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au 31 Mai 21 :
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Ligne De Mire
Par JoRdY
Harry Potter  -  Romance/Drame  -  fr
10 chapitres - Complète - Rating : K+ (10ans et plus) Télécharger en PDF Exporter la fiction
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Chapitre 4 : Quand d'autres doivent être tenues

Disclaimer : Seule la présent histoire m'appartient, au contraire des personnages qui y apparaissent.

 

O(+Ligne de Mire+)O

Chapitre 4 : Quand d'autres doivent être tenues

La journée de présentation aux parents venait de s'achever avec une très grande accolade et un don d'argenterie et de tapisserie assez conséquent. D'ailleurs, en arrivant dans leur appartement après transplanage, l'énorme pile de cadeaux avait obstrué leur vue et ils étaient littéralement rentrés dedans, faisant de ce fait voltiger tous les objets, qui atterrirent dans un fracas assourdissant.

Là, Marcus et Oliver se trouvaient allongés sur le tapis du salon, rigolant de bon cœur devant leur bêtise. Et puis ils devaient bien avouer qu'un zeste d'humour ne leur ferait aucun mal après cette journée plus qu'accablante. Le pauvre Serpentard avait cru plus d'une fois qu'il allait mourir tant son cœur oscillait entre la tachycardie et la bradycardie.

Tout s'était merveilleusement bien passé sur le plan paternel - là ou il avait justement cru qu'il y aurait quelques réticences -, Alexander étant un hôte de grand niveau, sachant parfaitement tenir une conversation digne d'intérêt. Ses rires avaient énormément retenti en sa présence, et grâce à lui il avait eu, l'espace d'un instant, l'impression de déjà faire partie de la famille, ce que tous les gendres du monde ne pouvaient prétendre dès le premier jour.

Le problème se trouvait plutôt du côté maternel, à dire vrai. Anna était une femme pétrie de bonnes attentions, mais jamais de sa vie il n'avait rencontré une personne avec un tel manque de tact. Il comprenait parfaitement qu'une mère défende son unique fils de manière vive en n'hésitant pas à sortir les crocs de temps à autre, mais de là à lui demander explicitement si, lors de l'acte, il préférait dominer ou subir, il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin.

A la suite de cette demande, il s'était littéralement étouffé avec son verre, ne sachant pas, avec cette femme, si sa réponse devait être ironique ou franche. Fort heureusement pour lui, Oliver était intervenu, ordonnant explicitement à sa mère de cesser ses questions embarrassantes. Anna Wood était une femme effrayante, qui lui avait bien fait comprendre que s'il lui passait par la tête de reprendre ses anciennes activités sur son fils, on le retrouverait obligatoirement pendu dans son appartement ou dans l'estomac d'un dragon.

Bref, une journée qui, sans être non plus à donner des envies de suicides, aurait été encore plus appréciable si elle n'avait existé. M'enfin, il était rentré en un seul morceau et c'était tout ce qui comptait, comme le poids qui venait de se libérer des épaules d'Oliver, satisfait de s'être enfin débarrassé des premières présentations systématiquement embarrassantes.

Ce qu'il admettait volontiers, de plus, c'était qu'il ne regrettait rien. D'un autre côté, qui pouvait regretter quand les remerciements offerts suite à l'acte consistaient dans l'ouverture des boutons servant d'attache au pantalon? Certainement pas lui, ça c'était sûr. Il aimait plus que tout lorsqu'Oliver était d'humeur à le remercier de façon aussi affectueuse...

O(+MFOW+)O

Les deux tourtereaux étaient allongés, nus, sur le tapis du salon, recouverts de draps apportés à l'aide d'un sort d'attraction. Le torse de Marcus accueillait la tête d'Oliver, tandis que sa main caressait mélodiquement le haut de son crane, emmêlant délibérément ses cheveux du bout de ses doigts, ce qui n'était pas sans éveiller les calmes protestations du détenteur de la chevelure en question. Si ces protestations restaient d'un faible niveau, ce n'était non pas parce qu'Oliver était à deux doigts de s'endormir suite à leurs ébats, c'était juste qu'il ne voulait pas que sa propre voix perturbe le murmure du cœur de son compagnon. Le gardien adorait sentir les battements de cœur du poursuiveur après des moments d'intimité épuisants, ça lui permettait souvent de s'endormir dans ses bras musclés qu'il aimait tellement.

"Marcus?"

La fatigue n'habitait pas uniquement le Gryffondor. Le pauvre Serpentard ouvrit péniblement les yeux qu'il avait précédemment fermés de force. Il vit le visage d'Oliver quitter sa poitrine pour placer son visage devant le sien, et Marcus devina face au regard qu'on lui balançait que toute son attention devait être mobilisée, une sorte d'incitation à une écoute de vive oreille.

Il pesta de s'être fait avoir comme le pire des bleus. C'était ainsi qu'Oliver agissait quand il voulait quelque chose : il offrait autant de plaisir qu'il le pouvait à Marcus, l'épuisait jusqu'à ce qu'il ne puisse plus rien faire d'autre que fermer les yeux et s'endormir, puis lui faisait une demande difficile avant que ça n'arrive, s'arrangeant de plus pour la prononcer avec un total manque d'articulation.

