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Pensées meurtrières
Par Psycho-diabolic
Pèle-Mèle  -  Angoisse/Fantastique  -  fr
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Chapitre 15

Jeudi 10 Mars 20..

     Depuis une semaine, le lycée était vide et il y régnait une ambiance de mort. A cause de ces meurtres, l'établissement avait fermé ses portes et moi je n'étais pas retourné dans un nouveau lycée depuis, pas que mes parents n'avaient déjà appelé mais le plus dur était d'en trouver un où les places restaient libres.
     Replongeant dans mes pensées, je me demandais bien où était Conogan, avait-il disparut ou alors l'avais-je réellement tué ? Malheureusement c'était l'horrible trou noir pour moi après notre relation. Que s'était-il passé ensuite ?

     Un vent glacial et quelques minces gouttes d'eau de pluie vinrent frôler mon visage encore sous le choc. C'était le moins qu'on puisse dire. Tout d'abord Jaoven puis Maëwenn quant aux autres je n'avais toujours pas reçu de leurs nouvelles. A la mort de Maëwenn, ses parents avaient organisé des funérailles grandioses. Bien sûr, j'avais été présente car elle fut autrefois une grande amie même si on n'avait eu que peu de temps pour mieux se connaître. Presque tous les élèves du lycée ainsi que bon nombre de professeurs y étaient également. Cet enterrement m'avait vraiment fait mal au cœur, et puis tous ces regards attristés visant le tombeau de la pauvre jeune fille, je m'en voulais de leur avoir infligé tout ceci mais c'était contre ma volonté. Je ne pouvais même plus regarder en face le tombeau qui contenait Maëwenn, j'étais bien trop gêné pour cela...
     Mes yeux pleuraient avec cette averse qui tombait lourdement au sol et devint plus brutale au bout d'un certain temps. De plus, il faisait noir, ce qui ne m'arrangeait guère.

     Longeant un mur de pierre, des cailloux et de la boue se collant sous mes chaussures à talons compensés, je continuai mon chemin. Je ne savais pas où aller mais mon instinct me le dira. Le vent souffla de plus bel et frappa davantage mes joues glacées. Mes pas se faisaient plus rapides à mesure que je m'enfonçais dans la pénombre de la nuit. Je levai les yeux au ciel, un ciel bleu marine dont les étoiles apparaissaient de mille feux. Cela me faisait tellement penser à Maëwenn qui était morte par ma faute... .
     Des chuchotements puis des bruits de pas se firent entendre et me replongèrent hors de mes souvenirs.
     Je me retournai mais ne vis personne. Des branches craquèrent sous mes pieds. Les pas s'arrêtèrent subitement comme s'ils m'avaient entendu. Je déambulai en direction de ces bruits en marchant le plus lentement possible même si cela ne servait à rien.

     Arrivée à hauteur d'un arbre, j'aperçus un homme au pied d'un buisson qui urinait en chantonnant. Quelques paroles surgirent de ma mémoire et la voix sur le fait : "Fais-le pour Maëwenn" Pour Maëwenn ? Qu'avait-elle avoir avec cet homme ?
     J'entendais ce dernier parler à voix basse et murmurer des choses incompréhensibles. Je n'arrivais pas à me concentrer sur cette même personne. De toute manière, je ne désirais pas le tuer alors je détournai la tête de lui. Mais à ce moment là, une force involontaire me retourna sur mes pas face à l'homme qui, lui s'était également retourné.

     On était face à face et l'individu paraissait plus vieux avec les lumières qui éclaircissaient la forêt où nous étions. Des cernes et des rides se dessinèrent tout autour de ses yeux noirs intenses. Je le fixais puis la voix intérieure m'ordonna de le faire et ajouta d'un ton plus aigu «Si tous ces hommes étaient morts, Maëwenn serait encore en vie Tue-le pour ton amie".
     Mes yeux devinrent incontrôlables et changèrent de couleur de suite puis des larmes vinrent se coller à mes joues et un demi-sourire s'esquissa dans le coin de mes lèvres.

     A travers une vision rouge sang, je le voyais souffrir et hurler de douleur à chaque craquement de peau. Du liquide vermeil traversa son T-shirt tout du long puis vint s'écraser sur l'herbe fraîche et humide. L'homme s'effondra aussitôt au sol de tout son long et gémit de plus bel. Son corps était parcouru de frissons et de spasmes. Une éclaboussure de sang jaillissait de son cadavre dépourvu de chair par endroit. Je me rapprochais alors de lui mais de nouvelles paroles firent écho non loin de là. Or ce n'était pas la personne souffrante car il n'avait pas bougé ses lèvres, pourtant il me regardait de ses yeux ébahis cependant je restais indifférente face à lui.

