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Jusqu'à ce que la mort nous sépare de nouveau
Par crystalofshadow
Harry Potter  -  Général  -  fr
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Plan 1 : Se débarrasser de Virginia Weasley Partie 1 et questions en conséquences

Chapitre 18 Plan 1 : Se débarrasser de Virginia Weasley Partie 1 et questions en conséquences


Harry eut un peu de mal à se lever ce matin-là. Il se hissa difficilement hors de son lit, s'étira longuement puis son regard tomba sur son ami. Un sourire fleurit alors sur son visage. Celui à qui il avait donné son cœur avait l'air si serein dans son sommeil. Il se rappela ses plans et il pria sincèrement Morgane qu'ils lui permettront de se faire remarquer à ses yeux. Il s'assit sur le lit de son camarade et le secoua doucement pour le réveiller.

-Eh, Dray ...

-Hum ... Veux dormir ...

-Dray, il y a cours aujourd'hui.

-Hein ?

Le blond se redressa et mit un moment à retrouver ses repères.

-Salut Harry, bailla Draco.

-Bonjour Draco, sourit Harry. Il est l'heure de se lever. Je prends la salle de bain en premier.

-D'accord, souffla Draco en retombant sur son lit.

Un quart d'heure plus tard, le brun sortit parfaitement habillé. Le blond, encore endormi, passa à côté de lui sans vraiment le voir.

-Dis, Dray ...

-Mouais ?

-Tu veux prendre ton petit-déjeuner où ? Dans la Grande Salle ou ici ?

-Dans la Grande Salle.

-Ok.

Une fois prêts, les deux jeunes hommes se redirent dans la Grande Salle pour manger. En chemin, ils rencontrèrent d'autres Slytherin qui se figèrent net à leur vue.

-Dites, vous allez bien ? s'inquiéta Draco

-Harry, déglutit difficilement Daphnée, dis-nous que tu n'as pas regardé ce que tu mettais en t'habillant.

-Mais qu'est-ce que vous racontez ? fronça des sourcils Draco

-As-tu pris la peine de le regarder attentivement ce matin ? demanda Blaise

Draco haussa un sourcil interrogatif avant de se tourner vers le brun. Il faillit s'étouffer à sa vue.

Celui-ci avait pioché dans les vêtements choisis par Sirius et avait opté pour un pantalon noir soulignant sa taille fine et légèrement musclée, une chemise de soie blanche très proche du corps pas totalement boutonnée sans compter la cravate lâche. Il fallait avouer que Harry était sublime.

Beaucoup trop pour mon propre bien, songea Draco.

-Qu'as-tu l'intention de faire ? dit Draco d'une voix qu'il assurait tant bien que mal

-Faites-moi confiance, dit Harry. Je ne ferais jamais rien qui nuirait à la réputation de notre maison.

Il avait déclaré cela avec un sourire machiavélique qui avait avait fait frissonner de peur tous les autres.

-Tu n'es pas rassurant, fit Théo.

-Je suis Slytherin jusqu'au bout des ongles, railla Harry. Attendez-vous à ce que j'aille jusqu'au bout de mon plan.

-Qui est ? ne put s'empêcher Blaise

-Vous verrez, déclara Harry, mystérieux en s'en allant.

Ils mirent un petit moment pour reprendre leurs esprits avant d'emboiter le pas à leur camarade.

L'arrivée de Harry se fit dans un grand silence de mort. La bave des élèves coulait à flots et pas un ne pouvait détourner le regard du bel Apollon. Celui-ci, indifférent à la crise de mutisme de la Grande Salle, s'assit à sa place en compagnie de ses amis qui avaient repris un tant soit peu leurs esprits entre-temps. Tous commencèrent à manger mais ils ne purent s'empêcher de jeter de temps à autre des petits coups d'œil vers le Survivant. Celui-ci mangeait avec une grâce que même les plus purs Sangs-Pur envieraient. Et bien sûr, personne ne le quittait pas des yeux.