Généralement, Marcus était bien trop fatigué, et pour comprendre ce que lui disait son compagnon, et pour riposter en cas de débat houleux provoqué par la stupidité de la demande. Il savait déjà qu'il allait être obligé de répondre positivement, et il se promit qu'il se vengerait en réutilisant la méthode de son compagnon pour le soumettre à une des ses folles envies qu'il connaissait déjà comme inenvisageable.

"Oui?" demanda-t-il d'une petite voix.

Là, il crut que sa fatigue était telle qu'elle lui provoquait des hallucinations. Oliver hésitait. Ses interrogations intérieures se dénotaient par ce si significatif pincement de lèvre qu'il exerçait sans ménage, par cette manie de ne pas le regarder dans les yeux, par cette habitude de jouer avec ses doigts, de les entortiller pareillement à l'emménage précédent de ses cheveux par le Serpentard.

Oliver était un homme d'hésitation, il ne doutait plus de ce fait depuis le temps. Pourtant, il avait pu constater sur la même durée qu'en cas d'infructueuses demandes, la-dite hésitation laissait place à une détermination de fer. Ca ne signifiait qu'une chose : il allait en baver, et il n'était pas, mais alors vraiment pas prêt de dormir durant la prochaine demie-heure.

"Est-ce qu'un jour, moi aussi, je rencontrerai tes parents?"

Si Oliver avait hésité, c'était parce qu'il avait craint de découvrir quelque chose d'assez grave. Le secret n'était pas une chose monnaie courante entre eux, à moins que ce ne soit une ânerie. Or, Marcus n'avait à ce jour jamais mentionné ses parents lors d'une conversation, et la famille n'entrant pas dans le domaine des bêtises, le gardien redoutait un peu d'atteindre une vérité qu'il n'était peut être pas préparé à entendre.

Ses appréhensions négatives se confirmèrent par un Serpentard qui le regarda particulièrement mal à l'aise, et qui, un instant plus tard, s'extirpa de leur position - ce qui eut au moins l'avantage de donner une vue très alléchante du postérieur musclé du poursuiveur - pour s'asseoir sur une des chaises non loin de là, plaçant sa tête entre ses mains, ses coudes reposant sur ses genoux. Visiblement, Oliver venait de tirer sur la corde sensible, aussi essaya-t-il de rectifier le tir.

Il lui fallait mieux tenter, plutôt que d'aborder directement une hypothétique rencontre comme celle qui venait à peine de s'achevée, de faire passer Marcus à un aveu, même des plus minimes. Malgré ses airs d'ex mangemort, le brun n'en demeurait pas moins sensible, fragile dès qu'on le menait sur des sentiers d'une activité sismique probable. Et là, le pauvre Oliver avait la dérangeante impression de l'y avoir précipité.

"C'est juste que tu n'en parles jamais," commença-t-il. "J'ai grandement insisté pour que tu rencontres mes parents, et je me demandais pourquoi tu n'en faisais pas de même."

Marcus sortit sa tête d'entre ses mains et contempla avec une étrange fascination les branchages dansant sous la mélodie portée par les vents, derrière la fenêtre. La respiration d'Oliver se stoppa durant l'attente de la réponse qu'il quémandait. Fort heureusement pour sa vie, le poursuiveur lâcha l'extérieur et planta ses yeux dans les siens avant que son visage ne devienne aussi rouge que son ancien uniforme.

"Ecoute,"hésita-t-il "Je préfère que nous n'abordions plus ce sujet à l'avenir."

"Pourquoi?"

"Oliver, s'il te plait."

Le ton de sa voix n'était pas, comme à l'habitude, stricte et ne laissant aucune place à une réponse ou une remise en cause du fait évoqué. Oliver entendait clairement le désespoir au travers des mots de son compagnon, un feu qui s'éteignait, qu'on cherchait à éteindre en balançant une tonne de flotte dessus. Une mince flamme, qui se nourrissait du peu d'oxygène qui lui restait; à deux doigts de mourir.

Il venait de soulever une pierre sous laquelle ne se trouvait pas uniquement un crabe, mais une armée. Tout un tas de suppositions toutes plus tristes les unes que les autres l'assaillait. Il imaginait les pires horreurs qu'un enfant pouvait subir et la manière dont cela l'accablait par la suite. Et lui, stupide gardien qui ne pensait à rien d'autre que le Quidditch, déterrait ce que celui qu'il aimait peinait sûrement à enfouir.

Merde. Oliver se rendit compte avec peine qu'au bout de la corde sensible se trouvait une enclume qui était malencontreusement tombée sur la tête de son conjoint plutôt que sur la sienne. Il voulait dire quelque chose, mais il n'y arrivait simplement pas. L'unique chose qu'il parvenait à discerner, c'était qu'il venait royalement de se foutre dans une merde, et son cœur en subit l'alarmante conséquence.

Sa respiration se bloqua de nouveau, et il commença à avoir des vertiges. Marcus, de son œil de faucon acquis grâce au Quidditch - pareil au reste de son cœur - remarqua bien les attaques de son amant, et se précipita sur lui, l'enserrant entre ses puissants bras, afin que cet imbécile calme les ardeurs qui l'habitaient, qu'il comprenne bien que cette maudite question l'avait en effet atteint, mais pas au point de détruire l'amour qu'il éprouvait pour lui. Ca, pas même une dizaine de Doloris n'arriverait à le détruire.

