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Courir sur les nuages
Par Koalamutant
Harry Potter  -  Romance/Général  -  fr
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    Chapitre 15     Les chapitres     18 Reviews    
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Istanbul

Bonjour :)

Désolée pour l'attente, gros syndrome de la page blanche ou pire, de la page recouverte d'un texte pourri. Et puis partiels, concours blancs, stage, toxoplasmose (maladie obscure qu'on attrape en se faisant griffer par des chats -créature du diable-) toussa toussa... Bref, la vraie vie qui nous rattrape quoi !

Et finalement j'ai effacé la suite que j'avais prévue parce que j'ai changé la fin ! Donc ça aussi ça m'a bloquée parce que j'ai dû changer tout le scénario...

Merci de m'avoir suivie jusqu'ici !

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Chapitre 14

Avril

DANS LE PASSE

Premières vacances

8 Août 1998

- Comment ça, tu ne viens pas à LA COUPE DU MONDE DE QUIDDITCH ?

Sa voix était montée dans les aiguës à la fin de sa phrase et Harry se demanda si Ron allait faire de l'hyper ventilation. Il ne savait pas trop, vu que sa tête sortait du feu et qu'elle était donc toujours rouge quand ils se parlaient par cheminée interposée.

- Gabriel part bientôt pour son Erasmus et j'ai envie de passer du temps avec lui, mentit-il en évitant soigneusement le regard de Ron.

Il avait toujours été un menteur déplorable, heureusement qu'il parlait à Ron et non pas à Hermione. Il se sentit soudain coupable de penser ça et releva brusquement la tête. Mais celui-ci était de toute façon trop occupé à souffler comme un bœuf pour s'en formaliser.

Enfin, et Draco ne peut pas quitter la Grande-Bretagne et il est malheureux comme les pierres à l'idée de rater un événement de cette ampleur.

Et voir Draco malheureux était physiquement douloureux pour le brun.

- La coupe du monde de Quidditch... marmonnait son meilleur ami dans sa barbe. Il rate intentionnellement la coupe du monde de Quidditch... Quel abruti... J'y crois pas...

Draco n'avait toujours pas le droit de quitter la Grande-Bretagne et Harry avait eu mal au cœur en voyant son air déçu quand il avait commencé à lui parler de la Coupe du Monde de Quidditch. Cette année elle se déroulait au Brésil, aucune chance qu'il puisse obtenir une dérogation pour ça.

Mais Harry ne pouvait pas dire la vérité à Ron. Il ne pouvait pas dire à son meilleur ami qu'il ratait l'événement de l'année pour ne pas voir l'étincelle de tristesse au fond des yeux gris de leur ancien pire ennemi.

- Mais dis-lui à ton putain de moldu que t'es un sorcier ! S'exclama Ron.

Harry avait honte de se servir de Gabriel comme couverture pour moins voir Ron et Hermione et passer plus de temps avec Draco. Il n'avait jamais menti à son meilleur ami, il lui avait toujours tout dit, mais cette fois-ci c'était différent. C'était Draco et c'était spécial.

- Euh... Je ne préfère pas, non, fit-il en grimaçant.

- Ça fait des mois que vous êtes amis ! - Le roux avait prononcé le dernier mot en plissant le nez, l'air de dire "tu nous prends vraiment pour des jambons "!- Il encaissera, tu me dis qu'il encaisse tout !

- Ecoute, c'est compliqué, et puis il y en aura d'autres des Coupes du Monde...

- Il y en aura d'autres ! Il y en aura d'autres ! Répéta le rouquin, les yeux exorbités.

A croire qu'Harry lui avait annoncé qu'il voulait épouser Pattenrond.

- Ron, c'est ma décision, trancha Harry d'une voix qu'il espérait décidée, et le roux fronça les sourcils, boudeur. Promis, dans quatre ans, on y ira ensembles !

- Si on est encore amis à ce moment là ! Cracha l'autre.

Le brun haussa un sourcil et Ron lui fit un sourire contrit.

- Putain l'amour ça rend vraiment con si tu veux mon avis...

T'as pas idée.

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15 Août 1998, London Hearthrow

Jour 1 de voyage

- Allez les gars ! C'est quoi ces têtes que vous tirez ? Vous irez la prochaine fois, à la coupe de monde de football ! On va trop rigoler, vous verrez.

Gabriel posa joyeusement son sac sur le tapis roulant et passa le contrôle de sécurité en souriant – il adressa même un joyeux "bonjour !" au type en uniforme assis derrière son ordinateur, qui haussa un sourcil blasé, l'air de dire "Ouais t'es content parce que tu pars en vacances, connard. J'ai compris. Maintenant, avance"-.

- Draco, qui s'était hérissé au mot "football"- certaines épreuves laissent des traumatismes- fixait la machine d'un œil suspicieux. Il créait un petit bouchon et les gens commençaient à s'impatienter mais il n'en avait cure. Le Gryffondor lui intima d'avancer d'une voix douce et se prit un regard noir -bah, il avait l'habitude maintenant-.

Le blond finit par poser à son sac son tour et se tourna vers Harry.

- Si cette machine me tue, je te hanterai jusqu'à la fin de tes jours, Potter, siffla t-il entre ses dents.

Le brun sourit et murmura d'une voix un peu rauque :

- Ah bon ? Et tu me hanteras... Même pendant la nuit ?

Le Serpentard fronça les sourcils et rougit furieusement.

- Allez Draco, en piste ! Brailla Gabriel de l'autre côté du portique. L'avion ne va pas nous attendre !

- Tu sais où tu peux te le mettre ton avion ? Cracha le blond en passant le portique de sécurité, la tête haute.

Harry les observa, incrédule, quelques secondes, puis retint un petit rire. Les vacances s'annonçaient bien.

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45 minutes plus tard

- Mais qu'est-ce qu'il a ? Demanda Gabriel en désignant de la main le Serpentard qui soufflait dans son sac en kraft comme si sa vie en dépendait.

- Il n'aime pas trop prendre l'avion, répondit Harry en souriant.

Dommage que son polaroid soit dans son sac. Cette scène valait d'être immortalisée et transmise aux générations futures pour leur montrer à quoi ressemblait réellement le redoutable Draco Malfoy.

- Mais tu le prends souvent, non ? Demanda le russe en se tournant vers le blond qui lui lança un regard noir -Draco avait toujours assez d'énergie pour être désagréable. C'était la preuve qu'il n'allait pas mourir-. Tu m'as bien dis que tu étais allé à Paris, à Rome, à Vienne, et même chez moi, à Saint-Pétersbourg, avec tes parents !

En disant cela, il leva la tête, l'air rêveur. Harry le voyait souvent prendre cet air quand il songeait à son pays natal et il esquissa un sourire attendrit. Est-ce que lui ressemblait à ça quand il parlait de Poudlard ?

