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au 31 Mai 21 :
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Laissez-moi guérir...
Par Zouille
Originales  -  Drame  -  fr
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    Chapitre 1     2 Reviews    
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 Laissez-moi guérir...

Je préfère l’obscurité, entouré de noir je suffoque, ça me rappelle que je suis vivant.

Je connais la souffrance, elle me permet de ressentir, c’est une alliée, car sans elle je ne serai pas sûr d’exister. La vie n’est qu’une option, elle nous englue de souvenirs tordus et nous fait succomber à des envies inutiles. La mort n’est qu’une échappatoire rien de plus, il n’y a que ceux qui ne sont pas assez solides qui l’empruntent. Moi, je suis entre les deux. Je ne vis pas, ne suis pas sur le point de mourir non plus. Je suis juste un bout d’existence, un ramassis de pensées non finies, un débris de l’humanité. D’ailleurs, suis-je encore humain ? Je n’en sais rien, je suis existant.

Je sens le froid brûler ma peau, étouffer mes pores et rougir sa couleur naturelle. Je regarde le sol sans vraiment le voir, assis sur un vieux banc du parc pas loin de chez moi. Le genre de parc où personne ne va quand il fait trop froid, comme aujourd’hui. Moi, j’aime le froid, j’aime tout ce qui fait réagir mon corps, quelle que soit la façon dont je l’endure, plaisir ou douleur, les deux sont bons à prendre. Voilà pourquoi je ne suis vêtu que d’un simple gilet et d’une écharpe qui couvre le bas de mon visage, jusque sous mon nez.

Je sens le givre sur le haut de mon crâne, des larmes envahir mes yeux  à cause de la légère brise qui secoue mes semblants de vêtements. J’ai l’esprit vide, comme si je n’étais déjà plus de ce monde. Seules mes mains rougies et mes cils luttant contre le vent me rappellent… Me rappellent quoi exactement ? Je ne pourrais bientôt plus bouger, encore un peu et mes muscles seront si crispés qu’ils ne pourront plus rien tenter. Je n’ai pas envie de partir, j’aime ce silence reposant, ce souffle qui me caresse le visage. Mes oreilles ne détecteront plus rien dans quelques instants, le temps que le froid les engourdisse, alors j’aurai droit au calme parfait. Seule une image me traverse l’esprit, c’est la tienne, rien d’étonnant cependant.

Tu ris, un rire clair et enjôleur, je l’avais presque oublié… Je veux sourire, mais mes lèvres sont si gercées que je m’en déchire la commissure et un goût de sang envahit ma bouche.

L’odeur me titille les narines et ma tête se met à vaciller sous la répulsion. Je ferme les yeux par réflexe et deux sillons d’eau salée roulent le long de mes joues. Je les aurais bien essuyés, mais je ne peux plus faire le moindre geste.

Je suis coincé, bloqué dans ce corps trop meurtri, dans ce corps glacé que je ne sens presque plus. Combien de temps avant que quelqu’un ne me retrouve cette fois ? Vais-je attendre un moment avant d’être délivré de cette cage de glace qu’est devenu mon être ? Juste avant que les souvenirs ne réapparaissent. Avant que la nostalgie ne fasse son œuvre sur les moments passés, avant de te réintégrer. Les images commencent à se bousculer derrière mes rétines. Elles semblent vouloir s’incruster, comme dans le temps où elles en avaient le droit. Une vision de toi, je peux y faire, mais plusieurs… J’ai l’impression d’être transpercé de toute part, de lames aiguisées, spécialement conçues pour moi, avec ton visage pour unique reflet. Cela s’arrêtera-t-il un jour ? Pourrai-je enfin te bannir de sous mes paupières ? Pourquoi sont-ils aussi longs, m’ont-ils oublié ? Ou tout simplement pas remarqué ?