Rien ne détruisait tant l'un que de savoir que l'autre suivait la même voie, et rien ne rassurait tant l'un que de savoir que l'autre était là. Si Marcus se sentait mal, Oliver connaissait le moyen de le réconforter, et inversement. Alors quand le Serpentard le prit dans ses bras et lui caressa affectueusement les cheveux, le Gryffondor se calma, recommença lentement à respirer et disposa ses bras sur les épaules de son amour.

"Ca va Oliver, tu n'as rien fait de mal," murmura Marcus. "Un jour, je te le promets, tu rencontreras mes parents. Quand je serai prêt et qu'ils le seront."

Ses mots suffisaient amplement, car ils permettaient au gardien de comprendre que ses beaux-parents étaient toujours en vie, et que son conjoint gardait encore un semblant de contact avec eux, puisqu'il prétendait pouvoir connaitre le moment ou ils seraient préparés. Et pour le remercier de ses petites mais non moins comblâtes paroles, Oliver lui offrit un des plus beaux baisers qu'ils eurent jamais échangés.

O(+MFOW+)O

De nouveau, un mois s'était écoulé, et, de nouveau, Oliver venait ajouter une promesse que la mort de Marcus avait détruite à la longue liste déjà établie. La température commençait à prendre les quelques degrés attendus avec tant d'impatience, faisant ainsi fondre les épaisses couches de neige qui encombraient les allées, les toits et les arbres, faisant réapparaître d'autres couleurs que le blanc.

Ce processus naturel le fit un peu penser à lui. Petit à petit, sa tristesse le quittait, laissant place à une minuscule parcelle d'optimisme. Oui, son appartement gardait cet aspect terrifiant digne d'une chambre d'adolescent, oui, il continuait à ne pas quitter son appartement, oui, il avait encore peine à dormir et son visage le laissait transparaitre, mais il se sentait un peu mieux, un peu plus souvent de meilleure humeur, et il en connaissait bien la raison principale.

C'est bien connu : quel autre meilleur calmant existe-t-il que des bras familiers? Il avait perdu les bras de son compagnon, certes, mais il lui restait ceux de ces parents. Il ne regrettait nullement de leur avoir rendu visite car cela lui avait procuré un bien incomparable. Pareille à son défunt conjoint, sa mère n'était pas sans ignorer toutes les méthodes à employer pour que son moral n'atteigne un point de non retour.

La longue discussions qu'ils avaient tenues lui avaient permis de rétablir un puissant lien, mort suite à son silence. Les moments durs qu'il avait endurés et qui allait sans aucun doute arriver les avaient rapprochés, car la tristesse, à défaut, lorsqu'elle est trop profonde, de permettre d'avancer correctement, permet la plupart du temps de rapprocher les gens. C'est là son seul avantage.

Cependant, sa famille n'était pas là, et il devait avouer que des paroles réconfortantes lui auraient été d'un secours immense en ce moment, à mesure qu'il s'avançait dans cette longue allée, où la neige était encore présente, où elle persistait à rester. Exactement comme le mal qui l'habitait, et ce signe montrait qu'il allait au devant de dangers graves, voire destructeurs pour un cœur aussi fragilisé que le sien.

Ce n'était pas comme si il ne s'y était pas attendu, de toute façon. Rien qu'en franchissant le portail qui menait vers cette interminable allée, il avait eu une furieuse envie de faire demi-tour, de rentrer chez lui, dans la sureté que lui offrait son appartement. Le danger ne l'attirait nullement, mais il était des actes qu'il devait d'accomplir, quelque soit les risques qu'il encourait en le faisant. Après-tout, il n'avait plus grand chose à perdre.

Après dix longues minutes de marche, il arriva enfin au bout de l'allée, où un énorme manoir de style baroque fait de brique rouge s'imposait. De longues fenêtres de verre armaient la façade principale, supposant une immense largeur par pièce. Les arbres semblaient presque s'affaisser devant l'édifice, qui dégageait une ambiance à la fois terrifiante - il n'hésitait pas sur un départ précipité en cas de venue nocturne - et fascinante.

Ainsi, c'était dans cet endroit que Marcus avait passé une bonne partie de son enfance. Il l'imaginait parfaitement s'adonner au plaisir du Quidditch dans cette foret reculée ou pas un moldu n'osait s'aventurer, s'amuser à faire des batailles de boule de neige avec il ne savait quelles personnes, tout comme il imaginait la plupart des Serpentard posséder un domicile d'une si magistrale ampleur. Typique.

Contrairement au mois précédent, où il avait passé une éternité devant la porte sans oser informer les habitants de sa présence, il ne mit là que peu de temps, préférant en finir vite afin de rentrer avec hâte chez lui. Il n'était là que pour une chose : découvrir la raison qui avait poussé Marcus à avoir une peur phobique de ses parents. Il avait besoin de connaitre ce qui l'avait tant terrorisé et ce pourquoi il s'était longtemps tut.

Pourquoi? Sans doute parce que cela lui permettrait de faire plus facilement son deuil, parce qu'il pensait que s'il découvrait quelque chose de véritablement terrible, ça lui donnerait le droit légitime d'haïr quelqu'un de toutes ses forces, de cracher sur celui-ci, et, surtout, de se dire qu'il n'était pas l'unique fautif de la mort de son compagnon. Des informations lui étaient impérativement nécessaires.

