manyfics
     
 
Introduction Les news
Les règles Flux RSS
La Faq Concours
Résultats ManyChat
Plume & Crayon BetaLecture
Nous aider Les crédits
 
     

     
 
Par date
 
Par auteurs
 
Par catégories
Animés/Manga Comics
Crossover Dessins-Animés
Films Jeux
Livres Musiques
Originales Pèle-Mèle
Série ~ Concours ~
~Défis~ ~Manyfics~
 
Par genres
Action/Aventure Amitié
Angoisse Bisounours
Conte Drame
Erotique Fantaisie
Fantastique Général
Horreur Humour
Mystère Parodie
Poésie Romance
S-F Surnaturel
Suspense Tragédie
 
Au hasard
 
     

     
 
au 31 Mai 21 :
23295 comptes dont 1309 auteurs
pour 4075 fics écrites
contenant 15226 chapitres
qui ont générés 24443 reviews
 
     

     
 
Celui qui a survécu à la solitude
Par marine_p20
Harry Potter  -  Romance/Fantaisie  -  fr
72 chapitres - Complète - Rating : K+ (10ans et plus) Télécharger en PDF Exporter la fiction
    Chapitre 49     Les chapitres     4 Reviews     Illustration    
Partager sur : Facebook | Twitter | Reddit | Tumblr | Blogger
Le retour de l'elfe de maison

Chapitre 49

Le retour de l'elfe de maison

 