- Putain de moldu, fut tout ce que pu articuler Draco durant les deux secondes où il sortit ses lèvres du sac.

- Ah ouais je suis un putain de moldu comme tu dis, en tout cas c'est pas moi qui suis en PLS sur mon siège, répliqua le russe en souriant et en s'installant plus confortablement dans son fauteuil – poussant ainsi un peu un Draco outré du sien-.

- PLS ? Demanda Harry en fixant le hublot.

La sensation était plus intense quand il était sur son balai, mais voler en avion était quand même à faire une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour la vue.

- Position latérale de sécurité, mais pour Draco je dirais plutôt Position Latérale de Survie ! Expliqua le russe en souriant.

- Potter, tiens ton moldu en laisse, je suis à deux doigts de lui jeter un crucio, siffla Draco d'une voix faible.

- Ce mec joue décidément trop aux jeux vidéo, marmonna Gabriel en déchirant son sachet de cacahuètes. Si tu veux mon avis, il a vraiment une imagination débordante, confia t-il à Harry.

Deux heures et demi qu'ils étaient partis du centre de Londres et personne ne s'était étripé. C'était mieux que ce qu'avait espéré le brun.

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15 Août, Auberge de Jeunesse d'Édimbourg

- Draco, je t'en prie, calme-toi... Marmonna Harry d'une voix fatiguée.

- Comment veux-tu que je me calme, Potter ! Je vais te citer toutes les raisons pour lesquelles j'ai le droit de ne PAS être calme !

- Fais un petit effort...

- Déjà, le type nous emmène dans un repère de pouilleux...

- Ça s'appelle une auberge de jeunesse, Draco. C'est sympa, ça permet de rencontrer des gens !

- Des putain de moldus... On s'en coltine déjà un, on ne va pas faire collection !

Harry soupira et lui jeta un regard agacé mais Draco continuait sa petite liste :

- Ensuite, à cause de lui on est obligés de voyager comme des moldus... Alors que si on avait transplané on aurait gagné un temps fou...

- Je te rappelle que tu n'as pas récupéré ta baguette non plus !

- Tu pourrais faire du transplanage d'escorte !

- Et risquer de te retrouver désartibulé au milieu d'une montagne ? Tu...

Mais Draco le coupa :

- Il a des goûts de chiotte en matière de gastronomie...

- Il avait envie de goûter les fish and chips écossais, il n'y peut rien si les frites ne sont pas assez salées, ou cuites, ou croustillantes - Merlin que tu es difficile - à ton goût.

- En plus il boit comme un trou...

- Ne me dis pas que tu l'ignorais !

- Et, cerise sur la gâteau, il veut nous forcer à aller faire de la randonnée !

Le serpentard avait pratiquement craché le dernier mot et Harry fronça les sourcils.

- Draco ! Dit-il d'une voix forte. Dois-je te rappeler que c'est parce que tu ne peux pas quitter le territoire anglais que nous avons décidé d'entreprendre ce voyage en terre écossaise ?

- Mmm...

- Donc tu vas arrêter de faire ta mauvaise tête et tu vas faire un petit effort !

Le serpentard lui adressa un regard mauvais mais Harry s'autorisa un petit sourire. Il n'allait quand même pas passer ses vacances à essayer d'empêcher Draco d'étrangler Gabriel !

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17 Août, dans les environs de Fort William, Ecosse

- Potter, lâche-moi, je te jure, je vais lui faire la peau !

- Draco, baisse d'un son ou je te jette un silencio !

- T'oserais pas devant tous ces moldus !

- On parie ?

- Allez, lâche-moi, promis, juste un petit crucio et on n'en parle plus !

Harry, affolé, resserra son emprise autour du bras de Draco qui fronça les sourcils, outré.

- Bon, Draco, j'avoue, j'ai un peu abusé, fit Gabriel en se passant la main dans les cheveux, l'air gêné.

- UN PEU ?

- Bon, d'accord, j'ai carrément abusé, mais...

- On s'est levés à cinq heures et demi du matin ! Cinq heures et demi ! On a marché pendant une heure sur le bord de la route – un connard de moldu a failli me faucher l'orteil !-, dans la brume, alors qu'il fait -5 degrés ! Ensuite -ne fais pas cette tête, je n'ai pas fini de parler !- on a prit un putain de bus avec un conducteur visiblement bourré au scotch ou au cidre pour ce que j'en sais, qui conduisait comme un hippogriffe dégénéré, et qui nous a laissé au milieu de nulle part ! Puis on a marché pendant une heure dans la forêt – Potter, tu sais à quel point j'aime les forêts depuis notre première année !- et quand je croyais qu'on était enfin arrivés aux pieds du Ben Nevis, le seul mont en Ecosse qui vaut le détour parce qu'il y a plein de plantes qui m'intéressent pour mes potio... pour la biologie, tu captes que tu nous a emmenés AU PIED DE LA MAUVAISE MONTAGNE ?

- Ahem... Oui, mais, pour ma défense, on est au pied de Aonach' Mor et c'est une sacrément belle montagne apparemment !

- QU'EST-CE QUE J'EN AI A FAIRE QU'ELLE SOIT BELLE ?

- Oui, non mais... Peut-être que tes plantes y seront aussi, c'est la montagne juste en face après tout... et puis avoue que les écossais sont pas clairs avec leurs indications ! Avoue que entre le centre de départ randonnée Nevis Range Mountain et Glen Nevis Visitor Centre, y a de quoi s'embrouiller !

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Premiers soupçons

18 Août, Inverness

- C'est Harry Potter.

- Arrêtez de sniffer des crottes de doxy, les filles.

- Qui c'est le mec avec lui ? Tu le connais ?

- Il est bogosse en tout cas.

- Par Merlin, je vous dis que ce n'est pas lui !

- Je te dis que si, c'est Harry Potter !

- Viens, on va lui demander un autographe.

- Par Salazar ! Vous avez raison les filles, c'est Harry Potter !

Ils avaient été imprudents. Ils avaient été imprudents, et Draco l'avait prévenu, que ce jour allait arriver. Ils s'étaient chamaillés de nombreuses fois à ce sujet, et le brun ne l'avait pas écouté. Le Gryffondor jeta un regard nerveux au Serpentard qui avait déjà remonté sa capuche sur ses cheveux blonds. Il se tourna vers lui et murmura :

- Maintenant, Potter.

Alors Harry pointa discrètement sa baguette vers son amant et chuchota un sortilège de désillusion, espérant que le russe ne remarquerait rien. Mais Gabriel fronçait les sourcils et regardait autour de lui.

- Qui est Harry Potter ? Demande t-il. Vous le connaissez ? C'est sûrement une célébrité locale, je n'en ai jamais entendu parler.

