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au 31 Mai 21 :
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Paix, Force et Sagesse
Par Kalhan
Eragon  -  Romance/Action/Aventure  -  fr
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    Chapitre 31     Les chapitres     4 Reviews    
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Retrouvailles mouvementées

31) Retrouvailles mouvementées

 

 

Il courait depuis des jours, ne s’arrêtant que quelques heures, le temps de dormir et d’avaler de quoi tenir jusqu’à son prochain arrêt. En vérité, il avait perdu le compte des jours depuis qu’il était partit, sans eux il n’aurait jamais pu. S’il l’avait voulu, il aurait pu soigner les blessures dû à sa récente captivité mais, il se contentait de les nettoyer pour éviter tout risque d’infection et de continuer à courir. Il les savait à ses trousses, il ne se rendrait pas, il approchait de la Crête, là, dans les contreforts, près de son village natal, il les perdrait et les tuerai un à un. Il regarda une énième fois en direction de sa hanche droite, un petit sac y pendait et remuait au rythme de sa course. Il sourit, il restait un espoir de vaincre même si elle, elle n’était plus de ce monde, même s'il ne pourrait plus jamais sentir le goût ou la douceur de ses lèvres, même s'il ne pourrait savoir avec certitude si oui ou non le Yawë leur étaient destiné. Une nouvelle vague de douleur déferla sur lui, les larmes lui montèrent aux yeux, il avait envie de hurler, hurler comme un animal blessé que l’on traque sans relâche. Il ne se donna pas ce luxe, il les tuerait jusqu’au dernier, tout ceux qui étaient –à ses yeux- responsable de la mort de la femme de ses rêves et de sa vie. Il commencerait par les soldats de Galbatorix, un par un avec toute sa haine et son dégoût, il n’avait plus rien à perdre, il affronterait le Roi sans avoir peur de la mort mais en l’accueillant comme une fidèle alliée. Il vaincrait le Wyrdfell mais d’abord, il lui ferait payer ses crimes. La rage déferla en lui, effaçant toute trace de douleur, lui donnant la force qui lui manquait pour résister et avancer encore. Bien sûr, il était conscient du fait qu’il ne pourrait pas se servir uniquement de sa rage et de sa peine pour avancer pendant très longtemps. Il emprunta un sentier tracé par des animaux sauvage, il le connaissait si bien qu’il ne jetait que de vague coup d’œil de temps à autre sur le chemin, il savait où il allait. Il savait ce qu’il faisait. La fatigue le stoppa net, ses jambes cessèrent de lui obéir et il tomba au sol, il ne pouvait plus bouger, ses muscles étaient tétanisés et il souffrait le martyr. Il fallait pourtant qu’il continu, la clairière était proche, s'il était rattrapé par les soldats du Roi, il fallait que le sac mais surtout son contenu, soit en sécurité. Il n’y parviendrait que d’une façon, il se mit à genoux avant de se relever avec d’énormes difficultés. Dans son esprit, il ne marchait plus vers la clairière où il s’était un jour réveillé et avait frôlé la mort avec la princesse des elfes, mais il marchait en direction d’Arya, elle était là, face à lui, les bras tendus vers lui. Il tendit une main devant lui, il grogna de douleur et avança, un pas après l’autre. Il lui semblait que chaque pas qu’il faisait le rapprochait un peu plus d’elle.

 

-         Arya.

 

Sa voix résonna à ses oreilles pour la première fois depuis qu’il avait quitté les geôles de Galbatorix, elle était dure, rauque, elle n’était plus du tout celle qui avait résonné à ses oreilles tant de fois depuis des années. Il déboucha enfin dans la clairière et dans un ultime effort parvint à son centre, là, il s’effondra avec un gémissement de douleur, dans son dos, les bruits de pas se rapprochaient. Il n’aurait su dire combien de personnes étaient à ses trousses, il avait mal, tellement mal. Ses idées devenaient floues, il ne parvenait plus vraiment à faire la différence entre ce qui était réel et ce qui ne l’était pas. Dans un dernier sursaut de lucidité, il creusa un trou dans le sol avant d’y déposer le sac, il le reboucha et, lança un sort pour qu’aucune différence ne soit visible entre le trou qu’il venait de recouvrir et, le reste de la clairière. Sa respiration devenait plus difficile à chaque seconde. Il était allongé sur le trou, il serrait tendrement la femme de sa vie dans ses bras. Un bruit léger se fit entendre non loin de là, le bruit feutré, que produisaient les elfes en atterrissant souplement sur le sol après avoir sauté d’une branche, il tourna la tête dans cette direction mais ne vit rien. Peu à peu, tout devenait noir. Un mot dissipa légèrement les ténèbres avant que celles-ci ne l’engloutissent.

