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au 31 Mai 21 :
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L'Héritier
Par Natalea , Torajio
Harry Potter  -  Drame/Action/Aventure  -  fr
33 chapitres - Complète - Rating : T (13ans et plus) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 11     Les chapitres     47 Reviews    
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Allié

Chapitre by Natalea ;D

Bonne lecture !

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Pétrifié, Harry n'ose plus faire un seul mouvement. Son cœur martèle sa cage thoracique. Il peut sentir le sang battre contre son cou. Et la peur, l'adrénaline, qui explosent au creux de son ventre. La main de l'inconnu pèse toujours sur son épaule. Elle ne l'enserre pas, mais Harry sent qu'au moindre geste, elle se refermerait sur lui comme les mâchoires d'un requin sur sa proie.

L'inconnu le fixe, avec cet étrange sourire au coin des lèvres. Ni amical, ni menaçant, simplement... moqueur. Comme si cet homme vêtu de noir savait quelque chose, une chose qu'Harry ignore, et qui fend son visage de ce sourire narquois. Mais ce n'est qu'une façade. Ses yeux bleus demeurent froids. Coupants comme de l'acier. Ils ne le regardent pas, non. Ils le transpercent. À cet instant précis, debout au beau milieu de l'Allée des Embrumes, Harry ressent au creux de son âme la sensation d'être empalé au bout d'une lame. Il ne peut pas s'échapper.

L'homme se rapproche imperceptiblement de lui. Il sent la pluie, la poussière et la sueur. Ses cheveux trop longs, emmêlés, tombent en désordre devant ses yeux. Lorsqu'il parle, sa voix rauque n'est qu'un murmure :

- Ce n'est pas très prudent de vous promener ici à visage découvert, Harry Potter...

Le sang d'Harry se glace dans ses veines. Il a l'impression de tomber, que le sol se dérobe sous ses pieds, le précipitant dans l'abyme. Sa tension fait une chute vertigineuse, et il se sent vaciller. Serrant les poings, reprenant ses esprits, il relève sur l'inconnu un regard dur, rempli de défiance :

- Que voulez-vous ?

L'homme regarde autour de lui avant d'ancrer à nouveau ses prunelles dans les siennes :

- Pas ici.

Il tire Harry par le bras et l'entraîne dans une sorte de soupirail, un passage obscur qui ne doit pas faire plus d'un mètre de large, où les murs dégoulinant de crasse frottent contre leurs vêtements humides. Contraint de le suivre, Harry sent monter en lui un sournois sentiment de claustrophobie. La lumière disparait au fur et à mesure qu'ils s'enfoncent dans la toile visqueuse de l'Allée des Embrumes. C'est comme si les murs se refermaient sur eux-mêmes, les emprisonnant dans ce labyrinthe d'angoisse où le Mal régnait partout. Harry frissonne. Il se revoie, plus de vingt ans en arrière. La dernière épreuve du Tournoi des Trois Sorciers. Le labyrinthe plongé dans le noir. La peur qui se fraye un chemin, insidieuse, qui prend à la gorge, bloque la respiration. Tous les sens aux aguets. Les créatures, le froid, le silence infernal... Et enfin, Cédric. Le Trophée. Harry ne veut pas penser à ça. Il fixe un point, droit devant lui, et suit l'inconnu dans le dédale de l'Allée. Il n'a pas d'autre choix. Puisque de toute façon, derrière lui, les Embrumes se sont d'ores et déjà refermées.

Ils marchent longtemps, la respiration haletante, la main de l'inconnu emprisonnant le bras d'Harry dans sa poigne. Ils passent par des chemins dérobés, oubliés, dont Harry n'aurait jamais soupçonné l'existence au plein cœur de Londres. L'homme finit par l'attirer dans un corridor si étroit que la roche, de part et d'autre de son corps, comprime sa poitrine. Ils avancent en crabe, leurs vêtements raclant contre la pierre rêche. Enfin, ils émergent à l'air libre, et Harry reconnait l'impasse dans laquelle l'inconnu l'avait traîné à sa sortie du bar. C'est là qu'il vit, et le passage qu'ils viennent d'emprunter n'est ni plus ni moins qu'un mur en chevauchant un autre, dissimulant son secret aux regards indiscrets.

L'homme déverrouille la porte dérobée qui mène à son « antre » et s'efface pour le laisser entrer. Harry fixe le seuil avec méfiance. S'il entre, il n'est pas sûr de pouvoir ressortir...

