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au 31 Mai 21 :
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Ma Fiction
Par Lily C
Harry Potter  -  Angoisse  -  fr
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    Chapitre 1     0 Review    
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La vieille barque en bois s’arrêta brutalement, d’un brusque choc avec le rocher. Comment cette coquille de noix avait-elle survécu au voyage, alors qu’elle semblait sur le point de s’effondrer à chaque instant ? La coque était fissurée de toutes parts, tandis que la planche de bois qui tenait lieu de banc était mangée aux mites. Pourtant, la barque avait survécu aux assauts du vent, à la pluie qui tombait drue depuis le départ, et même aux vagues qui venaient se casser sur les rebords de l’embarcation, éclaboussant d’eau salée et froide, les occupants de la barque.

Ceux-ci étaient trois. Deux se ressemblaient, silhouettes encapuchonnées aux contours indistincts, effleurant plus que touchant le fond de la vieille embarcation. Seuls leurs mains dépassaient de leurs longues capes, squelettiques et recouvertes de croûtes, se mouvant lentement. Ces mains n’avaient rien d’humain. Cependant, les Détraqueurs n’étaient pas réputés pour leur humanité. Aux yeux des sorciers, ils n’étaient que les hybrides du Mal, créatures de terreur.

Le dernier occupant en revanche, ressemblait davantage à un sorcier. On le distinguait mal cependant, tellement son corps s’était tassé sur le banc de bois. L’homme avait enfoui sa tête dans ses mains, comme pour se protéger des deux gardiens qui l’entouraient. On ne voyait que ses longs cheveux blonds, presque blancs, tombant en cascade sur son dos, et ses mains, tremblantes. Le prisonnier gémissait de terreur, alignant des mots sans suites. Le voyage avait sans doute été éprouvant.

 

Les deux Détraqueurs obligèrent leur prisonnier à se relever, l’agrippant de leurs mains décharnées. L’homme émit un cri d’horreur étouffé, mais se laissa conduire, telle une poupée de chiffon. Ses yeux gris semblaient vides. De vie. D’espoir. De joie.

Le trio enjamba le rebord de l’embarcation, qui oscillait légèrement, collée aux rochers. Les pieds du sorcier traînaient sur le sol rocailleux, tandis que les Détraqueurs le tenaient chacun par un bras. L’homme avait renoncé à regarder autour de lui, et sa tête était baissée, sans force, ses cheveux pendant autour de son visage.

L’étrange groupe avança ainsi pendant plusieurs minutes, dans un paysage apocalyptique. Le vent soufflait avec plus de force que jamais,  et, aux sifflements de la tempête, s’ajoutait le fracas assourdissant des lourdes vagues qui s’écrasaient sur la roche. Le ciel était gris, morne et terne. Pas un rayon de soleil ne filtrait.

 

L’endroit n’était qu’une île désolée, un îlot même. La caillasse formait une petite colline, et sa base ne mesurait que quelques mètres de diamètre. Au sommet de la colline, se dressait une immense citadelle, pointée vers le ciel. Chose curieuse, l’imposante battisse avait la forme d’un triangle, percé çà et là de minuscules fenêtres. La pierre qui avait servie à la construction de l’édifice était terne et lisse, fissurée par endroit. Pas assez cependant, pour que les prisonniers s’y glissent. Quant à la porte d’entrée, elle était haute et imposante, en métal sombre, scellée par différents verrous et serrures. De chaque côté, se tenait un Détraqueur, immobile. Ainsi était la prison d’Azkaban. Renommée et crainte dans tout le monde magique, elle incarnait à elle seule toutes les choses sombres et ténébreuses que l’on ne pourrait jamais s’imaginer.

 

Les trois nouveaux venus arrivèrent devant l’entrée de la prison. Les deux Détraqueurs en faction* devant la porte saluèrent d’un bref signe, presque imperceptible, les deux Gardiens qui soutenaient le prisonnier. Puis, la porte s’ouvrit lentement, avec un long grincement sans qu’aucune des créatures ne fasse un geste. Enfin, lorsque l’ouverture fut suffisante pour passer, le trio s’engagea à l’intérieur de la prison.

La cour sur laquelle ils débouchèrent était vide. Seul le vent soulevait quelques traînées de poussières. Le sorcier, toujours encadré par ses gardiens, sembla reprendre un quelconque signe de vie. Il releva faiblement la tête, pale comme un mort. Ses yeux balayaient les lieux d’un regard éteint.