 

-         Eragon !

 

 

…………………………………………………………………………………….

 

 

Elle s’était assoupie sur une branche d’un des nombreux pins qui peuplaient la Crête, tout à coup, un mot, un seul la tira de son sommeil.

 

-         Arya.

 

Elle connaissait cette voix, elle était pourtant si différente que celle qui avait autrefois résonnée à ses oreilles, si dure, grave et rauque, c’était la voix d’un homme détruit, ravagé à la fois par la douleur et le chagrin. Une larme coula le long de sa joue, elle devait rêver, c’était impossible. Galbatorix avait contacté Murtagh alors qu'elle était suffisamment proche pour entendre, le Roi avait capturé l'espoir des Vardens. Il s’était sacrifié pour protéger sa dragonne. Et voilà qu’elle entendait sa voix, brisée certes, mais sa voix. Elle savait ce qu’il avait dû subir à Urû’baen, non, ce qu’il devait subir à Urû’baen, puisqu’il y était toujours. Elle ne pouvait se permettre d’espérer en vain, elle partirait le délivrer avec l’aide de Saphira et celle de Selena, mais il fallait rester cacher encore un peu. Des bruits de pas se faisaient entendre, elle ne tenta pas d’étendre son esprit, quelque chose lui soufflait que c’était inutile. Les pas de cet homme devaient lui coûter énormément car, ils étaient lourds et la respiration de l’homme sifflante, difficile, des gémissements de douleurs lui échappait parfois. Elle ne parvenait pas à le voir depuis sa branche. La princesse voulut descendre pour voir de qui il s’agissait lorsqu’elle entendit des bruits de pas un peu plus éloignés et feutrés, cet homme était suivit par un elfe. Elle se concentra sur les sons qui l’entouraient, un elfe aurait à coup sûr reconnu sa conscience et, elle ne pouvait se permettre d’être découverte, tout leur plan reposait sur l’effet de surprise. D’abord, elle n’entendit que les bruits normaux de la nature, une branche gémissant sous le poids d’un écureuil, le vent soufflant dans les branches. A tous ces sons s’ajoutait aussi ceux fait par l’homme et l’elfe qui le suivait. Puis, des bruits un peu plus lointain mais bien plus inquiétant, une douzaine de personnes avançaient dans la forêt, vêtue de leur armure au bruit de métal qui les annonçait. Elle contacta l’esprit de ses deux seules alliées avant de sauter de branche en branche en direction de la clairière, la jeune femme était aussi discrète et silencieuse que les écureuils.

 

« - J’arrive, surtout ne te bat pas tant que je ne suis pas arrivée, mon petit homme ne me pardonnerait pas. D’ailleurs, je le sens tout proche. »

 

« - Bien, j’arrive laisse m’en quelques-uns, je les ferai parler. »

 

La jeune femme n’émit pas le moindre commentaire, Saphira venait de dire que son dragonnier était proche et Arya était convaincue d'avoir entendu sa voix, ce ne pouvait pas être une coïncidence. Elle se hâta en direction de la clairière, elle entendit à nouveau cette voix murmurer quelques mots dans sa langue natale, bien qu’elle ait reconnu sa langue, il ne parlait pas assez fort pour qu’elle comprenne ce qu’il disait. Puis, elle le vit, elle pouvait reconnaître son visage même là, il était maculé de boue, de poussière, de sang et de sueur. Il était aussi plus maigre, creusé par le manque de nourriture et les mauvais traitements qui lui avaient été infligés. Sur ses joues, on pouvait voir les traces qu’avaient laissées les larmes qu’il avait laissé couler. Elle sauta de sa branche avec agilité, elle put le voir tourner la tête dans sa direction, il ne sembla pas la voir, elle s’exclama alors.

 

-         Eragon !

