manyfics
     
 
Introduction Les news
Les règles Flux RSS
La Faq Concours
Résultats ManyChat
Plume & Crayon BetaLecture
Nous aider Les crédits
 
     

     
 
Par date
 
Par auteurs
 
Par catégories
Animés/Manga Comics
Crossover Dessins-Animés
Films Jeux
Livres Musiques
Originales Pèle-Mèle
Série ~ Concours ~
~Défis~ ~Manyfics~
 
Par genres
Action/Aventure Amitié
Angoisse Bisounours
Conte Drame
Erotique Fantaisie
Fantastique Général
Horreur Humour
Mystère Parodie
Poésie Romance
S-F Surnaturel
Suspense Tragédie
 
Au hasard
 
     

     
 
au 31 Mai 21 :
23295 comptes dont 1309 auteurs
pour 4075 fics écrites
contenant 15226 chapitres
qui ont générés 24443 reviews
 
     

     
 
Le Venin du Serpent
Par Sir Bictor
Harry Potter  -  Mystère/Suspense  -  fr
5 chapitres - Complète - Rating : K+ (10ans et plus) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 4     Les chapitres     0 Review    
Partager sur : Facebook | Twitter | Reddit | Tumblr | Blogger
Evidences Irrationnelles
LE VENIN DU SERPENT

IV - Évidences irrationnelles.

DIMANCHE 27 OCTOBRE 1996 - APRES-MIDI



Hermione sortit rapidement et le plus silencieusement possible de l’infirmerie. Son meilleur ami Harry venait de s’endormir et elle avait déjà perdu assez de temps. Bien sûr, elle l’aimait, mais il était maintenant hors de danger et rester à son chevet ne l’aiderait en rien. Il fallait qu’elle aille rejoindre Kingsley pour terminer les interrogatoires, les fouilles et surtout en tirer les bonnes conclusions. Par chance, elle le trouva fort près de l’infirmerie. Il engagea immédiatement la conversation, demandant comment allait le Survivant. Elle le rassura et il se dirigèrent en silence jusqu’à la volière. De là, ils envoyèrent plusieurs hiboux. L’un à la gazette du sorcier pour demander ce qu’avait fait Rita Skeeter de ses derniers jours, l’un à la journaliste pour lui prier de passer au château immédiatement (même s’ils doutaient grandement de l’utilité de cette demande) et le dernier au Ministère pour énoncer les faits récents et faire rechercher Rita Skeeter.

-Je n’aurai jamais pu croire qu’elle soit la meurtrière, énonça Kingsley.

Hermione se retourna vivement vers lui.

-Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

-C’est évident, non ? Elle va voir Severus Rogue le matin même et reste très longtemps avec lui. Alors qu’elle est partie, Rogue a un cours avec Harry. Rogue assassiné, Harry attaqué par Skeeter… Je trouve ça logique, pas vous ? Il a du voir, ou entendre quelque chose, je n’ai aucune idée de quoi cela peut-être, mais c’est une possibilité, non ?

-Admettons, mais Rita Skeeter a dit au professeur McGonagall qu’elle comptait poser des questions à Severus Rogue sur le meurtre du petit Sigmund Typhon.. A ce moment-là, c’est elle qui était en position de force, n’est-ce pas ? Et d’après ce que nous a dit McGonagall, elle avait l’air d’être très sure d’elle…

-Apparemment, les choses se sont retournées contre elle.

-Oui, mais comment ? Et puis, comment a-t-elle pu entrer dans la salle des professeurs ?

-Et bien, par la fenêtre, non ?

-Rita Skeeter est bien trop grande, elle n’aurait pas pu…

Soudain, Hermione s’arrêta. Elle resta silencieuse quelques secondes avant de se frapper le front.

-Quelle imbécile ! Rita Skeeter est un animagus non déclaré ! Elle peut se transformer en scarabée ! Elle aurait très bien pu voler jusqu’à la fenêtre, entrer, tuer Rogue et partir tranquillement… Mais alors, mais alors…

-Comment a-t-elle pu verser le sédatif dans son café ? continua Kingsley. Mais surtout, Hermione, comment a-t-elle pu entrer ? La fenêtre était verrouillée de l’intérieur et je doute que ses petites pâtes d’insecte lui ont permis de tenir sa baguette magique…

-Oui, en effet… Mais pourquoi a-t-elle dont pris un tel risque ? D’attaquer Harry en plein jour ! Et sans chercher à se cacher ! Elle devait être vraiment très pressée…

-Vous n’avez pas eut le temps de la voir ?