L’homme se laissa entraîner hors de la cour, dans un couloir triste en froid. L’allée était étroite, et un des Détraqueurs relâcha le sorcier,  puis passa devant pour ouvrir la voie. Le corridor était bordé de pièces, qui ressemblaient davantage à des cages. L’impression venait peut-être de la vétusté des salles, ou alors des barreaux qui faisaient office de quatrième mur. Pourtant, chose étrange, à la différence des prisons moldues, ou les prisonniers se ruaient aux barreaux à chaque nouvelle visite, dans un concert de cris et d’insultes, le lieu était étrangement calme. Les hommes et les femmes restaient prostrés au fond de leur cage, assis contre un mur, les bras entourant leurs genoux. Parfois, un prisonnier levait péniblement la tête, et leur regard était si désespéré, si suppliant, que le nouvel arrivant était saisit d’un frisson qui lui hérissait l’échine. Le sorcier, titubant se laissa traîner par son gardien dans cette allée de la terreur, jusqu’à ce que celui-ci s’immobilise. Le Détraqueur qui ouvrait la marche leva sa main décharnée, et la grille adjacente coulissa avec un grincement. Le sorcier fut poussé en avant par l’un des gardiens, et tomba lourdement sur le sol. Du sang coula de sa main qui avait amorti le choc, mais l’homme ne bougea pas. Derrière lui, il entendit le grincement de la porte que l’on refermait.

 

Le prisonnier resta à terre. De longues minutes s’écoulèrent avant qu’il ne se relève péniblement. Il essuya sa main ensanglantée dans sa cape. Les Détraqueurs lui avaient laissé les vêtements qu’il portait avant son arrivée. Un costume parfaitement taillé, une cape fabriquée avec des étoffes légères et onéreuses, qui juraient terriblement avec la vétusté du lieu.

Lucius Malfoy observa sa nouvelle habitation. Et cette salle était ô combien éloignée de l’ancienne demeure du sorcier. Lui, habitué au luxe de son manoir*, à de grands fauteuils agréables près du feu, à un lit à baldaquins  aux draps brodés et voluptueux, devrait se contenter de sa cellule. Celle-ci était en grande partie vide. Une minuscule fenêtre entourée de trois barreaux, à plusieurs mètres du sol, diffusait une lumière quasi inexistante. Lucius dut plisser les yeux pour apercevoir une couchette retenue à quelques centimètres du sol par deux chaînes encastrées dans le mur. Le sommier était une simple planche de bois, la couverture ; un drap sale, qui avait dut être blanc dans une autre vie. Dans un coin, un seau. Dans un autre, une cruche d’eau et un verre.  Pourtant, pire que l’horreur du lieu, il y avait l’abandon d’un quelconque futur. Rien à planifier. Rien à prévoir. Simplement une succession terne de jours et de nuits.

Malfoy s’assit sur la planche en bois qui lui tenait lieu de lit, et enfoui sa tête dans ses mains. Pire qu’un prisonnier, il était un condamné.

 

L’air, pourtant déjà glacé, se rafraîchit soudain. L’eau dans la cruche se couvrit d’une fine pellicule de glace. Un Détraqueur approchait. En effet, quelques secondes plus tard, la porte de la cellule s’ouvrit, et un des gardiens d’Azkaban pénétra dans la pièce. Il déposa sur le sol l’uniforme du prisonnier en rigueur à la prison, ainsi qu’une assiette contenant une sorte de bouillon, où flottaient quelques morceaux de pain. Puis, le Détraqueur s’approcha lentement de Lucius, qui se pressa contre le mur, les yeux exorbités de terreur. Le gardien fit encore un mètre. Le sorcier se sentit submergé de souvenirs, parmi les pires qu’il n’ai jamais retenu en mémoire. Le Seigneur des Ténèbres, furieux qu’Harry Potter lui ait échappé dans le cimetière,  prononçait un mot, sa baguette pointée sur Malfoy. Il ressentait à nouveau la douleur qui l’avait transpercé, jetée à terre. Et puis, le Maître des Ténèbres avait pointé sa baguette sur Narcissa. Il la revoyait souffrir devant ses yeux, son visage tordu de douleurs…

Les souvenirs se firent moins lancinants. Lucius reprit quelque peu ses esprits, et aperçu l’ombre du Détraqueur qui refermait la porte de sa cellule. Cette fois-ci, il ne l’avait même pas entendu coulisser.

 

 

                                                           ________________________

 

 

‘Faim…’

 

La faim se faisait de plus en plus présente à Azkaban, et les gardiens étaient sans cesse tenaillés par le désir d’aspirer les heureux souvenirs de leurs prisonniers. Un des Détraqueurs glissait silencieusement dans les dédales de la prison, imaginant le festin que lui et ses semblables pourraient faire si le Ministère donnait enfin le droit d’aspirer l’âme de tous les prisonniers d’Azkaban. A quoi bon les garder vivant ? L’étaient-ils vraiment, après tant de temps entre ces murs ? La plupart étaient fous, il le voyait bien. Il savait l’effet que lui et ses camarades faisaient aux prisonniers. Ils les détruisaient. De l’intérieur. Il ne leur restait alors qu’une vie maudite, sans joie ni espoir.