     Je scrutais les alentours pour voir d'où provenaient ces voix, m'acheminant vers le grillage qui séparait un bâtiment de la forêt. Un policier était là, posté debout, un portable à la main. Même pour un homme de la police, il semblait affolé tout en me fixant puis raccrocha son téléphone.

     Seulement quelques minutes plus tard, un gyrophare résonna parmi ce silence patibulaire. Puis d'autres individus en uniforme bleu coururent vers la clôture avec des chiens ayant la rage et aboyant à tout bout de champ, je commençais à prendre peur et à tressaillir en voyant approcher les hautes silhouettes à allure imposante. Toujours attachée au grillage, mes mains frissonnèrent ce qui fit bouger les barbelés de peu.
     De la fumée s'échappa de ma bouche à chaque expiration à cause de ce froid glacial. Mon cerveau m'ordonna de reculer et de m'enfuir toutefois mes jambes refusèrent d'obéir comme bloquées par la crainte. Je décidai de lâcher enfin la grille et me déplaçai vers ma droite en longeant cette clôture. Je pénétrais peu à peu dans la forêt plus profondément. Une fois que celle-ci m'enveloppa entièrement, je ne voyais plus mes ennemis.
     Et puis, qu'allaient-ils faire de moi ? Avaient-ils une preuve ? Mise à part le fait que l'un deux m'ait vu.

     Cependant, je m'étais enfuie comme une vraie coupable alors les policiers, eux, ne chercheraient pas plus loin surtout après avoir tué un autre innocent dans la forêt.

     Mes jambes m'emportèrent loin et vite même si de nombreuses branches et de la terre boueuse me ralentissaient dans ma course. Je voulais les semer et je savais qu'ils n'étaient pas loin or un silence oppressant envahit l'atmosphère, je ne les entendais plus. L'aboiement des chiens s'était tue avant même que je plonge dans les ténèbres de la forêt. Les arbres m'entouraient de leurs immenses silhouettes, quant au ciel, il était noyé dans la noirceur où l'on pouvait remarquer quelques étoiles luminescentes.

     De nouveaux cris et des pas me sortir de mes songes peu de temps après. C'était eux, ils me poursuivaient. Je me ressaisis en prenant mon élan et m'éclipsa encore plus loin parmi les arbustes et toutes les végétations autour qui semblait me fixer. Des épines me transpercèrent la peau mais il ne fallait pas me laisser abattre. Avec ce froid insoutenable, un vent hivernal et des branches qui me fouettaient toutes les secondes, cela m'exténua davantage. Je ne savais guère quel chemin prendre ni même où cela me mènerais avec tous ces arbres qui m'obstruaient la route. J'étais encerclée de végétations qui avaient affiché leur regard le plus malfaisant qui soit, et moi, j'étais perdue ! Et toujours mes poursuivants derrière moi, rompant leur pas de temps à autres. Les animaux enragés se firent entendre plus loin mais je sentis leur approche vers moi au fur et à mesure que je m'enfonçais dans la forêt encore plus ténébreuse.

     Cela me rappelait le rêve que je faisais toutes les nuits avec ces mots, il semblait que j'étais poursuivis mais par qui ? Ces mots étranges essayaient-ils de me dévoiler quelque chose ? En repensant à tout cela, je me voyais courir à perdre haleine. De la sueur fluait sur mon front caché par des cheveux noirs collés à ma peau. La fatigue s'empara progressivement de moi, mes jambes flageolaient et je sentis m'affaisser. Mes mains tombèrent en avant, dans la boue, mon corps suivi ensuite pour enfin m'allonger de tout mon long. Puis mes forces m'avaient littéralement quittées. J'essayais de me relever à plusieurs reprises mais en vain, et puis ils étaient déjà là, très proches.

     Le sol vibra à l'approche de leur pas. Le décor s'illumina d'un coup devant moi ainsi que les feuilles, toute la ma vision devenait blanche.... Comme dans un tunnel... Allais-je mourir bientôt ? Alors que mes paupières tombèrent lourdement, une main affectueuse me caressa l'épaule droite.
     En cet instant, j'oubliai toutes mes vicissitudes et même ceux qui me couraient depuis un certains temps. Je n'en pouvais plus, toutes mes pensées se dissipèrent...

 
 
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