 

Il ne répondit pas, ne réagit pas à son appel, elle se demanda un instant s'il était mort ou s'il était seulement inconscient. Elle se mit à courir et se laissa tomber à genoux aux cotés de celui qui ne quittait jamais ses pensées. Là, elle caressa son visage, ses cheveux, puis, descendit le long de sa poitrine qui se soulevait de façon irrégulière et laborieuse. Elle lança un sort pour tenter de connaître l’étendue des dégâts. Elle poussa un soupir de soulagement en constatant qu’il était épuisé et que ses jours n’étaient pas en danger, les blessures dû aux tortures qu’il avait subi l’avaient affaiblit et, il était allé au bout de ses forces.

 

- Réveille-toi Eragon, je t’en prie.

 

Elle n’avait pu s’empêcher de le supplier ainsi bien qu’elle sache pertinemment qu’il ne se réveillerait pas sur sa simple demande. La froideur du métal caressa sa nuque, lentement, elle se releva et se tourna vers la personne qui avait osé la menacer de sa lame. L’homme retira aussitôt la lame de la gorge de la jeune femme, il laissa l’épée tomber au sol et Arya put apercevoir une main qui la rattrapait avant qu’elle ne touche le sol.

 

-         C’est un allié, je le jure, Arya tu m’entends.

 

Il s’était réveillé plus vite qu’elle ne l’avait pensé, elle savait que Saphira fouillait la mémoire de son dragonnier. Il venait de lui parler en ancien langage, cet homme était donc un allié mais, pour qui ? Galbatorix et ses hommes de main ? Ou pour la princesse, les elfes, les Knurlans et les Vardens?

 

« - Il dit vrai, et il n’a pas trahit. »

 

Elle poussa un soupir de soulagement et d’un geste demanda à Selena de laisser l’homme qui lui faisait face en paix. La dragonne saphir atterrit à côté de son dragonnier et le poussa légèrement du museau. La princesse comprit qu’elle lui transmettait de l’énergie quand elle vit la respiration du jeune homme devenir normale, il se leva peu de temps après en s’appuyant sur le cou de sa dragonne. Il enserra la tête de la dragonne à l'aide de ses bras, le regard saphir de la dragonne ne quittait pas celui -noisette- de jeune homme. Ils parlaient, au bout d'un long moment, il se tourna vers la jeune femme.

 

-         Arya ?

 

Elle ne répondit pas, elle se tourna vers lui et approcha lentement, elle le vit suivre chacun de ses gestes du regard, elle le vit tendre la main pour prendre la sienne lorsqu’elle fut assez proche. Elle le laissa la prendre dans ses bras, respirer son parfum, caresser ses cheveux. Elle se serra contre lui, déposa quelques baisers dans son cou, remonta jusqu’à son oreille.

 

-         Tu peux marcher ?

 

Son souffle se faisait de plus en plus court et rapide, le dragonnier embrassait sa gorge avec douceur, il remonta le long de sa gorge puis de sa mâchoire jusqu’aux lèvres de l’elfe. Ils s’embrassèrent avec douceur pendant un long moment.

 

-         Oui, je te suivrai où que tu ailles.

 

Ils n’échangeaient que de brefs murmure, ils étaient bien trop occupés à se retrouver pour parler. Elle saisit la main du jeune homme et l’entraîna à sa suite, elle ne lâcha sa main que lorsqu’ils furent seuls dans la clairière où le dragonnier avait modifié la cabane. La princesse y était revenue souvent, elle y avait modifié quelques autres choses, en souvenir de ce jour où elle avait enfin comprit. Les bourgeons des arbres environnants s’ouvrirent, les fleurs montraient leurs plus beaux pétales. Saphira, Selena, l’homme étrange, la douzaine de personnes en armure, plus rien n’avait d’intérêt, plus rien en dehors du jeune homme. Ils approchaient peu à peu de la cabane, leurs baisers se faisaient un peu plus brutaux et passionnés, toute volonté quittait peu à peu la princesse, une seule chose occupait son esprit, retrouver le jeune homme. Elle parvint à le repousser au prix d’un effort considérable. Elle se sentit soudain désarmée face au regard que lui lançait le dragonnier.

 

-          Laisse-moi soigner tes blessures.

 

-         Non, c’est inutile, je suis en pleine forme.

 

-          Répète-moi ça en ancien langage. Et puis, comment peux-tu être sûr que ce n’est pas un rêve ?

 

-         J’ai appris à faire la différence entre les rêves et la réalité, même s’il s’agit de rêves créés par magie, tu es donc vivante.