-Non, il n’y avait personne quand je suis arrivé, mais Harry a bien vu son visage. Il me l’a dit à l‘infirmerie avant de s‘endormir. Il a reconnu sa coiffure, ses vêtements…

-A l’évidence, Harry devait savoir quelque chose qu’il n’aurait pas du…

-Si c’était le cas, contra Hermione, il serait immédiatement venu nous en parler !

-Peut-être n’est-il pas conscient de ce qu’il sait ? suggéra Kingsley. Peut-être qu’il a remarqué un détail mais que pour lui, il ne signifiait rien ?

-Si justement il ne lui signifiait rien, pourquoi l’attaquer ? Et de toute façon, qui nous dis que les deux affaires sont liées ?

-Voyons Hermione, c’est évident.

-Peut-être un peu trop justement, contra Hermione d’une voix glaciale.

Elle s’arrêta de parler alors qu’un hibou de posait sur l’épaule de Kingsley. Celui-ci décrocha de sa pâte la lettre qu’il apportait.

-Hier soir, j’ai envoyé un hibou au bureau des Aurors pour recevoir le dossier sur l’affaire Typhon. Qui sait ? Peut-être y a-t-il un lien, là aussi ?

-Bonne idée, Kingsley. Lisons.

Pendant vingt bonnes minutes, ils parcoururent le porte-document de long en large. Malheureusement, il n’y avait que très peu d’information.

-Fantastique, soupira Kingsley. Les témoins, - mais méritent-ils cette appellation ?- n’ont rien vu et ont été réticent à parler. Aucune preuve, aucune emprunte, aucune trace d’ADN, rien. Alors comment Rita en est-elle venue à vouloir poser des questions à Rogue ?

-Peut-être qu’il était sur place lorsque le meurtre a eut lieu ? Il faudra demander à Dumbledore.

-Je doute qu’il sache quoi que ce soit, Dumbledore est très occupé et n’a pas pour habitude de faire suivre ses professeurs. Rogue ne l’aurait sûrement pas toléré…

-Bien, grogna Hermione, nous ne sommes pas tellement plus avancé. Il y a encore beaucoup trop de questions sans réponse, et la plupart concernent Rita Skeeter… J’ai vraiment hâte de l’interroger !

Alors qu’ils se dirigèrent vers les appartements de Sybille Trelawney pour opérer une fouille rapide avant son interrogatoire, Hermione se demanda pourquoi Rita Skeeter n’avait pas sauté sur l’occasion d’enfoncer Dumbledore dans son affreuse rubrique avec cette histoire.

*

A la seconde même où Kingsley Shacklebolt entra dans l’antre de Sybille Trelawney, il regretta l’air pur et frais du magnifique parc de Poudlard. Même un séjour dans les toilettes les plus immondes aurait été préférable à ce qu’il inhalait, songeait-t-il. Toutes les fenêtres étaient closes et un grand feu brûlait au fond de la salle de classe qui servait aussi de bureau à Sybille Trelawney, vide. Des odeurs d’encens, de parfum et de xérès se mélangeaient, accentuées par la chaleur étouffante. A chaque fois que Kingsley faisait un pas, il butait dans un coussin et manquait de s’écrouler sur le sol. Il donna un coup de pied rageur sur un châle qui traînait. Les cours de divination ne lui manquaient définitivement pas.

Hermione parti du côté des différents meubles alors que Kingsley se mettaient à fouiller dans le bureau. Hermione méprisait cette matière mais elle devait avouer que Sybille Trelawney possédait de très beaux objets. Des boules de cristal qui scintillaient comme des diamants, de magnifiques cartes du ciel qui tapissaient le murs, des flacons de parfums… Hermione en attrapa un au hasard, délicatement. Il était couleur or, extrêmement décoré mais d’une légèreté étonnante. Une petite étiquette l’accompagnait - Vanille. Hermione ne put s’empêcher d’ouvrir le bouchon pour sentir. Bah ! Après tout, Trelawney n’en saurait rien.

