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Le Chemin de Traverse.
Par haniPyanfar
Harry Potter  -  Romance/Action/Aventure  -  fr
17 chapitres - Complète - Rating : T+ (16ans et plus) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 8     Les chapitres     75 Reviews    
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Extérieur 3 : Ministère de la Magie.

Le Chemin de Traverse.

Auteur : haniPyanfar.

Madame Rowling est la créatrice des Aurors. Comme dans tous les métiers, certains sont bons et d'autres moins. Je ne suis pas responsable de leurs actes.

 

 Chapitre 8 : Extérieur 3 – Ministère de la Magie.

« Qui allais-tu voir au quatrième étage de Saint Mangouste ? Qui devais-tu y rencontrer ? Réponds, Mangemort, ou il t'en cuira !

--Je ne parlerai que devant votre chef, répondit Draco avec dignité.

C'était la troisième fois qu'ils lui posaient cette question. Ils étaient de plus en plus hargneux. Ils, c'étaient les deux idiots qui le traquaient depuis son attaque par le vieil hibou, des Aurors de base, recrutés sans doute à la fin de la guerre ou juste après.

Il y avait eu beaucoup de pertes parmi les membres de la police sorcière. Les nouveaux venus n'étaient pas à la hauteur des anciens. Ils n'avaient aucune expérience et finalement, par leurs questions trop précises et mal formulées, ils avaient révélé à Draco ce qu'ils voulaient savoir.

Il n'était pas du tout question de Potter. Draco était même persuadé que la présence du Survivant à l'étage des sorciers atteints de maléfices était tenue secrète. Non, ce qui intéressait ses tourmenteurs, c'étaient les Mangemorts hospitalisés à cet endroit.

Granger lui avait bien dit qu'il y avait eu des bavures après l'arrestation des partisans de Voldemort en fuite. Apparemment, plusieurs d'entre eux avaient été torturés pour les obliger à dénoncer des complices. L'époque était troublée, la peur était toujours présente et justifiait soi-disant aux yeux de certains Aurors, des jeunes surtout, ces pratiques interdites.

Quelques prisonniers n'avaient pas résisté aux nombreux Doloris et leur cerveau était en bouillie. Mais certains policiers étaient persuadés qu'ils jouaient la comédie et qu'en fait, ils attendaient une aide extérieure pour s'évader. Et quelle meilleure aide espérer que celle d'un Malfoy ? Tout ça, Draco l'avait rapidement compris dans cette petite salle où on l'avait emmené. Maintenant, c'était à lui de passer à la casserole.

Pourtant l'interrogatoire avait commencé normalement. Le vieil Auror lui avait posé les questions rituelles sur son nom, ses parents, sa condamnation, son adresse, toutes choses simples auxquelles il avait répondu sans hésiter. Le deuxième Auror, qu'il ne connaissait pas, prenait des notes avec ce qui ressemblait à la plume à papotes de Rita Skeeter. Mais elle écrivait la vérité.

Draco s'en était aperçu quand on lui avait fait relire ses premières réponses. Malheureusement, le vieil homme avait été appelé à l'extérieur, soi-disant pour une affaire urgente et il était sorti en emmenant son secrétaire. Etait-ce vrai ou était-ce un coup monté pour le laisser seul avec les deux autres ? Draco ne savait quoi en penser.

Recommandation avait été faite aux deux idiots de ne se mêler de rien mais ils n'avaient pas résisté longtemps à la tentation. Ils s'étaient d'abord moqué de Draco puis ils lui avaient posé toutes sortes de questions auxquelles il n'avait pas répondu. Et le jeune sorcier voyait venir le moment où les coups se mettraient à pleuvoir.

« Qui cherchais-tu ? Tes anciens copains Serpentards, Goyle et Nott ? On les as pourchassés longtemps, on était sur leurs traces et puis il y a deux mois, pfft ! Goyle s'est envolé, et Nott a disparu il y a à peine quinze jours. Bon, pour le premier, tu étais encore à Azkaban ...

-- ... et crois-moi, tu vas y retourner en vitesse !

-- ... Mais pour le deuxième, tu l'as aidé, hein ? Tu l'as aidé à s'enfuir ! Salaud de Serpentard !