 

‘Faim…’

 

Le Détraqueur s’aventura dans les couloirs de la prison. Il devait vérifier que chaque prisonnier était à sa place. Cette mesure semblait inutile, de prime abord. Comment un prisonnier pourrait-il avoir la moindre force pour s’enfuir, après avoir été si longtemps en contact avec les gardiens ? Non, tous avaient renoncés aux projets. Sauf celui de mourir dans leur sommeil, peut-être. Tous préféreraient mourir que de vivre une vie de profonde tristesse, comme ils l’enduraient ici.

Et pourtant, un homme avait réussit à s’enfuir. Black. Les raisons étaient encore floues, mais il avait apparemment réussit à échapper, à la fois aux contrôle des gardiens, et à la Prison, grâce à ses talents d’Animagus. Mais cela ne l’avait pas sauvé du sortilège mortel, qui, d’après le Ministère, l’avait achevé. Le soir même où Mr.Malfoy avait été emmené à Azkaban.

Malfoy…

 

‘Faim…’

 

Le Détraqueur glissa un peu plus rapidement dans le corridor. De chaque côté, il sentait la présence des prisonniers. Bien que les gardiens soient aveugles, ils reconnaissaient les sorciers par cette masse de sentiments humains si appétissants. Bien que ces sentiments qui constituaient le repas des Détraqueurs se fissent de moins en moins présents. Les prisonniers n’étaient plus hantés que par un mélange de peur et d’horreur constantes.*

 

‘Faim…’

 

Le gardien s’arrêta devant une des nombreuses grilles. Il sentait la présence du sorcier à l’intérieur de la cellule. Il était encore habité d’heureux souvenirs, de moins en moins certes, mais il en subsistait encore. Sans doute parce que le Prisonnier était là depuis un mois, à peine.

Le Détraqueur entra. Il sentit Lucius Malfoy se recroqueviller sur lui-même, au fond de la pièce. Il semblait être prostré sur le sol, dans un coin, adossé à la pierre moisie, d’où suintait quelques gouttes d’eau.

 

 

 

 

‘Faim…’

 

Le Détraqueur glissait lentement sur le sol de pierre, comblant peu à peu la distance entre lui et le sorcier. Ce dernier se pressa contre le mur, comme dans l’ultime espoir de le traverser. De sa bouche entrouverte sortait un cri étouffé, discontinu.

Deux mètres encore…

 

‘Faim…’

 

Les émotions du sorcier flottaient dans la cellule, presque palpables dans l’air glacé. Le gardien approchait du but, déjà enivré des souffrances de son prisonnier. Encore un peu plus près…

 

‘Faim…’

 

Les mains du Détraqueur se levèrent lentement, comme dans un film au ralentit. Ses doigts squelettiques effleurèrent sa capuche. Celle-ci tomba alors doucement, sur les épaules décharnées de la créature. Un trou béant, plus qu’une bouche, apparut au milieu du visage, sous deux yeux recouverts d’une peau noire et fine.

Lucius Malfoy releva la tête, ses yeux gris injectés de sang fixés sur la créature. Aucun mot ne pouvait décrire l’horreur qui se reflétait sur le visage du sorcier.

 

‘Faim…’

 

Enfin, le moment était venu. Peut importait les ordres du Ministère. La tentation était trop forte pour y résister. Le gardien s’approcha du visage du sorcier, retenant sa tête entre ses mains décharnées. Lucius bougeait à peine, ne cherchant pas à échapper à l’emprise du Détraqueur. Ses yeux restaient fixés sur la bouche du gardien, de plus en plus près.

 

‘Faim…’

 

La bouche du sorcier, légèrement entrouverte, laissa échapper un hoquet de terreur.

 

‘Faim…’

 

Un voile de lumière argenté sortit des lèvres de Lucius, aussitôt aspiré par le Détraqueur. Tel un vampire, la créature pompait sa nourriture, entraînant indubitablement la perte de sa victime. On entendait presque les cris de terreur des souvenirs lancinants, qui se pressaient dans la tête de Malfoy.

Le voile de lumière cessa subitement. Le sorcier rejeta la tête en arrière, les yeux clos. De ses lèvres entrouvertes, sortit alors une minuscule boule dorée. Elle illuminait la pièce, tant la lumière qu’elle dégageait était forte. Le visage du sorcier, illuminé de cette douce* aura, semblait plus pale que jamais, presque transparent. Cadavérique.

La boule de lumière resta un instant en suspension, comme hésitant sur la direction à prendre. Mais celle-ci était déjà toute tracée. La lumière se dirigea lentement dans la bouche béante du Détraqueur, s’éloignant peu à peu de celle du sorcier. L’aura se fit de moins en moins forte*, puis disparu complètement. Malfoy ouvrit subitement les yeux. Il n’y avait plus une quelconque trace de terreur. Même pas un soupçon de peur. Il n’était plus qu’une coquille vide. Son Ame, son Essence même, s’étaient évaporés à jamais, dans un ultime Baiser du désespoir.

 

 

 
     
     
 
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