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Petite soeur
Par Padidu
Originales  -  Romance/Général  -  fr
15 chapitres - Complète - Rating : K+ (10ans et plus) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 9     Les chapitres     29 Reviews    
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Mercredi 12 Décembre
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Désolée, un mois entre deux chapitres, c'est peut etre excessif... :s Mais je vous aime quand meme hein ! :D

Sur ce, la suite de Petite soeur ! Bonne lecture ! 

 

Mercredi 12 Décembre

17h26

            Le quai de la gare est bondé par les personnes qui descendent du train en même temps que moi, alors je me décale un peu pour essayer d’apercevoir Marie-Line. Elle est près du distributeur de boisson, je reconnais son long manteau rouge avant de voir son visage encadré de ses longs cheveux blonds. Je m’approche alors d’elle quand un garçon d’une vingtaine d’année, sans doute étudiant, s’arrête près d’elle. Grand, brun, portant un jean slim, une chemise blanche et un polo, il est plutôt séduisant, alors pour ne pas interrompre le moment, je me recule discrètement jusqu’à être à moitié cachée par un grand pilonne. Quand le jeune inconnu s’en va, ma meilleure amie a un sourire jusqu’aux oreilles, je la vois s’assurer de n’être pas observée avant de jeter le bout de papier qu’il lui a laissé. Je choisis ce moment pour la taquiner :

- Ce n’est pas joli ce que vous faites mademoiselle, pensez donc à ce pauvre jeune homme qui se meurt d’amour pour vous en attendant désespérément un signe de votre part ?

- Cela aura au moins l’avantage de l’endurcir un peu ! Bon, et si allait prendre boire ce chocolat viennois que tu m’as promis ?

            Je l’ai appelé hier soir, depuis son anniversaire nous n’avons pas eu l’occasion de nous voir, et comme Joshua s’est inscrit dans un club de tennis, il a des cours aujourd’hui. Je passerais le chercher pour rentrer avec lui après, afin de nous préparer à aller diner chez Gustave et Louise qui nous ont invités. Mais pour le moment, je prends ma meilleure amie par le coude et je vais avec elle jusqu’à un café que nous connaissons bien, non loin de la gare. Ce dernier sert aussi d’excellentes glaces.

            Devant un énorme et succulent chocolat viennois, elle me raconte les semaines qu’elle vient  de vivre : les évaluations qui se succèdent parce que les professeurs veulent clore les notes avant la fin du trimestre, les plats douteux au réfectoire, les potins sur mes anciens camarades de classe et pour finir, les appels téléphoniques de Julien.  Ils se sont rapprochés, je m’en rends compte plus par le ton de sa voix et la façon dont elle parle de lui que par ce qu’elle m’en dit. Peut-être qu’entre eux, cela ira beaucoup plus loin, j’en serais contente en fait.

 

18h22

            Je suis un peu en avance au club mais je ne m’en soucis pas vraiment, je pourrais voir Joshua s’entrainer encore un peu. Sur le deuxième cours, il finit un match contre un autre membre. J’adore le voir dans sa tenue : un short blanc et un t-shirt bleu clair. Ses  mèches blondes sont attachées par un élastique et maintenue hors de ses yeux par un bandeau blanc. Il ne m’a pas encore vu, concentré sur son jeu. Je ne savais pas qu’il faisait du tennis avant d’arriver à la maison jusqu’à ce qu’il m’annonce son inscription dans le club. N’étant pas une experte, je ne peux pas vraiment me prononcer sur son jeu, mais je peux quand même me rendre compte qu’il a la supériorité sur son adversaire. Il gagne la partie et serre la main du grand jeune homme brun qui était de l’autre côté du filet avant d’attraper une serviette pour s’essuyer.

            Alors que je me dirige vers lui pour venir le saluer, je vois une fille rousse d’à peu près notre âge, dans une tenue de tennis blanche, qui vient s’adosser au grillage près de lui pour discuter. Ne sachant pas vraiment ce qu’ils se racontent, l’énervement m’étouffe alors qu’ils explosent de rire ensemble juste devant moi. L’air de rien, je continue de m’approcher et lorsque les yeux divinement verts de mon petit ami se posent sur moi, il a aux lèvres ce sourire que j’adore, celui que j’aimerais me réserver.

- Bonjour mon ange ! me lance-t-il. Sans un regard pour son autre interlocutrice, il se lève et vient me serrer dans ses bras avant de déposer un baiser dans mon cou : ma jalousie s’éteint presque par magie.