« Merlin je vous en prie ! Faites que Granger arrive ! Je n'ai jamais autant souhaité la présence de la Griffondor ! Il faut qu'elle me sorte de là ! »

-- Et celui qu'on suivait sur le Chemin de Traverse, celui qui porte des gants rouges ...

-- ... pour cacher ses mains d'assassin couvertes de sang !

-- ... tu lui as peut-être donné une adresse pour se planquer ! Il a tourné dans l' Allée des Embrumes et pfft ! Lui aussi, disparu !

--Vous êtes plusieurs, c'est ça ? Un gang de Mangemorts complotant contre nous ? Un réseau de sympathisants prêts à faciliter votre départ d'Angleterre ? Où vous cachez-vous ? Qui sont vos chefs ? Parle, raclure !

« Tu me le payeras, Granger ! Je jure que tu me le payeras ! Je ne t'avais rien demandé, moi ! Ah si, mais bon ! Tout ça pour les beaux yeux de Potter ! Non mais, il peut bien crever celui-là ! Si je m'en sors ... et ça n'en prend pas le chemin ... je ne lèverai plus le petit doigt pour cet enfoiré de première ! Aïe ! Ça commence ! »

--Tu ne t'es pas demandé, petit con, comment on avait su pour ton petit détour par les étages de Sainte Mangouste ? reprit l'un de ses tourmenteurs en lui donnant une bourrade dans le dos.

Ils étaient tout près maintenant et Draco sentait leurs souffles sur son visage. Ils semblaient avoir perdu le contrôle d'eux-mêmes. Leurs yeux brillaient d'une joie malsaine, comme s'ils se réjouissaient de tenir enfin à leur merci une proie convoitée. Draco grimaça et s'attira un coup supplémentaire.

--Tu croyais peut-être que tu nous avais bernés avec ta fausse blessure ?

--Mais on a des espions à Sainte Mangouste ! Certains tableaux sont nos indicateurs. Tu n'avais pas pensé à ça, hein, saleté de Serpent ?

--Dai Llewelyn, le joueur de Quidditch dévoré par une chimère, il t'a vu sortir de la salle de soins à 14 heures 30. Tu n'avais même plus une marque au front !

--Et après, au lieu de rentrer tout droit au Chaudron, tu as pris l'escalier. Tu allais vite et tu surveillais tes arrières mais on t'a vu quand même ! Urquhart Rackharrow, l'ancien médicomage légiste, il t'a même interpelé depuis son tableau ! Autrefois, il faisait les autopsies des sorciers et aussi de quelques Moldus. Dommage qu'il ne puisse pas faire la tienne !

--Et Janus Thickey, le psychomage, son portrait est au quatrième. C'est là que tu as disparu, toi aussi. C'est une manie chez vous, les Mangemorts ! Où es-tu allé ? Qui t'a ouvert les portes ?

--Tu n'es repassé par le Hall d'accueil qu'à 14 heures 55. Dilys Derwert, la grande guérisseuse, t'a aperçu ! Qu'est-ce que tu as fait entretemps ? Tu vois ! Nous sommes bien renseignés ! J'ai passé la soirée d'hier à recueillir et à recopier les témoignages des tableaux. Ils ne mentent jamais, eux ! La Justice sorcière les croira ! Azkaban t'ouvre les bras, Malfoy !

--Oui, tu pourras y rejoindre ta folle de mère et ton gâteux de père ! Jolie famille !

« Ma folle de mère ? Qu'est-ce qu'ils veulent dire par là ? Se serait-elle fait attaquer par un Détraqueur ? AÏE ! Le salaud m'a frappé sur l'épaule ! Il l'a fait exprès, j'en suis sûr ! Mais ... Mais ... Ils sortent leurs baguettes magiques ! Grand Salazar ! Aide-moi ! »

--Endoloris ! cria l'un des Aurors avec une joie mauvaise.

Draco tomba de la chaise où il était assis en poussant un grand cri. Le sortilège l'avait frappé au ventre et la douleur était atroce. Il se tordait sur le sol, essayant de se rouler en boule pour atténuer la souffrance.

--Endoloris ! ajouta l'autre avec un rictus de plaisir.