Tout bascula soudainement lorsqu'un jour, une bande de Rafleurs traîna trois prisonniers sur l’allée de graviers du Manoir. L'infâme loup garou trottait en tête du cortège. Narcissa ouvrit la porte d'entrée, faisant ruisseler un flot de lumière sur eux. Drago regardait la scène depuis la fenêtre à l'intérieur du salon.
-Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle d'une voix glacée.
-Nous sommes venus voir Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ! répondit Greyback de sa voix râpeuse.
-Qui êtes-vous ?
-Vous me connaissez !
Il y avait une certaine amertume dans le ton du loup-garou. Drago apprécia particulièrement cette pique, sachant très bien que sa mère l'avait fait exprès pour humilier le lycanthrope.
-Fenrir Greyback ! Nous avons capturé Harry Potter !
L'amusement de Drago fut de très courte durée, il se glaça de la tête aux pieds en entendant le nom du captif. Ce n'était pas possible, ils ne pouvaient pas avoir eu Potter !
Greyback empoigna son prisonnier et le fit tourner de force pour le placer face à la lumière, obligeant les autres prisonniers à accompagner le mouvement. Le garçon attrapé par Greyback avait beau afficher un visage énorme, rose et luisant, aux traits déformés, des cheveux noirs qui lui tombaient jusqu’aux épaules et une ombre sur sa mâchoire, Drago pouvait reconnaître Potter quelle que soit son apparence. Ne serait-ce qu'aux lunettes rondes rafistolées qui tenaient d'un équilibre précaire sur son visage gonflé.
-Je sais qu’il a la tête enflée, madame, mais c’est lui ! intervint l'un des Rafleurs. Si vous y regardez de plus près, vous verrez sa cicatrice. Et là, cette fille, vous la voyez ? C’est la Sang-de-Bourbe qui voyageait avec lui. Il n’y a pas de doute, c’est bien lui, et on a sa baguette, aussi ! Tenez, madame...
Drago vit Narcissa scruter le visage bouffi. Le Rafleur lui mit une baguette sous le nez. Elle haussa les sourcils.
-Emmenez-les à l’intérieur, dit-elle.
Poussés à coups de pied, Potter et les autres montèrent les larges marches de pierre qui menaient dans le hall d'entrée.
Maisqu'estcequejefaismaisqu'estcequejefaismaisqu'estcequejefais... Drago paniquait, il voulut se précipiter dans sa chambre auprès de son miroir à Double Sens pour immédiatement prévenir Abelforth, mais entendit sa mère approcher :
-Suivez-moi, ordonna Narcissa. Drago, mon fils, est là. Si c’est vraiment Harry Potter, il le reconnaîtra.
-Qu’est-ce que c’est ? Lucius s'approcha des prisonniers en posant sa question d'une voix traînante. Drago se sentait pris au piège, sachant ce qu'on allait lui demander.
-Ils prétendent avoir capturé Potter, dit Narcissa de sa voix glacée. Drago, viens là.
Greyback força à nouveau les prisonniers à se tourner pour que la lumière du lustre éclaire directement Potter. Greyback avait la même odeur que lorsqu’il s’était trouvé au sommet de la tour où Dumbledore était mort : une odeur de boue, de sueur et de sang.
-Alors, mon garçon ? dit le loup-garou de sa voix âpre.
Drago pouvait-il mentir sans dévoiler que son allégeance avait changé de camp ? Pendant un long moment, il resta silencieux.
-Eh bien, Drago ? demanda Lucius Malefoy. Avide de savoir. C’est lui ? C’est Harry Potter ?
Drago savait que cette capture représentait aux yeux de son père la rédemption tant espérée. Mais il ne pouvait pas trahir Potter.
-Je ne... je n’en suis pas sûr, dit Drago.
Il se tenait à bonne distance de Greyback et était terrifié en posant les yeux sur Potter, qui semblait lui-même craindre de croiser son regard.
-Examine-le attentivement ! Rapproche-toi !
Drago n’avait jamais entendu son père parler avec une telle fébrilité.
-Drago, si nous livrons Potter au Seigneur des Ténèbres, tout sera pardo...
-Allons, j’espère que nous n’allons pas oublier qui l’a vraiment capturé, Mr Malefoy ? l’interrompit Greyback d’un ton menaçant.
-Bien sûr que non, bien sûr que non ! s’exclama Lucius, agacé.
Il s’avança lui-même vers Potter.
-Que lui avez-vous fait ? demanda Lucius à Greyback. Pourquoi se trouve-t-il dans cet état ?
-Ce n’est pas nous.
-À mon avis, on lui a jeté un maléfice Cuisant, dit Lucius.
Ses yeux gris se fixèrent sur le front gonflé.
-Il y a quelque chose, là, murmura-t-il. Ce pourrait être la cicatrice, très étirée... Drago, viens là, regarde bien ! Qu’est-ce que tu en penses ?
Alors que son père était manifestement surexcité, Drago se sentait très réticent, effrayé, même.
-Je ne sais pas, dit-il, et il retourna vers la cheminée devant laquelle sa mère, debout, l’observait.
-Il vaudrait mieux être certains, Lucius, lança-t-elle à son mari de sa voix claire et glacée. Absolument certains qu’il s’agit bien de Potter avant d’appeler le Seigneur des Ténèbres... Ces gens affirment que c’est la sienne, ajouta-t-elle en examinant la baguette de prunellier, mais elle ne ressemble pas à la description d’Ollivander... Si nous nous trompons, si nous appelons pour rien le Seigneur des Ténèbres... Tu te souviens de ce qu’il a fait à Rowle et à Dolohov ?
-Et la Sang-de-Bourbe, alors ? grogna Greyback.
Potter faillit tomber lorsque les Rafleurs forcèrent les prisonniers à pivoter à nouveau pour que la lumière du lustre éclaire, cette fois, Granger.
-Attendez, dit brusquement Narcissa. Oui... Oui, elle était dans la boutique de Madame Guipure avec Potter ! J’ai vu sa photo dans La Gazette ! Regarde, Drago, n’est-ce pas cette dénommée Granger ?
Drago se sentait de plus en plus acculé. S'il ne pouvait pas mentir il lui faudrait quitter cette pièce en vitesse et prévenir quelqu'un... Cette impuissance le tuait...
-Je... peut-être... oui.
-Dans ce cas, celui-là est le jeune Weasley ! s’écria Lucius en contournant les prisonniers pour voir le rouquin en face. Ce sont eux, ce sont les amis de Potter... Drago, regarde-le, c’est bien le fils d’Arthur Weasley ? Comment s’appelle-t-il, déjà ?
-Oui, répéta Drago, le dos tourné aux prisonniers. C’est possible.