Elle sursauta violemment et faillit faire tomber le flacon par terre lorsqu’une amer odeur lui vint aux narines, alors qu’elle s’étaient attendues à une douce senteur vanillée. Elle appela Kingsley et lui demanda de sentir à son tour.

-C’est… un peu assommant, murmura Kingsley après quelques longues secondes de senteur.

-Exact. Et surtout, cela e une odeur de café. Je vous paris dix Gallions que c’est le sédatif qui a servit à affaiblir Severus Rogue.

Ils sortirent prestement de la pièce et allèrent à l’infirmerie pour confirmation, ce que l’infirmière s’empressa de faire après quelques minutes d’analyse. Ils remontèrent la tour Nord et se dirigèrent vers les appartements de Sibylle. Ils la trouvèrent en train de boire du thé et elle les invita avec joie à se joindre à elle. Ils refusèrent poliment et fermement le nectar douteux qu’elle peur proposait.

-Alors, demanda Sibylle en buvant joyeusement son thé brûlant, que puis-je pour vous ?

-Nous voudrions vous poser quelques questions au sujet du meurtre de Severus Rogue.

-Bien sûr, bien sûr, murmura Sibylle en tripotant nerveusement sa tasse. Bien évidemment, cela ne m’a pas surprise. Pas spécialement, je l’avais déjà vu dans mes feuilles de thé la veille.

-Si vous l’aviez vu, dit Hermione en levant les yeux au ciel, pourquoi n’avoir rien fait ? Pourquoi n’avoir prévenu personne ?

Sibylle lança un regard méprisant à Hermione avant de répondre.

-Je l’ai fais, bien sûr. J’ai dit et redit que je voyais la Mort, quelque soit le moyen divinatoire que j’utilisais, mais croyez-vous que l’on mas écouté ? Non ! Minerva McGonagall a passé son temps à me couper la parole à chaque fois que je cherchais à faire mon annonce… Et voilà le résultat !

-Vous saviez précisément que ce serait Severus Rogue, la victime ?

-Le Troisième Œil n’est pas toujours aussi précis, grinça Sibylle entre ses dents. Bien entendu, en tant que Voyante confirmée, j’avais quelques doutes précis à son sujet, mais je ne pouvais pas en être sûre… Lorsque je consultais ma boule de cristal, c’était toujours brouillé… Mais peu importe ! Personne n’a pris mes remarques en considération. Je me demande d’ailleurs bien pourquoi Dumbledore m’a conviée à cette ridicule réunion qui n’a servit à rien hier après-midi.

-Pourriez-vous nous raconter votre journée d’hier, s’il vous plait ?

-Si vous voulez. Je me suis levé vers neuf heures et je suis resté dans mes appartements jusqu’à l’heure du déjeuner que j’ai pris à mon bureau, comme d’habitude. Ensuite, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu l’envie irrésistible de faire une balade… Et quand je suis passé devant la salle des professeurs, j’ai… Et bien, mon Troisième Œil a eut une vision, que je me suis empressé de vérifier grâce à mes cartes et bien entendu, j’avais juste. J’allais sortir de la salle des Professeurs quand Minerva m’a retenue… Et la réunion a commencé.

-De quoi avez-vous parlé durant cette réunion ?

-Hum ? Heu je ne m’en souviens pas, je n’ai pas vraiment écouté pour être honnête… J’étais encore perturbée par mes récentes découvertes. Néanmoins, j’ai très clairement entendu Minerva McGonagall critiquer mon Art.

Elle fit une grimace.

-Cette femme m’exaspère ! s’écria Sibylle. Elle est persuadée d’avoir la science infuse et que sa matière est la plus importante ! Foutaises !

-Comment avez-vous pris l’accusation proférée par Severus Rogue durant la réunion ?

-Ah ! Oui, il a été très insultant envers cette pauvre Pomona. Elle est très gentille, Pomona, parfois elle me donne du thé assez rare qu’elle arrive à avoir gratuitement ou a un prix réduit…

-Non, soupira Kingsley, je voulais dire quand Severus Rogue a supposé que l’un d’entre vous était un Mangemort.