L'inconnu perçoit son malaise et éclate de rire :

- Vous n'êtes pas directeur du bureau des Aurors pour rien...

Écartant un pan de sa cape élimée, il en sort une longue baguette faite d'un bois noir comme de la suie. Agile, il la fait tourner entre ses doigts et présente le manche à Harry.

Ce dernier le considère quelques secondes, puis il tend la main et s'empare de la baguette :

- Étais, lâche-t-il laconiquement.

- Pardon ?

Harry tourne le dos à l'inconnu et s'engouffre dans l'obscurité de la maison :

- J'étais directeur du bureau des Aurors.

L'homme demeure silencieux. Il entre à son tour et referme la porte derrière lui. Harry claque alors des doigts, et une douzaine de petites flammes incandescentes viennent d'elles-mêmes allumer les bougies. L'inconnu contemple le spectacle en silence. La magie sans baguette était une preuve de grande puissance. Une puissance dangereuse.

Quelques secondes s'écoulent dans un silence tendu. Harry se tient debout au milieu de la pièce. Comme un animal qui se sent menacé, comme un fauve blessé, ses yeux ne cessent de faire l'aller-retour entre l'inconnu qui l'a quasiment kidnappé et la porte de sortie.

Lentement, l'homme défait l'attache qui retient sa cape autour de son cou et fait quelques pas pour la poser sur la table. Harry recule :

- Vous n'avez rien à craindre, monsieur Potter, sourit l'homme. Rien à craindre de moi en tout cas.

- Qu'est-ce qui me le prouve ? rétorque Harry, tous les muscles de son corps tendus à l'extrême.

L'inconnu hausse les épaules :

- Si j'avais voulu vous dénoncer, je n'aurais pas pris la peine de vous amener ici. Le Ministère de la Magie est à deux pas de l'Allée des Embrumes. Choqué comme vous aviez l'air de l'être, je n'aurais eu qu'à vous assommer et à ramasser ma prime.

Harry fronce les sourcils :

- Votre prime ?

L'homme désigne l'un des innombrables papiers qui jonchent la table. Braquant fermement la baguette entre ses doigts, Harry fait le tour de la table et s'approche. C'est la Gazette du Sorcier. En première page, la photo de l'Élu sourit à son reflet, souvenir d'une époque où sourire avait encore un sens pour lui. Époque définitivement perdue. Enterrée avec Ginny, et avec ses enfants. En dessous de la photo, une série de chiffres en caractères gras lui sautent au visage. 5000 Gallions. L'inconnu dit vrai. Sa tête est mise à prix. 5000 Gallions... Voilà donc ce que vaut sa liberté ? La fortune que le Ministère est prêt à débourser, pour l'empêcher d'accomplir ce qui est juste...

- Je vous en prie, asseyez-vous.

La voix de l'inconnu a brisé le silence. Harry le fixe quelques instants, puis, sans vraiment savoir pourquoi, il obéit. Il tire une chaise de dessous la table et s'y laisse tomber avec un soupir, incapable de détacher ses yeux de son propre regard à la première page du journal.

Il a soudain l'impression qu'une chape de plomb s'effondre sur ses épaules. C'était comme si toute la fatigue, toute la tension des derniers événements qu'il s'était efforcé de contenir venaient soudain de se libérer comme un raz-de-marée. Le barrage de sa volonté se fissure, mais Harry ne peut pas se permettre de se montrer faible. Il se force à relever la tête et croise le regard dérangeant de l'inconnu. Bon sang, c'est comme être passé aux rayons X...

L'homme, comme pour le rassurer, ne le quitte pas des yeux tandis qu'il s'assoit en évitant tout geste brusque :

- Je sais que vous vous méfiez de moi, déclara-t-il. Je vous comprends. Un inconnu, qui débarque et vous emmène comme ça, sans dire un mot, alors que vous êtes l'homme le plus recherché du pays... Mais soyez assuré qu'ici vous êtes en sécurité. Personne ne vous a vu entrer, personne à part moi ne sait qui vous êtes. Et comme je vous l'ai déjà dit, si j'avais voulu vous vendre au Ministère, ce serait fait depuis longtemps. Les occasions ont été plus que nombreuses depuis la première fois où je vous ai vu dans ce bar.

Harry se fend d'un sourire narquois :

- L'argent ne vous intéresse pas ?

- Pas lorsqu'il est maculé de sang.

Harry dévisage l'inconnu, sans savoir quoi dire. Ce n'est pas la réponse à laquelle il s'attendait.