- Jo, tu nous présente ? demande la rousse derrière nous.

- Bien sur, lui répond Joshua. Sandrine, je te présente Eva, c’est la fille de l’entraineur.

 

18h46

            Nous sommes légèrement en retard pour le repas de ce soir  avec Gustave et Louise, mais cela ne semble pas déranger Joshua qui prend son temps sous la douche. En attendant, j’essaie de trouver une tenue pour ce soir, pourquoi ne pas opter pour une jupe ? Mais depuis quelques jours, il fait très froid, peut-être que je pourrais mettrais un collant épais… Sur mon lit, j’ai étalé plusieurs vêtements pour essayer de faire un choix. J’essaie de décider par quoi je vais échanger mon vieux débardeur bleu et mon jean.

- Et si tu ne mettais rien du tout, me murmure Joshua en m’entourant les hanches de ses bras.

Je ne l’ai pas entendu entrer dans ma chambre. Il sent encore le gel douche et ses cheveux humides me chatouille la nuque quand il vient m’embrasser dans le cou. Je sens sa peau nue contre mon dos, me faisant prendre conscience qu’il ne porte qu’une serviette de bain autour de ses hanches.

- Tu as pensé à nos parents ? On dira quoi si l’un d’eux entre dans ma chambre et te trouves à moitié nu ?

La voix de la raison parle, mes pensées s’envolent.

- Que je me suis trompé de chambre… répondit-il en attrapant mon poignet droit pour venir en embrasser la peau fine.

            Doucement, sa bouche remonte doucement le long de mes bras en continuant ses baisers jusqu’à mon cou et ses mains viennent caresser mon ventre sous mon débardeur. Mes jambes se mettent à trembler, et c’est sans résistance que je le laisse m’emporter sur le lit au milieu de mes vêtements étalés. Il s’allonge au dessus de moi, en venant placer ses avant-bras de part et d’autre de mon visage pour ne pas peser de tout son poids sur mon corps. Naturellement, mes doigts viennent se perdre dans ses mèches encore humides alors que nos bouches se touchent, se cherchent, jouent ensemble. Le cœur battant, je n’hésite plus à venir passer mes mains sous la serviette pour découvrir qu’il porte un boxer en dessous. Alors il arrête de m’embrasser, un sourire se dessinant sur ses lèvres :

- Je savais que sinon, nous serions en retard…

Il plaque une dernière fois ses lèvres sur les miennes avant de se lever. Il m’aide à me remettre sur mes pieds, prends une jupe grise, un petit pull rouge et un collant de la même couleur sur mon lit.

- J’aime bien quand tu portes du rouge aussi, me dit-il. Puis ses doigts attrapent une de mes mèches de cheveux de plus en plus longues. J’aimerais bien te voir avec les cheveux longs…

 

19h12

            Une douzaine de minutes de retard, rien de grave. Surtout que Joshua a choisi des vêtements que je ne lui ai jamais vu : une chemise blanche cintrée et un jean assez moulant qui me donne l’impression qu’il est sur son trente-et-un. En même temps, l’immeuble où nous sommes semble être d’un standing assez élevé. Intimidée, j’ai laissé mon petit ami me prendre par la main pour monter les escaliers et c’est lui aussi qui sonne à la porte de nos amis. Le bruit régulier de la canne de Louise nous répond, puis son visage apparait. Comme dans mes souvenirs, elle est souriante :

- Bonsoir, vous êtes splendides mes enfants ! Entrez, Gustave est encore en cuisine, je vais aller le chercher, nous explique-t-elle après nous avoir amené dans le salon. La pièce est chaleureuse, mélange de décoration asiatique et africaine mais qui bien qu’hétéroclite, contribue à donner une impression de fouillis douillet. Assise dans le canapé, je peux apercevoir la table déjà prête au fond du salon, et je dois dire que l’odeur de cuisine qui me parvient me fait saliver.

- Joshua, je ne vous aurez pas reconnu, habillé comme ça jeune homme ! s’exclame Gustave en arrivant. Sandrine, tout simplement magnifique.

Je rougis un peu en le remerciant ce qui fait sourire Joshua. Comme d’habitude, il attrape ma main pour entrelacer nos doigts.

- Il va falloir m’expliquer certaines choses… Je vous croyais frère et sœur ? demande Louise en s’asseyant dans un fauteuil en face du canapé où nous sommes installés.