Cette fois, Draco fut atteint à la tête. Il hurla. Sa vue devint rouge, ses oreilles bourdonnaient si fort qu'il entendit à peine une voix puissante tonner :

--STOP ! Qu'est-ce qui vous prend ! Aux arrêts ! Immédiatement ! ... Finite Incantatum ! reprit la voix plus doucement. Pouvez-vous vous lever, Monsieur Malfoy ? Je suis désolé. Ces deux bons-à-rien seront sévèrement punis. Venez dans mon bureau.

Dawlish, le nouveau chef des Aurors, était penché sur lui. Il l'aida à se relever et le conduisit dans une autre pièce. Il y retrouva Hermione qui se leva brusquement à sa vue :

--Merlin ! Malfoy ! Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?

--Ils m'ont gentiment posé quelques questions, Granger ! Quelque chose de tout à fait normal après mon ... escapade d'hier ! Tu vois de quoi je veux parler ?

--Monsieur Dawlish est au courant. Il s'apprêtait à te convoquer pour en savoir plus. Mais apparemment, quelqu'un l'a fait à sa place. De quoi t'accuse-t-on ?

--De complot contre le Ministère et d'associations de malfaiteurs, rien que ça ! ... Monsieur, reprit-il en s'adressant au chef des Aurors, certains de vos collaborateurs sont atteints de folie furieuse. Ce n'est pas parce que je porte le nom de Malfoy que je vais prendre la tête d'une croisade du crime.

--Je vous crois sans peine, Monsieur Malfoy. Mademoiselle Granger m'a seulement parlé d'une entrevue avec Harry Potter qui a eu pour lui des conséquences heureuses. Je tiens à vous remercier ...

--Pardonnez-moi de vous interrompre, Monsieur. Ce que j'ai fait hier n'avait rien d'altruiste. C'était un contrat ! Que vous a-t-on dit exactement ?

--Que vous aviez tenu à rendre visite à notre Sauveur pour lui redonner espoir.

--GRANGER !

--C'est un peu plus compliqué que ça, coupa rapidement la jeune sorcière. Monsieur Dawlish, je n'ai pas eu le temps de vous parler des conditions de notre accord mais c'est le résultat qui compte.

--Des conditions ? Dois-je vous rappeler, Malfoy, que vous êtes en liberté conditionnelle et que vous devez obéir strictement aux ordres qu'on vous donne ? Que demandiez-vous ?

--Oh ! Peu de chose ! Avoir des nouvelles de ma mère . Est-ce trop ?

--Ah ... Heu ... C'est ennuyeux ... Il y a cette loi ... Les gens du Ministère craignent qu'en autorisant le courrier avec Azkaban, il ne se forme là-bas une poche de résistance.

--Avec les Détraqueurs à l'œuvre ? C'est impossible !

--Je reconnais que certains sorciers exagèrent. Ils sont obsédés par les Mangemorts encore en liberté. Ils sont persuadés qu'on les aide à s'enfuir. Qui ? Personne n'en sait rien. Mais il y a tout de même des faits troublants. Des personnes recherchées ont disparu sans laisser de traces. Aussi bien des gens peu impliqués dans les combats comme vos camarades Serpentards que de véritables assassins autrefois au service de Lord Voldemort.

--Je ne suis au courant de rien, Monsieur, et je ne cherche pas à m'enfuir. Ma mère doit passer trois ans à ... la-bas. J'attends sa libération en espérant qu'elle aura une remise de peine. Elle n'a pas grand chose à se reprocher. A ce propos ... ne pourrait-elle bénéficier d'une faveur ? Juste un mot, pour la rassurer. Je vous en prie.

Hermione regarda Draco avec curiosité. Elle ne l'avait jamais vu supplier quelqu'un. Elle décida d'intervenir.

--Ce ne serait pas une grosse entorse à la loi, dit-elle. Vous pourriez demander une exception au nouveau Directeur d'Azkaban. C'est un ancien Auror.

--Ce serait un abus de pouvoir.

--Le fait de jeter des Doloris sur Malfoy en est un aussi.

--La loi a été signée par Kingsley Shacklebolt lui-même ... Et par Harry Potter aussi, si je ne m'abuse.

--QUOI ? Potter est d'accord avec cette loi inique ? Tu t'es bien gardée de me le dire, Granger.

