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au 31 Mai 21 :
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Par Mel Amarain
Harry Potter  -  Drame  -  fr
7 chapitres - Complète - Rating : T+ (16ans et plus) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 1     Les chapitres     5 Reviews    
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Chapitre 1

Note: Cette fiction est entièrement destinée à Zoomalfoy. Il s'agit d'une histoire en 7 chapitres, suivant les pensées de Draco.

Disclaimer : Les personnages ne m’appartiennent pas, ils sont la propriété exclusive de J.K.Rowling, qui a su créer un univers fantastique que nous prenons plaisir à exploiter.

I might be wrong

Tu soupires une fois de plus, la tête posée sur ta paume, ton regard nonchalant parcourant les lignes du livre posé devant toi.

J’ai toujours exécré tes soupirs. Ceux désespérés du matin, ceux faussement compatissants de la journée, ceux inaudibles et tristes du soir. Qu’ils soient poussés devant un bol de café, devant Weasley et ses complaintes, devant l‘horizon à la tombée de la nuit.

Ils m’ont toujours paru si terriblement indécents. Si peu discrets.

Que fais-tu ici ?

Et pourquoi, de toutes les foutues personnes ayant pu se trouver ici, c’est toi qui y est Potter !

C’est une sensation que je n’ai pas connue depuis quatre ans maintenant. Un fourmillement désagréable, quelque chose de fondamentalement dérangeant, quelque chose que je ne peux contrôler. Un sentiment sous jacent, qui me fait froncer les sourcils et serrer les poings. Quelque chose de bien trop obsédant, de bien trop passionné. Quelque chose qui ne devrait pas me correspondre, Potter.

Les gens défilent rapidement autour de moi, et cette foule compacte et affairée te semble indifférente. Tu lis. Tu tentes de lire. Ton esprit dérive. Je le vois à ta posture.

Sais-tu que je pourrais facilement lever la main, et d’un simple mouvement du poignet t’envoyer valser contre le mur derrière toi ?

Non, Potter. Tu ne le sais pas, tout comme tu ignores ma présence en ces lieux.

Et moi, j’ignore pourquoi je n’applique pas mes pensées à mes gestes. Sans doute est-ce en raison de ce qui couve sous ma peau. De cette envie oppressante qui se mélange à ma haine.

Ou bien plus raisonnablement, de mon esprit qui sait parfaitement que je ne survivrai pas plus de cinq minutes à une attaque ciblant Harry Potter l’Espoir.

Comme tout cela me dégoûte.

Tu as changé Potter. Tu le sais ? … J’imagine que j’ai changé aussi. Ce n’est pas comme si j’avais le temps de m’attarder sur des choses aussi futiles que l’évolution de mon corps. Actuellement on me demande plutôt de traquer un stratège.

Et il se trouve que cela m’a conduit ici.

On ordonne, j’exécute. Je n’ai pas envie de réitérer l’expérience qui a conduit à ma dernière constatation physique. La marque fine et blanche qui encercle ma taille. Celle qui me rappelle constamment mon erreur d’il y a quatre ans.

Quatre ans c’est long Potter. Il y a quatre ans, tu me regardais pleurer comme l’enfant que j’étais devant la carcasse tremblante de Dumbledore.

Je ne sais toujours pas quelle est au juste l’erreur que j’ai commise. Celle d’hésiter ainsi, de n’avoir pas pu tuer un vieil homme agonisant ? Ou bien celle de n’avoir pas su saisir l’offre du même personnage ?

Dis-moi Potter…Tu en penses quoi ?

Le vieux paraissait si proche de la mort, si prêt… Accepter l’aide d’un tel homme ? C’eut été de la folie.

Mon autre alternative était tout aussi folle. Tenir la main de Severus Snape m’a conduit à…Je ne sais trop quoi.

Ma perte, Potter ? Étant donné que je suis bel et bien en vie, gorgé de magie, et respecté par bien des hommes, je ne pense pas que ce soit le terme approprié.

Quelques jours de folie serait une meilleur fin de phrase. Quelques heures sanglantes, fiévreuses. Et une cicatrice effilée me ceinturant.

Ta main se détache lentement de ta joue, et vient s’emparer de la tasse devant toi. Une ou deux gorgées de ce que j’imagine être un café, et tu te replonges dans ta lecture. Un peu plus sérieusement cette fois-ci.

Que cherches-tu dans ce grimoire ? Potter… Toujours en quête. De quoi, aucun mangemort ne le sait.

Ce n’est pas comme si cela m’intéressait. Je ne fais qu’obéir. Débuter une mission, l’achever, en recevoir une nouvelle. M’agenouiller à ses pieds, repartir.

Mes rares temps libres, je les passe à discuter avec Severus, faire semblant de ne pas remarquer son regard hanté depuis quatre ans, tout comme il fait semblant de ne pas voir le mien. Puis je rends visite à mère. Cette femme merveilleuse qui s’effondre un peu plus chaque jour.