- Ils n’ont aucun lien de sang voyons ma chérie ! Je vous sers un apéritif ? propose l’homme.

- Non merci, je dois nous ramener à la maison en voiture ce soir, se justifie mon petit ami. En fait Louise, mon père et sa mère ont décidé de vivre ensemble. Alors nous habitons le même appartement, nous sommes « frère et sœur » sans vraiment l’être…

- Vos parents connaissent la vraie nature de votre relation ? s’informe la vielle femme.

- Nous avons choisi de ne rien leur dire, au cas où nous décidions de nous séparer…

Je me déteste pour avoir prononcé ses mots, et la pression de sa main dans la mienne m’informe que je l’ai sans doute blessé.

            Un silence s’installe entre nous, je crois bien que je n’oserais plus dire un mot de toute la soirée.

- Et si nous allions nous installer à table ? nous invite Louise.

Tout le monde se lève pour suivre notre hôte, et alors que je passe derrière Gustave, je remarque que Joshua prend un peu de retard. Je jette un coup d’œil dans sa direction : il regarde son téléphone portable d’un air indéchiffrable. Qui peut bien essayer de le joindre ? Et si c’était une autre fille ?

 

21h38

            Nous venons de finir notre repas. Comme Joshua et moi avons cours le lendemain, nous ne pouvons nous attarder, cependant, la compagnie de Louise et Gustave est très agréable, me faisant presque oublier mon faux pas de début de soirée. Parce que je ne peux totalement l’occulter : Joshua semble tendu depuis mes paroles malheureuses, ou peut-être est-ce à cause de ce qui s’est passé avec son téléphone tout à l’heure. J’ai entendu son vibreur au moins quatre fois pendant le repas, j’espère que nos hôtes n’ont pas l’ouïe assez fine pour l’avoir perçu.  Sans doute suis-je même la seule à avoir senti la tension chez lui, car avec nos amis, il est agréable, souriant. Une énième fois, j’entends son vibreur, et là, il s’excuse et se lève pour aller aux toilettes.

            Quand il revient, je suis déjà en train de m’habiller : plus vite nous serons entre nous, et plus tôt je saurais ce qui le tracasse vraiment. J’embrasse affectueusement Gustave et Louise puis, nous sortons tous les deux de l’appartement. Il ne m’adresse pas un mot alors que nous descendons les marches, encore moins lorsque nous nous installons dans la voiture. N’en pouvant plus, je me décide alors qu’il démarre :

- Joshua, je suis désolée… si je t’ai blessé tout à l’heure…

- Mais de quoi tu parles ?

Son ton est un peu agressif, comme si je le dérangeais dans ses réflexions. Stupéfaite, je préfère ne rien répondre en m’enfonçant dans mon siège.

- Désolé mon ange, je suis fatigué, ma semaine a été chargée et l’entrainement assez intensif…

Je ne dis rien des messages sur son téléphone, s’il ne veut pas l’aborder, peut-être qu’il a une raison… Ma gorge se sert : combien de secrets se dresseront encore entre nous sans qu’il se décide à m’en parler ? Joshua ne m’a encore rien dit de cette soirée où il m’a laissé sans nouvelles, et ce soir, la vraie raison de son anxiété me restera sans doute inconnue. 

- Je t’aime, murmure-t-il.

Et je ne sais pas s’il me parle à moi, où à l’obscurité qui nous entoure.

 

22h12

            J’enfile mon short rose et mon débardeur blanc. Après la douche, je suis complètement cassée et je ne pense qu’à une chose : me coucher. Je ne sais pas si je vais dormir, mais m’allonger me fera déjà le plus grand bien. Etre dans le noir pour réfléchir à lui, à nous et aux autres…  J’espère qu’il viendra me rejoindre dans la nuit.

            Ce n’est qu’une fois que je suis installée sous la couette et la lumière éteinte que ma mère vient frapper à ma porte.

- Entre, je lui dis en allumant la lampe de chevet.

- Désolée de te déranger ma puce, mais il fallait que je te parle… avant que ton père ne te voit demain matin.

J’encaisse l’information et râle alors qu’elle vient s’asseoir sur mon lit :

- Encore une bonne nouvelle.

- Il demande à t’avoir un week-end sur deux, et je ne peux pas lui refuser ça.

- Donc, je dois aller chez lui samedi prochain c’est ça ?

- En fait, tu resteras là-bas Vendredi soir après les cours. Cela me fait autant plaisir qu’à toi ma chérie, mais il a le droit de t’avoir chez lui, même s’il ne l’a pas exercé pleinement jusqu’à maintenant.