-Ah, ça ? Des sottises, rien de plus. Je me demande bien sur quoi il se basait pour affirmer ça… Il ne m’a jamais paru avoir un Troisième Œil très développé…

-Nous sommes allé faire un tour à votre bureau, continua rapidement Hermione. Vous avez vraiment de magnifique objets, Professeur.

-Vous trouvez ? demanda Sibylle avec entrain sans noter le fait que Kingsley et Hermione s’étaient introduits dans son bureau sans y être conviés. Je voyage beaucoup, vous comprenez, et j’aime ramener de beaux objets. J’ai un cousin éloigné antiquaire aussi et il sait ce que j’apprécie…

-Notamment des flacons ! Il y en a un de couleur or, en verre je suppose, vraiment splendide.

-Oh ! Oui, et il est très précieux, j’y fais très attention. C’est un vieil héritage, il contient de la poudre de vanille, assez rare d’ailleurs… Pourquoi vous y intéressez-vous tant ?

-Tout simplement parce que nous avons ouvert ce fameux flacon…

-Vous n’avez pas osé ! s’outragea Sibylle Trelawney, une main posée sur sa poitrine. Connaissez-vous la valeur…

-Et nous n’y avons pas humé la moindre senteur de vanille, mais une odeur de café légèrement soporifique. Ignorez-vous que la victime a but dans sa tasse de thé un sédatif à base de café ? Sédatif que nous avons retrouvé dans votre flacon.

-Ce que vous dites est ridicule ! s’écria la Professeur de divination. Je ne possède aucun produit soporifique ou peu importe comment vous appelez ça et je peux vous affirmer que mon flacon contient de la poudre de vanille ! Je l’ai ouvert pas plus tard qu’hier soir !

-Alors comment expliquez-vous ce que nous avons découvert ? Quelqu’un l’aurait-il mit pour vous faire accuser ?

-A l’évidence, répondit Sibylle d’un ton dédaigneux en se resservant du thé. Mais… oh ! Qu’a-t-il fait de ma précieuse poudre ?

- «Il » ? Vous pensez donc que le meurtrier est un homme ?

-Bien entendu, répondit Sibylle avec évidence.

-Et qu’est-ce qui vous fait dire ça ? demanda Kingsley avec surprise.

Elle se leva et alla farfouiller quelques secondes dans son armoire. Elle revint avec une tasse de thé à la main.

-Tout est là ! Regarder, le corbeau forme aussi avec la feuille une espèce de chat et comme on peut le remarquer, ces symboles sont surplombés par la lune qui, ne l’oublions pas…

-Peu importe, coupa glacialement Hermione. Vous voulez dire que ces feuilles de thé vous ont donné le nom du meurtrier ?

-Sans l’ombre d’un doute. Il s’agit de Horace Slughorn.

-Ridicule. Bon, nous en avons terminé. Bonne soirée, Professeur.

-Attention ! hurla alors Sibylle. Avant le meurtre de Severus Rogue, personne n’a voulut m’écouter et pourtant je l’avais prévu ! Vous feriez mieux de m’écouter, cette fois-ci !

Hermione l’ignora royalement et en compagnie de Kingsley, ils se dirigèrent vers le bureau de Filius Flitwick.

*

Cela faisait maintenant plus d’une demi-heure que Kingsley et Hermione se trouvaient dans le bureau de Filius Flitwick, à fouiller partout où ils le pouvaient. Aucun des deux ne savaient pourquoi ils continuaient alors qu’ils n’avaient encore rien trouvé d’intéressant. Hermione lisait attentivement la paperasse de Flitwick alors que Kingsley examinait les coins et les recoins avec attention, jusqu’à ce qu’il trébuche au milieu de la pièce. Il se releva rapidement, exaspéré, et pensa qu’il avait buté sur le coin d’un tapis. Il le souleva et découvrit tout autre chose. Une lame de parquet était légèrement surélevée. Il appela Hermione et souleva la lame, dévoilant son butin. Il s’agissait d’un trou assez large pour contenir quelques documents précieusement enroulés.

-Regardez-moi ça, murmura Kingsley.