- Oui, sûrement un type sans importance, fit la voix moqueuse de Malfoy.

- Tu viens Gabriel ? On y va pas rester plantés là, lança Harry d'une voix tremblante.

- C'est lui ! C'est lui, je vous dis !

Le groupe de filles avança dangereusement et Harry prit vivement le bras de Gabriel. Ils se mirent à courir tandis, talonnés par Draco.

- Harry ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Je t'expliquerai tout ! Cours ! Cria le brun.

Il entendait les gloussements des filles – créatures démoniaques- derrière eux et songea que Draco ne se lasserait pas de lui rappeler cet épisode. Enfin, s'ils en sortaient vivants -honnêtement, Voldemort faisait moins peur que ces furies-.

- Qui sont ces filles ?

- Je t'expliquerai, Gaby, je te dis !

- En tout cas elles font flipper ! Je comprends que tu sois gay !

Harry éclata de rire. Le type était poursuivi, déboussolé, menacé, et il prenait quand même le temps de faire des plaisanteries. Est-ce que Gabriel avait été de mauvaise humeur une fois dans sa putain de vie ?

Il finirent par entrer dans un bar sombre et se cacher dans un coin. Le groupe de filles – d'hystériques- passa devant l'établissement en hurlant et Harry retint sa respiration.

- Elles sont parties ? Marmonna Gabriel, les yeux affolés.

Il fronça les sourcils et s'écria :

- Harry... Où est Draco ?

Ah, oui le sort de désillusion .

- Suis-moi, fit le brun en l'entraînant dans les toilettes. Il entendit les pas de Draco derrière eux et se passa nerveusement la main dans les cheveux. Une fois entrés dans la petite pièce, il agita sa baguette et le blond réapparu.

- Que... Quoi ? S'étrangla Gabriel en regardant le Serpentard comme s'il venait de lui pousser une deuxième tête. Harry... c'est quoi ce bordel ? Qui sont ces filles ? Elles nous poursuivaient, n'est-ce pas ? Elles t'appelaient Harry Potter... mais tu t'appelles Harry Evans ! Et pourquoi Draco était-il invisible, putain ?

Le Gryffondor lui jeta un regard affolé. Il ouvrit la bouche puis la referma aussitôt. Draco le regarda et haussa un sourcil. Il lâcha du bout des lèvres :

- Tu connais la règle, Potter. Ton moldu, ta responsabilité.

Harry secoua la tête et pointa sa baguette sur un Gabriel apeuré :

- Putain. Désolé, Gaby.

- Harry ? Qu'est-ce que tu fais ?! C'est quoi ça ? HARRY ?

- Oubliette.

Des mois plus tard, Draco songerait avec amertume que l'Oubliette était vraiment le sort fétiche des Gryffondors.

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DANS LE PRÉSENT

Premières vacances

Dans le présent, 3 Avril 1999 - Le lendemain de la scène Harry-Ginny dans les vestiaires de Quidditch

Grande Salle de Poudlard - Table des Serpentards

Draco soupira lourdement et posa deux doigts sur ses paupières, les massant avec application. Il venait juste de se lever et n'avait qu'une seule envie : retourner au lit.

Il avait évité Potter et sa pute durant les deux derniers jours et il s'étonnait de la facilité avec laquelle le Gryffondor se baladait dans le château comme si de rien n'était. Peut-être son accident lui avait arraché le cœur ? Ou alors c'était Draco qui était en train de se transformer en putain de Poufsouffle. Rien ne tournait rond cette année, de toute façon.

- Draco, arrête de faire cette tête, soupira Pansy en beurrant paresseusement sa biscotte (1).

- Je ne comprends pas pourquoi tu es en colère, ajouta Blaise en souriant. Un séjour à l'étranger tout frais payés, ça devrait te faire plaisir quand même ! C'est notre dernière année à Poudlard, on a survécu à la guerre, on le mérite, non ?

- En plus on est majeurs, alors on aura le droit de boire de l'alcool, renchérit Pansy.

- Et on pourra découvrir une nouvelle culture, murmura Théo.

Une nouvelle culture. Une nouvelle culture !

- Dois-je vous rappeler, dit Draco d'une voix traînante, que nous ne sommes hélas pas les seuls à partir. Il y aura ces... rébus de la société qui se font plus communément appeler les Gryffondors.

- Arrête, on a bien rigolé au Nouvel An et à l'anniversaire de Weasley ! Intervint Blaise. Le grand air te fera le plus grand bien mon cher Draco, tu es vraiment imbuvable en ce moment.

- Dis plutôt que je suis le seul qui se souvient à quelle maison il appartient, cracha le blond en foudroyant son meilleur ami du regard. Je ne fricote pas avec l'ennemi, moi, dit-il d'une voix doucereuse en jetant un regard lourd de sens à Luna Lovegood.

- T'es pas obligé de venir, répliqua Blaise en fronçant les sourcils.

Draco se raidit.

- Et vous priver de ma délicieuse présence ? Certes pas !

Pansy leva les yeux au ciel et se demanda si Londubat allait venir.

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Table des Gryffondors

- Je ne sais pas, Harry.

- Mais Hermione tu ne peux pas être sérieuse ! Un voyage payé par l'école ! La Turquie ! La mer, les petits plats méditerranéens, le soleil ! En plus c'est le tableau de Dumbledore qui a suggéré ça ! C'est un peu comme si c'étaient ses dernières volontés !

La brune haussa un sourcil peu convaincu.

- J'ai encore beaucoup de travail. Les ASPICS ne sont que dans un...

- Un mois et demi, je sais, je sais, Hermione, tu me le répètes depuis hier. Mais Istanbul, bordel ! ISTANBUL !

- On pourra y aller une autre fois, fit la Gryffondor gentiment, tout en levant enfin le nez de son livre. Après les examens.

- Mais c'est maintenant que tout le monde y va ! Bordel, Mione, un voyage avec toi, Ron, Gin', Neville, Dean, Seamus, tous les potes ! C'est une occasion en or !

- Je ne peux pas, Harry. Si je pars, je ne vais faire que réviser et je serai stressante et pénible.

- Mais de toute façon, tout le monde sera en vacances ! Ils vont fermer l'école, tu ne rateras aucun cours ! S'exaspéra le brun.

- On est supposés utiliser ce temps pour réviser, répliqua Hermione.

Son meilleur ami la toisa quelques secondes puis soupira. Il s'éloigna et retourna s'asseoir à côté de Ron qui demanda :

- Alors ?

- Laisse tomber, Ron.

Hermione avait les larmes aux yeux. Peut-être que si Harry avait insisté un petit peu plus, elle serait venue. Peut-être qu'elle serait venue. Mais Harry n'en pouvait plus. Il en avait marre de se battre pour passer ne serait-ce que dix minutes avec sa meilleure amie.