Je ne peux pas décoller mes pieds, ils sont ancrés dans le sol, aussi lourds que deux rochers. Je commence à avoir du mal à respirer, mon cœur a quelques ratés lui aussi, il ne tiendra pas très longtemps. Un passant rentre chez lui, il passe tout près de moi, mais ne me voit pas, ou, n’a pas envie de me voir. Suis-je si invisible pour qu’on ne s’attarde pas un minimum sur moi ? Un gémissement s’échappe difficilement du fond de ma gorge, la salive s’étant asséchée, je ne pus rien avaler. J’ai soif, envie de pleurer, j’ai mal, mais je suis emprisonné. J’ai envie que tu sois près de moi, bien que cela soit impossible, ils ont mis trop de temps, tout me revient maintenant. Ton visage enfantin, aux traits doux et pourtant très masculins, ton large sourire aux dents blanches, tes pupilles dilatées de plaisir, aux éclats d’émeraudes. Le son de ta voix, aussi, que je distingue, plus lointain cependant. Toutes ces douleurs, que je m’efforce de renfermer au creux de moi, se mettent à m’attaquer férocement, ne me laissant aucune issue de secours. Tu es là, partout en moi, et je n’ai plus la force de résister. Les médicaments ne font plus effet, ils sont en retard, ils m’ont abandonné !

Vais-je moisir ici ?  M’enfoncer dans le gouffre que forme mon esprit ? Parce que je n’aurais pas du m’enfuir, mais c’était important, tu comprends. Ça fait combien de temps maintenant ? Je ne compte plus, à quoi bon de toute façon, ça ne te ramènera pas…

La pluie se met à tomber, je ne la sens pas, mais je vois les gouttes s’écraser sur le sol, impuissant. Mon corps a oublié le froid qu’il faisait, la douleur, elle, reste emmurée. Et ma peau continue d’endurer les méfaits du vent glacé qui la ruine. Ma vue se fait trouble, je n’y verrai bientôt que du noir. Comme de l’encre qui obstruerait ma vision des choses, sauf que celle-ci serait indélébile. Il est l’heure pour moi je crois, l’heure de m’en aller te retrouver, si j’ai la force de prononcer ton nom, une dernière fois…

J’entends un murmure qui se répète, une musique, non, une alarme, l’ambulance… Non c’est trop tard, le processus arrive à son terme, il faut me laisser partir maintenant, il est temps pour moi de guérir ! Des tâches se forment devant moi, l’encre a fait son apparition on dirait. J’entends encore des sons lointains, des bruits de pas et des cris. Je crois même que l’on me touche, mais je ne sens qu’un léger effleurement, du bout des doigts. Mais je suis presque transparent maintenant, je ne suis plus qu’une pâle copie de ce que mon corps était avant. Déjà qu’il était bien abîmé ! Je voudrais qu’ils arrêtent, cela ne sert à rien de me ranimer, je suis toujours conscient d’ailleurs, mais je pars, parce que je l’ai décidé, je veux m’en aller ! Je voudrais qu’ils me lâchent, rien ne sert de m’oppresser, je ne sens que de vagues pincements sous leurs gestes désespérés. Ils sont en retard, moi je suis en avance, je m’en vais ce soir, je tire ma révérence. Laissez-moi panser mes blessures à ma manière, la seule qui soit susceptible de me guérir, donnez-moi cette chance de le revoir, donnez-moi la force de voler le retrouver ! Arrêtez… C’est fini maintenant, mon cœur marque ses derniers battements, je cesse de respirer, abandonnez, il ne reste plus que ça, alors allez-y libérez-moi !

La partie est terminée…

 

Et voilà le texte qui m'a obstrué l'esprit pendant une semaine!!!! Bon on va dire qu'il est correct! D'ailleurs je remercie BaBa mon maître correcteur XD Sans lui vous auriez eu un texte avec des fautes stupides pour la plupart, mais bon c'est déjà trop!! j'espère qu'il vous plaira un petit peu quand même (m'enfin personne n'est obligé de le lire aussi XD)

Bises à vous,

Zouille

 
     
     
 
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