J’oubliais, je passe également quelques fois sur la tombe de père. Rarement. Sa mort fut l’une des conséquences de mon erreur. Elle me paraît aujourd’hui moindre. La vue de la pierre grise sans inscription sous laquelle repose son corps ne me donne pas de pincement au cœur. Simplement peut-être un vague arrière-goût d’amertume.

Que fais tu de tes temps libres Potter ? On raconte que tu vis seul. Que tu vogues d’un endroit à l’autre. Que personne ne te voit jamais. Que personne ne sait te localiser.

Alors on t’appelle l’Espoir. Et on attend. Que le héros agisse.

As-tu envie d’agir Potter ? A t’observer tranquillement assis à la terrasse d’un café moldu, je me le demande.

Tu vas les laisser se retrancher, se terrer encore un peu plus, tes soi-disant alliés ? Ou vas-tu ressurgir comme à quelques occasions sur un champ de bataille ?

Je ne t’ai jamais vu sur un champ de bataille Potter. J’imagine facilement tes traits concentrés, ton corps se lançant à l’assaut, en faisant tomber d’autres à tes pieds, et ta rage de vivre flamboyant dans tes yeux.

Ta carrure plus étoffée qu’auparavant se distingue très nettement sous mes yeux.

Dans cette petite ville d’Écosse, soit-disant totalement moldue, se trouve le plus puissant sorcier luttant contre Voldemort. Tu auras toujours le don de m’étonner.

Pourquoi me bloques-tu ainsi ? As-tu conscience que si tu levais la tête ne serait-ce qu’une seule minute un peu attentivement, tu me verrais au beau milieu de la rue ? Ne sens-tu pas mon regard appuyé sur ta personne ?

Je pourrais simplement contacter le maître et lui signaler ta présence. C’en serait fini de toi Potter.

Je ne le fais pas. Je t’observe. J’entends les battements de mon cœur résonner sourdement. J’apprivoise le sentiment qui s’est éveillé à ta vue.

J’ai tellement envie de te voir souffrir Potter. Envie à un point tel que c’en est insupportable. Je veux voir tes yeux se fermer sous la douleur, les plaies s’ouvrir lentement sur ton corps, et le sang s’écouler et maculer ta peau de rouge.

Je te hais Potter. Ça n’a jamais disparu.

Je n’aurais jamais du te revoir. Et qu’on ne vienne pas me dire que tu es le foutu stratège que je recherche. Tu n’as jamais été capable d’établir un plan.

Mes yeux se froncent, et je reprends peu à peu pied. Je suis en mission. Si tu es là, j’imagine que ce n’est pas un hasard. J’en déduis que tu attends le stratège.

Bien. J’attendrai aussi.

L’image fugace de mon corps s’installant à ta table et commandant un café me vient, et je sens très bien un sourire cynique étirer ma bouche à la pensée de l’expression que tu arborerais à ma soudaine venue.

Je vais m’adosser au mur, et à l’ombre d’un arbre du trottoir je continue mon espionnage improvisé. Le temps passe, Potter.

Mes envies me troublent. En moi se mêlent trois idées étranges et obsédantes.

Que se passerait-il si je te rejoignais à l’instant ?

Un combat violent ?

Je me plais à imaginer une scène toute autre. Cet effet que tu as sur moi est totalement obscène.

Quelques rêves d’adolescent me reviennent en tête, m’infligeant la honte d’admettre que mes fantasmes restent les mêmes depuis quatre ans. Chez un adolescent à l’imagination débridé on peut le comprendre et l’excuser. Chez un homme de vingt ans, assassin et espion, cela passe moins. Surtout lorsque ces fantasmes l’empêchent d’accomplir une mission.

Je me régale de toi dans mes rêves Potter. Qu’en dis-tu ? Rien, bien évidemment, tu n’es pas au courant.

Dommage. J’adorerais voir se peindre un air dégoûté sur ton visage.

Tu as l’air d’un ange Potter. C’est écœurant. Ta peau est pâle, tes lèvres rouges. Tu les mords de temps à autre. Tu les lèches. Tu me donnes envie d’y passer ma langue.

Tes cheveux noirs se découpent parfaitement sur ta peau, et les quelques mèches qui retombent sur ton front te confèrent un air charmeur. Tes yeux semblent aussi verts sinon plus que dans mes souvenirs.

On te croirait de nature autre. C’est tellement flagrant à te voir assis là, une aura dense mais invisible t’entourant, attirant les regards des passants. On croirait presque que tu flottes à mi-chemin entre deux mondes, le nôtre et un autre bien plus beau.

Si foutument spécial Potter.

Si éclatant. Si lumineux.

Je me sens l’âme d’un papillon. Tu m’enivres.

Mon estomac se contracte péniblement. Mes doigts se crispent sur ma baguette. Tu as refermé ton livre.

Tu attends.

Une jeune femme aux cheveux courts s’approche de ta table. Tu souris. Vous vous enlacez. Elle s’assoit.