Alors il avait abandonné. Et elle ne viendrait pas.

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4 Avril – Salle commune des Gryffondors

- Ne lui en veux pas comme ça, Harry.

Le Gryffondor leva la tête et jeta un regard étonné à son meilleur ami qui lui adressa un petit sourire triste.

- De quoi tu parles ?

- De Hermione. Je sais que tu es en colère parce qu'elle ne veut pas venir avec nous à Istanbul – et parce qu'elle n'est jamais là, et parce qu'elle ne parle que des ASPICs- mais elle ne se rend pas compte de ce qu'elle fait.

- Qu'est-ce que tu racontes ? Comment peux-tu encore la défendre après ce qu'elle... ce qu'elle t'a fait ? Ce qu'elle nous a fait ?

Ron haussa les épaules et se laissa tomber lourdement sur le fauteuil à côté de celui de son meilleur ami.

- J'étais fou de rage, au début. J'avais envie de la tuer dès que je la voyais. Ou de l'embrasser. Ou les deux. Je ne sais pas. Mais c'est Hermione et elle a toujours été là pour toi, pour nous. Tu te souviens en quatrième année quand je ne t'ai pas cru quand tu disais que tu n'avais pas mis ton nom dans la Coupe de feu ?

- Oui, mais c'était il y a mille ans...

- Tu te souviens quand je t'ai laissé pendant la Guerre ? Quand je me suis barré, vous laissant Hermione et toi affamés, épuisés, découragés ? Tu te souviens qu'elle est restée à tes côtés les deux fois ? Tu te souviens de toutes les fois où tu as eu besoin d'elle et où elle était là ?

- Oui, bien sûr.

- Alors quand tu as envie de lui hurler dessus parce qu'elle te déçoit, pense à ces moments là, parce que cette fille qui a risqué sa vie pour toi pendant la Guerre, c'est Hermione. Et cette fille qui est trop fière pour avouer qu'elle rêve de Bellatrix Lestrange dans les cachots Malfoy chaque nuit, c'est Hermione. Et cette fille qui refuse de parler de ses peurs et de ses traumatismes pour ne pas t'alarmer parce que toi aussi tu en prends plein la face depuis la Bataille Finale, c'est Hermione. Elle est cette fille courageuse qui était prête à se sacrifier pour nous. Mais elle est aussi cette fille qui se plonge dans le travail pour oublier, comme tu as pu te plonger dans le Londres moldu ou moi me cacher dans les bras de ma mère. C'est la même putain de personne. C'est Hermione, c'est ta meilleure amie. Elle n'assure pas, c'est vrai, elle n'assure pas mais c'est la première fois, n'est-ce pas ? Et nous, combien de fois on a pu la décevoir et combien de fois nous a t-elle pardonné ?

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6 Avril, Istanbul

Jour 1 de voyage

- Je crois que je vais vomir, lâcha Ron en s'agrippant au tissu de son siège comme un naufragé à sa bouée.

- Pareil, croassa Neville en se concentrant bien sur la route, comme le chauffeur lui avait dit de faire.

- Est-ce normal qu'il fasse aussi chaud à cette période de l'année ? Souffla Daphné Greengrass en s'éventant avec une feuille de papier.

- Par Merlin, je ne savais pas que les Sangs-Purs étaient de telles petites natures, marmonna Harry à Dean Thomas. Si j'avais su, j'aurais emmené Lestrange et compagnie faire un road trip pendant la guerre !

Dean éclata de rire et ouvrit la bouche mais sa réponse fut couverte par une sorte de vagissement venu du fond du bus. Pansy Parkinson suppliait Slughorn de les ramener tous en Ecosse, loin de ce pays de malades qui ne connaissaient pas encore le transport par cheminette.

Quelques sièges plus loin, le professeur Weasley regardait la scène, l'air blasé (et vaguement malade elle aussi, en y regardant de plus près).

- Moins fort, je vous prie, mademoiselle Parkinson, maugréa le professeur McGonagall en jetant un coup d'œil inquiet au chauffeur moldu qui, peu préoccupé par les cris de désespoir de la jeune fille, chantait avec enthousiasme et, au grand désespoir d'Harry, bien plus fort et bien plus mal que la radio.

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Une heure plus tard, auberge de jeunesse moldue près de la Tour Galatée

- Qu'est-ce que c'est que ça ?

- Harry se tourna pour voir un Draco Malfoy livide, un long doigt fin et pâle tendu vers son lit.

- C'est un lit Malfoy, répondit Ron en haussant les sourcils, inquiet.

Il tourna la tête vers Harry comme pour dire "Vraiment ? Tu pourrais avoir qui tu veux et tu tombes amoureux de ce type ?"

- Merci Weasley je ne suis pas aveugle, siffla le Serpentard. Hélas, ajouta t-il en frémissant de dégoût devant le pyjama que Ron venait de déposer joyeusement sur son lit. Mais pourquoi devons-nous tous dormir ensembles ?

- C'est le principe d'une auberge de jeunesse, Draco, soupira Blaise en haussant les sourcils. Ce sont des dortoirs. C'est pour ça que c'est pas cher.

- Que ce n'est pas cher, Blaise, corrigea le blond.

- Oui, tout ce que tu veux, soupira son meilleur ami en se frottant les tempes.

Il se tourna vers Théo qui dépliait déjà sa carte de la ville, l'air émerveillé.

- On va se balader ? Suggéra t-il dans l'espoir d'améliorer l'humeur du blond. Weasley ? Londubat ? Thomas ? Potter ? Ça vous dit ?

Harry jeta un regard inquiet à Malfoy qui avait l'air d'être en train d'essayer de se pendre avec sa cravate et s'apprêtait à refuser quand Ron le coupa :

- Allez, sortons d'ici ! Il paraît que la bouffe est à tomber dans ce pays ! Quelqu'un a déjà goûté les loukoums ? Il paraît que c'est délicieux...

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Deux heures plus tard, au bord du Bosphore

(Bosphore : Fleuve qui sépare la partie Orientale et Occidentale d'Istanbul)

Draco jeta un regard de dégoût à l'eau. Il faisait une chaleur à crever mais ce n'était pas une raison pour se joindre à ce ramassis de dégénérés qui avaient décidé de se baigner en sous-vêtements dans un fleuve fréquenté par des putain de bateaux immenses.

- Allez, Draco, arrête de faire la tête ! Soupira Pansy en enlevant sa robe.

Elle jeta un regard appuyé à Londubat qui rougit et s'empressa de se détourner en rougissant furieusement. Draco aurait ricané s'il n'était pas lui-même dans une situation plus que critique.

- Viens, bordel, l'eau est trop bonne ! Cria Blaise qui était déjà immergé jusqu'aux épaules.