 

-         Oui, grâce à Murthag. Mais, tu ignores ma demande.

 

-         Tu tiens absolument à me soigner ?

 

-         Oui.

 

-         D’accord, allumons un feu, je te fournirai l’énergie nécessaire, inutile que tu t’épuises, d’autant que je préférerais que nous puissions prendre le temps de nous retrouver.

 

La jeune femme esquissa un sourire avant de se lever et de préparer du bois pour le feu. Elle aurait volontiers arrêtée de préparer le foyer pour passer un moment à retrouver le jeune homme. Mais, elle voulait absolument le soigner avant, bien qu’elle ignora d’où lui viendrait l’énergie qu’il lui fournirait, elle lui faisait confiance sur ce point. Une fois le feu allumé, le dragonnier se mit torse nu et, la jeune femme frissonna en voyant les blessures qu’il gardait des séances de tortures que le Roi lui avait fait subir. Son dos était encore couvert de plaies sanglantes -qui avaient dû avoir du mal à cicatriser à cause du voyage. Sur son torse, de fines cicatrices rouges et gonflées se croisées. Chacune avait été placée à un endroit des plus sensibles du corps de l'homme. Elle s’approcha de lui, il posa sa main sur son épaule et elle commença à le soigner – la main du dragonnier ne resta pas longtemps en place. Les flammes se tintèrent de saphir, un court instant, avant qu’elle ne sente un flux d’énergie considérable lui être transmit par le jeune homme. Une fois sa tâche achevée, elle sentie le dragonnier lui transmettre l’énergie nécessaire pour qu’elle recouvre ses forces. Elle se serra contre le torse de son compagnon, il déposa quelques baisers le long de son cou, elle se détendit. Arya se leva et s’allongea dans la cabane, Eragon la suivit et la serra contre lui. Leurs lèvres se frôlèrent à nouveau, un léger sourire apparut sur les lèvres de l'elfe lorsqu'elle songea que cette fois-ci, Lupusanghren ne les dérangerait pas. La nuit leur appartenait, personne ne viendrait les déranger.

Elle se réveilla, elle avait froid. Le jeune homme qui aurait dû se trouver dans son dos, n’y était pas. Elle se demanda un moment si elle n’avait pas rêvé ces moments magiques, cette nuit fabuleuse. Elle s’habilla rapidement et sortit de la cabane. Là, elle le vit assit sur le sol, torse nu, le regard perdu dans les flammes. Ses jambes étaient repliées contre son torse, il les entourait de ses bras, la tête posée sur ses genoux. Elle prit une couverture et la posa sur ses épaules. Elle sentait l’esprit du dragonnier dans le sien comme s’il avait oublié de le séparer du sien. Des idées noires envahissait le jeune homme, elle connaissait ces pensées, elle savait aussi qu’elle ne pouvait pas l’aider à se tirer de ces idées-là. Au bout d’un long moment, les pensées du jeune homme se calmèrent, il se détendit et reprit conscience de ce qui l’entourait. La jeune femme assistait presque en direct à l’évolution de ses pensées. Ses idées noires disparurent peu à peu, remplacée par un océan de gratitude et de calme. Il tourna la tête vers elle et sourit. Elle attendit calmement, se demandant pour quelle raison elle avait l’impression que la façon dont leurs esprits étaient liés était totalement différente de ce qu’elle avait connu jusque-là. De nombreuses questions se bousculaient dans son esprit. Il la serra contre lui avec une tendresse infinie, elle se détendit, se délectant de l’instant présent, sentant à travers le lien qui les unissait ce que lui ressentait. Elle ferma les yeux, se remémorant la nuit qui s’était écoulée. Très vite elle comprit que le jeune homme suivait le fil de ses pensées et un sourire léger se dessina sur ses lèvres.

 

-         Tu devrais peut-être dormir quelques heures supplémentaires.

 

Il lui sourit en retour avant de déposer quelques baisers dans le cou de la princesse des elfes.

 

-         Je ne suis pas fatigué et puis, j'ai pris la mauvaise habitude de me réveiller à toute heure, pour un oui, pour un non.