Granger. Elle semble pressée, et jette fréquemment des regards inquisiteurs autour d’elle. Toi, tu restes tout ce qu’il y a de plus décontracté.

Vous parlez. De quoi, je n’en ai aucune idée.

Mais un frisson de plaisir me parcourt à l’idée que j’aurais bientôt cette fille agonisante à mes pieds. J’aurais du penser plus tôt au fait que le stratège pouvait être une femme. Et Granger est remarquablement intelligente. Trop.

Qu’importe, puisqu’elle mourra dans deux jours.

Tu souris avec douceur Potter, à se demander si tu as un don. Tes sourires semblent enrober l’air de chaleur. Il me vient l’envie de les mettre en bouteille et de les conserver jalousement. Histoire d’avoir un peu de lumière lorsque tout sera éteint autour, que tu seras mort aussi, et que Voldemort rira sur son trône.

Ridicule n’est-ce pas ?

La perspective d’une nouvelle erreur s’offre à moi. Cruel dilemme. Je souris froidement.

Et si je te rejoignais vraiment ? Avec des intentions pacifiques ? Sans qu’il y ait d’effusions de sang. Si je choisissais de te suivre dans ta quête en espérant que tu m’acceptes.

Saurais-je laisser derrière moi une brillante carrière de mangemort ? J’ai envie de rire amèrement.

Tu me guettais constamment il y a quatre ans Potter. Je ne pouvais pas regarder tes yeux.

Si je le faisais à présent, tu y verrais le manque d’étincelles.

Le manque tout court.

Ca fait mal. C’est quelque chose de froid, quelque chose qui donne l’impression que chaque bouffée d’oxygène glace un peu plus le sang.

Je me fous de la douleur.

Je veux du contrôle. Un foutu contrôle Potter. Sur mes gestes, sur ma vie. Donne moi ton secret alors, comment fais-tu pour vivre comme bon te semble ? J’imagine qu’être puissant ainsi t’aide bien.

Tu pourrais m’aider à échapper à la surveillance constante d’un être froid aux yeux rouges ? Pas trop peur que je te tue dès que tu détourneras le regard ?

A quoi tu penses Potter ?

Tu fronces les sourcils, tu écoutes Granger, tu lui poses des questions.

Aucun de vous deux ne remarque le sort que j’ai placé sur elle. Un simple traceur. Celui qui fait que ma mission commence réellement.

Granger va beaucoup souffrir. Du moins je le pense. Je ne l’imagine pas du genre à livrer des informations sans torture. Ca va être long et très pénible pour elle.

Profite bien Potter, tu vois ta meilleure amie pour la dernière fois.

Elle se lève soudain et vous échangez un long regard. Elle t’embrasse la joue et s’éloigne. Mon sort m’indique qu’elle a transplané.

Je pourrais la suivre. Je n’en ai pas l’envie, Potter.

J’ai envie de rester là. De te regarder, de te bouffer des yeux, jusqu’à en pleurer de tant de magnificence. De magie.

J’ai envie de te faire mal tout autant.

J’ai envie que tu me remarques.

J’ai envie de toi.

C’est malsain.

Je sais que je t’admire. Que je te hais. Te désire.

Que je n’aurais jamais du te rencontrer. Tu me fais sombrer Potter.

Je vais devoir choisir une nouvelle fois.

J’aurais pu être quelqu’un moi aussi.

Trop beau pour être vrai, Potter.

J’aurais aimé être spécial.

C’est peut-être pour aujourd’hui. Je vais aller te voir Potter. Je vais m’asseoir juste en face de toi. Je vais savourer tes réactions.

Ensuite, j’en finirai.

Tout dépendra de toi Potter. Je mourrai peut-être. J’en réchapperai peut-être.

Si je sombre, tu sombreras avec moi. Vois le bon côté des choses. Tu n’auras pas ma mort sur la conscience.

Je suis un sale type Potter.

Alors je vais m’avancer, et traverser la rue qui nous sépare.

Mes pas sont lents. Je prends le temps d’observer les gens insouciants qui passent. Je suis à cinq mètres de toi. Lève la tête Potter.

Deux mètres. Mon ombre surplombe ta table. J’imagine que la raison pour laquelle tu te redresses vivement est que je te cache le soleil qui te permettait de lire. J’imagine que si ta bouche s’ouvre c’est sous le choc. Tes yeux s’écarquillent. Tu es si ridicule Potter.

Figé ainsi, tu ne sembles capable d’aucune réaction. Alors je saisis le dossier de la chaise, et demande d’une voix charmeuse :

« Je peux m’asseoir ? »

Tu plantes tes yeux dans les miens. Le moment semble s’éterniser.

« Bien sûr. »

Ton ton est calme. Tes iris me brûlent.

Je prends place. Tu refermes alors violemment ton bouquin.

Tout va changer ce soir Potter.

Si foutument spécial.

J’aurais aimé être spécial.

A suivre…

 

 
 
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