Le blond en question s'apprêtait à lui répliquer quelque chose de bien méchant et blessant quand son regard se posa sur Potter. Potter qui se déshabillait avec hésitation, l'air un peu gêné. Monsieur était moins timide dans les vestiaires de Quidditch !

Est-ce que quelqu'un s'en apercevrait s'il noyait ce connard de Gryffondor dans le Bosphore ?

Il enleva sa chemise, sa cravate, et jeta un coup d'œil autour de lui avant de faire glisser son pantalon par terre. Il se retrouva en caleçon noir et s'avança rapidement vers le fleuve. Draco déglutit bruyamment.

Un connard pareil n'avait pas le droit d'être aussi bandant. Les Dieux étaient vraiment des salopards !

- Draco, arrête de baver sur Potter et viens ! Brailla Blaise en riant.

Le Gryffondor se tourna et ses yeux verts croisèrent le regard du Serpentard qui serrait les poings.

- Je ne bave pas sur Potter, siffla t-il.

Note à moi-même : Noyer Blaise.

Et pour se donner une contenance, il enleva rapidement sa cravate, sa chemise blanche, et marqua une pause pour jeter un regard noir à Blaise.

Il remarqua que Potter n'était pas encore entré dans l'eau et se tenait comme un idiot à le fixer, la bouche un peu ouverte.

- Quoi, Potter, t'as jamais vu de tatouage ? Dit-il en agitant son bras gauche, provocateur.

Il n'aurait jamais imaginé être content un jour de s'être fait cette putain de marque des Ténèbres. Mais tous les moyens sont bons pour faire chier ce salopard de Potter.

L'autre déglutit et s'empressa de tourner la tête et de plonger dans le Bosphore.

Draco fronça les sourcils, agacé, et enleva ses chaussures, ses chaussettes et son pantalon. Il plia soigneusement ses affaires et les posa sur son sac, à l'abris des passants. Il lancerait un Impardonnable au premier connard qui oserait essayer de lui voler ses fringues !

- C'est pas trop tôt ! S'exclama Pansy quand il entra dans l'eau.

C'est vrai que c'était agréable. Elle était un peu fraîche mais le soleil chauffait sa peau et puis c'était la première baignade de cette année merdique.

- Tais-toi, siffla Draco.

- Houlala, mais dis donc ça te met de bonne humeur les vacances ! Soupira Blaise en levant les yeux au ciel.

- Toi, mon pauvre ami, tu es un homme mort ! Siffla le blond.

Il fit quelques brasses et se jeta sur Blaise dans l'espoir de le noyer - il pourrait très bien s'entraîner sur lui et s'occuper du cas Potter après. Deux meurtres en une journée, c'était un score honorable pour son jeune âge-.

Son meilleur ami éclata de rire et se débattit joyeusement. Il était légèrement plus musclé - bien plus musclé - que Draco et le maîtrisa rapidement. Le blond poussa un cri outragé avant de recracher une gorgée d'eau - dégueulasse !- et de s'attaquer au cou du métisse - vise la jugulaire, Draco, la jugulaire-.

- T'es nul ! Je me demande bien comment tu as pu survivre durant cette fichue guerre ! Fit Blaise en riant.

- Le talent, mon cher, le ta...

Il aurait bien aimé sa phrase mais il venait de poser les yeux sur Potter. Ce putain de Potter qui avait sorti la tête de l'eau en riant avec Weasley et Finnigan. Ce putain de Potter qui affichait sa peau dorée en soleil. Des petites gouttes coulaient le long de sa nuque et Draco se demanda si c'était sain d'être jaloux d'une goutte.

Bordel, songea t-il en sentant son sexe se gonfler.

10 minutes plus tard

- Tu veux pas sortir Draco ? Demanda Théo, étonné.

- Non.

- Le type qui voulait pas se baigner au début reste finalement mille ans ! Soupira Blaise en levant les yeux au ciel.

Draco lui jeta un regard noir. Il dû rester encore cinq minutes de plus, du temps que son érection disparaisse.

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Istanbul, 7 Avril

Jour 2 de voyage, Sainte-Sophie (Mosquée bleue)

- C'est une blague, marmonna Draco en fixant le type devant la Mosquée.

Celui-ci lui tendait un pagne en souriant.

- Par Merlin, Draco, fais pas ta mauvaise tête ! Soupira Blaise. Regarde, on l'a tous mis, nous !

Les autres approuvèrent vigoureusement de la tête.

Le regard du blond se posa sur Lavande Brown, affublée de ce que ces dégénérés de moldus appelaient une burqa, qui était en fait un tissu qui lui couvrait intégralement les cheveux, les épaules, le torse, les jambes, et même les chevilles.

Elle était pieds-nus comme une clocharde – c'est peut-être pour ça qu'elle aimait bien Weasley à une époque – et souriait bêtement.

Draco fit une grimace équivoque puis il tourna la tête et fixa Théo qui était ridicule dans une espèce de pagne qui couvrait ses jambes.

- Bordel, Théo, tu t'es vu ou quoi ? Lâcha t-il.

- On s'en fiche de ce à quoi on ressemble, Draco ! Soupira ce dernier. On veut voir, pas être vus ! Allez, décide toi, tu fais attendre tout le monde !

Il désigna d'un geste de la main la queue qui s'était formée derrière Draco.

- Ok, ok, grogna le blond en fronçant les sourcils.

Il arracha le pagne des mains du type et se l'attacha autour de la taille.

- Bordel, j'ai l'air d'un fakir, siffla t-il entre ses dents.

- Il est vraiment imbuvable, chuchota Ron à Harry. Tu t'imagines partir en vacances juste avec ce type ?

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Premiers soupçons (2)

Ron avait envie de courir, de rire, de lever les bras en l'air. Ces derniers mois avaient été un véritable cauchemar -on aurait pu penser qu'ils avaient eu leur quota de malheur pour toute une vie, mais visiblement Dieu était un putain de sadique- mais depuis qu'il était en Turquie, tout allait bien.

Istanbul était la ville la plus colorée, bruyante, magnifique qu'il n'ait jamais vue. Il y régnait une agitation constante, si différente de l'atmosphère lourde et pesante qui semblait avoir contaminé le château depuis la fin de la guerre.

Et puis les Turques n'étaient pas les derniers niveau gastronomie, il fallait leur accorder ce crédit !

Il adressa un sourire éclatant à Parvati qui lui désigna, émerveillée, le plafond de la Mosquée. Ron leva les yeux et ouvrit la bouche pour souffler un "Wahou" silencieux.

- Tu veux jouer à un jeu rigolo, Weasley ?

Zabini lui adressa un petit sourire et lui donna un coup de coude. Ron songea qu'il avait l'air d'un gamin de six ans, comme ça. C'était bizarre de penser que ces foutus Serpentards avaient un jour été des enfants.

