fini. Allez, Kat, arrête de pleurer, il ne mérite pas ça. Lâcher quelqu’un pour une raison aussi stupide que ça au bout de dix mois, ce n’est même pas digne d’un caca de Général Finkelgrëuderit.

Katana releva les yeux vers son symbiote. Elle avait l’impression de ne pas être son partenaire mutuel, mais seulement un parasite. Qu’avait Chris à gagner dans sa relation avec elle ? Katana n’en avait pas la moindre idée, mais le regard vert anis des deux yeux que Chris pointait vers elle, en se rongeant le vernis noir sur ses ongles, lui fit du bien. Du « baume au cœur ».

-  Merci pour tout Chris. Comment va Finkel ? Toujours une haleine aussi fétide ? Et ton frère ? Tes parents ? demanda-t-elle pour tenter de changer de sujet.

- Le Général va bien. On a essayé de lui acheter des barres spéciale haleine goût viande rouge pour régler le problème, mais ça ne fait qu’empirer les choses. Lucas est ok. Il est toujours fou-amoureux de cette garce de Jenny, et je ne peux rien faire pour changer ça ! Ça me met hors de moi ! s’énerva-t-elle.

Jenny Hale était une des filles les plus canon du lycée, c’était indéniable. Beaucoup de garçons tombaient sous son charme. Elle serait super géniale si ce n’était également pas la fille la plus méchante de l’Histoire de l’Humanité. Orgueilleuse, frimeuse, jalouse, excessive, irrespectueuse… La liste était longue. Il était donc vrai que c’était très horripilant que Lucas Strausshirsch soit tombé si bas.

- Sinon, mes parents vont bien. Ils sont sur un nouveau projet. Ils veulent faire notre Stammbaum !

Katana aimait beaucoup la famille de Chris. Ses parents, Johan et Vivien, était tous les deux dans une activité vague, un concept un peu hippie. Ils vivaient dans une copropriété qu’ils partageaient avec Hans, un papy veuf et écolo ; Ruth et Sonia, une mère et sa fille retrouvées seules suite au départ du père ; et Rudolf, un jeune bizarre qui fumait visiblement des joints sans complexe. Inutile de préciser qu’ils étaient tous écolos et allemands. Johan et Vivien étaient professeurs dans une école maternelle, mais consacraient beaucoup de temps libres à ce qu’ils avaient appelé « Les Projets ». Visiblement, le dernier était de faire un immense arbre généalogique, grandeur nature.

- J’espère que ça marchera, approuva Katana, puis elle redevint soudain pensive. Voilà ce qui arrivait quand on l’interrompait lors de ses Instants Toilettes !

- Qui y-a-t-il, Kat ?

- Je ne sais pas. Je me sens morose. Plus rien n’a de saveur, lâcha-t-elle péniblement.

- Hum, vraiment ? Mange ça et tu verras si tu ne sens pas les 79 grammes de sucre parcourir tes veines ! s’écria Chris, lui lançant le paquet d’Haribo aux trois quarts mangés qu’elle avait sorti tout à l’heure. Et dis-moi ce que tu veux faire maintenant. Je suis ton esclave.

Katana pris le paquet dans ses mains et en sortit un bonbon crocodile vert, avec de la guimauve en-dessous. Lorsqu’elle le mit dans sa bouche, la friandise piqua sa langue non-habituée au goût acidulé. C’était ses bonbons préférés, mais elle avait du mal à les apprécier. Elle prit une grande inspiration.

- Je veux m’intéresser aux étoiles.

Chris la regarda avec deux grands yeux surpris.

- Comment ça ? Je te rappelle que tu es nulle en sciences ! lança-t-elle.

En effet, Katana ne brillait pas dans les matières scientifiques. Elle pourrait si les sujets des cours l’intéressaient, seulement ce n’était pas le cas. De manière générale, Katana aimait les choses qu’on ne travaillait pas au lycée, comme : la symbiose entre deux-êtres vivants (nous l’avions tous compris) ; les anagrammes ; les multiples utilisations de pi et de phi dans l’Histoire de l’Humanité ; les croisades ; l’Egypte Ancienne ; l’ésotérisme ; les sports de combat ; la physique quantique ; et depuis peu, l’étude des constellations.

- Je ne suis pas nulle en sciences. Je ne prends simplement pas la peine d’étudier les trucs ennuyeux qui sont au programme.

Plus que jamais, elle souhaitait se trouver une nouvelle famille. Celle qui la regardait du haut de l’Univers, celle immense des perles qui brillaient, éphémères, dans le vaste ciel sombre.

 
     
     
 
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