 

Elle grimaça, elle aussi avait connu ce « dérèglement » celui qui survenait lorsque les tortures survenaient à n'importe quelle heure du jour comme de la nuit. Il ignora sa grimace et l'embrassa avec douceur. Dans l'esprit de l'elfe apparurent alors quelques images pour le moins explicite sur ce que comptait faire le dragonnier. Alors qu'il fuyait son regard et rougissait jusqu'à la pointe de ses oreilles légèrement pointues. Le sourire de la jeune femme s'élargit. Aucun d'eux n'était habitué à cette proximité mentale. Une explication frôla alors l'esprit de l'elfe.

 

« - Serai-ce le Yawë? »

 

Le cœur de la princesse          accéléra, son sourire disparu. Elle avait tant espéré qu'il serait bel et bien celui à qui elle serait liée pour la vie et voilà que ça se réalisait.

 

« - Je le crois. »

 

Il l'embrassa d'abord calmement puis avec de plus en plus de fougue. Elle répondit au baiser du jeune homme avec passion. Il la serra contre lui et la porta jusqu'à la cabane, la nuit n'était pas encore terminée pour eux.

 

 

.................................................................................................................................

 

 

Le jeune homme s'éveilla alors que le soleil apparaissait à l'horizon. Il se sentait pleinement détendu, Arya était blottie contre son torse. Il observa la jeune elfe pendant un moment, il aimait la voir dormir. Elle était si belle, si calme. Son visage détendu, un léger sourire se dessina sur ses lèvres fines et ses yeux s'ouvrirent. Il se pencha sur elle et avant même qu'elle n'ait eu le temps de parler, il déposa un doux baiser sur ses lèvres. L'elfe prolongea le baiser et lorsque leurs lèvres se séparèrent, elle s'écarta légèrement de lui, un sourire aux lèvres.

 

-         Bien dormit princesse ?

 

-         Très bien oui. Et toi dragonnier ?

 

Il sourit, un léger sourire ressemblant davantage à une grimace.

 

« - Ma princesse aurait peut-être était préférable ? En tout cas, j'ai passé la plus belle nuit de ma vie »

 

« - Oui, peut-être... Il va falloir te faire pardonner maintenant... »

 

Eragon fronça les sourcils, il ne comprenait pas. Soudain la lumière se fit dans son esprit et son sourire s'élargit. Le regard de la jeune femme se fit plus brillant et leurs lèvres se frôlèrent à nouveau. Alors que le dragonnier s'allongeait sur la princesse, un rugissement déchira le silence et l'esprit des deux amants.

 

« - Eragon! »

 

Le jeune homme poussa un grognement qui fit sourire Arya, exaspéré il s'écarta de la princesse et commença à s'habiller.

 

« - Oui Saphira? Que puis-je pour toi? »

 

« - Cesser de m'empêcher de savoir ce que tu es en train de faire. Et grimper sur mon dos, ainsi tu seras plus vite à la clairière. Tu dois éclaircir pas mal de choses et nous avons de la visite. »

 

La dragonne atterrit devant la cabane, le jeune homme en sortit et se dirigea vers elle. La reine des cieux renifla son dragonnier pendant quelques secondes.

 

« - Tu as une drôle d'odeur petit homme. On dirait celle de... »

 

Elle ne termina pas sa phrase, la princesse des elfes venait de sortir de la cabane. Ses cheveux étaient encore emmêlés et elle terminait de boutonner sa chemise. Un léger sourire flottait toujours sur ses lèvres lorsqu'elle s'arrêta à côté du jeune homme.

 

« - Tu n'as quand même pas fait ça! »

 

Arya recula de quelques pas impressionnée par la réaction de la dragonne saphir.

 

« - Saphira, qu'est-ce qu'il y a? Pourquoi n'aurais-je pas dû faire ça? »

 

Saphira grogna et plongea ses prunelles de la couleur du saphir dans les émeraudes du regard de la princesse.

 

« - Si tu lui fais du mal tu auras à faire à moi. »

 

Elle se tourna à nouveau vers le jeune homme.

 

« - Vous auriez pu attendre un peu tout de même... »

 

L'elfe éclata de rire et Eragon ne mit pas longtemps à l'imiter. Bientôt, le rire de la grande dragonne résonna aussi à leurs oreilles.

 

« - Vous montez sur mon dos maintenant? Ce sera plus rapide. »

 

-         Pas tout de suite, j'ai encore quelque chose à faire.

 

L'elfe le dévisagea sans comprendre et il lui sourit.

 

-         J'aurais dû te le dire plus tôt... Tu te souviens de l'elfe qui me suivait?