Plusieurs feuilles étaient accrochées par un sceau que Kingsley ne parvint pas à ouvrir. L’Auror et la jeune femme essayèrent chacun à leur tour plusieurs sortilèges mais aucun ne réussit. Tout au plus, le sceau se mit à fumer pendant quelques minutes.

-Je vais envoyer ça au Ministère, annonça l’Auror, ils ont le matériel adéquat pour ce genre de situation.

Ils se dirigèrent rapidement vers la volière et envoyèrent les documents au Ministère. Au même instant, un hibou arriva de la Gazette du Sorcier et se posa devant Kingsley. Il détacha un petit bout de papier de sa pâte et le lut à haute voix.

-Pas vu Rita Skeeter depuis deux jours. Aucune nouvelle. Signé : Barnabas Cuffe, Rédacteur en chef de la Gazette du Sorcier.

-Rien de bien étonnant, commenta Hermione. Pour avoir vu Severus Rogue hier et attaqué Harry aujourd’hui, elle a du sûrement rester au château ou dans ses environs… Mais je me demande bien où elle est maintenant…

-Que pensez-vous que nous allons découvrir lorsque nous pourrons lire les documents ? demanda Kingsley en regardant le hibou partir.

-Hum… Cela ne me plait pas. Avez-vous regardé avec attention le sceau qui réunissait les documents ?

-Oui, murmura Kingsley. La Marque des Ténèbres.

-Encore une fois, dit Hermione, je trouve ça trop évident. D’abord de la terre déposée sur le corps, ensuite un sédatif déposé à l’insu de Trelawney, du moins de ce qu’elle en dit, et maintenant des documents douteux fort mal cachés dans le bureau de Flitwick. Des preuves… mais en est-ce vraiment ?

-C’est vrai que cela fait beaucoup, mais ce n’est pas parce que ces indices semblent étranges et trop nombreux qu’ils sont tous faux !

-Exact, mais comment faire la part des choses ?

-Difficile, exact… Surtout que je voix mal Filius Flitwick espion pour Mangemort.

-Qui sait ? Si l’on m’avait dit que Severus Rogue mourrait assassiné par empoisonnement, cela m’aurait paru tout aussi improbable. Mais c’est pourtant un fait. Filius Flitwick pourrait être sous Imperium ?

-Mais dans ce cas, il n’aurait pas ce genre de document. Ils lui seraient inutiles puisqu’il serait sous le joug d’une tierce personne, le vrai Mangemort. Ou alors Vous-Savez-Qui.

-Exact… Cela semble tout à fait être une fausse preuve. A moins que cela soit un subterfuge.

-Que voulez-vous dire ?

-Le Professeur Flitwick doit savoir que l’on suppose que l’assassin de Severus Rogue est aussi l’espion Mangemort et si c’est bien lui, le Mangemort et non le meurtrier, il a très bien pu laisser ces documents exprès pour que l’on pense ce que l’on vient de démontrer plus haut.

-Oui mais encore une fois, comment faire la part des choses ?

-Nous manquons d’éléments pour l’instant, allons parler au Professeur Flitwick.

Ils le trouvèrent dans la salle des professeurs, vide, en train de corriger des copies, tout en écoutant une lente mélodie émaner d’un vieux phonographe usé.

-Que puis-je faire pour vous ? J’ai encore beaucoup de travail alors si vous pouviez aller un peu vite…

-Nous ferons pour le mieux, Professeur, répondit Hermione. Qu’avez-vous fait durant la journée du meurtre ?

-Rien de spécial, j’ai du me lever à huit heures, j’ai pris mon petit-déjeuner, j’ai travaillé dans mon bureau avant d’allé manger vers midi et demi puis je suis allé dans la salle des professeurs pour corriger quelques copies.

-Vous étiez seul à ce moment-là ?

-Oui, le Professeur Rogue est arrivé vers quatorze heures trente je dirais, suivit de très près par Minerva… Ils ont échangé quelques mots mais je n’ai pas vraiment entendu, ils semblaient se disputer. Pomona et Horace sont arrivés et enfin Sibylle quelques secondes plus tard. La réunion a commencé.

-Comment s’est-elle déroulée ?

-Comme n’importe quelle réunion entre professeurs.

-Non, je veux dire, de quoi avez-vous parlé ?