Alors il prit son courage à deux mains, et appuya sur la sonnette, qui retentit dans tout le manoir. Il se doutait, vu la superficie de l'édifice, qu'il lui faudrait attendre un certain temps avant qu'on vienne lui ouvrir, surtout si les habitants se trouvaient dans les étages supérieurs. Ce n'était pas comme s'il était le pire des impatients, de toute manière. Encore une chose que Marcus lui avait enseigné: la patience.

Au bout de cinq minutes, le silence religieux qui régnait fut soudainement brisé par le bruit marqué de pas puissants écrasant le parquet sous le poids de celui ou celle qui les faisaient. Et Oliver ne put que sourire à l'entente de ce son tant il ressemblait à celui produit par sa mère un mois plus tôt. Et, déjà, Oliver savait parfaitement ce qui allait se passer une fois cette porte ouverte à la volé.

"DISPARAISSEZ MAUDITS VERACRASSES OU JE VOUS JURE QUE MA BAGUETTE AURA DES RAISONS D'ÊTRE SALIE!" s'époumona une voix masculine, cette fois.

Souriant une demie-seconde, le gardien se prépara, et il eut raison. En effet, quelques secondes après, la porte se faisait presque arracher, et une baguette manqua presque de lui crever l'œil gauche, tandis que son détenteur s'apprêtait à achever les syllabes qui composaient son sort. Syllabes qui, bien sûr, restèrent au fond de sa gorge quand il réalisa que la personne sur le palier de sa porte n'était surement pas un journaliste.

Pareil à la rencontre de sa mère, Oliver dût subir un regard des plus inqualifiables, quelque chose qu'on classait difficilement entre la détestation et la parfaite incompréhension. Le Gryffondor comprenait tout ceci. Après tout, en dix ans de vie commune, il n'était jamais venu une seule fois ici. Alors pourquoi maintenant, maintenant que leur seul lien était mort? Pour agiter le couteau dans la plaie? Pour les rendre jaloux de n'avoir perdu tous leur fils, lui, ou du moins de l'avoir eu plus souvent à ses côtés? Voilà tout ce qu'Oliver aurait trouvé comme raison s'il s'était retrouvé dans pareille situation.

Cependant, il ne possédait pas l'envie d'être patient, d'attendre que ressasse toutes ses idées dans sa tête et qu'il organise une élection cérébrale de la plus probable, pour ensuite aviser de la meilleure attitude à adopter. Et puis vu la méchanceté du regard, le gardien préférait le stopper avant que ses idées n'assombrissent de plus en plus. C'est qu'il faisait peur le père Flint.

"Bonjour , je..." commença-t-il

"Que faites-vous ici?" le coupa l'intéressé sur un ton qui ne donnait nullement envie de répondre.

Ca ne peut pas être plus clair, se dit Oliver. Comme il s'y était attendu, sa présence n'était aucunement acceptée sur le domaine familial des Flint. Mais cela n'ébranla pas le moins du monde sa motivation. Il n'avait pas quitté son appartement pour se retrouver face à un mur. Certes, la folie ne l'avait pas atteint au point qu'il aille menacer toute la famille à l'aide de la baguette. Cependant, la froideur de son beau père ne le toucherait pas; il s'y était habitué avec le fils.

"Je suis..."

"A dire vrai," l'interrompit-il de nouveau, "je n'ai que faire du pourquoi de votre présence, je ne veux pas vous voir ici. Déguerpissez."

Et sur ces mots, il lui claqua la porter au nez. Oliver dût se retenir pour ne pas hurler de douleur quand il interposa son pied dans la fermeture, ce qui eut au moins l'avantage d'attirer l'attention de son peau père, surpris de ne pas avoir entendu le claquement de sa porte, qui devait lui être si familier ses derniers temps.

Au travers d'un furieux mouvement, M. Flint se retourna et fonça vers lui, pour au final lui mettre la baguette sous la gorge en exerçant une légère pression, du moins suffisante pour le faire reculer d'un pas. Il n'était guère des plus compliqués de dénoter toute la haine qui habitait son beau-père, tout comme le fait qu'il le considérait comme entièrement fautif de la mort de son fils. Toutefois, cela n'eut guère plus d'effet qu'avant, et Oliver n'allait pas rester de marbre face à cette menace physique.

Alors qu'il s'apprêtait à envoyer valdinguer cette maudite baguette plus loin, histoire d'être déjà plus à l'aise, le début de son geste fut stoppé par un hurlement qui ne venait ni de lui, ni de M. Flint. C'était un cri féminin, relativement similaire à ceux de sa mère. Il ne lui fut donc guère compliqué de deviner de qui cette puissante voix pouvait bien provenir.

Il vit s'avancer dans le large couloir de l'entrée une petite femme, mince et vêtue d'un haut qui n'était plus d'époque depuis plus de quinze années au minimum. Ses lunettes pendaient à son coup, et le son produit par ses talons plats suivait une rythmique cycloïdale sans défauts. Bref, le parfait portrait de la gentille mère au foyer qui prépare de délicieux repas pour ses invités et sa famille.

Sauf qu'elle semblait loin d'être gentille. Son allure avait beau être parfaite, ses yeux laissaient transparaître la même haine que son mari, ses longs ongles parfaitement vernis paraissaient plus servir à être plantés dans la peau de quelqu'un qu'à une fonction purement esthétique, et Oliver eut un haut-le-cœur monstrueux, parce qu'il se sentait capable d'affronter une personne mais sans doute pas deux.