- C’est à cause de mon malaise ? Tu n’y es vraiment pour rien ! C’est injuste ! Quand est-ce qu’il va comprendre que je ne veux pas vivre avec lui ! Qu’il reste tranquille avec sa blonde et son gamin !

Je suis tellement énervée que j’ai repoussé la couette pour venir me placer près de ma mère.

- Ce gamin, c’est ton futur petit frère ou ta future petite sœur, et la blonde sera sa mère Sandrine, ne l’oublie pas, me signale-t-elle. Tu sais, ta majorité n’est pas si loin, là tu pourras choisir ce que tu veux faire, mais à ce moment là, tu seras une grande sœur ma chérie.

- Cela ne changera rien ! Je ne serais plus obligée de le voir et je n’irais pas de mon plein grès ! Pas après tout ce qu’il nous a fait…

- Ce qui s’est passé entre nous ne concerne que ton père et moi, me dit-elle durement. Je ne veux pas que tu te lance dans une guerre qui n’est pas la tienne, je suis assez grande pour m’opposer à mon ex-mari toute seule.

C’est la première fois que ma mère me demande de rester en retrait dans nos histoires de famille. Surprise, je la regarde et je comprends enfin ce que je n’avais pas vu jusque là : elle est devenue indéniablement plus forte qu’avant. Ce n’est plus la femme brisée d’il y a quelques mois…

 

22h45

            Après notre discussion avec ma mère, je n’ai plus envie de rester tranquille, l’énervement me fait tourner en rond dans la chambre. En plus de ne pas vouloir aller passer le week-end chez mon père, surtout sans pouvoir rentrer à la maison le vendredi, je ne supporte pas qu’elle puisse me dire que je ne suis pas concernée par ce qu’il s’est passé entre eux. Quand il est parti, il m’a abandonné moi aussi non ? J’ai le droit de lui en vouloir pour m’avoir laissé avec une femme qu’il avait brisée ! Je le déteste et rien ne me fera revenir sur mes sentiments.

            Lasse d’être enfermée dans ma chambre, j’ouvre la porte et marche dans le couloir jusqu’à la cuisine pour boire un verre d’eau. Des chuchotements me poussent à ne pas entrer tout de suite dans la pièce.

- Papa, il faut que j’y aille ! Sinon, tu sais ce qu’il va se passer, je vais devoir encore aller régler le problème à la gare !

Joshua semble assez nerveux, ce qu’il demande ressemble presque à une supplication.

- Fiston, tu es assez grand pour décider, seulement je m’inquiète, je n’ai pas envie de te retrouver dans la même situation qu’il y a quelques semaines, tu as ta propre vie à vivre sans te préoccuper de celle de quelqu’un qui n’est pas capable de s’assumer…

- Attends, tu sais de qui te parles là ? Je ne peux pas la laisser…

- J’irais te prendre des tickets de train pour le week-end prochain.

- Merci.

- Je pense que tu devrais en parler à Sandrine... lui suggère son père.

- Pourquoi ? réplique précipitamment mon petit-ami. Sans doute se demande-t-il si Daniel sait pour nous deux.

- Parce que la dernière fois, elle s’est vraiment inquiétée.

- Je ne veux pas la mêler à cette histoire, c’est trop sombre… Pourquoi l’inquiéter encore plus avec tout ça ? Déjà qu’Eve connait toute l’histoire, je pense qu’on ne devrait pas leur faire cadeau de notre passé empoisonné papa… Sandrine est si innocente que lui confier ça…

Son manque de confiance en moi me fait monter les larmes aux yeux. J’en ai trop entendu pour ne pas réagir :

- Et si moi je veux savoir ?

Ils me regardent tous les deux, surpris de ma présence, leurs mains entourant encore les tasses de café qu’ils faisaient semblant de boire. Torses nus, l’air angoissé, ils se ressemblent tous les deux. Un pli soucieux vient se dessiner sur le front de Joshua alors qu’il descend du tabouret haut du comptoir de la cuisine où ils sont installés. Sans même se soucier de la présence de son père, il vient essuyer mes larmes du bout des doigts :

- Mon ange, c’est bien trop compliqué…

- Je veux savoir !

- Je vous laisse, déclare Daniel en descendant à son tour de son tabouret.

- Non, l’empêche son fils. Nous allons dans ma chambre, ne te dérange pas.