-De choses et d’autres, comme le budget attribué à nos matières respectives…

-Nous savons que Pomona Chourave s’est disputée avec Severus Rogue, avez-vous quelque chose à nous apprendre là-dessus ?

-Je pense que mes collègues vous auront tout dit… J’ai essayé de la calmer mais elle n’a rien voulu entendre et elle a clairement dit qu’elle serait ravie quand il partirait à la fin de l’année…

-Pourquoi diable…?

-A cause de cette pseudo malédiction, expliqua Filius. Personnellement, je n’y ai jamais cru, je pense juste que c’est à cause des rumeurs que personne ne reste à ce poste bien longtemps… Mais après tout, qui sait ?

-Lorsque Rogue a déclaré qu’il n’était pas un Mangemort et que d’autres personnes, à l’instar de lui, avaient des choses à reprocher, à quoi faisait-il allusion lorsqu’il a cité votre nom ?

-Je n’en ai pas la moindre idée, répondit Filius en rougissant légèrement. J’ai été très surpris en entendant ça, sincèrement. Pour Horace je ne sais pas, mais moi je sais que je n’ai strictement rien à me reprocher.

-Tout à l’heure, nous sommes allé faire un tour dans votre bureau…

-De quel droit avez-vous fouillé mon bureau ? demanda sèchement Filius.

-Je suis un Auror qui enquête et j’ai carte blanche du Ministère, je possède tous les droits. Enfin bref, Professeur, nous avons découvert une cachette sous votre tapis, qui renfermait des documents à l’allure douteux… toujours rien à dire ?

-Je ne vois absolument pas de quoi vous voulez parler, je n’ai aucune cachette de ce genre et encore moins de documents douteux.

-Pourtant la cachette existe bel et bien et les documents découverts sont déjà au Ministère pour analyse… J’espère sincèrement pour vous que ce ne sont pas des dossiers ayant très à Vous-Savez-Qui…

-Certainement pas ! s’insurgea Filius.

-…Auquel cas je devrais procéder à votre arrestation.

-Ne soyez pas stupide ! s’exclama le vieil homme. N’importe qui a pu les mettre dans mon bureau pour m’incriminer et si j’étais vraiment un Mangemort, je ne laisserais pas traîner ce genre de document… Et puis, tout cela est ridicule ! Vous me voyez vraiment en espion pour le compte de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ?

-Nous ne voyons rien, Professeur, dit Hermione, nous constatons les faits. Severus Rogue a été assassiné alors qu’il avait laissé supposé détenir des informations sur un hypothétique espion pour le compte de Voldemort. Peu de temps après, il est assassiné, et vous êtes resté seul et suffisamment longtemps dans la salle annexe seul pour avoir commis ce crime. Ensuite, Harry Potter a une vision où Voldemort jubile, comme si un grand bonheur venait de lui arriver, très peu de temps après le meurtre de Severus Rogue. Sachant qu’aucun évènement digne de ce nom n’est arrivé durant les derniers jours, il est difficile d’ignorer la corrélation. Et maintenant, nous découvrons dans vos affaires des documents hautement compromettant alors, excusez-nous Professeur, si nous vous jugeons suspect.

-Un tissu d’inepties tellement absurde que je n’ajouterai rien, énonça le Professeur Flitwick en lançant un regard noir à Hermione. Cet entretien est terminé.

D’un pas rapide, il sortit de la pièce.

*

DIMANCHE 27 OCTOBRE 1996 - SOIREE

Hermione ne savait pas pourquoi elle était revenue là. Installée confortablement dans le siège du bureau de Severus Rogue, elle parcourait avec un plaisir évident les pages du livre de Recherches de Severus Rogue. Elle avait besoin de décompresser, pendant quelques minutes au moins. Juste un moment, avant de revenir sur l’affaire. A chaque fois qu’elle tournait une page, elle apprenait des choses sur des Potions qu’elle avait parfois elle-même étudié qu’elle n’aurait jamais soupçonné. Comment aurait-elle pu deviner que l’Orgentine dilué était un excellent contre la plus part des maladies des lapins ou encore que ce produit éloignait les fourmis s’il était mélangé à du bicarbonate argentin ?