Il sait très bien allumer les gens ou je ne m'y connais pas, fit Draco en l'observant.

Mais le blond présentait que ce n'était pas tout. Et il avait raison.

-HARRY !

Tout le monde se retourna vers la voix.

Et déglutit très péniblement.

Sirius Black se tenait dans l'encadrement de la porte vêtu d'une tenue aussi sensuelle que celle de Harry. Il avait opté ce jour-là pour une tenue totalement moldue ce qui mettait outrageusement en valeur son physique très avantageux. Il s'avança vers Harry et se pencha pour ébouriffer les cheveux du plus jeune, offrant ainsi une vue imprenable sur son fessier musclé. Chose qui ne put échapper à Severus qui arrivait à ce moment-là pour manger et qui ne put s'empêcher de le dévorer des yeux sans honte ni gêne aucune.

Pauvre Parrain, songea Draco. Il va avoir du mal à rester zen en voyant tous les élèves tourner autour de son amant.

Voyant que son parrain n'avait pas l'intention de bouger pendant que Sirius discutait avec Harry, Draco se décida à prendre les choses en main.

-Tu profites de la vue, parrain ? nargua Draco

-Je savais que le plan de Harry était une mauvaise idée, grommela Severus.

-Une minute, fronça des sourcils Draco. Ça fait partie du plan de Harry ?

-Tu ne le savais pas ? s'étonna Severus. Son relooking était la première phase de son plan. Se pointer dans cette tenue avec Sirius était la deuxième.

-Tu sais ce qu'il prévoit après ?

-Pas du tout. Mais je sens que je vais massacrer à ce rythme toute l'école.

-Jaloux qu'on tourne autour de Sirius ?

-Tu crois que tu ne le seras pas quand tu les verras faire la même chose autour de Harry ?

Sur ces mots, il releva ses barrières, laissant le blond s'interroger sur cette dernière phrase.


La journée fut un véritable enfer pour Draco. Il ne pouvait s'empêcher d'avoir des bouffées de jalousie à chaque fois qu'il voyait une ou un élève s'approcher de Harry. Cela était beaucoup trop fréquent à son goût, d'ailleurs. De ce fait, son humeur s'en ressentait et il n'était pas rare que le blond éjecte sans douceur toute personne voulant voir le brun qui lui bloquait le passage. Sentant la colère sous-jacente du Prince des Slytherin, Daphnée, Théo, Blaise et dans une moindre mesure Hermione, Luna et Neville, prirent garde à ne pas l'énerver plus que de raison. Avant l'arrivée de Harry, il était considéré comme l'un des plus puissants élèves de l'école et tous savaient de quoi il était capable. Donc, ils ne se risquaient pas à lui parler de choses inutiles et encore moins du nouveau look de Harry. Mais ils n'étaient pas du tout dupes. Ils savaient parfaitement qu'il s'inquiétait moins pour son meilleur ami qu'il ne se consumait de jalousie en voyant les élèves lui tourner autour.

Ce fut avec un soupir de soulagement que Draco s'écroula dans le canapé du salon de ses appartements. Autour de lui, ses amis hésitaient sur la conduite à tenir. Blaise s'apprêtait à parler lorsque la porte s'ouvrit pour laisser passer Harry, resté en arrière pour discuter avec Sirius dans le couloir. Devant la flamme qui s'allumait dans les yeux du Prince, Théo opta pour une retraite stratégique et, il l'avouait sans honte, laisser le Seigneur des Slytherin s'occuper de son camarade. Sentant l'air se charger en électricité, les autres ne demandèrent pas leurs restes et se carapatèrent discrètement hors des lieux pour éviter que l'orage ne se déchaîne sur eux. Ce fut donc avec surprise que Harry vit ses amis disparaître en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire et qu'il se retrouva confronté à un silence presque angoissant. Il leva les yeux et affronta de plein fouet deux yeux gris orageux.

Qu'est-ce que ...