 

22h50

            Joshua m’a fait asseoir sur son lit, et agenouillé devant moi, il semble attendre quelque chose. Ses yeux verts lisent quelque chose dans mon attitude que je ne comprends pas. Enfin, il se décide à prendre la parole :

- J’aimerais éviter de te mêler à tout ça mon cœur…

- Pourquoi ? Tu me fais confiance pour m’embrasser, dormir avec moi mais pas assez pour partager ça avec moi ? Pourquoi ne pas m’en avoir parlé avant ?

- Depuis combien de temps vivons-nous ensemble ? Quelques semaines… ce n’est pas si facile de s’ouvrir quand on a vécu dans des secrets toute sa vie.

Il baisse la tête et vient la poser sur mes cuisses. Mes doigts viennent naturellement se mêler à ses cheveux. Je me penche au dessus de lui pour murmurer :

- Et si tu me racontais et que cela devenait un secret entre nous ?

Il ne me répond pas tout de suite puis dans un souffle :

-  C’est comme ça depuis que je suis tout petit… elle a toujours été surprotectrice.

Joshua se relève pour se diriger vers la bibliothèque. Là, il attrape un livre et sort la photographie que j’ai déjà vu : celle de la grande femme et lui. Reprenant sa position devant moi, il me la tend.

- Ma mère et moi, il y a deux ans. Avant la séparation de mes parents. A l’époque, c’était déjà compliqué à la maison. Selon elle, j’étais un enfant fragile, alors je vivais dans un cocon… petit je n’allais pas à l’école, j’étais souvent enfermé à la maison…  Je ne m’en plaignais pas tu sais, quand tu es habitué à être l’enfant choyé, toujours occupé avec sa maman, tu ne comprends pas. Puis l’adolescence est arrivée, j’avais besoin de sortir, mon père m’a inscrit au collège et c’est là que tout a commencé. J’ai été hospitalisé pour choc anaphylactique après une sortie scolaire. Dans ma chambre d’hôpital, je les entendais se disputer en chuchotant pendant qu’ils croyaient que je dormais…

Ses yeux ont pris cette teinte qui signifie qu’il souffre, me raconter toute cette histoire ravive certainement des plaies males cicatrisées. Je me laisse glisser par terre pour me retrouver au même niveau que lui. Mes lèvres viennent touchées les siennes, tremblantes.

- Après ça, les disputes ne cessaient plus. Mon père me laissait des libertés que ma mère n’admettait pas. Il lui fallait me protéger à tout prix. Et puis un jour les disputes ont cessé, mon père n’en pouvait plus. Peu à peu, elle m’a de nouveau enfermé à la maison, sous prétexte que le lycée n’était pas adapté à ma santé… et moi j’y ai cru. J’ai perdu plusieurs kilo, je me suis coupé de mes amis, j’ai arrêté les cours. Mon père ne réagissait plus jusqu’au jour où il m’a supplié de partir avec lui. Je me considérais comme trop faible pour cela, alors il est parti… sans moi.

Des larmes roulent sur ses joues. Il a l’air d’un enfant, un tout petit perdu qui tend les bras vers moi d’un coup. Ses larmes coulent le long de mon cou pour se perdre sur ma poitrine. Sa voix étouffée continue sa narration :

- Je lui en ai tellement voulu de nous quitter, jusqu’à ce que je comprenne… Elle m’a enfermé dans la maison, un matin je me suis levé, j’ai juste voulu sortir pour prendre un peu l’air, mais tout était condamné : les portes, les fenêtres… J’ai mis deux semaines pour trouver un moyen de m’enfuir sans lui faire du mal. Alors j’ai rejoint mon père à Paris avec le peu d’argent que j’avais.

            Le jour où je vous ai rejoint, j’étais parti à Valencienne… si je ne vais pas la voir assez souvent, ma mère nous harcelle. Quand je n’ai pas pu venir te chercher, c’est parce qu’elle était dans un TGV pour Paris, alors je suis allé a la gare pour la convaincre de rentrer, seulement j’ai du lui promettre que je viendrais la voir. C’est pour ça qu’elle m’a appelé ce soir.

- Alors tu vas y aller ?

Il se recule un peu de moi, son regard croise le mien et il le baisse comme pour s’excuser :

- C’est ma mère Sandrine, je ne peux pas l’abandonner non plus…

- J’ai peur.

La pression de ses bras autour de moi se fait plus forte :

- Je te promets que je reviendrais.

 
 
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