- On joue à "Trouvez Padma !"

Ron regarda autour de lui et fronça les sourcils.

- C'est quoi l'intérêt de ce jeu ?

Blaise ricana.

- Pour un futur Auror, je te trouve un peu nul niveau observations ! T'as pas capté que de dos toutes les filles se ressemblent avec cette putain de burqa ?

C'est vrai qu'en y réfléchissant, toutes les filles étaient couvertes des pieds à la tête, et les cheveux d'ordinaire si reconnaissables de Padma – une chevelure trop noire, trop brillante, trop longue pour être anglaise- lorsqu'ils étaient en Angleterre étaient cachés sous un tissu coloré.

- Lavande est là, fit Ron en plissant le nez.

Il désigna une fille qui se retourna et lui adressa un sourire. Bingo !

- Putain ! Comment t'as su ! Fit Blaise, admiratif.

- Elle a des pieds de troll, répondit simplement Ron en haussant les épaules. Je l'avais remarqué quand on sortait ensembles. T'as pas capté que son gros orteille est plus gros sur le pied gauche que le pied droit ?

Blaise éclata de rire et s'attira les regards noirs des visiteurs.

- Bordel, que les dents de Granger fassent la taille du calamar géant ça ne te dérange pas mais que Lavande ait un orteil plus gros que l'autre, ça te rebute ? Souffla t-il en souriant toujours.

Le roux se rembrunit.

- De toute façon ça n'a aucune importance maintenant, hein ? Fit-il tristement. Elle n'est pas là, ni ici à Istanbul, ni avec Harry et moi à Poudlard. Le Dieu ASPICs l'a appelée et elle s'est précipitée pour le servir.

- Oh bordel, Weasley ! Arrête de geindre ! Fit une voix traînante derrière eux.

Le Gryffondor se tourna lentement et aperçut Draco qui lui adressa une grimace dégoûtée.

- J'en ai rien à foutre que ce pays soit musulman, Weasley, on va boire ce soir ! Annonça t-il d'une voix décidée. L'amour, c'est comme la dragoncelle, tout le monde doit y passer ! Alors maintenant que tu as vécu cette horrible période de ta vie, réjouis-toi d'en être sorti vivant – à défaut de t'en sortir indemne !-.

- Facile à dire pour toi ! Répliqua Ron en rougissant furieusement. Est-ce que tu es au moins physiquement capable d'aimer ?

Le Serpentard lui jeta un regard étrange et répondit d'une voix rauque :

- Tu ne sais vraiment rien. Change de carrière, Weasley. Tu ferais un Auror pitoyable.

Il tourna rapidement les talons et Ron fronça les sourcils.

- C'était quoi, ça ? Demanda t-il à Blaise qui s'était raidit.

- Ça... Ça veut dire que le dénouement de tout ça n'est pas loin, répondit le métisse en serrant la mâchoire.

Ron lui jeta un regard étonné. Est-ce qu'on formait les Serpentards à parler en énigmes ? Peut-être avaient-ils des cours particuliers dans les cachots.

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Ça faisait un sacré moment que personne n'avait vu McGonagall, sa mère ou Slughorn. A croire qu'ils les avaient "accompagnés" juste pour se payer des petites vacances bien méritées -d 'ailleurs, Ron les avait entendus se disputer pour savoir qui accompagnerait le petit groupe, et il était pratiquement sûr que le Professeur Chourave avait fait un pierre/papier/ciseaux/dragon avec Slughorn-.

Mais de toute façon ils étaient majeurs et responsables -bon, OK, juste majeurs- alors ce n'était pas vraiment un problème. Et puis Ron aurait très mal supporté la visite d'absolument toutes les Mosquées et tous les Musées d'Istanbul – Blaise et lui s'étaient mis d'accord sur le fait que découvrir la culture culinaire d'un pays était primordiale-.

En tout cas Malfoy avait tenu promesse. Il était tout le temps d'humeur exécrable lorsqu'ils faisaient une soirée Serpentards/Gryffondors - y a qu'à voir la tronche qu'il tirait en arrivant dans la Salle sur Demande le mois dernier - alors Ron se demandait pourquoi il avait tenu à organiser cette petite sauterie.

Ron ne pouvait pas penser que Malfoy avait organisé cette soirée pour lui changer les idées – c'était Malfoy, et ce type ne faisait jamais rien pour les autres- mais il était quand même content de pouvoir se changer les idées.

En y réfléchissant, Malfoy avait vraiment une sale tronche en ce moment. Ron l'avait toujours trouvé blafard, maladif, mais là il ressemblait vraiment à un fantôme – et s'il ne s'était pas foutu de sa gueule à la Mosquée ? Et si Malfoy était vraiment capable d'aimer autre chose que son reflet dans le miroir ?-. Peut-être qu'il ne l'avait pas organisée pour Ron, mais pour lui, parce que lui aussi était malheureux.

Ron doutait fortement du fait que ce type ait un cœur, mais bon, il savait que tout est possible depuis que les Canons de Chudley avaient battu les Harpies en Février dernier.

Personne ne savait comment Malfoy avait pu dénicher tout cet alcool – et en fait personne ne voulait savoir, les Serpentards ont des moyens de persuasion plus qu'immoraux-, mais la soirée était superbe. Ils étaient retournés à l'endroit où ils s'étaient baignés le premier jour, au bord du Bosphore, et le coucher de soleil était époustouflant.

Des pêcheurs vendaient des poissons qu'ils avaient fait griller sur un feu de bois improvisé et Padma et Parvati s'étaient occupées d'acheter de la salade, des tomates cerises, de la sauce salade, des couverts, des verres et des assiettes en plastique. Ça sentait bon le poisson grillé, l'air marin et l'été.

Il se sentait libre.

Il pensait à Hermione, bien sûr – elle avait fini par devenir une partie de lui-même, comme Harry- mais c'était devenu moins douloureux avec le temps. Avant, Ron se posait milles questions à son sujet : est-ce qu'ils allaient se remettre ensembles après les ASPICs ? Est-ce qu'elle l'aimait encore ? Et lui ? Est-ce qu'il l'aimait encore ?

Est-ce qu'accepter la séparation signifiait qu'il ne l'aimait plus ? Ou alors ça voulait dire qu'il devenait adulte ?

Il avait aimé Hermione, il avait été prêt à l'épouser. Mais est-ce qu'il pourrait construire sa vie avec une fille qui n'acceptait pas qui il était ?

Ron n'avait jamais été un stressé, ou un bosseur. Les choses s'étaient plutôt bien déroulées jusque là – il était loin d'être le meilleur, mais également loin d'être le pire élève de la classe- alors pourquoi vouloir tout chambouler ?