Fort heureusement, sa prière intérieure fut exaucée lorsque sa belle-mère attrapa le bras de son époux pour l'abaisser, geste qui lui plut fort peu. Elle l'entraîna un peu plus loin dans le couloir et parla doucement, pour qu'Oliver n'entende pas. Ce qu'elle lui dit dût en tout cas être empli de puissants arguments puisque finalement, M. Flint repartit vers les étages supérieurs, non sans l'assaillir d'un dernier regard noir.

Cette scénette lui fit penser à ses parents, avec un inversement de sexe. Quand il arrivait à sa mère d'exploser - ce qui se produisait assez souvent -, son père la prenait automatiquement à part et lui remonter les bretelles sans hausser le ton, juste avec les bons mots. Sa mère se calmait obligatoirement et repartait pester dans son coin. Une sorte de petit rituel pour éviter que les choses dégénèrent, et que seul un couple soudé était à même de fournir.

"Pardonnez mon mari, ces derniers mois on été très éprouvants. Plus pour lui que moi," lui dit-elle avant de se retourner.

Au moment où elle lui fit face, Oliver constata avec soulagement que le regard de sa belle-mère s'était légèrement calmé, sans pour autant laisser deviner la moindre parcelle de douceur. Cela ressemblait plutôt à de la compréhension, car, après tout, ils partageaient une identique douleur, celle d'avoir perdu la personne qui, à ce jour, comptait le plus au monde pour eux. Leur solitude, quoiqu'elle possèdait encore son mari, devenait alors un point commun, qui les rapprochait indubitablement.

"Suivez-moi, s'il vous plait."

Une fois de plus, Oliver eut un vague sentiment de déjà vu, puisque dès lors qu'il arriva dans l'immense cuisine du manoir - il était curieux de savoir si c'était la seule -, Miss Flint lui proposa une tasse de café, visiblement peu soucieuse de savoir s'il préférait le thé, ou n'en possédant tout simplement pas. Bien que préférant le thé, les heures de sommeil qui lui manquaient le poussaient plus vers le café.

Ils s'assirent tous les deux, face à face, une tasse à la main. Aucun d'eux n'osaient se regarder, et, soudain, la blancheur du jardin arrière leur parut magnifique, visible de la fenêtre où la table était collée. Ils dégustèrent tranquillement leur café, avec pour seul bruit celui du petit souffle frais ayant pour but de baisser la température de l'amère mixture ténébreuse. Ils leur fallut tout de même cinq bonnes minutes pour en venir à bout.

"Qu'êtes-vous venu faire ici, exactement?" demanda-t-elle après sa dernière gorgée.

Le silence redoubla. Pour être franche, Oliver ne savait plus tellement pour quelles raisons exactes il était venu. Et quand bien même il en aurait connaissance, la première et principale qui lui venait à l'esprit ne lui paraissait pas vraiment formulable. Il se voyait mal dire à cette femme "Je suis là dans le seul but d'avoir un punching-ball sur qui déverser toute la haine et la frustration qui m'habitent."

"Ne dites rien, je sais parfaitement pourquoi vous vous trouvez dans cette maison, " débuta-t-elle. "Je suppose que Marcus ne vous a jamais parlé de nous, et qu'il a soigneusement détourné toutes les questions que vous lui aviez posées sur le sujet. Les hommes sont décidément pareils dans cette famille... Il suffit qu'une goutte déborde du vase pour que celui-ci soit congelé irrémédiablement"

Et c'était un doux euphémisme. Les jours qui avaient suivi sa demande s'étaient vus vides de paroles et de joies, jusqu'à ce qu'ils remportent le match, deux jours après, et que leur victoire procure un bonheur assez conséquent dans l'enterrement de ce délicat sujet, rangé au fond d'un tiroir verrouillé, dont le détenteur avait emporté la clef dans le four crématoire.

"Le sujet n'a été abordé qu'une fois. Marcus s'est comporté tel que vous l'avez décrit."

Oliver jugea bon de ne pas parler de la promesse de feu son conjoint. Oui, sa présence était aisément justifiée par une recherche de réponses qu'il était prêt à obtenir par n'importe quels moyens, néanmoins, il n'était pas cruel au point d'ajouter à la tristesse de cette femme les responsabilités, les engagements de son fils. Sa bonté prônait sur son sadisme et sa folie, en général.

"Vous m'excusez?" demanda-t-elle en ouvrant un tiroir d'où elle extirpa une cigarette. "Je suis incapable d'aborder un sujet délicat sans cette maudite drogue."

Il lui fit signe de la main qu'il n'y avait aucun souci. Suivant ce geste, sa belle mère utilisa un sort mineur de feu pour embraser sa cigarette, et retourna lentement s'asseoir à sa place. Elle tenta plusieurs fois de prendre la parole, mais ses mots se remplaçaient mécaniquement par une longue et douloureuse bouffée de tabac. Et une fois sa clope consommée à moitie, elle fit face au gardien, impatient.

"Que voulez-vous savoir, exactement?"

La réponse à cette question n'était pas difficile à fournir du fait que, comme la plupart de celles qu'il s'était posées dernièrement, aucune réponse n'était disponible, mais parce que la prononcer s'avérait de nouveau sadique. Sa gentillesse naturelle le forçait encore à raviser les injures et les indiscrétions trop loufoques - et il se disait parfois que sa générosité se rapprochait plus de la naïveté que de ce genre de vertu.