-Tu aurais pu me prévenir que ton accoutrement faisait partie de ton plan pour te débarrasser de la Weasley, siffla Draco en se levant et en se plantant face à Harry.

-C'est vrai, concéda Harry. Mais tu as accepté de me faire confiance sur ce coup-là donc je ne vois pas ce qui te met autant en colère !

-Il y a que si je l'avait su, je me serais beaucoup moins inquiété pour une personne !

-Je sais me défendre, au cas où tu l'aurais oublié.

-Ça n'empêche rien !

-Dray, s'il te plaît, calme-toi ! Je suis désolé de ne pas te l'avoir dit mais sinon, tu n'aurais pas réagi de la bonne manière, aussi bon acteur que tu sois.

-CE N'EST PAS UNE RAISON !

Harry sursauta devant cet éclat de colère. Une partie de son esprit jubilait car il avait réussi à se faire remarquer aux yeux de Draco. Une autre, quant à elle, était effrayée car elle se rendait compte de l'ampleur du sentiment que le jeune homme avait fait naître chez celui qui faisait battre son cœur.

-Dray ... Tu m'inquiètes ...

Ce fut plus le ton de la voix de Harry que les mots eux-même qui firent prendre compte à Draco qu'il basculait vers une crise d'hystérie qui ne semblait pas être bienvenue pour le moment. Il se rassit en soupirant lourdement et en fermant les yeux. Harry hésita à s'asseoir auprès de lui. Le blond le sentit.

-Je suis désolé, s'excusa Draco. Mais ce n'était pas une bonne journée du tout. En plus, avec tous ces imbéciles qui te tournaient autour ... Leur cirque me donnait envie de vomir, pour te dire.

Précautionneusement, le brun s'installa à côté de son ami. Épuisé par la journée mouvementée, il posa sa tête sur les jambes du blond qui en profita pour passer sa main dans ses cheveux, comme il en avait l'habitude. Et comme d'habitude, le brun ronronna sous la caresse.

-Ton petit jeu va continuer longtemps ? demanda Draco

-Je ne sais pas trop, avoua Harry. Mais je pense que ça sera rapide.

-Tu veux bien m'expliquer ce que tu comptes faire ?

-Non, Dray. Il faut que tu me fasses confiance. Tu connais l'idée d'ensemble et ça doit amplement te suffire.

-Mais ...

-Pas de mais, je t'en prie. Ce plan est déjà difficile à appliquer mais si en plus tu n'es pas à mes côtés ...

-Pardon, 'Ry. Mais j'aimerais savoir, vraiment ...

-Tu connais ma position.

-Tu ne changeras pas d'avis ?

-Tu n'auras pas les détails.

-Bon, d'accord.

-Dray ?

-Oui ?

-A propos de Blaise, tu penses que c'est une bonne idée ?

-On fera une pierre deux coups. As-tu interrogé Hermione ?

-Pas encore. Je le ferais demain. Il faudra juste que tu éloignes Ginny si elle s'approche trop.

-Je verrais ce que je peux faire.

La conversation continua jusqu'à ce qu'ils aillent se coucher.


Pendant ce temps, du côté de deux professeurs, un orage se déchaînait.

-Je savais que l'idée de Harry était mauvaise ! hurla Severus

-Mais pourquoi ? s'étonna Sirius

-Est-ce que tu t'es rendu compte des regards qu'il y avait sur toi ?

-Regards ?

-Bordel, Sirius, tous les élèves bavaient sur toi.

-Baver ?

-Tu es aveugle ou quoi ? Ils te dévoraient des yeux !

-Tu es jaloux ? Mon Sevychou est jaloux ?

-Bon sang, oui, je suis jaloux ! Je t'ai attendu seize ans et ce n'est pas pour te perdre pour une bande d'ados aux hormones surexcitées !

Le silence accueillit la déclaration touchante de la part du directeur de Slytherin.

-Sev ?

-Tu m'énerves ! Vas-y si tu veux, je m'en fous ! J'ai l'impression que tu les préfères à moi. Et puis, de toutes façons, tu aimes avoir des amants plus jeunes que toi comme ce Steeve de l'âge de Harry !