La pire personne qui aurait pu arriver, en dehors de Lord Voldemort, entra dans la pièce.
-Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qui s’est passé, Cissy ?
Bellatrix tourna lentement autour des prisonniers et s’arrêta à la droite de Potter, dévisageant Granger sous ses lourdes paupières.
-Ma parole, dit-elle à mi-voix, c’est la Sang de Bourbe ? C’est Granger ?
-Oui, oui, c’est Granger ! s’exclama Lucius. Et à côté d’elle, on pense que c’est Potter ! Potter et ses amis, enfin capturés !
-Potter ? s’écria Bellatrix d’une voix perçante.
Elle recula d’un pas pour mieux l'examiner.
-Vous êtes sûrs ? Dans ce cas, le Seigneur des Ténèbres doit en être immédiatement informé !
Elle remonta sa manche gauche : s’apprêtant à la toucher la Marque des Ténèbres imprimée au fer rouge dans la chair de son bras pour faire venir auprès d’elle son maître bien- aimé...
-J’étais sur le point de l’appeler ! s’exclama Lucius.
Sa main se referma sur le poignet de Bellatrix, l’empêchant de toucher la Marque.
-Je vais m’en occuper moi-même, Bella, Potter a été amené dans ma maison, il est donc placé sous mon autorité...
-Ton autorité ! répliqua-t-elle avec mépris en essayant de dégager son bras. Tu as perdu toute autorité quand tu as perdu ta baguette, Lucius ! Comment oses-tu ? Lâche-moi !
-Tu n’as rien à voir là-dedans, ce n’est pas toi qui l’as capturé...
-Je vous demande pardon, Mr Malefoy, intervint Greyback, mais c’est nous qui avons attrapé Potter et c’est nous qui allons réclamer l’or...
-L’or ! s’esclaffa Bellatrix qui s’efforçait toujours de libérer son poignet, sa main libre tâtonnant dans sa poche pour attraper sa baguette. Prends donc ton or, immonde charognard, qu’ai-je à faire d’un peu d’or ? Je ne cherche que l’honneur de sa... de...
Elle cessa de se débattre, son regard sombre fixé sur quelque chose que Drago ne pouvait voir. Ravi de la voir capituler, Lucius lui lâcha la main et remonta brutalement sa propre manche...
-ARRÊTE ! hurla Bellatrix. N’y touche pas, nous allons tous périr si le Seigneur des Ténèbres arrive maintenant !
Lucius se figea, l’index suspendu au-dessus de sa propre Marque. Bellatrix arracha des mains d'un Rafleur un long objet argenté.
-Qu’est-ce que c’est que ça ? dit-elle.
-Une épée, grogna le Rafleur.
-Donnez-la-moi.
-C’est pas à vous, m’dame, c’est à moi, c’est moi qui l’ai trouvée.
Une détonation retentit, accompagnée d’un éclair de lumière rouge, le Rafleur venait d’être stupéfixé. Ses camarades poussèrent un rugissement de fureur. Leur meneur tira sa baguette.
-À quoi vous jouez, ma petite dame ?
-Stupéfix ! hurla-t-elle. Stupéfix !
Ils n’étaient pas de taille à lui résister, même à quatre contre une : Drago était bien placé pour savoir que c’était une sorcière aux dons prodigieux et complètement dépourvue de conscience. Les Rafleurs étaient tombés, tous sauf Greyback, forcé à se mettre à genoux, les bras tendus. Bellatrix s’avança d’un pas menaçant sur le loup-garou. Le visage cireux, elle tenait fermement dans sa main une épée sertie de rubis.
-Où as-tu pris cette épée ? murmura-t-elle à Greyback en lui arrachant sa baguette sans qu’il puisse opposer de résistance.
-Comment osez-vous ? gronda-t-il, sa bouche restant la seule partie de son corps encore mobile.
Sa position agenouillée l’obligeait à lever les yeux vers elle. Il retroussa ses lèvres sur ses dents pointues.
-Relâchez-moi, ma petite dame !
-Où as-tu trouvé cette épée ? répéta-t-elle en la brandissant sous son nez. Rogue l’avait fait mettre dans ma chambre forte, à Gringotts !
-Elle était dans leur tente, répliqua Greyback de sa voix râpeuse. Je vous ai dit de me relâcher !
Elle donna un petit coup de baguette et le loup-garou se releva d’un bond mais il semblait trop méfiant pour s’approcher d’elle. Il alla se réfugier derrière un fauteuil, ses ongles crasseux et recourbés s’enfonçant dans le dossier.
-Drago, fiche-moi cette vermine dehors, lança Bellatrix en indiquant les compagnons inconscients de Greyback. Si tu n’as pas assez de courage pour les achever, laisse-les-moi dans le jardin.
Drago avait du mal à quitter la pièce et laisser Potter seul dans cette situation, mais il n'était pas assez bête pour manquer la chance qu'il avait de partir donner l'alerte à l'Ordre.
-Ne parle pas à Drago sur ce..., protesta Narcissa, furieuse. Mais Bellatrix l’interrompit :
-Tais-toi ! s’écria-t-elle. La situation est plus grave que tu ne peux l’imaginer, Cissy ! Nous avons un problème très sérieux !
Drago fit léviter les Rafleurs stupéfixiés et les emporta avec lui en direction du jardin. Il n'avait pour l'instant pas le temps de trouver une solution pour eux, la priorité c'était Potter. Dumbledore avait dit qu'il était leur meilleur espoir d'arrêter ce cauchemar, et il avait confiance en Dumbledore. Et de toute façon, il ne supportait pas l'idée d'un monde sans Harry Potter... En s'éloignant il entendit l'échange de cris entre sa tante et sa mère continuer :
-Si c’est vraiment Potter, il ne faut lui faire aucun mal, marmonna-t-elle, plus pour elle-même que pour les autres. Le Seigneur des Ténèbres souhaite s’en débarrasser lui-même... Mais s’il découvre... Il faut... Il faut que je sache... Les prisonniers doivent être enfermés dans la cave pendant que je réfléchis à la façon dont il convient d’agir !
-Nous sommes dans ma maison, Bella, tu n’as pas d’ordres adonner dans ma...
-Faites ce que je vous dis ! Vous n’avez aucune idée du danger que nous courons ! hurla Bellatrix.
-Emmenez ces prisonniers à la cave, Greyback, dit Narcissa après un temps d'hésitation.
-Attends, coupa sèchement Bellatrix. Tous sauf... sauf la Sang-de-Bourbe. Greyback émit un grognement de plaisir alors que Weasley s'y opposait à grands cris.