"Je ne sais pas... Parlez-moi juste de lui... " Choisit-il parmi les diverses phrases qui lui étaient venues à l'esprit.

Lorsque Miss Flint se leva brutalement, il craignit d'avoir peut-être manqué de tact. Fort heureusement, l'unique but de ce geste brusque était l'atteinte du miraculeux tiroir contenant cette satané nicotine, pourtant si nécessaire, à la seule différence que cette fois, elle ne ramena pas qu'une cigarette, mais le paquet entier, ce qui laissait sous entendre que les conversations risquaient d'être longues. Oliver s'accrocha.

"L'arrivée de Marcus fut une véritable bénédiction pour nous. Mon mari et moi tentions depuis de nombreuses années d'obtenir un enfant, sans aucun résultat. Chaque mois, je constatais avec un dégoût profond la maudite venue de mes problèmes féminins. J'étais littéralement terrifiée à l'idée d'atteindre un âge trop avancé pour pouvoir offrir à mon époux la descendance qu'il espérait tant obtenir. Nous étions si désespérés que nous avions presque envisagé l'adoption, avec tout un jeu de mise en scène ou je me serai retrouvée engrossée durant neuf mois, à l'aide de potions modifiant l'aspect corporel.

"Je sais ce que vous vous demandez : "Pourquoi n'avoir pas simplement pris la décision d'abandonner la perspective d'avoir un enfant?" C'est vrai que, de nos jours, un grand nombre de couples décide de ne pas concevoir, pour de multiples raisons que je ne connais pas entièrement. Cependant, la plupart de ces couples se marient en général par amour, tandis que mon mariage, comme beaucoup d'autres de sang pur, était arrangé. Je me mariais, pour ainsi dire, dans le seul but de perpétuer la pureté de notre espèce, alors, forcement, notre quasi stérilité ne pouvait qu'être gênant.

"N'allez cependant pas vous méprendre, j'aime mon mari, ce que peu de femmes dans ma position peuvent prétendre. Je pense justement que cet amour était la principale cause de ma peine. J'injuriais mon corps de ne parvenir à concevoir ce que je considérais, et que j'ai considéré, comme une éternelle preuve de mon amour. Je me voyais déjà déshonorée, mon mari cherchant une femme plus féconde, à l'utérus que ne souffrait aucunement d'un disfonctionnement d'origine inconnue.

"Mais vous savez comment cela se passe habituellement... C'est au moment précis où l'on n'attend plus rien que quelque chose de bien ou de mal survient. J'eu la chance qu'il s'agisse du premier domaine, car je n'aurai sans doute pas supporté davantage de malheur à celui si proéminent qui m'habitait.

"Ce devait être en hiver, comme aujourd'hui. Je consultais mon calendrier mensuel, qui était soigneusement rangé au fond du tiroir le plus profond de cette maison. Et soudainement, la stupeur me frappa puisque selon ce dernier, j'avais plus d'une semaine et demie de retard. Mon incapacité à obtenir un enfant, la détresse dans laquelle cela me plongeait, avait annihilé toute notion temporelle dans mon esprit. Ma seule réaction fut de fondre en larmes, ce qui ne tarda pas à affoler mon mari, qui se précipita à mon encontre pour quérir la raison de mes larmes.

"Ma joie s'envola à face à son visage. Aucune joie ne s'y exprimait, et je compris très vite que je m'étais moi-même fait emportée par celle-ci, car quoique ma mécanique vaginale soit réglée telle une horloge, il n'en demeurait pas moins que ce genre d'incident n'était pas qualifié de rarissime non plus. Mes pleurs redoublèrent, mais en dérivant vers un chemin plus funeste. J'eus grâce à cet incident, au moins, la preuve évidente que mon mari me rendait l'amour que je lui portais, car il me prit entre ses bras et qu'il me serra à m'en étouffer, m'assurant du peu de gravité qu'avait l'absence de nourrisson pour lui, comparé à ma présence et à mon bonheur."

Le cendrier accueillait déjà plus de deux cigarettes, qui fumaient encore, peu résolues à s'éteindre. Une nouvelle fut allumée, avec les restes de la précédente.

"Je crois bien n'avoir jamais vu mon mari pleurer depuis le premier contact entre Marcus et ses bras. Le rendez-vous chez le médicomage avait confirmé toutes nos espérances, et neuf mois plus tard, après je ne sais plus combien d'heures en salle de travail, la famille Flint avait enfin un descendant. La honte s'écartait de moi et prenait une direction lointaine de ma personne. Je pouvais enfin savourer les joies d'être une femme accomplie, servant avec dévotion son mari.

"Ce dernier, d'ailleurs, développa avec une étonnante rapidité un puissant lien avec Marcus, qui s'expliquait probablement par la trop longue attente d'une opportunité. Il lui achetait tout ce qu'un enfant pouvait désirer et ne se privait jamais de dépenser des sommes astronomiques. Chaque jour, ils découvraient ensemble une nouvelle activité plus passionnante que la précédente. Marcus grandit - comme la plupart des enfants, je suppose - avec une vitesse folle, lui donnant accès à des activités plus constructifs ou la naïveté de l'enfance n'était pas permise.