- Pourquoi m'avez-vous retenu ? demande-t-il finalement, et sa voix n'est qu'un souffle. Dans la rue, toute à l'heure...

L'homme soupire. Il ferme les yeux, se recule contre le dossier de sa chaise et rejette la tête en arrière :

- Je vous ai reconnu à l'instant même où vous êtes descendu de cet escalier en faisant semblant d'être en manque d'alcool. Vous étiez très convaincant d'ailleurs, ce n'est pas votre jeu d'acteur qui vous a trahi.

Il parle d'un ton désinvolte, celui d'un homme qui a vu trop d'horreurs depuis trop longtemps, si bien qu'il s'en est détaché. Cette froide indifférence est son barrage à lui, et il est infranchissable. Qui que soit cet homme, ou ce qu'il a pu être, tout est désormais enfoui dans les profondeurs de son esprit, derrière la barrière qu'il dresse contre le monde.

Pourtant, Harry ne ressent plus cette même méfiance à son égard. Cet inconnu se tient là, devant lui, totalement vulnérable et sans crainte. Au premier aperçu qu'il a eu de lui, Harry peut dire que c'est un homme de confiance. Il ne se l'explique pas, il le sent. Il peut aussi dire que c'est un homme dangereux. Un mélange qu'il vaut mieux avoir avec que contre soi.

L'inconnu reste dans sa position étrange, sans fixer Harry dans les yeux. Il sent le regard de l'Élu glisser sur chaque mouvement de sa respiration, analyser la moindre inflexion de sa voix pour tenter de déterminer à qui il a à faire. Il ne s'en préoccupe pas. Pressant une main contre ses yeux, il reprend :

- Comme je vous l'ai déjà dit hier, j'ai compris que vous recherchiez Travers en particulier quand je vous ai vu rejeter les noms que ces trois hommes vous proposaient. Vous vouliez savoir où vous pourriez le trouver, et j'ai décidé de vous mettre sur une piste. Je ne me doutais pas que vous fonceriez tête baissée...

Harry fronce imperceptiblement les sourcils :

- Les gens qui me connaissent savent que j'ai tendance à foncer tête baissée.

L'inconnu écarte sa remarque d'un signe de la main. Puis il relève brusquement la tête, et braque sur lui son regard impénétrable :

- J'ai appris ce qui est arrivé à votre famille, dit-il. Ce qu'on vous a obligé à faire... Je suis sincèrement désolé.

Harry ne sait pas où il trouve la force de garder la tête haute, mais il la trouve. Peut-être dans les eaux trop claires de ces iris insondables :

- Je vous remercie, répond-il.

Il trouve la situation particulièrement absurde. Lui, Harry Potter, récemment devenu l'homme à abattre par n'importe quel moyen, parle du meurtre de sa famille avec un parfait inconnu au beau milieu de l'Allée des Embrumes. N'importe quel être saint d'esprit se serait levé de cette chaise et serait parti le plus loin possible de cette masure qui sentait le moisi et la terre battue. Pourtant, Harry sent que c'est là désormais que se trouve sa place. C'est là qu'il doit être.

- Vous n'avez pas répondu à ma question, reprend Harry. Pourquoi m'avez-vous retenu ? Qu'est-ce que vous faisiez là, vous me suiviez ?

- Absolument.

Harry le fixe longuement. On ne l'a pas habitué à autant de franchise.

- Je n'ai pas parlé de ce qui est arrivé à votre famille pour rien, monsieur Potter, déclare gravement l'inconnu. Quand je vous ai vu dans ce bar à la recherche de Travers, un ex-Mangemort, alors que la moitié des Aurors d'Angleterre est à vos trousses... Il ne m'a pas fallu bien longtemps pour faire la connexion. Quelqu'un a dû vous apprendre que Travers était mêlé d'une façon ou d'une autre à l'assassinat de votre famille. En tant que directeur du bureau des Aurors, vous saviez que Travers avait commencé à ses débuts en tant que revendeur d'absinthe. Fraîchement libéré, vous vous êtes naturellement dit qu'il avait dû retourner à ses premières habitudes, histoire de se faire un peu d'argent sans attirer l'attention, et vous aviez parfaitement raison. Seulement, voilà ce que je crois. Lorsque vous avez vu Travers, dans cette ruelle... Cette ordure, le responsable de la mort de votre femme... Vous n'avez pas pu vous retenir. Lorsque je suis arrivé, vous vous apprêtiez à le suivre et à entrer dans cette maison. J'avoue que je ne me trouvais pas là par hasard. Je vous suivais, par simple curiosité. Je constate aujourd'hui que j'ai eu raison de le faire.