-Arrête un peu ! Il n'y a qu'une seule personne que j'aime et que j'aimerais toujours et c'est toi ! Les autres, je m'en fiche ! Il n'y a que toi que je vois ! Il n'y a que toi qui a mon cœur et qui l'aura pour toujours !

-Très touchant mais ne crois pas que je te pardonne aussi facilement. Abstinence jusqu'à nouvel ordre !

-QUOI ?! Tu plaisantes ?! Mais je n'ai rien fait !

-Justement ! Tu les laisses te tourner autour sans protester !

-Mais Sev ! S'il te plaît ! Ne me fait pas ça !

-Tu le mérites pourtant !

-SSSSSeeeeeeeeevvvvvvvvvvvvv !!!!!!!!!!!!!!!

Severus avait tourné le dos à Sirius mais il arborait un immense sourire fier quand il entendit son amant le supplier. Aux vues de tout ce qu'il lui avait fait subir pendant qu'ils étaient à l'école et à son retour, il pouvait se permettre de se venger un peu ... non ?


Harry s'était levé tôt ce jour-là car il savait qu'il devait parler à Hermione. En sortant de la salle de bain, il avait eu beaucoup de mal à ne pas se diriger vers le deuxième lit occupé et à voler un baiser à un Draco encore endormi. Il s'était dépêché de sortir avant de faire quelque chose de regrettable et avait consulté la Carte des Maraudeurs pour connaître la position de son amie. Il découvrit avec soulagement qu'elle sortait de la tour des Gryffindor. En usant des passages secrets, il réussit à se trouver sur son chemin.

-Bonjour Hermione !

-Salut Harry ! Mais dis-moi, les cachots des Slytherin sont loin d'ici, n'est-ce pas ? A moins que tu ne sortes de la chambre de l'une de tes filles d'un soir.

-Raté, Her-mignonne. Je voudrais te parler, seul à seul si possible.

-Mangeons ensemble, si tu veux.

-J'aimerais éviter. C'est assez personnel. Mais ça ne prendra pas longtemps.

-La Salle sur Demande doit être inoccupée à cette heure-là. Allons-y.

Les deux amis se dirigèrent donc vers le septième étage et la jeune fille passa trois fois devant un mur pour qu'une porte apparaisse. Ils y entrèrent, s'installèrent puis commandèrent le petit déjeuner. Une fois servis, Harry se lança, un peu intimidé par Hermione.

-Bon, Hermione, j'aimerais savoir si ... si tu as quelqu'un en vue en ce moment.

-Que veux-tu dire ?

-Y-a-t-il un garçon ... ou une fille qui t'intéresse à l'école ?

-Tu sais que c'est de ma vie privée que l'on parle, là ?

-Je suis au courant. Mais j'aimerais savoir, s'il te plaît.

-Tu veux savoir si tu as une chance ?

-Par Morgane, non ! Sans vouloir te vexer, tu es et tu resteras l'une de mes meilleures amies.

-Pendant qu'on en parle, fille ou garçon, Harry ?

-Je croyais qu'on parlait de ton cas ?

-C'est donnant – donnant, 'Ry. Ton info contre la mienne.

-Her-mignonne ...

-Allez, 'Ry, c'est pas la mer à boire !

-Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour ses amis ... D'accord, je préfère les formes viriles plutôt que féminines. Ça te va ?

-Parfaitement.

-Évite de l'ébruiter, s'il te plaît. A part ma famille et quelques personnes de confiance que tu viens d'intégrer, personne n'est au courant et j'aimerais bien que ça continue comme ça.

-Motus et bouche cousue. Je garderais ton secret.

-Merci. Maintenant, à toi. Avoue tout !

-Je n'ai pas le choix. Non, personne ne m'intéresse pour l'instant. Et avant que tu ne poses la question, je rectifie : aucun garçon.

-Tu n'as jamais essayé ?

-Essayé ?