Hermione n’avait aucune idée de comment il était arrivé à toutes ces découvertes qui paraissaient inintéressantes au premier regard mais qui, en réalité, ouvrait des portes sur des recherches insoupçonnées et qui n’auraient jamais été découvertes si Severus Rogue n’avait jamais existé. Hermione ne l’avait jamais vraiment apprécié en tant que personne, ce qui était logique, mais elle éprouvait un profond respect pour ses talents en Potions et son activité d’espion pour l’Ordre. Elle soupira alors qu’elle revoyait son cadavre à l’infirmerie. Le monde de la sorcellerie, se disait-elle, avait vraiment perdu un grand homme.

Elle ne sut pas très bien à quel moment elle délaissa sa lecture pour laisser son esprit retourner se consacrer sur l’affaire. Peut-être lorsqu’elle s’était mise à penser à Severus Rogue et que son visage inerte était apparu dans son esprit. Toujours est-il qu’elle se mit à tourner machinalement les pages du livre, lentement, les yeux perdus dans le vague. Au bout d’un instant, elle s’arrêta, se concentrant totalement sur ses pensées. Elle était persuadée qu’en se rappelant toute l’affaire en tête, clairement, sans omission et sans arrière-pensée, la vérité lui apparaîtrait. C’était évident, les faits ne peuvent changer.

Un à un, elle se remémora les interrogatoires, les termes exacts que les suspects avaient employés, les sentiments qu’ils avaient ressentis et qu’ils lui avaient inspiré… Ce qu’ils avaient vu, ce qu’ils avaient perçu, ce qu’ils avaient pensé… Et puis les différentes perquisitions qu’ils avaient effectué, les indices qu’ils avaient découvert durant celle-ci… Rita Skeeter, Sigmund Typhon… Que lien la victime pouvait-elle avoir avec ces personnes ?

Hermione resta un moment silencieuse, soupira fortement, secoua la tête, et baissa les yeux sur son livre. Elle n’arrivait pas à voir et pourtant, elle avait l’impression que c’était très simple… Comme si tous le monde savait la vérité sans en être conscient, mais la laissait transparaître à travers leurs dires… Ses pensées se brouillèrent et c’est alors qu’elle remarqua un détail. Devant elle, Hermione constata qu’une page avait été déchirée. Ce n’était pas très visible au premier coup d’œil mais l’on remarquait bien qu’une page manquait. Pourquoi Severus Rogue aurait-il déchiré une feuille dans ce livre si précieux et si bien tenu ? Il n‘aurait jamais fais ça.

Elle retourna vivement au sommaire, le cœur battant. Son rythme cardiaque fut encore plus rapide lorsqu’elle lut le nom de la potion qui manquait dans le livre. Elle releva vivement la tête, les yeux écarquillés de stupeurs et rapidement, elle se rémora certain faits. Vu de cette manière, énormément de choses changeaient et devenaient compréhensible. Le lien avec Sigmund Typhon et Rita Skeeter devenait évident… Hermione se leva en sursaut. Elle devait vérifier quelque chose.

Elle se précipita en courant à l’infirmerie.

*

Albus Dumbledore était fatigué. Il avait passé son entière journée à répondre à des lettres de parents totalement hystériques, à converser avec le Ministère et à repousser les demandes incessantes de fermeture de l’école qu‘exigeait le Conseil. Tous ses espoirs reposaient sur les épaules de Kingsley et de Hermione qui, ils l’espéraient, pourraient résoudre le problème d’ici demain. Dumbledore ne pensait vraiment pas avoir la force et le courage de recommencer une journée comme ça. Pas à ce rythme, pas contre autant d’adversaires alors que lui-même doutait de ses propres actes.

Hermione Granger entra sans frapper à l’intérieur du bureau d’Albus Dumbledore, un paquet à la main.

-Bonsoir, Professeur, j’ai une question à vous poser.

-Faites, Miss Granger.

-Est-ce la baguette du Professeur Rogue ?

Elle déposa sur son bureau un petit sac en plastique contenant le morceau de bois.

-Assurément non, répondit Dumbledore. Elle est beaucoup trop longue et pas assez foncée pour être la baguette magique de Severus Rogue. Ou avez-vous trouvé cette baguette, Miss Granger ?