 

Elle s'en souvenait très bien et il le savait parfaitement. Il pouvait voir dans ses yeux la question qu'elle ne formulait pas. Il attendit, il ne savait pas quelle serait sa réaction.

 

-         Qui est-ce Eragon?

 

-         Eh bien, j'aurais dû te le dire plus tôt je sais mais...

 

-         Eragon! Qui est-ce? Dis le moi maintenant!

 

Désormais, ses yeux brillaient de colère et le jeune homme du se retenir de reculer.

 

-         Ton père.

 

La princesse pâlit et le regarda dans les yeux. Toute colère envolée, elle se jeta dans les bras du dragonnier qui s'attendait à tout sauf à ça. La princesse attrapa une longue cape à capuchon et cacha son visage. Ils montèrent sur la dragonne.

 

« - Va doucement, on n’a pas de selle... »

 

« - C'est sûr que devoir soigner Arya te dérangerait énormément... »

 

Il ne répondit pas, la dragonne avait raison même s'il ne voulait pas l'avouer. La jeune femme était montée à l'avant de la selle. Les bras du jeune homme serraient sa taille avec douceur, son regard se perdit dans les nuages et ses pensées se firent plus salaces. Il lança un regard en direction du sol, là entre les arbres bons nombre de soldat avançait. Il ne révéla rien à la princesse de peur -ou plutôt pour profiter encore un peu d'elle- de l'inquiéter. Un peu avant qu'ils n'atterrissent Arya rabattit le capuchon sur son visage de façon à ne pas être reconnue. Ils sautèrent du dos de la dragonne et le jeune homme rattrapa l'elfe par le bras alors que ses jambes cédaient sous son poids. Ils se figèrent en voyant le comité qui les attendait. Les douze elfes envoyés par Islanzadi pour protéger le dragonnier et sa dragonne, trois nains autant d'urgals et six humains. Tous portaient une armure. Eragon s'avança vers le centre de la clairière mais Lupusanghren se mit en travers de son chemin épée au clair. Il posa sa lame sur la gorge du jeune homme qui se figea et lui lança un regard noir. Arya dégaina elle aussi son épée et se mit en garde. Il allait parler tout en avançant vers son but mais Lupusanghren l'en empêcha.

 

-         Bravo, tu as trouvé un garde du corps. A moins que ce ne soit un petit cadeau de la part du Roi pour nous avoir trahis.

 

Le dragonnier se raidit, sentir la lame posée sur sa gorge ne le gênait pas vraiment. L'insulte en revanche le piquait au vif -plus pour Arya que pour lui d'ailleurs.

 

-         Ne parlez pas sans savoir Lupusanghren et laissez-moi passer.

 

-         Non, aucun traître ne doit approcher.

 

-         Croyez-vous vraiment que Saphira n'a pas vérifié ma mémoire? Croyez-vous que si j'avais trahit elle aurait accepté de me laisser monter sur son dos?

 

La colère était perceptible dans la voix du dragonnier qui peu à peu perdait son sang-froid. Arya glissa sa main dans celle du jeune homme. Celui-ci sourit en se souvenant de la nuit écoulée, de leurs mains entrelacées, une soudaine envie d'embrasser la princesse le prit. Et les elfes ne manquèrent pas de le remarquer.

 

-         Vous n'avez pas mis bien longtemps à oublier Arya.

 

Piqué au vif, le jeune homme saisit la lame de l'elfe, le désarma et posa l'épée contre sa gorge. Lupusanghren recula lentement, il était d'une pâleur cadavérique. Avait-il peur de la colère du dragonnier? Regrettait-il ses paroles? La princesse posa sa main sur le bras du dragonnier qui baissa son arme. Elle se tourna ensuite vers les elfes et laissa tomber son capuchon.

 

-         Il m'a oublié vraiment?

 

Les elfes s'empressèrent de la saluer selon le protocole et s'inclinèrent. Elle leur lança un regard peu amène et avança en compagnie du jeune homme vers le centre de la clairière. Là, il s'agenouilla et leva le sort qu'il avait lancé la veille, il creusa à nouveau la terre jusqu'au petit sac qu'il récupéra. Arborant un sourire encore plus large. Quelque chose avait changé avec l'œuf, il ne savait pas quoi mais il pouvait le sentir.