-Mais avec une fille !

-Pervers !

-Et je l'assume ! Non, blague à part, personne ?

-Personne. Ils sont tous soit trop pervers, soit casés, soit inaccessibles comme toi, mon chou.

-Si on fait le concours du surnom le plus débile, je peux t'assurer que tu perdras battue à plates coutures.

-J'en douterais, à ta place. Pourquoi toutes ces questions ?

-Disons que je connais quelqu'un qui se pourrait qu'il ait des sentiments pour toi.

-Rassure-moi, ce n'est pas Ron, non ?

-Pourquoi tu dis ça ? Il n'est pas ton ami ?

-Là n'est pas le problème. Pour faire simple, on a eu un coup de cœur l'un pour l'autre en troisième année. Ça m'est passé assez vite puis je suis sortie avec Viktor Krum en quatrième année. Lui est resté, comment dire, bloqué sur moi. Il a essayé de me rendre jalouse en sortant l'an dernier avec Lavande Brown mais il a vite remarqué que ça me faisait ni chaud ni froid. Qu'il n'a pas apprécié est peut-être un doux euphémisme. Il me poursuit encore aujourd'hui.

Harry enregistra les informations qu'il venait d'obtenir. Il semblait bien que Hermione était loin d'être aveugle au sujet du comportement de Ron. Peut-être pourrait-elle même l'éclairer sur celui de Ginny ... mais plus tard.

-Mais ça ressemble vachement aux mauvais feuilletons télé qui passent parfois aux USA.

-Tu trouves toi aussi ? Malheureusement, ce n'est pas vraiment ma faute et je n'arrive pas à le faire abandonner.

-Il est tenace à ce point ?

-Tu ne crois pas si bien dire.

La sonnerie retentit soudain, faisant sursauter les deux amis.

-Mince, fit Hermione, les cours vont bientôt commencer. En plus c'est Potions ! On arrivera jamais à l'heure !

-Mais si, rassura Harry. Tu me fais confiance ?

-Bien sûr mais ...

-Allez viens, suis-moi.

Il lui prit la main et l'entraina à travers de nombreux passages secrets tant et si bien qu'ils arrivèrent pile au moment où Severus s'apprêtait à refermer la porte de la salle de potions.

-Miss Granger, Mr Potter, vous avez de la chance, commenta Severus. Une séance des câlins qui s'est prolongée ?

-Contrairement à ce que vous pensez, professeur, répliqua doucement Harry, nous ne sommes pas toujours conditionnés par nos hormones et il est possible qu'une fille et un garçon discutent sans finalement se sauter dessus. A ce propos, veuillez nous excuser pour notre retard mais nous parlions de sujets importants, autres que le sexe, avant que vous ne posiez la question.

-Miss Granger, confirmez-vous les paroles de Mr Potter ?

-Tout à fait, professeur. Nous n'avons pas vu le temps passer.

-Ça ira pour cette fois. Veuillez vous installer.

Plus aucune interruption n'eut lieu et le cours se poursuivit. Une fois celui-ci fini, Harry s'approcha de Draco.

-Je ne t'ai pas trop manqué ce matin ? demanda Harry malicieusement

-Tu aurais pu me prévenir que tu partais, gronda doucement Draco. Tu m'as fait peur quand j'ai vu que tu n'étais plus là. Heureusement que tu m'as fait entrevoir que tu étais avec Hermione, ajouta-t-il en chuchotant.

-Je m'en souviendrais, sourit Harry.

-Alors ? De quoi vous avez parlé ?

-Ah ça, tu le sauras ce soir !

-Mais Harry !

-Je ne dirais rien pour l'instant !

Le brun s'enfuit en riant et avec un sifflement agacé, le blond le poursuivit jusqu'au prochain cours sous les regards amusés des élèves.