-Tout simplement à l’infirmerie, dans ses effets personnels. La vraie baguette de Severus Rogue, en revanche, n’y est pas. On la lui a volée.

-Mais pourquoi diable…

-Il est inutile de chercher Rita Skeeter plus longtemps, l‘interrompit-elle. Je sais parfaitement où elle est.

Dumbledore la regarda attentivement. Un sourire se dessina alors sur ses lèvres.
*

Pas de doute, se disait Horace Slughorn, cette histoire t’a secoué.

Le Professeur de Potions était confortablement installé dans un des nombreux fauteuils de ses appartements, devant un agréable feu de cheminée, dégustant un verre de vin. Le silence n’était brisé que par les crépitements des flammes et durant ces quelques secondes de plaisir intense où les pieds de Horace était délicieusement réchauffé, il décida de ne penser à rien, même pas à cette horrible histoire de meurtre.

Il ouvrit lentement les yeux et attrapa distraitement un magazine qu’il se mit à parcourir. Par hasard, il tomba sur un article de Rita Skeeter, illustré par une grande photo de la journaliste. Il la regarda un moment en repensant à la fois où il l’avait rencontré. Il se rappela mentalement sa journée, jusqu’au moment où il avait découvert le corps de Severus… Pauvre Severus… Il fronça soudainement ses sourcils. Il venait de remarquer un détail, quelque chose d’étrange. Quelque chose qui n’avait pas de sens… et qui le dérangeait.

Horace se mit à réfléchir intéressement, avant d’abandonner. Il soupira. Cela finirait rien par lui revenir. Il se leva de son fauteuil et se dirigea vers sa chambre d’un pas lent. Jusqu’à ce qu’il s’endorme, il ne pu s’empêcher de penser à ce détail et il s’endormit en se disant que décidément, quelque chose ne collait pas.

*

Harry Potter était étendu sur son lit d‘infirmerie, les yeux fixés sur son plafond. Pour la première fois depuis le début de la journée, il avait quelques minutes de répit. Sa cicatrice ne lui faisait plus mal et ses visions avaient temporairement cessées. Il pouvait enfin penser aux récents évènements qui s’étaient produis. Il n’avait pas eut le temps de vraiment parler avec Hermione qui était très occupée, et Ron s’en désintéressait franchement. De toute façon, il était bien trop fatigué et souffrant pour en discuter avec son ami à l’esprit borné. Harry avait vu Severus Rogue ce jour-là, et il lui avait parut parfaitement normal, toujours aussi désagréable et sarcastique. Et pourtant, Rita Skeeter l’avait attaqué, dans le but évident de le tuer.

Pourquoi ?

Il s’assit difficilement sur son lit. Sa tête recommença à pulser et Voldemort s’insinua à nouveau dans son esprit. Ses visions étaient de plus en plus fréquentes, souvent les mêmes et assez douloureuses. Harry regarda autour de lui et n’aperçu pas l’infirmière. Il s’habilla et quitta tranquillement l’infirmerie pour se rendre dans sa salle commune, où il l’espérait, il pourrait parler à Hermione. Lorsqu’il y arriva, il ne trouva presque personne dans la salle. Harry consulta sa montre et remarqua qu’il était déjà vingt-deux heures. Il monta dans son dortoir et s’affala sur son lit. Immédiatement, sa citatrice lui fit atrocement mal, durant quelques secondes à peine, avant de cesser. Harry commença à s’énerver. Il devait parler à Dumbledore. Il fallait trouver une solution pour que cela cesse. Rogue n’étant plus là, Dumbledore devait lui enseigner l’Occlumencie lui-même. Il se leva tout en regrettant de ne pas avoir été plus sérieux pendant les cours avec Rogue.

D’un geste sec, il attrapa sa valise qui se trouvait sous son lit et souleva plusieurs vêtements moldu. Il fouilla quelques instants avant de demeurer pétrifié durant plusieurs secondes, les yeux sortant de leurs orbites, la bouche à moitié ouverte.

Sa cape d’invisibilité et sa carte du Maraudeur avaient disparu.
 
 
Chapitre précédent
 
 
Chapitre suivant
 
 
 
     
     
 
Pseudo :
Mot de Passe :
Se souvenir de moi?
Se connecter >>
S'enregistrer >>