Vivre avec une fille qui s'affolait au moindre examen, qui passait ses journées à étudier, Ron pouvait le supporter. Mais vivre avec une fille qui, même après avoir passé des années à ses côtés, essayait de faire de lui un homme qu'il n'était pas – et ne serait jamais ?-.

Ron avait vécu assez longtemps dans l'ombre de ses frères, puis dans celle d'Harry. Il était enfin devenu quelqu'un pendant la guerre. Un type assez lâche et méprisable pour laisser tomber ses amis, mais un type assez conscient de ses erreurs pour revenir à la première occasion. Un type qui se bat pour ses idéaux, non pas parce qu'on lui a dit que c'était bien ou que c'était la chose à faire, mais parce qu'il avait envie d'y croire, d'envisager la victoire et un monde meilleur. Il aurait pu s'expatrier aux Etats-Unis ou en Australie – aucun sbire de Voldemort ne serait allé le chercher jusque là-bas-, il aurait pu laisser tomber Harry et Hermione, mais il était revenue et les avait suivis en enfer.

Et maintenant il était toujours le même Ron Weasley qu'avant, toujours le meilleur ami de Harry Potter, toujours le type qui aime bouffer et jouer aux échecs, mais il était également une personne complètement différente, un homme en devenir, un gars qui peut plaisanter avec des Serpentards, trouver le courage de retourner à Poudlard alors que son frère lui propose un job de rêve, soutenir son meilleur ami lorsque celui-ci avoue aimer Draco Connard Malfoy – bon, ça, Ron avait encore du mal à s'y faire, mais il finirait pas l'accepter. Parce que c'était Harry. C'était son frère, son meilleur ami, et Ron accepterait toujours tout de lui-.

Après toutes ces années, il avait enfin entraperçu la personne qu'il était, qu'il avait toujours été, au fond de lui, et il n'était pas prêt à la lâcher.

Harry l'avait accepté – bon, Harry avait ses propres démons à combattre, mais il l'avait accepté-. Il avait accepté qu'il devienne plus taciturne, moins bavard, qu'il se referme sur lui-même ou rentre souvent voir sa famille, parce que l'ombre de Fred planait au dessus de lui.

Harry l'avait accepté, tel qu'il était, comme Ron avait accepté Harry. Ils avaient grandi ensembles : Ils étaient peut-être en train de grandir différemment mais ils grandiraient ensembles, vieilliraient ensembles, et les enfants de Ron joueraient avec ceux d'Harry dans le jardin hideux du Square Grimmaurd. Ron savait au fond de lui qu'en adressant la parole à Harry dans le train, il avait signé une sorte de contrat invisible, qui promettait qu'il le suivrait dans la mort et dans la vie.

Ils passaient moins de temps ensembles, parce que Ron aimait bien voler seul après les cours, et que son meilleur ami écoutait de la musique en regardant le lac, mais leur amitié n'en était que plus forte. Hermione lui avait dit qu'elle craignait qu'il réagisse mal face au coming-out d'Harry. Ça l'avait révolté. Comment pouvait-elle penser qu'il tournerait le dos à cet homme qu'il avait suivit jusqu'en enfer à cause d'une histoire d'orientation sexuelle ?

Ce n'était qu'une preuve de plus du fait qu'elle ne le connaissait pas, qu'elle le prenait toujours pour le lycéen maladroit dont elle était tombée amoureuse. Ron soupira.

Il avait aimé l'Hermione adolescente, courageuse, ingénieuse et fidèle. Est-ce qu'il aimerait la jeune fille qu'elle était en train de devenir ?

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- Weasley s'est enfin aperçu que Potter est un immonde connard ? Demanda Draco en piquant une tomate cerise dans l'assiette de Blaise.

Celui-ci haussa un sourcil, jeta un coup d'œil au rouquin qui pointait une baguette menaçante vers un Potter tout blanc et répondit tranquillement :

- Potter vient de lui avouer qu'il a couché avec sa sœur avant de partir, expliqua t-il. Il dit qu'il n'était pas dans son état normal, genre qu'on l'a drogué. Apparemment Weasley est encore plus agacé que Potter sous-entende qu'il a besoin d'être drogué pour coucher avec sa sœur.

Il bu une gorgée de raki – alcool turque très goûteux mais très traître- et regarda son meilleur ami se tendre imperceptiblement.

- Ça va ? T'as l'air bizarre.

- Pourquoi ça n'irait pas ? Potter couche avec qui il veut – ou plutôt ce qu'il veut-. Peut-être qu'avec un peu de chance il choppera une Maladie Magiquement Transmissible et crèvera dans d'affreuses souffrances.

Derrière lui, Harry se prit un coup de poing de la part de son meilleur ami. Les Gryffondors émirent un sifflement tandis que les Serpentards ricanaient. Si les Gryffondors s'entre tuaient sans même qu'ils s'en mêlent, ils ne servaient vraiment plus à rien.

Neville essaya de s'interposer mais Ron lui jeta un regard noir et le garçon fit un pas en arrière – Nagini faisait moins peur qu'un Ron Protecteur-de-petite-sœur-.

- T'es bien haineux avec Potter depuis le Nouvel An, fit Blaise, l'air de rien. Il t'a vomi sur les pompes ou quoi ?

Draco lui lança un regard furieux et Blaise se rappela soudainement pourquoi il avait arrêté sa mission Draco-Potter-réunis-pour-la-vie : l'amour -surtout celui de ce benêt de Potter- ne valait pas la peine que l'on meure pour lui. (3)

- Ce type est une ordure, répondit le blond en plissant le nez, l'air dégoûté. Tout le monde lui voue un culte mais crois moi : c'est un putain de connard.

- Moi je le trouve sympa. Un peu pénible à toujours se traîner dans tout le château comme s'il allait mourir, mais il est quand même cool.

- C'est qu'une couverture. Ce type est pourri jusqu'à la moelle.

- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il t'a fait ?

- Ça ne te regarde pas, Blaise.

- Je suis ton meilleur ami. Tu peux me parler.

- Lâche-moi ! Je n'ai rien à te dire ! Fit Draco, un peu plus fort qu'il ne le souhaitait.

Les regards quittèrent Potter-Weasley quelques secondes pour se fixer sur eux. Draco leur lança un regard noir et s'éloigna à grandes enjambées pour s'asseoir sur un rocher en face de l'eau. Il avait besoin d'une clope. D'une clope et de Potter. Putain, non, juste d'une clope.

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- L'amitié, ça pue la bouse de dragon, annonça Blaise en se laissant lourdement tomber à côté d'un Ron qui broyait du noir sur un rocher.

Il lui tendit un verre de raki en signe de paix et le roux lui fit un petit signe de tête.

- C'est peut-être même qu'une légende inventée par Helga Poufsouffle elle-même, poursuivit le métisse et Ron lui adressa un pauvre sourire.