Harry plisse les yeux de mépris :

- Pourquoi ? Vous faites partie de ces lâches qui prétendent me refuser mon droit de me venger ? Vous n'avez pas vu ce qu'il m'a forcé à leur faire ! C'est moi qui les ai tués, de mes mains ! À cause de lui !

Harry avale sa salive difficilement. Il halète. Son hôte attend qu'il se calme, puis il se redresse et se penche légèrement sur la table, amenant son regard hypnotique au même niveau que le sien :

- Vous n'y êtes pas du tout,dit-il, intense. Je suis parfaitement d'accord avec ce que vous venez de dire. Travers est une immondice de la pire espèce, un ancien Mangemort qui a pris je ne sais combien de vies, et qui continue encore à en détruire aujourd'hui... J'assiste aux ravages qu'il commet jour après jour. J'ai au moins autant de raison que vous de vouloir sa mort. Une mort...lente, si vous voyez ce que je veux dire.

Il le fixe sans ciller, de ses yeux inquiétants :

- Alors pourquoi ne m'avez-vous pas laissé faire ? demande Harry, perdu. Je ne comprends pas...

- Parce que la maison dans laquelle vous vous apprêtiez à entrer est surnommée le Repère du Diable. Ce n'est pas une demeure, c'est une sorte de club où se réunissent tous les anciens Mangemorts libérés par le Ministère ces dernières années.

Harry prend appui sur la table, une main soutenant son front :

- Je n'ai jamais été mis au courant de ces libérations... Pourquoi le Ministère relâcherait-il les Mangemorts ?

- Corruption. Erreurs administratives. Dossiers qui disparaissent... Il y a beaucoup d'argent à se faire dans la « libération de Mangemorts », vous savez.

- Non. Le système n'est pas corrompu.

- Vraiment ? C'est pourtant lui qui vous a arrêté et condamné, sans prendre la peine d'analyser toutes les preuves, sans vous offrir un procès honnête. C'est à cause de lui que vous êtes en fuite aujourd'hui.

Harry ouvre la bouche sur une répartie qui ne vient pas. Une petite voix insidieuse lui souffle en lui-même : « Il a raison... ».

- Je vous ai sauvé la vie en vous empêchant d'entrer dans cette maison.

Harry relève les yeux sur l'inconnu :

- C'est une demeure qui grouille de Mangemorts, dit-il, vous vous seriez fait tuer deux secondes après avoir liquidé Travers. Or je doute fort qu'il soit à l'origine de la mort de votre famille.

- Barjow a dit que c'est lui qui a acheté le Furosensis qui m'a... fait perdre la tête.

- C'est donc Barjow que vous avez interrogé ?

- Oui.

Harry ne sait pas pourquoi il raconte tout cela à cet homme. Il a décidé de ne plus se poser de questions :

- Travers a probablement agit sur les ordres de quelqu'un.

- Ça je le sais, répond sèchement Harry. Je voulais l'interroger avant de le tuer.

- Dans cette maison, vous n'en auriez jamais eu le temps.

Harry pousse un long soupir. Croisant le regard de l'inconnu, il demande :

- Que dois-je faire alors ?

L'homme le dévisage quelques secondes et un sourire inquiétant se dessine sur ses lèvres :

- Je peux vous aider à le coincer.

Harry hausse les épaules :

- Pourquoi feriez-vous ça ?

- Je vous l'ai dit. Travers et moi avons quelques petits comptes à régler nous aussi... Et comme vous l'avez si bien dit, personne ne peut vous retirer le droit de venger les êtres qui vous sont chers. Surtout pas un système qui vous a sacrifié sur l'autel du pouvoir.

Pour la première fois depuis sa rencontre avec l'homme aux yeux pâles, Harry sourit :

- Quel est votre nom ? demande-t-il. Enfin, le nom que vous voulez que je vous donne...

Les yeux de l'inconnu brillent d'un éclat étrange. Comme de la complicité :

- Dans le milieu, on m'appelle Ethan, répond-il.

- Et je suppose que c'est simplement « Ethan » ?

L'homme sourit :

- Ethan Yale.

Instinctivement, sans qu'ils aient à se concerter, Harry et Ethan se serrent la main.

L'Élu vient de se faire un allié.

 

 

 
 
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