Draco tenta toute la journée de tirer les vers du nez de Harry. Il le poursuivit dans les couloirs pendant les inter-cours et l'interrogea sans cesse pendant le déjeuner mais ce fut sans succès. Le point positif à tout ça était que Harry était trop occupé à échapper à Draco pour faire attention aux élèves qui essayaient de le draguer. D'un autre côté, Harry était heureux que Draco agisse ainsi car cela lui donnait l'impression qu'il était important aux yeux du blond.

Le soir venu, Harry s'écroula dans le canapé, suivi de près par Blaise et Théo. Luna, Daphnée, Neville et Draco s'installèrent plus correctement dans les places restantes. Hermione, Ginny et Ron arrivèrent quelques minutes plus tard et s'assirent dans les deniers fauteuils restants dans la salle où ils se réunissaient habituellement. Ils discutèrent tous de choses sans importance, occultant délibérément la guerre qui se déroulait à l'extérieur du château.

Si on avançait un peu ? songea Harry en posant discrètement son regard sur la rousse

Il allait faire un geste lorsqu'il se souvint de la discussion ou plutôt de l'engueulade qu'il avait eu avec Draco. Il avait vraiment craint ce soir-là que le blond se détourne définitivement de lui et ça, il ne le voulait pas.

-Dray ?

-'Ry ? Mais ...

-Je vais tenter une approche avec Ginny. C'était simplement pour te prévenir.

-Je croyais que je ne devais rien savoir.

-C'est vrai. Mais tu te souviens d'hier soir. Je ne veux pas que ça recommence. Je ... je ne veux pas te voir hurler comme ça ...

-... Merci. Merci Harry.

-Pas de quoi.

Tout doucement, il se rapprocha de Ginny et entreprit de discuter avec elle. De temps à autre, il demandait l'avis de Hermione, Luna ou Daphnée, cette dernière suivant sans en avoir l'air assez attentivement la conversation. Ginny était aux anges et cela n'échappa pas notamment à Blaise qui portait un regard sombre sur Harry. Le couvre-feu arriva vite et tous les élèves durent regagner leurs dortoirs respectifs. Alors que les Slytherin se dirigeaient vers les cachots, Blaise attrapa le bras de Harry et le pria silencieusement de ralentir. Le brun obéit et bientôt, il y eut une distance conséquente entre les deux groupes.

-Mais qu'est-ce que tu fous ? siffla Blaise

-Que veux-tu dire ? s'étonna Harry

-Je parle du cirque que tu as fait avec Weasley fille. As-tu vraiment l'intention de sortir avec elle et de blesser encore plus Draco.

-Le blesser encore plus ?

-Hier, il était vraiment jaloux de toutes ces groupies. Putain, il tient trop à toi ! A croire qu'il t'aime !

-Tu te trompes. Nous sommes amis, c'est tout. Et puis, je suis ami avec Ginny. J'ai le droit de lui parler, non ?

-Quitte à lui faire du mal ? Écoute moi bien, Harry, je tiens beaucoup à Draco et je ne veux pas qu'il souffre. Mais si c'est le cas, crois-moi, tu paieras au centuple !

Le brun s'arrêta et d'un discret mouvement de poignet, jeta autour d'eux un puissant sort de silence.

-Penses-tu sérieusement que je me serais rapproché de Ginny si je n'avais pas l'accord de Draco ?

-Que ...

-Écoute-moi attentivement, Blaise, et je voudrais que ce que je te dis reste secret. J'ai vu que Ginny voulait absolument que je sois dans son lit. Contrairement à ce que tu penses, je suis loin d'être aveugle. Vu qu'elle n'a pas l'air de vouloir me lâcher, j'ai décidé de me débarrasser d'elle de façon plus directe. Je sais que Dray tient à moi et je préfère franchement avoir son approbation avant de faire quoique ce soit avec Ginny. D'ailleurs, je l'ai, quoique tu en dises. Il est au courant de ce que je fais et il me laisse faire. Je te demande de me faire confiance sur ce coup-là et de ne pas trop t'inquiéter. D'accord ?

-Mouais. Mais pour Draco ? Il va falloir que tu clarifies tes sentiments pour lui.