- Tu crois que les gens ont capté qu'on réglait nos comptes avec Harry ?

- Votre bagarre ? Oh... A l'heure qu'il est, tout Dumstrang est au courant, répondit Blaise en haussant un sourcil moqueur.

Ron émit un gémissement plaintif et bu une longue gorgée de raki.

- Ginny ne t'avait rien dit ? Demanda le Serpentard gentiment.

- Non. Elle doit être défaite, la pauvre. J'hésite à lui envoyer un hibou. Sauf que je n'ai jamais été très à l'aise avec ça...

- Tu veux dire parler de sexe avec ta petite sœur ?

Ron grogna et jeta un regard désespéré à Blaise.

- Les Serpentards sont vraiment des sadiques, siffla t-il.

- Et les Gryffondors des chochottes. Ta sœur a dix-huit ans, Ron. Elle est grande. Elle savait ce qu'elle faisait, les risques qu'elle prenait. Si elle aime Potter au point de sacrifier sa dignité et de coucher avec lui tout en sachant qu'il est gay et qu'il ne se remettra jamais avec elle, c'est son problème.

- Comment tu sais que Harry est gay ?

- Draco l'a raconté à tout le monde. Il vous a entendus à l'infirmerie, le jour de l'accident.

- Pourquoi n'est-il pas allé le dire à Rita Skeeter ? C'est son genre, pourtant. Humilier Harry fait partie de ses hobbies, non ?

- C'était son genre. Y a une différence entre répandre des rumeurs dans Poudlard -où tout le monde vénère Potter de toute façon- et étaler sa vie privée dans les journaux. D'ailleurs je pense que ton copain Shacklebolt contrôle la presse parce que plus aucun article ne calomnie Potter depuis la fin de la Guerre.

- Ah ouais. Je n'y avais pas pensé.

- Le légendaire sens d'observation des Gryffondors, marmonna Blaise.

- Je savais que la Guerre a changé Malfoy - comme chacun d'entre nous, d'ailleurs- mais je pensais que sa haine pour Harry était intemporelle. Qu'est-ce qu'il a d'ailleurs ?

- Draco ? Il est de mauvaise humeur, comme d'habitude.

- Non, je veux dire, regarde-le. Pourquoi il se tient la tête comme ça ? Il a trop bu ?

Blaise se tourna et contempla son meilleur ami qui était assis sur un rocher, la tête entre les mains, les yeux fermés.

- Il doit faire une migraine ophtalmique. Il en fait souvent depuis le Bal de Noël, répondit-il. Il n'a bu qu'une bière, je le trouve tendu depuis le début de la soirée, je crois qu'il n'a pas franchement envie de perdre le contrôle.

- Une migraine ophtalmique ? Répéta Ron.

- Ouais. Il refuse d'en parler à Pomfresh. Il est têtu comme un Gryffondor – aïe ! Arrête ! Tu sais bien que c'est vrai !-. Il prend des potions mais ça demeure franchement inefficace – Draco est farouchement indépendant et il refuse la moindre aide-.

- Ce n'est pas lié à l'accident ?

- Non, c'est vraiment apparu après le bal. Il a souvent des moments d'absence, aussi. Comme si son cerveau était sur "pause", tu vois ?

Ron hocha la tête, les yeux dans le vague.

- Et puis il dort tout le temps. Au début je croyais que c'était la drogue - Je veux dire, on peut acheter tout et n'importe quoi dans les cachots- mais je pense qu'il est vraiment épuisé.

- Harry aussi fait des migraines ophtalmiques, dit Ron lentement.

- A cause de sa myopie ? Il est allé voir un médico-ophtalmologue ? Fit Blaise gentiment.

Weasley était cool. Bien plus cool que cet idiot de Londubat, que Pansy semblait tant apprécier. Plus cool que Wiki-Granger -Blaise la surnommait comme ça parce que cette fille avait une encyclopédie dans le cerveau- que Théo trouvait intéressante. Plus cool que Potter que Draco avait apparemment aimé – ou baisé-.

Blaise sursauta quand Weasley se leva brusquement et lui dit :

- Il faut que je rentre à l'auberge.

- Pourquoi ? Il n'est même pas 22 heures.

- Je pense que j'ai compris quelque chose.

- Tu ressembles à Granger quand tu parles comme ça, fit Blaise en haussant un sourcil amusé.

Ron lui fit un sourire étrange.

- Tu veux venir ? Je ne suis pas sûr de moi, mais...

Blaise hocha la tête et ils s'éclipsèrent – de toute façon tout le monde était autour de Harry pour faire une barrière humaine, parce que Neville voulait lui lancer des Episkeys mais sans que les moldus ne les voient -.

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Ron ouvrit le wikisorcier de Malfoy. Personne n'avait pensé à prendre des manuels de cours pour les vacances sauf lui, bien sûr – en y repensant, Ron songea que Malfoy s'évertuait à avoir de meilleures notes qu'Hermione avant son accident-.

Il tapota l'encyclopédie avec sa baguette et murmura d'une voix claire :

- Migraines ophtalmiques, moments d'absence, fatigue inhabituelle.

Blaise se pencha par dessus son épaule et lu le titres des nombreux articles qui apparaissaient sur la page. Principalement des maladies. Où voulait en venir Weasley ?

Celui-ci fronça les sourcils et posa le bout de sa baguette sur l'article : "Effets secondaires d'un sort puissant".

Oh bordel. Le choixpeau devrait vraiment prendre sa retraite. Les Serpentards sont supposés être rusés et la réponse avait été là sous son nez, évidente et cruelle, et Blaise n'avait rien vu – rien de rien -. C'était Weasley, le pote gourmand et farceur de Harry Potter, qui avait mit son doigt – ou plutôt sa baguette- sur le problème.

"Effets secondaires d'un sortilège d'Oubliette lancé par un sorcier qui ne maîtrise pas le sortilège ou qui n'a pas la puissance magique nécessaire : Fatigue inhabituelle, puissantes migraines ophtalmiques, moments d'absence plus ou moins long, irritabilité, dépression, perte de connaissance, sautes d'humeur".

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(1) "J'aime me beurrer la biscotte" OSS117 mouhaha. Bon OK mon humour est déplorable.

(2) Pour Istanbul, je me suis baignée dans le Bosphore mais c'était en Août et il faisait 43 degrés. En Avril, il ne fait pas si chaud que ça mais bon on va dire qu'il faisait une vague de chaleur pour les besoins de la fiction haha.

(3) Premiers soupçons : Soupçons de Gabriel quant à la véritable identité de Harry, soupçons de Ron quant à la nature de la relation Harry-Draco avant l'accident.

Si vous avez des remarques, des critiques, des encouragements, n'hésitez pas ! J'adore lire vos reviews.

 
 
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