Très bien, ainsi Drago savait où serait tout le monde dans le Manoir. Il faudrait en priorité libérer les prisonniers de la cave, mais Granger ne pourrait pas être laissée trop longtemps dans le salon avec sa folle de tante. Il laissa tomber les Rafleurs en un tas désorganisé dans le jardin, et monta d'un air calme dans sa chambre. En réalité, Drago avait envie de courir et de monter les marches quatre à quatre, mais n'étant pas notoirement connu pour ses sprints d'escalier, cela risquait d'attirer l'attention sur son comportement inhabituel. Chaque cri qu'il entendait, de Granger s'égosillant dans le salon, ou de Weasley qui hurlait son nom, le faisait tressaillir. Il se doutait depuis un moment que ces deux-là avaient des sentiments l'un pour l'autre, mais la détresse qu'il entendait dans la voix de Weasley lui transperçait le cœur.
-HERMIONE !
Drago ne savait même pas ce que c'était d'aimer quelqu'un comme cela, mais leurs hurlement achevaient de sceller son envie de les aider. Au moment où Drago arriva dans sa chambre, Bellatrix jeta un Endoloris qui fit résonner l’écho des hurlements de Granger d’un bout à l’autre du rez-de-chaussée. Il traversa la pièce en quelques pas vifs et se saisit du miroir à Double Sens. Abelforth l'attendait déjà dans le reflet :
-Drago ! Nous avons un problème, Potter a enfin utilisé son miroir pour une situation d'urgence, mais je n'ai rien entendu d'autre que des bribes de sa phrase, par contre j'ai clairement compris qu'il a besoin d'aide ! Je crois également avoir discerné ton nom de famille, est-ce que tu sais quelque chose ?
Il avait dit son nom ? Pendant un instant Drago resta interloqué, presque ravi, avant de réaliser amèrement que Potter devait seulement parler du lieu, et pas de Drago lui-même. Forcément, lorsqu'on retient quelqu'un contre son gré dans son manoir familial, il a tendance à signaler sa position, rien d'autre.
-Oui, ils sont ici au Manoir ! Des Rafleurs les ont capturés, lui et ses deux amis, et les ont amenés ici. Envoyez-nous de l'aide Abelforth ! Potter et Weasley font enfermés à la cave, mais Granger est en ce moment même torturée par ma tante dans le grand salon.
Il les entendait d'ailleurs parler sans cesse de l'épée. Granger sanglotait que c'était une simple copie.
-Une copie ? hurla Bellatrix d’un ton perçant. Comme c’est vraisemblable !
-Il est facile de le savoir ! intervint la voix de Lucius Malefoy. Drago ! 
Drago devait vite retourner dans le salon, son absence prolongée serait trop suspecte. Drago n'avait jamais aimé supplier, mais à ce moment là ses convictions n'existaient plus :
-Je dois filer Abelforth, mais par pitié aidez-nous !
Il sortit rapidement de sa chambre et retourna vite après de son père qui l'appelait.
-Va chercher le gobelin, il pourra nous dire si l’épée est vraie ou pas !
Drago descendit précipitamment les marches vers la cellule, puis ordonna aux prisonniers d'une voix tremblante :
-Reculez-vous. Alignez-vous contre le mur du fond. Ne tentez rien, ou je vous tue !
C'était bien entendu un mensonge, mais il devait maintenir les apparences ici le temps que l'aide arrive. Ils s’exécutèrent. Alors que Drago s'avançait vers le gobelin, sa baguette tendue devant lui, il aperçut Dean Thomas et Luna Lovegood au fond de la cave. Stupéfait de voir d'anciens condisciples d'école enfermés dans son sous-sol, il remercia mentalement Rogue de l'avoir sorti de cet enfer du Manoir, sans quoi il aurait probablement dû les torturer aussi... Il attrapa le petit gobelin par le bras et sortit à reculons en l'entraînant avec lui. A peine eut-il refermé la porte qu'un crac ! sonore se fit entendre. Espérant que celui-ci signifiait bien l'arrivée de renforts, et que personne ne l'avait remarqué à l'étage, Drago remonta vite l'escalier, soutenant à moitié le gobelin affaibli. Il amena Gripsec devant Bellatrix qui soumit à nouveau sous ses yeux Granger à la torture. Soudain, un nouveau bruit sonore retentit dans la cave, mais cette fois Drago n'était plus le seul à l'avoir perçu.
-Qu’est-ce que c’était ? s’écria Lucius Malefoy au-dessus d’eux. Vous avez entendu ? Qu’est-ce que c’était que ce bruit dans la cave ? Drago... Non, appelle Queudver ! Envoie-le vérifier ce qui se passe !
Son père voulait le protéger au cas où les prisonniers tentaient quelque chose. Drago n'eut même pas besoin d'ordonner à Queudver de descendre, ce dernier avait entendu Lucius. Bien que tremblant, Queudver semblait spontanément diriger sa curiosité malsaine vers la cave, et en descendait déjà les marches.