"Je crois bien n'avoir jamais vu mon mari aussi heureux que devant le bonheur qui remplissait le visage de Marcus lorsqu'il lui offrit son premier balai, et aussi fier qu'une fois l'admission du prodige du balai dans l'équipe de Quidditch de Serpentard. Je ne dirai pas non plus que j'étais délaissée tel un utérus sur patte, jetée après utilisation, car le lien que j'entretenais avec Marcus était de loin à jeter aux orties. Mais celui établi entre son père et lui était plus puissant, plus fort, plus résistant aux aléas de la vie.

"Toute sa scolarité se déroula sans encombre. Nous lui pardonnions aisément les accrochages avec de nombreux élèves de Gryffondor, et en particulier avec vous, non pas que nous jugions légitime que la maison rivale soit punie, mais parce que je dois avouer que nous étions un peu pareils à son âge. Il en fut de même pour son redoublement qu'il justifia par sa meurtrière envie de gagner la coupe de Quidditch pour sa dernière année - ce qu'il ne réussit pas à faire, mais c'était un futile détail. Nous étions heureux car il l'était. Son bonheur était l'unique chose qui nous importait véritablement."

Et soudainement, cette femme perdit pied. Une larme se dénota au coin de son œil gauche. Ses mains se mirent à trembler lentement, rendant difficile l'embrasement de sa nouvelle cigarette. Le plus dur allait visiblement être abordé.

"Puis il y eut ce jour. Encore en hiver - à croire que cette saison incarne l'antithéisme entre la bénédiction et la malédiction. Marcus nous avait au préalable annoncé qu'il devait s'entretenir avec nous d'un sujet capital dans sa vie... Vous devinez surement de quoi il s'agit... L'homosexualité de Marcus fut pour mon mari tel un coup de couteau en plein cœur, non pas, je pense, que l'idée de deux hommes qui couchent ensemble le rebute, mais plutôt celle de ne pas posséder de descendance, puisqu'il s'agissait de notre unique fils.

"Les choses se déroulèrent ensuite très rapidement. Mon époux n'accepta plus de parler à son fils et une incomblable distance s'installa entre nous... Son homosexualité ne me dérangeait pas vraiment, à dire vrai, seulement je le plaignais. Comme je vous l'ai dit, l'éducation donnée par les familles de sang pur dites traditionnelles sont très strictes et s'axent principalement sur l'assurance d'une descendance. Lui qui aimait tant son père, je ne pouvais qu'imaginer la peine qu'il éprouvait de n'avoir les capacités à lui offrir ce qu'il désirait le plus au monde.

"Et un jour alors que je m'étais presque résignée à ne plus jamais voir mon fils, je reçus une lettre de sa part, me racontant les milles et une péripéties de sa carrière professionnelle, que je constatais également à l'aide des différents journaux. Mon espoir revint peu à peu. Ainsi, il avait prit la décision de ne pas tracer une définitif trait sur sa famille. Nous entamâmes alors, à l'insu de mon mari, une longue correspondance, ou je le suppliais sans cesse de me laisser venir le voir, ce à quoi il répondait systématiquement de façon négative. Forcement, ce constant refus m'intrigua, et mes questions fusèrent irrémédiablement, sans qu'il ne me fournisse de plausibles réponses.

"Il y eut ensuite un long silence, qui dura environ cinq mois, ou je regardais la fenêtre chaque jour en espérant qu'un hibou ne s'y pose avec à sa patte une lettre. Ma culpabilité s'amplifia, de n'avoir su me taire, de n'avoir su comprendre qu'il lui fallait forcément du temps pour encaisser le contrecoup de notre rejet, afin d'être de nouveau apte à me revoir. Mes larmes refirent surface, à la différence que je réussissais à les contenir devant mon mari, qui aurait vite voulu que je stoppe cette correspondance, qui était de toute manière déjà morte et enterrée. Du moins, c'était ce que je croyais, car le dernier jour du cinquième mois, je vis ce magnifique hibou au plumage noir déposer la missive tant espérée, contenant le pourquoi de son mutisme : vous".

Elle se leva, retourna près du tiroir à la merveille et en extirpa une lettre où Oliver reconnut l'écriture de Marcus.

"Pardonnez mon magistral silence, mère", lit-elle, "mais j'avouerai avoir eu plus d'une occupation en ce moment. Et il m'a fallut en plus de ça réfléchir au contenu de cette lettre. Vous me connaissez, je n'aime ni perdre mon temps, ni le faire perdre aux autres, aussi n'y irai-je pas par quatre chemins : qu'il vous soit ou non possible d'y croire, j'ai rencontré quelqu'un. A dire vrai, je connais cette personne depuis fort longtemps, et nos rapports sont devenus intimes depuis bien avant mon annonce. Excusez-moi de ne pas divulguer son nom, mais quoique je sois persuadé que vous en garderez le secret si je vous en fais la demande, je préfère tout de même, par simple pudeur, garder ce fait secret.

"J'ai pu remarquer avec une certaine peine que des familles comme les nôtres gardent encore quelques traditions, comme celle des mariages arrangés. J'ai en revanche constaté avec bonheur que malgré ce schéma, vous aimez véritablement père, et qu'il vous rendez favorablement cet amour, sous des aspects certes bizarres et peu commodes par moment, mais qui laissent toutefois transparaitre des sentiments véritables. Longtemps, j'ai cru que moi aussi je serai un jour confronté à une épouse que vous auriez eu soin de choisir, et m'était attendu à n'éprouver l'amour que par des descriptions, puisque la plupart de ses mariages n'aboutissent à rien d'autre que neuf mois de grossesse et l'arrivée d'un descendant de sang pur.