--Je l'ignorais, Malfoy. Il est vrai qu'après la bataille, Harry a été un peu grisé par la gloire. On a dû lui faire signer un peu n'importe quoi. Il ne s'est pas rendu compte de ce qu'il faisait. Pour lui comme pour beaucoup de sorciers, tous les Mangemorts étaient bons à mettre dans le même sac.

--Tu le défends bien ! N'empêche ! Tu m'as promis quelque chose. Je refuse de revoir Potter si tu ne remplis pas ta partie du contrat.

--Mais il ne parle que de ça ! Il reprend des forces, il mange, il sourit ! Affronter son ancien ennemi lui redonne l'envie de vivre ! ... Bon d'accord ! J'irai voir le Ministre !

--Inutile, Mademoiselle Granger. Un courrier doit partir bientôt pour Azkaban. Malfoy, asseyez-vous à la table de mon secrétaire et écrivez à votre mère. Faites court et je vous promets une réponse dans moins de quinze jours. C'est tout ce que je peux faire.

Pendant toute la conversation, Draco avait gardé le contrôle sur lui-même, dos raidi, poings serrés. Il s'assit sans rien ajouter, réfléchit un instant et écrivit sur un parchemin :

« Ma chère maman. Tout va bien pour moi. J'espère qu'il en est de même pour vous. Je vous aime. Draco. »

Il tendit sa lettre ouverte à Dawlish qui la lut, la roula et y écrivit le nom de Narcissa Malfoy. Ils se quittèrent en silence. Hermione fit transplaner Draco dans la cour du Chaudron en le tenant par le bras. Elle avait l'air embarrassée. Lui était furieux. Ah ! Le Potty signait des lois qu'il n'avait peut-être même pas lues ! Il allait lui rafraîchir la mémoire, à ce crétin de Griffondor !

-- -- -- -- --

Il était treize heures. Encore secoué par sa matinée mouvementée, Draco décida de s'accorder un après-midi de congé. Il chercherait du travail demain. Il mit sa cape, prit un peu d'argent dans sa petite cagnotte et partit manger un morceau sur le Chemin de Traverse.

Il se disait qu'il lui faudrait bientôt ouvrir un nouveau compte à Gringotts. Le coffre de la famille avait été vidé par le Ministère pour compenser les dommages de guerre. Draco espérait que Granger, qui s'occupait de ce service, faisait bon usage de la fortune des Malfoy. Les perdants devaient toujours payer le prix de leur mauvais choix.

Bien sûr, il fallait aider les veuves, les orphelins et les gens ruinés par les Mangemorts et leur clique. Draco l'admettait Mais comme toujours, des opportunistes, qui n'avaient rien fait d'autre que trembler et se cacher, voulaient aussi profiter de l'aubaine. Les dossiers s'accumulaient sur le bureau de la Griffondor. Il fallait séparer le bon grain de l'ivraie, le vrai du faux. Elle lui en avait touché deux mots. Elle prenait son travail très au sérieux, comme toujours.

Mais elle avait l'intention de retourner à l'école pour finir ses études après le Nouvel An. Elle tannait Potter pour qu'il fasse de même. Elle lui avait même demandé - à lui ! - s'il souhaitait en faire autant. Elle délirait, la Granger ! Revenir à Poudlard ? Jamais ! Et Draco était aussi persuadé que le Balafré n'y retournerait pas non plus.

Il pensait à lui en grignotant le contenu de son assiette au Fish and Chips. Il grimaçait autant à cause de la nourriture qu'à l'évocation de ce petit enfoiré. Il lui secouerait les puces, au Potty, quand il viendrait le voir au Chaudron ! Le Survivant ne perdait rien pour attendre. Draco se leva, paya et s'en fut à pas lents sur le Chemin de Traverse.

Le temps était frais et humide. Les passants n'étaient pas nombreux. Il se demanda vaguement si un Auror espion n'était pas en embuscade quelque part. Mais il n'allait pas devenir aussi obsédé que ceux du Ministère. Il chassa cette pensée inopportune. Cependant, tout lui revint quand il passa devant l'allée des Embrumes. C'était là que le Mangemort aux gants rouges avait disparu. Où était-il allé ?