Il y eut de drôles de bruits, poussant Lucius à demander :
-Que se passe-t-il, Queudver ?
-Rien ! Tout va bien ! répondit une imitation acceptable de la voix sifflante de Pettigrow. Mais Drago avait passé assez de temps à échanger des piques avec Weasley pour reconnaître sa voix. Heureusement il était le seul dans ce cas, et ceux autour de lui parurent alors se désintéresser de ce qu'il se passait à la cave. Drago devait se retenir de sourire tant il était soulagé. Weasley libre signifiait très probablement que Potter l'était aussi.
Bellatrix avait gardé les yeux baissés sur Gripsec qui tenait l’épée entre ses mains aux longs doigts fins. Granger, étendue aux pieds de Bellatrix, remuait à peine. Dépêchez-vous... pensa Drago avec urgence.
-Alors ? dit Bellatrix à Gripsec. Cette épée est la vraie ?
-Non, répondit Gripsec. C’est un faux.
-Vous êtes sûr ? insista Bellatrix, le souffle court. Vraiment sûr ?
-Oui, affirma le gobelin.
Une expression de soulagement passa sur le visage de Bellatrix, ses traits se détendirent.
-Très bien, dit-elle.
D’un petit mouvement de baguette négligent, elle fit apparaître une nouvelle et profonde entaille sur le visage du gobelin qui s’effondra devant elle en poussant un cri. Elle l’écarta d’un coup de pied, et Drago trouva ce geste d'une inutile cruauté.
-Maintenant, annonça-t-elle d’une voix aux accents triomphants, nous allons appeler le Seigneur des Ténèbres !
Elle remonta sa manche et toucha la Marque de son index.
-Je pense, dit la voix de Bellatrix, que nous pouvons nous débarrasser de la Sang-de-Bourbe. Greyback, prends-la si tu veux.
-NOOOOOOOOOOON !
Weasley avait soudain fait irruption dans le salon. Bellatrix se retourna, stupéfaite et pointa sa baguette sur lui...
-Expelliarmus ! rugit Weasley.
La baguette de Bellatrix lui sauta des mains et fut rattrapée au vol par Potter qui s’était précipité derrière lui. Lucius, Narcissa, Drago et Greyback firent volte-face. Potter s’écria : « Stupéfix ! » et Lucius s’effondra devant l’âtre de la cheminée. Des jets de lumière jaillirent des baguettes de Narcissa et Greyback. Alors que Potter plongeait par terre, roulant derrière un canapé pour éviter leurs sorts, Drago fit mine de participer au combat mais désarma silencieusement le loup-garou.
-ARRÊTEZ OU ELLE MEURT !
Bellatrix soutenait Granger, apparemment évanouie, et lui appuyait sur la gorge la lame de son petit poignard d’argent. Drago regretta de n'avoir pas désarmé sa tante au lieu du lycanthrope.
-Lâchez vos baguettes, murmura-t-elle. Lâchez-les ou nous allons voir exactement à quel point son sang est immonde !
Weasley s’était figé, et Potter se releva.
-J’ai dit : lâchez-les ! hurla-t-elle d’une voix perçante.
Elle enfonça un peu plus la lame dans la gorge de la jeune fille et Drago vit le sang perler.
-D’accord ! cria Potter avant de laisser tomber la baguette de Bellatrix à ses pieds et Weasley fit de même avec celle qu'il tenait, sans doute celle de Queudver. Tous deux levèrent les mains à hauteur de leurs épaules.
-Très bien, lança Bellatrix avec un regard mauvais. Drago, va les ramasser ! Le Seigneur des Ténèbres arrive, Harry Potter ! Ta mort approche !
Une fois près de lui, Drago eut l'impression que Potter souffrait énormément, de la chaleur émanait de son visage comme si celui-ci était sur le point d'exploser.
-Maintenant, Cissy, dit Bellatrix d’une voix douce tandis que Drago leur rapportait les baguettes, je crois que nous devrions à nouveau ligoter ces petits héros, pendant que Greyback s’occupe de Miss Sang-de-Bourbe. Je suis sûre que le Seigneur des Ténèbres ne te disputera pas la fille, Greyback, après ce que tu as accompli ce soir.