"Pourtant, je puis affirmer sans hésiter que les sentiments que j'éprouve pour cet homme ne sont rien d'autres que des sentiments amoureux. Il n'est pas besoin que je vous en fasse une exacte description, vous devinez aisément pour les ressentir vous-même quels effets ils produisent. Je les vis. Chaque matin, dès que mes yeux s'entrouvrent, que la mauvaise humeur des aurores s'éprend de moi comme le reste du monde, il me suffit simplement de l'apercevoir pour qu'elle s'envole. J'ai accompli des choses pour lui que je ne ferais pour nul autre, et je me vois devenir désastreusement romantique à mesure que notre relation se prolonge.

"Je ne sais pas quel coup du sort a placé cette formidable personne sur mon chemin, quel force mystique nous a poussé à oublier la haine que nous entretenions auparavant, mais je l'en remercie profondément. Quoique mon enfance à vos côtés fut des plus merveilleuses, je crois bien que je n'y ai pas ressenti la moitié de la joie que je vis en ce moment - n'y voyez bien entendu aucun reproche. Je ne souris jamais tant qu'à ses côtés, et nous nous disputons déjà comme si toute notre vie s'était déroulée dans la main de l'autre. Mère, je suis complètement, indubitablement, indéniablement, superbement amoureux de ce garçon.

Elle déposa la lettre sur la table et laissa une minute se dérouler avant de reprendre.

"J'ai été si triste en apprenant ça... Il n'y avait pas de preuve plus évidente de son amour, et je savais qu'en étant attaché à vous lui donnerait forcement, au bout de plusieurs années, un irrévocable désir d'enfant, que vous ne pouviez hélas pas lui offrir. Mais au fond, je me rassurai en me disant que vous sauriez combler ce manque..."

La suite n'a guère d'importance, tout était déjà mis sur la table. Ils laissèrent le temps s'écouler, dégustant ce silence suivant le long monologue, le calme après la tempête. Les pleurs de sa belle-mère n'existaient plus, seul sortait d'elle la fumée de ses cigarettes, qui avaient transformées la cuisine en un gigantesque aquarium, où respirer ne serait-ce qu'une bouffée d'air pur semblait strictement impossible.

"Je vous raccompagne, " dit-elle, sachant que le Gryffondor n'avait plus de raison de rester.

Le silence persévéra jusqu'au pas de la porte, et alors qu'Oliver s'apprêtait à s'en aller sur un bref adieu, Miss Flint lui tendit l'enveloppe qu'elle avait précédemment lue.

"Sa place est sans doute plus entre vos mains qu'entre les miennes."

Il fut pour le moins difficile au gardien de ne pas verser une larme, pour ensuite laisser le champ libre à celles retenues plus tôt. Il se sentait simplement heureux. De quoi, il n'en savait trop rien, cependant il ne douta pas que cette lettre y comptait pour beaucoup, que les mots qu'elle contenait jouaient un fort rôle, que cette écriture témoignait véritablement de son contenu.

Marcus y prononçait certes ce dont il avait toujours été sur, toutefois il ne le faisait pas qu'à lui. Le secret de leur relation ne l'avait jamais vraiment dérangé, parce qu'il était nécessaire pour leur vie intime. Néanmoins, aucune preuve plus évidente ne lui était apparue, car cet amour avait été exprimé à quelqu'un d'autre, ce qui sous-entendait un acte réfléchi et assumé. Marcus l'avait aimé, et quoiqu'il n'en n'avait pas douté une seule fois, quelques éléments rajoutés à cet affirmation ne pouvaient que le rassurer.

"Je ne peux pas vraiment affirmer connaitre la relation que vous entreteniez avec mon fils. Cependant, cette lettre et les quelques autres descriptions qu'il m'en a faite me donnent la certitude qu'il aurait vraiment peu apprécié vous voir dans cet état."

Ca, pas besoin d'être devin pour le savoir. N'importe quel aveugle remarquait que son visage avait connu de meilleurs jours, et que rien ne semblait pouvoir le consoler.

"Pourquoi n'iriez-vous pas nager un peu? Je suis sûre que cela saura un tant soit peu vous relaxer."

Nager? Il mit un certain temps à comprendre ce que signifiait réellement cette phrase, et quand ce fut le cas, que tout s'éclaira dans sa tête, il ne put que la gratifier du plus sincère des sourires.

"Merci. Merci beaucoup."

Il descendit les cinq marches menant vers l'allée, puis se retourna une dernière fois.

"Vous savez, je suis quant à moi sur que cela n'aurait nullement dérangé Marcus que je vous raconte quelqu'une des ses péripéties dont il éprouvait trop de honte pour les coucher sur papier."

Miss Flint fut pour le moins choqué, mais acquiesça au bout d'une minute.

"Cela me ferait très plaisir," sourit-elle. "Prévenez-moi quand l'envie vous prendra."

Puis ils se quittèrent, et Oliver se dit qu'il était libéré, que plus aucune retrouvaille n'était à tenir, qu'il pourrait rentrer chez lui et se reposer. Il était épuisé, et cette journée ne l'avait guère aidé à récupérer les forces qui lui manquaient. Il marcha le long de cette allée, un léger sourire aux lèvres, en se disant, qu'en effet, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été se détendre dans l'eau.

TBC

 
 
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