Draco s'engagea dans l'étroite ruelle. Elle était déserte, la plupart des boutiques étaient fermées. La magie noire ne faisait plus recette. Par contre, la vitrine de Barjow et Beurk était éclairée. Le vieux Klarius Barjow n'avait donc pas été arrêté après la guerre ? Il était peut-être sous la protection de gens haut placés ?

Le jeune sorcier jeta un coup d'œil aux objets exposés derrière la vitre poussiéreuse. Toujours le même fatras d'instruments rouillés aux fonctions inconnues. Il reconnut tout de même une main de la gloire, des ossements humains, une corde de pendu et plusieurs masques sinistres. Certains d'entre eux avaient appartenu à des Mangemorts, Draco en était certain.

Par contre, on ne voyait nulle part l' Armoire à Disparaître qui avait permis aux partisans de Voldemort d'envahir Poudlard. Draco frissonna. Horrible souvenir ! Il se détournait pour repartir vers l'accueillant Chemin de Traverse quand une voix feutrée s'éleva derrière lui.

« Monsieur Malfoy ! Quelle bonne surprise ! Je suis content de vous revoir.

Klarius Barjow était là, sur le pas de la porte, un grand sourire aux lèvres.

--Bonjour, Monsieur Barjow, dit Draco du bout des lèvres.

Entre Serpentards, on restait poli, toujours.

--Qu'y a-t-il pour votre service ? Puis-je vous aider ? ajouta le vieux sorcier.

--Non, je vous remercie, répondit le jeune homme en frissonnant de nouveau.

Ces questions dites d'une voix pourtant douce le mettaient mal à l'aise.

--Une autre fois peut-être ? murmura le vieil homme en rentrant dans sa boutique.

Draco se hâta de regagner un endroit mieux éclairé et plus animé. Il flâna de nouveau en regardant à gauche et à droite. Il remarqua la nouvelle Histoire de la Magie dans la vitrine de Fleury et Bott. La rentrée décalée approchait mais les étudiants de Poudlard ne se pressaient pas encore dans le magasin..Eux et leurs parents pensaient plutôt aux fêtes de Noël qui approchaient.

Soudain, alors qu'il était devant la rutilante vitrine de la boutique « Paradis du Quidditch, balais et accessoires », Draco fut accosté par un jeune sorcier qu'il connaissait : Marcus Flint, ancien poursuiveur dans l'équipe de Serpentard.

« Ah ! salut, Malfoy, lui dit celui-ci. d'une voix essoufflée, justement je te cherchais. Es-tu libre actuellement ? Nous aurions besoin de toi au magasin pour cinq jours. Notre vendeur, Piet Chambers, a demandé un congé pour aller à un mariage en France. Olivier Dubois devait le remplacer mais il a attrapé la grippe. Mon patron a pensé à toi. Tu t'y connais en balais, ce travail devrait te convenir, qu'en dis-tu ?

--Je suis tout à fait d'accord, répondit Draco en souriant. Mais qui est ton patron ?

--Terence Davies, le père de Roger, de Serdaigle. Il a racheté la boutique quand son fils était capitaine de l'équipe de sa Maison. Il n'y connait pas grand chose en sport mais c'est un excellent comptable. Le commerce marche bien. Viens voir nos nouveaux balais de compétition !

Il entraîna Draco à l'intérieur de la boutique et le jeune homme se retrouva en terrain connu. Les rayons offraient aux clients potentiels tout ce qui pourrait plaire à l'amateur de Quidditch de cinq ans au centenaire et plus.

Pour les supporters, les maillots portant les numéros et les couleurs des joueurs professionnels voisinaient avec les fanions, les écharpes et les affiches des équipes. Les amateurs avertis pouvaient choisir entre les multiplettes, les vernis antimaléfices et les dégivreurs automatiques sans oublier les souaffles, les vifs d'or, les cognards et leurs battes, de toutes sortes et à tous les prix

Les enfants n'étaient pas oubliés. Les cartes à collectionner et les figurines animées attiraient leurs regards éblouis et il y avait même un rayon de balais à leur taille. Mais le cœur du magasin battait du côté des Brossdurs, des Comètes, des Eclairs de feu et des Nimbus de la plus récente génération. Seules, quelques Bombes Bleues familiales dataient un peu.