-Je sais déjà ce que je ressens. C'est pour ça que je dois me débarrasser de Ginny et que c'est aussi difficile.

-Tu l'aimes ? Tu l'aimes vraiment ?

-Qui sait, Blaise, qui sait ?

Sur ces mots, Harry leva le sort et s'en alla, laissant Blaise abasourdi.

Durant plusieurs jours, Harry fit semblant de s'intéresser à Ginny mais tournait aussi autour de Hermione, de Luna et de Daphnée, après avoir rassuré à grand renfort de promesses Blaise et de façon plus subtile Neville qui ne quittait guère des yeux Luna lorsqu'ils se réunissaient. Mais le regard de Draco se fit de plus en plus triste malgré son masque jusqu'à inquiéter sérieusement Narcissa, Cassiopée et Lucius quand ils le voyaient entre deux missions de l'Ordre.

Alors qu'il leur rendait visite un soir où ils étaient de retour à Hogwarts, Narcissa ordonna à Draco de s'asseoir. Ne voulant pas se mettre à dos sa mère, le jeune homme obéit docilement. Ce fut Lucius qui ouvrit les hostilités d'une manière bien peu conventionnelle.

-Qu'est-ce qui ne va pas, fils ?

Les trois Malfoy le regardèrent avec des yeux ronds. Lucius ne se préoccupait jamais des siens de manière aussi directe. Il ne l'avait fait qu'une fois et c'était pour Severus. Qu'il le fasse avec Draco montrait à quel point il était inquiet.

-Fils ?

-Ce n'est rien, papa, répondit Draco.

-A d'autres, balaya Lucius. N'essaies pas de nous mentir. Tu vas mal et même nous nous le voyons.

-Nous sommes là pour t'aider, rassura Cassiopée. Tu peux tout nous dire, tu sais.

Draco baissa la tête et serra très fort les poings. Il ne voulait pas craquer, surtout devant sa famille. Mais la main de sa mère sur son épaule et le regard confiant qu'elle lui offrit lorsqu'il releva en sursautant sa tête fit voler en éclats ses résolutions. Il se blottit contre sa mère tel un petit enfant et laissa enfin couler les larmes de tristesse qu'il retenait depuis plusieurs jours. Les adultes s'étaient tus, conscients qu'ils fallait laisser un peu de temps au plus jeune pour déverser sa peine et se reprendre.

-C'est Harry ...commença Draco. Vous savez, on a remarqué que Weasley fille voulait le mettre dans son lit et il avait décidé de s'en débarrasser de façon plus radicale. Pour cela, Sirius et lui ont refait entièrement sa garde-robe. Il a commencé à s'habiller de sorte à attirer tous les regards et en particulier celui de Ginny et s'est mis à la draguer très subtilement. Mais ... ça m'a fait mal qu'il s'intéresse à quelqu'un d'autre, même si c'est pour la bonne cause. Le premier soir, j'ai fait une crise de jalousie à Harry mais j'ai très vite compris qu'il avait eu peur de mon comportement. J'ai peur de le perdre, maman ...

-Tu l'aimes ? murmura Narcissa

-Je ... je ne sais pas, chuchota Draco. Comment on sait qu'on est amoureux ?

-Tu le sais en écoutant là, sourit Cassiopée en tapotant son cœur. Qu'est-ce qu'il te dit ?

-Il me dit ... de ne pas laisser Harry, souffla Draco. De ne pas le laisser m'échapper. De rester toujours avec lui, à ses côtés, pour toujours.

-Qu'en déduis-tu ? demanda Lucius

-Est-ce que c'est ça, l'amour ? se redressa Draco. Sentir son cœur s'accélérer quand il s'approche ? Vouloir toujours rester avec lui ? Vouloir son bonheur à tout prix ?

-C'est ça, acquiesça Narcissa. Aimer est un don du ciel, mon enfant. Tu ne dois jamais perdre cette capacité, même si Voldemort déclare que l'amour est un sentiment vain.