Au moment où elle prononçait le dernier mot, quelque chose grinça au-dessus d’eux. Tout le monde leva la tête, juste à temps pour voir trembler le lustre de cristal. Dans un craquement et un cliquetis menaçants, il commença à se détacher du plafond. Bellatrix se trouvait juste au-dessous. Elle lâcha Granger et se jeta de côté en poussant un cri. Le lustre s’écrasa alors par terre dans une explosion de cristal et de chaînes, tombant sur Granger et le gobelin qui tenait toujours l’épée serrée entre ses mains. Des éclats de cristal étincelants volèrent en tous sens. Drago sentit de nombreuses déchirures lui lacérer le visage, comme si un Sectumsempra miniature l'avait frappé en pleine face. Il se plia en deux, couvrant de ses mains son visage ensanglanté, mais heureusement ses yeux n'avaient rien.
Il vit Weasley se précipiter pour sortir Granger de sous les débris, et Potter sauter par-dessus un fauteuil, se dirigeant droit vers lui. Il arracha les trois baguettes magiques que Drago tenait encore et les pointa toutes ensemble sur Greyback en s’écriant :
-Stupéfix !
Sous la force du triple sortilège, le loup-garou fut projeté en l’air, catapulté jusqu’au plafond, puis retomba sur le sol.
Narcissa, voyant le sang couler du visage de Drago, l'entraîna vite à l’abri alors que Bellatrix se relevait d’un bond, ses cheveux voletant autour de sa tête, son poignard d’argent brandi. Mais Narcissa avait dirigé sa baguette vers la porte.
-Dobby ! hurla-t-elle.
Bellatrix elle-même s’immobilisa.
-Toi ! C’est toi qui as fait tomber le lustre ! s’exclama Narcissa.
L’elfe minuscule s’avança dans la pièce en trottinant, un doigt tremblant tendu vers son ancienne maîtresse.
-Vous n’avez pas le droit de faire du mal à Harry Potter ! couina-t-il.
Drago était stupéfait de revoir leur ancien elfe de maison, qui lui paraissait désormais tellement plus frêle et minuscule. Son accoutrement avait beau être ridicule, il avait l'air bien plus épanoui que lorsqu'il était à leur service.
-Tue-le, Cissy ! s’écria Bellatrix.
Mais il y eut un nouveau crac ! sonore et la baguette de Narcissa vola à son tour dans les airs, atterrissant à l’autre bout du salon.
-Espèce de sale petit singe ! brailla Bellatrix. Comment oses-tu désarmer une sorcière, comment oses-tu défier tes maîtres ?
-Dobby n’a pas de maître ! répliqua l’elfe d’une voix aiguë. Dobby est un elfe libre et Dobby est venu sauver Harry Potter et ses amis !
C'était lui l'aide qu'Abelforth leur avait envoyé ! Soudain, Potter cria :
-Ron, attrape... et FILE ! en lui jetant l’une des baguettes.
Potter se pencha pour dégager le gobelin du lustre écrasé. Le hissant sur son épaule, Potter saisit la main de Dobby et tourna sur place pour transplaner. A une vitesse inattendue, Bellatrix lança son poignard vers l’endroit d’où Potter disparaissait... Le silence retomba sur la pièce. Le poignard avait bien disparu, mais Drago n'avait aucun moyen de savoir si quelqu'un avait été touché. Le soir dans sa chambre, il interrogea Abelforth mais celui-ci n'avait pas plus d'informations. Ce qui comptait néanmoins, c'était qu'à priori Potter était sain et sauf.