« Piet, tu peux y aller, j'ai trouvé quelqu'un pour te remplacer, dit Marcus Flint à un jeune homme en tenue de voyage, visiblement pressé de partir.

--Pas trop tôt ! grommela l'autre. J'ai un Portoloin pour seize heures. Si je le rate, avec toutes les correspondances, j'arriverai après le mariage. Salut Malfoy ! Amuse-toi bien !

--Pareil, Chambers, répondit Draco avec un sourire.

--Mon patron est dans son bureau, au fond du magasin, à côté de l'atelier de réparations, ajouta Marcus. Il t'expliquera tout.

Draco traversa toute la boutique, qui était beaucoup plus grande que les autres endroits où il avait déjà travaillé. Le Paradis du Quidditch était un magasin de luxe, très bien achalandé et brillamment illuminé. Il y fallait bien deux vendeurs, même si en ce début d'après-midi, il n'y avait que quelques clients présents. Flint s'occupait déjà d'une dame accompagnée d'un enfant.

Le patron de la boutique accueillit Draco courtoisement C'était un sorcier entre deux âges, aux cheveux déjà très blancs. Son fils Roger lui ressemblait beaucoup mais en effet, le père n'avait rien d'un grand sportif. Il était mince, voûté et tout à fait à l'aise, assis derrière son bureau. Le parfait Serdaigle.

« Monsieur Malfoy, toutes les personnes qui vous ont employé sont satisfaites de vous, dit-il. Je vous propose donc le même salaire qu'à mon second vendeur, Piet Chambers. Marcus Flint est mieux rémunéré car il fait essayer les balais aux clients qui ne sont pas sûrs de leur choix. Nous avons un terrain réservé à ces tests dans la banlieue de Londres. Protégé des Moldus, naturellement.

--Je ne pourrais y accéder de toute façon, Monsieur. Comme vous le savez, il m'est interdit de quitter le Chemin de Traverse.

--Oui, c'est fâcheux. Savez-vous pour combien de temps encore cette interdiction pèse sur vous ?

--Non, Monsieur. La Justice sorcière ne l'a pas précisé.

--Ce n'est pas normal. La Loi dit qu'un condamné doit toujours connaître la durée de sa peine.

--Les Jurés pensaient peut-être que je ne saurais pas m'adapter à cette situation et que je finirais rapidement à ... là-bas. Je tiens à leur démontrer le contraire.

--C'est courageux de votre part et je vous en félicite. Vous serez donc payé dix gallions pour les cinq jours. Je sais, c'est peu mais c'est seulement votre salaire fixe. A cela s'ajoutent les bonifications, soit un pourcentage de cinq pour cent sur le prix de chaque article que vous aurez vendu. La participation du personnel à la bonne réussite d'une entreprise, n'est-ce pas une bonne chose, Monsieur Malfoy ?

--En tous cas, c'est une idée très intéressante, Monsieur. N'est-ce pas une doctrine moldue ?

--Tout à fait, jeune homme ! Et elle a fait le bonheur d'un ancien employé de la boutique. C'était il y a quelques années, le jour où nous avons vendu à votre père sept Nimbus 2001 pour équiper l'équipe de Quidditch de Serpentard. Je venais d'acheter le magasin. Le vendeur a eu ce jour-là un bonus exceptionnel ...

«Je pense bien ! Cinq pour cent de deux mille huit cents gallions, cent quarante gallions de prime, joli ! »

-- ... Il s'est acheté un petit commerce de glaces et de boissons fraîches sur une plage, dans une île paradisiaque. Il a été doublement chanceux, vous savez !. C'était un fils-de-Moldu. Pendant la guerre, il aurait eu des ennuis s'il était resté en Angleterre. Qu'en pensez-vous ?

-- ... Heu ... Beaucoup de bien, sans doute, Monsieur ... « Et dans ma situation, je ne cracherais pas sur une pareille aubaine ! »

-- ... Ne faites pas cette tête, monsieur Malfoy ! C'était pour la bonne cause ! Un bienfait n'est jamais perdu. Il nous a fait de la publicité et depuis, l'attrapeur vedette de l'équipe d'Australie nous commande trois balais par an, du haut de gamme !