-Que comptes-tu faire, maintenant ? fit Lucius

-Je ne sais pas vraiment, avoua Draco.

-Si tu commençais par avoir une discussion sur vos sentiments respectifs ? proposa Cassiopée

-Je ne sais pas ...

Il était étonnant de voir l'héritier Malfoy aussi peu sûr de lui. Il gardait la tête baissée et triturait nerveusement ses mains. Mais la situation était exceptionnelle. Pour la première fois de sa vie, il ressentait un amour autre que celui familial à l'égard de son plus proche ami. Pour la première fois, il était perdu et personne, même sa famille, ne pouvait l'aider, sauf celle que son cœur avait choisi, en l'occurrence Harry.

-Je ... j'ai besoin de réfléchir, déclara Draco en se levant.

-Vas-y, sourit Lucius.

Le jeune homme souhaita une bonne nuit à sa famille et quitta les appartements. Dans le couloir, il eut un moment d'hésitation puis il se dirigea vers la Salle de Musique que lui avait indiqué un jour sa mère. Il prit place devant un magnifique piano à queue blanc et laissa courir ses doigts dessus. Une douce mélodie envahit la pièce et le blond se laissa porter par la musique.

Au même moment, Cassiopée s'empressa de contacter Severus, Sirius et Remus pour leur faire part de la conversation. C'était loin pour faire la commère mais les adultes présents agissaient comme une famille unie concernant les problèmes qui affectaient les deux plus jeunes.

-Je savais qu'il ressentait des sentiments forts pour Harry, déclara Severus. Je le lui ai même dit. J'ai empêché Sirius de faire des remarques qui auraient pu le blesser.

-Et ça plusieurs fois, grogna Sirius. Mais je comprends pourquoi. Mais Harry ? S'il ne répond pas à son amour ?

-Aucun risque, affirma Remus

-Ah bon ? Pourquoi ? s'étonna Narcissa

-Harry aime Draco, expliqua Severus. Il le sait et fait tout pour qu'il le remarque autrement que comme son meilleur ami.

-Comment vous le savez ? demanda Cassiopée

-Harry fait partie de ma meute, avoua Remus. Il est un peu plus facile pour moi de ressentir ce genre de choses. Et puis, de toutes façons, si ça n'avait pas été le cas, je l'aurais vite compris en voyant ses gestes envers Draco.

-Et toi ? demanda Lucius. Comment tu l'as su ?

-Vous vous souvenez du jour où Virginia Weasley a fait boire à Harry de l'Amortentia ? expliqua Severus. Pour le commun des sorciers, il n'existe aucun antidote. Les maîtres de Potions comme moi savent qu'il en existe un mais sa préparation demande plusieurs longs jours d'efforts. Mais seuls les plus grands, dont je fais partie, savent qu'il y a un autre moyen de se sortir de l'envoûtement de la potion. Moyen que Harry connaissait.

-Tu ne m'en as jamais parlé, fronça des sourcils Cassiopée.

-C'est l'un des secrets des mieux gardés de la confrérie, renseigna Severus.

-Et quel est-il ? demanda Narcissa, visiblement intéressée

-Il faut ressentir un amour pur et sincère, révéla Severus. C'est à partir de ce jour que Harry a été sûr de ses sentiments.

-Qu'allons-nous faire ? s'affola Narcissa. Je refuse que mon fils souffre !

-Je suis d'avis qu'on fasse confiance à Harry, proposa Sirius. Je suis presque sûr que son plan avait également pour but peut-être pas de séduire Draco mais au moins de se faire remarquer par lui. Et puis, même si ce n'était pas le cas, il ne ferait jamais rien qui pourrait le blesser intentionnellement.

Après un moment de silence, tous hochèrent de la tête, se rendant à l'idée de Sirius. Ils discutèrent encore un peu avant de se séparer, leurs pensées tournées vers un blond et un brun qui réfléchissaient, l'un dans la salle de musique, l'autre dans les appartements qu'il partageait avec celui qui avait capturé son cœur.


 
 
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