 

-         Qu'est-ce que c'est Shur'tugal?

 

Pour toute réponse, il glissa sa main à l'intérieur du petit sac et en sortit une immense pierre de la couleur émeraude.

 

-         C'est incroyable. Comment?

 

-         Petit cadeau de mon frère pour ne pas avoir cédé au Roi.

 

La princesse sourit et tendit timidement la main en direction de l'œuf. Sa main tremblait, on eut dit qu'elle hésitait. Elle la suspendit au-dessus de la pierre que le dragonnier tenait entre ses mains. Elle interrogeait le jeune homme de ses yeux dont la couleur était si proche de celle de la pierre. Elle ne savait pas si elle devait, si elle pouvait. Il acquiesça et attendit. A peine la main de la princesse eut-elle frôlée la pierre que celle-ci réagit. L'œuf se mit à bouger, des cris étranges résonnèrent. La reine des cieux décolla, Arya regarda l'œuf avec surprise. A la lisière de la clairière deux silhouettes venaient d'apparaître. Des fissures apparurent à la surface de la pierre. Soudain, la tête d'un petit dragon émeraude. Elle effleura la petite tête du dragonneau et tomba en arrière. Eragon  s'y attendait déjà, il posa rapidement le jeune dragon au sol et attrapa la princesse avec adresse, elle reprit rapidement connaissance. Avant qu'elle ne frotte la Gedweÿ Ignasia qui apparaissait lentement au centre de sa paume, il emprisonna sa main dans la sienne. Elle sourit, il sentait les pensées qui se bousculaient dans l'esprit de l'elfe. Il sentit l'esprit du dragonneau à la lisière du sien. Le petit être sauta sur les genoux de la jeune femme et Eragon en profita pour l'observer plus attentivement. De minuscules piquants se dressaient sur le dos de la petite créature émeraude, des crocs dépassaient de sa bouche. Ses yeux semblable à deux émeraudes liquides observaient tout, et brillaient d'intelligence.

 

-         Merci.

 

« - Saphira où es-tu? »

 

Les yeux levés en direction du ciel, il cherchait sa dragonne. Elle apparut quelques secondes plus tard, et se posa près du dragonneau qui ne la quittait pas des yeux. Elle posa un lapin devant le jeune dragon qui s'empressa de le déchiqueter à l'aide de ses dents et des griffes de ses pattes. La princesse semblait encore sous le choc -tout comme toutes les personnes présentent.

 

-         Tu ne saurais pas où sont passés mes sacs de selles? Je viens de comprendre quelque chose.

 

Une des silhouettes s'avança et déposa les sacs devant le dragonnier, un capuchon empêchait de voir son visage. Lupusanghren -qui n'avait toujours pas récupéré son épée- reprit une attitude agressive.

 

-         Qui êtes-vous tous les deux?

 

La silhouette qui se trouvait au centre de la clairière laissa son capuchon tomber. La Main Noire se trouvait debout devant eux, parfaitement calme, elle lançait aux elfes un regard de défi. Arya posa une main sur l'épaule de la femme.

 

-         Merci de les avoir amenés.

 

La Main Noire acquiesça, elle ne quittait pas les elfes du regard. Ceux-ci ne semblaient pas prêts à baisser la garde.

 

-         Qui êtes-vous?

 

-         Selena ou la Main Noire.

 

Ils étaient sur le point d'attaquer lorsque la deuxième silhouette entra dans la clairière.

 

-         Stop! Qu'est-ce qui vous prend? Êtes-vous des elfes ou des barbares assoiffés de sang?

 

Les elfes stoppèrent net et se retournèrent en direction de la personne qui venait de parler. Ils s'agenouillèrent et le saluèrent. Il ne leur ordonna pas de se relever, il fixait sa fille du regard. Il s'arrêta à deux pas d'elle, la princesse des elfes était restée debout et ne semblait pas prête à s'incliner devant son père. Eragon lui, inclina légèrement la tête. La dragonne saphir n'accorda qu'un bref coup d'œil aux nouveaux venus avant de se ré intéresser au dragonneau qui voulait jouer. La joie de la dragonne se communiqua au dragonnier qui souriait. Arya elle semblait sur le point d'éclater de rire. Le jeune homme se demanda comment elle faisait pour garder son sérieux. Les deux elfes se jaugèrent longtemps en silence, puis le roi des elfes ouvrit les bras et Arya se blottit contre lui.