Cette nouvelle ne réjouit que Drago dans le Manoir. A son arrivée, le Seigneur des Ténèbres avait puni très durement chacun d'entre eux pour leur erreur qu'il jugeait impardonnable. Tous ses membres étaient endoloris, mais Drago tirait un certain réconfort du fait que cette fois, le mage noir avait été si furieux qu'il avait tenu à faire toutes ses tortures lui-même au lieu de les lui déléguer. Drago avait déjà dû torturer son père par le passé, mais il n'aurait pas supporté de devoir en plus faire souffrir sa mère. Plus tard, ils retrouvèrent le corps de Queudver à la cave. Son visage violacé et la main de métal serrée sur sa gorge prouvaient que son décès n'avait pas été causé par Potter ou Weasley, mais par le sortilège de son Maître qu'il portait au bout de son bras. Un autre cadeau empoisonné de Lord Voldemort, pensa amèrement Drago. 

Peu de temps après, Lucius raconta à sa femme et à son fils la scène à laquelle il avait assisté à Gringotts. Apparemment, Potter et ses deux amis y avaient volé un objet personnel du Seigneur des Ténèbres. Ce dernier était entré dans une colère noire et avait foudroyés tous ceux, sans exception, qui avaient été présents dans la pièce, gobelins et sorciers confondus. Bellatrix et Lucius s'en étaient sortis de peu en bousculant tout le monde sur leur passage, dans leur course effrénée vers la porte, laissant Lord Voldemort arpenter la pièce d’un pas furieux, seul parmi les cadavres.
Ce récit acheva de convaincre Narcissa de l'instabilité de leur Maître, et jugeant que Drago n'était désormais plus en sécurité avec eux au Manoir, elle écrivit à Rogue pour lui demander son aide, et l'asile de son fils à Poudlard. Drago ne sut jamais quels arguments Rogue avait avancé auprès du mage noir pour le convaincre, doutant que les ASPIC seuls puissent entrer en considération aux yeux du Seigneur des Ténèbres, mais peu de temps après il fut renvoyé au château avec quelques affaires pour y finir l'année scolaire. Sa mère lui avait même donné sa propre baguette puisque Potter lui avait volé la sienne. Stupéfait d'avoir eu une telle chance, Drago se dit qu'aussi dévastatrice ait été la réaction de Voldemort à Gringotts, le récit qu'en avait fait Lucius avait eu deux avantages : il était revenu à l'école qu'il aimait tant, et il avait eu la confirmation que ni Potter, ni ses amis n'avaient été tués par l'ultime couteau de Bellatrix. Or savoir que Potter était toujours en vie était désormais devenu une information cruciale à ses yeux.

 
 
Chapitre précédent
 
 
Chapitre suivant
 
 
 
     
     
 
Pseudo :
Mot de Passe :
Se souvenir de moi?
Se connecter >>
S'enregistrer >>