« Tiens, c'est une idée, ça ! A qui pourrais-je proposer un balai de luxe ? Bien sûr ! Aucune hésitation ! A POTTER ! Il mordra à l'hameçon ! J'en fais mon affaire ! »

--Pouvez-vous commencer à travailler tout de suite, Monsieur Malfoy ? Marcus ne peut rester seul au magasin. Ah, puis-je vous appeler par votre prénom ? Votre nom de famille ...

--Bien sûr, Monsieur. Je m'appelle Draco. »

« Personne n'est parfait ... »

-- -- -- -- --

Assis sur son lit d'hôpital, le dos appuyé contre des oreillers moelleux, Harry Potter, Survivant, Vainqueur, Héros et tout ça, était en mode veille « Repentance et bonnes résolutions ». La visite de Malfoy lui avait causé un choc. Quoi ? Ce petit con était en vie, joyeux comme un strangulot nouveau-né, pour ne pas dire frais comme un crapaud du matin, et lui voulait mourir ? Absurde !

Il avait dix-huit ans Il avait échappé plusieurs fois à la mort. Il avait eu la chance incroyable de battre Voldemort avec sa propre baguette qui s'était retournée contre lui. Il était libre, riche, il avait la vie devant lui. Et il se laissait aller à des décisions extrêmes sans même essayer de lutter ? Complètement idiot !

Il y avait bien cet étrange phénomène, ce penchant bizarre qui s'était récemment révélé à lui. Il trouvait les filles quelconques et les garçons ... certains garçons, attirants. Bon, Neville, Seamus, Dean, Ron et les autres étudiants de Poudlard le laissaient froid et par Merlin, c'était tant mieux. Il les avait déjà vus sous la douche et ça ne lui avait fait aucun effet. C'étaient de bons copains.

Charlie Weasley, ça devait être à cause de la lumière sur sa nudité. C'était vrai qu'il était drôlement bien foutu, le bougre ! Il avait été surpris, voilà tout ! Les autres, le Serdaigle gay ... oui, il avait flashé sur eux mais ça ne voulait rien dire. Il avait un peu perdu ses repères. Est-ce que c'était déjà arrivé à d'autres personnes ? Oui, sans doute.

Alors, voilà ce qu'il allait faire. Il allait vivre, vivre heureux et sans souci ! Et d'abord, il allait déménager. Côté sorcier ou côté moldu, il ne savait pas encore. Hermione avait raison. La maison de Sirius était sinistre. Kréatur ne demanderait pas mieux que de retourner à Poudlard. C'était un héros là-bas !

Ensuite, il ne mettrait plus les pieds au Ministère. Tous des tarés, ces gens-la ! Non ! Pas d'exagération, il y avait des gens bien et il y avait des tarés. Comme partout. Par exemple, Shacklebolt était quelqu'un de bien. Il faisait de son mieux, intègre et droit au milieu des médisants, des jaloux et des envieux. Ce n'était sûrement pas facile. Mais il avait une grande force de caractère.

Lui n'en avait plus assez. Il avait épuisé ses réserves dans sa lutte contre Voldemort et il aspirait à la tranquillité. Chose qu'il ne trouverait pas au milieu des requins de la politique. Donc, plus de poste honorifique ! De toute façon, il était assez riche pour vivre un moment sans travailler. Du repos, voilà ce qu'il lui fallait !

Du repos, des amis, de la bonne nourriture, des forces nouvelles, des idées claires ! Ouais ! Parce que dans six jours exactement, il avait quelqu'un à affronter ! Ce ... blondinet, épais comme son sandwich du temps des Dursley ! ... Cet insupportable ... poseur, moqueur, chieur de première ! ... Ce ... foutu Serpentard revenu de ... de où donc ? ... Ron et Hermione n'en avaient rien dit ... La jeune sorcière en particulier faisait toujours dévier la conversation quand il était question de LUI ...

Et qu'importe d'où il venait ! De l'enfer pourquoi pas ! Ce putain de Malfoy ! Il lui avait toujours pourri la vie ! Mais c'était terminé, tout ça ! Il allait la sentir passer, le merdeux !

? .. ! ... !

Merlin, à quoi pensait-il tout à coup ! Houla houla ! Heureusement qu'il ne le faisait pas bander, celui-la ! Il ne lui aurait plus manqué que cette catastrophe ultime !

 

A suivre.

 

 

 

 

 

 
 
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