 

-         Je te croyais mort.

 

Il serra la jeune elfe avec plus de force. Celle-ci loin de tenter de se dégager de cette étreinte, se blottissait contre son père. Il la repoussa légèrement et l'observa attentivement.

 

-         Tu ressembles tellement à ta mère...

 

-         Il paraît pourtant que j'ai ton caractère.

 

Le sourire de la princesse disparu, ses yeux s'élargirent et elle recula. Elle s'inclina légèrement et bafouilla des excuses presque incompréhensibles.

 

-         Allons, pourquoi t'excuser? Tu es ma fille, tu n'as rien fait de mal.

 

Elle sourit à nouveau, soulagée de ne pas avoir commis d'erreur. Le dragonnier ressentait à la fois le soulagement de la princesse et la joie de sa dragonne. Il lui était de plus en plus difficile de rester sur ses gardes. Un craquement se fit entendre, suivit de nombreux autres, intrigué le jeune homme étendit son esprit. Il découvrit alors que les cinq cents soldats qui se dirigeaient dans leur direction -soldats ayant pour mission de capturer le roi des elfes et le dragonnier des Vardens.

 

-         Rassemblez vos affaires et suivez-moi. Tous!

 

Face au regard interloqué de la jeune femme, le dragonnier lui fit part de ses découvertes. Elle blêmit et commença à aider les humains qui avaient défait leurs paquetages. Ils s'enfoncèrent dans la forêt à la suite du jeune homme qui les guidait sans la moindre hésitation dans les profondeurs de la Crête.

 

« - Que faisons-nous maintenant? »

 

« - Je pense que le mieux serait de rejoindre l'armée des elfes aussi vite que possible. »

 

« - J'imagine déjà la réaction de ma mère... »

 

« - Oui, je vais encore devoir rester incliné devant elle pendant un bon moment. »

 

« - Elle sera heureuse de retrouver mon père. »

 

« - Autant que tu l'as été. »

 

« - Elle va me tuer quand elle apprendra que je suis devenue dragonnière. »

 

Un sourire s'afficha sur le visage du dragonnier qui devançait l'elfe de quelques pas.

 

« - Je ne la laisserais pas faire et Saphira non plus. Et puis, nous avons une bonne excuse pour passer du temps ensemble. »

 

Un sourire mental lui parvint, il ne se retourna pas pour la regarder. Il connaissait parfaitement la jeune femme.

 

 

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Ils s'étaient arrêtés dans une clairière. Le feu en son centre était protégé par la magie, ainsi ils ne seraient pas repérés par les soldats qui les suivaient. Quatre elfes montaient la garde pendant que d'autres dormaient -seuls Eragon, Arya et Evandar étaient toujours autour du feu. La princesse échangea un long regard avec le jeune homme qui se tenait face à elle. Il déclara alors être fatigué et vouloir dormir avant de les saluer et de rallier l'aile de sa dragonne.

 

« - Tu restes quand même là? »

 

« - A moins que tu ne me chasse oui. »

 

Evandar n'avait pas quitté les flammes des yeux, la princesse allait partir lorsqu'il prit enfin la parole:

 

-         Il a l'air gentil.

 

Elle soupira, la première discussion entre elle et son père en huit décennies serai sur Eragon.

 

-         Oui, il est vraiment génial.

 

« - Génial seulement? »

 

« - Et totalement immature. » ajouta t’elle pour elle-même avec une pointe de colère.

 

-         J'ai pu parler avec lui pendant un moment... Il tient beaucoup à toi.

 

-         Autant que je tiens à lui.

 

Evandar eut un léger sourire et soupira.

 

-         Ta mère sera certainement d'un autre avis mais... Va, tant que tu es heureuse, ça me va. Fait juste attention à la façon dont tu vas tout annoncer à Islanzadi, elle risquerait de mal le prendre.

 

Arya fronça les sourcils avant de croiser le regard gris acier du Roi des elfes. Il avait compris, il savait pour le Yawë.

 

-         Merci. Sommes-nous si transparent?

 

-         Pour quelqu'un qui sait oui.

 

Il se leva et salua sa fille avant d'aller se coucher, celle-ci se leva en souriant et rejoignit le dragonnier rebelle sous l'aile de la dragonne saphir emportant le jeune dragon émeraude avec elle.

 
 
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